• La situation est inédite. Jamais, dans l'histoire de l'humanité, nous n'avons disposé d'autant d'informations et jamais nous n'avons eu autant de temps libre pour y puiser loisir et connaissance du monde. Nos prédécesseurs en avaient rêvé : la science et la technologie libéreraient l'humanité. Mais ce rêve risque désormais de tourner au cauchemar. Le déferlement d'informations a entraîné une concurrence généralisée de toutes les idées, une dérégulation du « marché cognitif » qui a une fâcheuse conséquence : capter, souvent pour le pire, le précieux trésor de notre attention. Nos esprits subissent l'envoûtement des écrans et s'abandonnent aux mille visages de la déraison. Victime d'un pillage en règle, notre esprit est au coeur d'un enjeu dont dépend notre avenir. Ce contexte inquiétant dévoile certaines des aspirations profondes de l'humanité. L'heure de la confrontation avec notre propre nature aurait-elle sonné ? De la façon dont nous réagirons dépendront les possibilités d'échapper à ce qu'il faut bien appeler une menace civilisationnelle. C'est le récit de cet enjeu historique que propose le nouveau livre événement de Gérald Bronner. Gérald Bronner est professeur de sociologie à l'Université de Paris, membre de l'Académie des technologies et de l'Académie nationale de médecine. Il a publié plusieurs ouvrages couronnés par de nombreux prix. Son dernier ouvrage paru est Cabinet de curiosités sociales (collection « Quadrige », Puf, 2020).

  • En juillet 1846, Henry David Thoreau est emprisonné pour avoir refusé de payer un impôt à l'État américain, en signe d'opposition à l'esclavage et à la guerre contre le Mexique. Cette expérience sera à l'origine de cet essai paru en 1849 et qui fonde le concept de désobéissance civile. Ce texte influença Gandhi, Martin Luther King ou Nelson Mandela et il ne cesse d'inspirer philosophes et politiciens depuis plus de 150 ans.

  • Don, échange, partage : voici le grand livre de l'altruisme et de la coopération. Que se passe-t-il quand vous recevez un cadeau ou que vous donnez quelque chose ? Pourquoi certains objets reçus (lettres, cadeaux, etc.) nous paraissent-ils sacrés ? D'où vient la gêne que nous éprouvons parfois quand on nous offre quelque chose ? L'essai le plus connu du père de l'anthropologie sociale - un essai que Claude Lévi-Strauss jugea "révolutionnaire".
    Préface de Baptiste Mylondo, philosophe et économiste.

  • « Traiter les faits sociaux comme des choses » et poser les fondements d'une nouvelle science de la société qui, sur le modèle des sciences expérimentales, permette de mieux la décrire et l'expliquer : tel est le projet d'Émile Durkheim lorsqu'il publie Les Règles de la méthode sociologique, en 1895. Refusant l'explication du fait social par le biologique, la confusion de la sociologie avec la psychologie, théorisant l'influence du milieu social sur les individus, posant une série de règles méthodologiques, ce texte est un véritable défi lancé par Durkheim à ses contemporains.
    Pourquoi et comment lire encore ce grand classique aujourd'hui ? C'est la question à laquelle répond Laurent Mucchielli dans cette édition. Articulant de façon inédite les approches historique et sociologique, celle-ci s'adresse aussi bien aux historiens des sciences et des idées qu'aux enseignants et aux étudiants en sociologie.
    Cet ouvrage s'accompagne également d'un article de Durkheim contemporain des Règles (« L'état actuel des études sociologiques en France »), qui éclaire le contexte polémique dans lequel l'ouvrage fut écrit.

  • Par « théories du complot », on désigne des explications douteuses ou fausses qui s'opposent aux thèses « officielles » et mettent en scène un ou plusieurs groupes agissant en secret pour réaliser un projet de domination ou d'exploitation. Les conspirateurs fantasmés sont supposés être à l'origine de tous nos maux. Le moteur de ces raisonnements ? L'insatisfaction cognitive face à des événements traumatisants. C'est de cette frustration porteuse de suspicion que dérive le discours complotiste contemporain, qui met l'accent sur le doute. Mais les réponses données, factuellement fausses, constituent de nouveaux dogmes véhiculés par les réseaux sociaux. Pierre-André Taguieff fait l'hypothèse que le complotisme répond à une demande de sens et de cohérence : l'ennemi invisible et diabolique explique tous les malheurs des hommes. En cela, les récits complotistes réenchantent le monde, fût-ce pour le peupler de démons. Mais ils alimentent en même temps des accusations mensongères. Comment dissiper de telles illusions ?

  • Ce livre dresse un état des lieux de la société française en 2020, sur le plan à la fois empirique et théorique. Les différents marchés (éducation, emploi, logement, marché conjugal et matrimonial) qui conditionnent l'accès aux statuts sociaux et déterminent les identités et styles de vie en France sont devenus de plus en plus concurrentiels mais aussi de plus en plus cloisonnés. Leurs effets cumulatifs et croisés aboutissent à l'émergence d'une société en silos, dans laquelle les mondes sociaux qui composent l'archipel français se croisent et se côtoient de moins en moins. Partant de grandes enquêtes menées par l'INED et de vingt portraits de Français, l'ouvrage montre les tendances ségrégationnistes à l'oeuvre depuis le tournant des années 2000, renforcées par la crise sanitaire.

    Cet ouvrage est dirigé par Anne Lambert et Joanie Cayouette-Remblière, sociologues à l'Ined et co-directrices de l'unité de recherche LIST (Logement, inégalités spatiales et trajectoires).

  • Edition enrichie (introduction et notes)Marx et Engels avaient respectivement trente et vingt-huit ans lorsque fut publié, en 1848, leur manifeste: ces jeunes intellectuels allemands bouleversent alors le monde du travail qui prend conscience de lui-même. La lutte des classes est considérée comme le moteur de l´histoire et du progrès de l´humanité. L´objectif communiste sera la destruction de l´ordre bourgeois, de son État et du système de production fondé sur le profit. « La bourgeoisie, répétait Marx, se souviendra longtemps de mes furoncles. » Que signifient aujourd´hui ces écrits ? Sont-ils l´âme d´une revendication révolutionnaire riche d´espoir pour l´humanité ou le credo d´une entreprise de domination de millions d´hommes ? Commentla théorie révolutionnaire est-elle devenue un mouvement d´asservissement politique ? Marx affirmait qu´il n´était pas marxiste. On l´a divinisé, lui qui avait « de la haine pour tous les dieux ». Toute l´histoire de notre temps dépend de ce manifeste.

  • Baudelaire écrit en 1851 cette étude savante et voluptueuse sur l'alcool et le haschisch.
    Il révèle la puissance créatrice et la force destructrice, les illusions et les charmes sinistres de ces deux substances addictives, comparées comme moyens de multiplication de l'individualité.

  • Cet ouvrage est consacré à la figure moderne de « l'épuisé », du « sujet fatigué », « du malheureux », c'est-à-dire de ces hommes et de ces femmes qui éprouvent une difficulté à affronter le quotidien. À partir d'une ethnographie réalisée au sein d'une association de prévention contre le suicide, il s'agit de se plonger à l'intérieur de ces vies défaites pour percevoir comment des milliers de personnages ordinaires expriment leur désaveu pour la vie et énoncent les causes de leur souffrance. Ce travail descriptif débouche ensuite sur une seconde perspective, plus ambitieuse et plus spéculative : quel est le devenir politique de la souffrance ? Puisque les malheureux n'adhèrent pas à leur actualité, comprendre leurs attentes, leurs colères, leurs indignations, leur épuisement moral et parfois leurs idées suicidaires, sont autant de ressources pour aider la société à se réfléchir tant sur sa potentielle brutalité que sur les ravages qu'elle suscite.

  • La sylvothérapie

    Alix Cosquer

    Des arbres qui guérissent ? À première vue, la sylvothérapie semble une énième manifestation de notre recherche désespérée du bonheur, une vogue de développement personnel, voire carrément un charlatanisme. Et pourtant... Le lien qui unit les hommes à la forêt est ancestral, et le rapport entre santé et environnement n'est plus contestable. Récemment, c'est donc à travers la diffusion de pratiques venues du Japon (Shinrin-yoku) que le concept de « sylvothérapie » a fait son apparition dans l'espace médiatique et social. Alix Cosquer revient sur cette « thérapie forestière » qui recouvre une diversité de recherches et de pratiques promouvant l'immersion des personnes dans un espace forestier, et plus largement dans l'espace naturel. De la simple promenade au « bain de forêt », elle fait le point sur ce qui est prouvé et sur ce qui ne l'est pas encore, et propose de voir dans cet engouement une piste possible pour repenser notre relation au vivant.

  • La thérapie d'acceptation et d'engagement Nouv.

    Psychothérapie développée par Steven C. Hayes dans les années 1980 et fondée sur la méthode scientifique, la thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT pour acceptance and commitment therapy) puise ses sources dans le comportementalisme et les pratiques méditatives d'origine bouddhiste. Elle appartient en effet à la troisième vague des thérapies comportementales et cognitives (TCC) et recourt à de nombreux exercices, dont la méditation de pleine conscience (mindfulness). Son principe ? Embrasser l'inconfort d'exister au lieu de s'épuiser à échapper à sa propre expérience, et donc dégager l'énergie qui permettra de révéler ce qui compte réellement pour soi. Changement total de paradigme : la disparition de la souffrance n'est plus l'enjeu immédiat de la psychothérapie. Une fois admise la douleur psychologique comme inhérente à la condition humaine, il devient possible de s'affranchir de la lutte contre-productive pour le confort à tout prix, et ainsi de s'engager dans des actions plus enrichissantes pour l'existence. Des centaines d'études ont montré que l'ACT est efficace sur toutes les catégories de troubles psychologiques.

  • L'abstention, la montée des votes protestataires ou les « Gilets jaunes » constituent autant de symptômes d'une coupure entre les classes populaires et les partis. Contre les lectures simplistes, à partir d'immersions prolongées dans trois organisations (Front National, Union pour un Mouvement Populaire et Jeunes Communistes), l'ouvrage interroge comment les partis participent eux-aussi à démobiliser les plus modestes. Les militants rencontrés sont souvent ouvriers, employés, sans-emplois, précaires ou étudiants issus de ces milieux. Ils habitent en banlieue ou en milieu rural et s'impliquent dans les sections locales. De réunions en congrès, de campagnes électorales en événements internes, ils se heurtent à des dispositifs élitistes, qui les empêchent d'accéder aux responsabilités : ils sont et resteront de « simples militants ». En observant leurs engagements non-professionnels, l'enquête met au grand jour leurs parcours, leurs doutes, leurs pratiques « de terrain » et leurs lectures sélectives des programmes. Les militants populaires se révèlent ainsi des témoins privilégiés des fractures grandissantes entre les citoyens et les représentants, les classes populaires et les classes aisées, « ceux d'en bas » et « ceux d'en haut ».

  • Incontestablement, Edgar Morin est l'un des intellectuels contemporains les plus importants, les plus en prise avec le monde qui nous entoure. Homme engagé, son oeil aiguisé - et souvent facétieux - semble se poser sur ce que beaucoup ignorent, ou choisissent d'ignorer.

    Ces dernières années, nos sociétés ont été bousculées, meurtries, secouées. Et, régulièrement, l'Aube a publié des dialogues de ce grand penseur avec différentes personnalités - Boris Cyrulnik, Éric Fottorino, Stéphane Hessel, François Hollande, Laurent Greilsamer, Denis Lafay, Christiane Taubira, Nicolas Truong -, pour nous aider à mettre en mots, à comprendre, à voir. Dans cet ouvrage, il s'agit bien de Penser nos désarrois, aussi divers soient-ils.

    Edgar Morin est un sociologue et philosophe français né en 1921. Il est l'auteur de très nombreux ouvrages.

  • La France n'a pas encore pleinement pris la mesure de l'ampleur et des incidences du racisme et des discriminations qui la déchirent. Des millions d'individus, notamment issus de l'immigration postcoloniale, subissent au quotidien micro-agressions et stigmatisation. Ils voient leurs opportunités d'ascension sociale entravée, leurs vies écourtées. Ces épreuves suscitent bien souvent colère et sentiments d'injustice. Elles poussent parfois à l'engagement des personnes qui n'y étaient pas disposées. À partir d'une enquête inédite dans plusieurs quartiers populaires en France et en Amérique du Nord, ce livre démontre les conséquences du déni de reconnaissance qui entoure les discriminations : dépression, exil, repli sur soi... Au regard du drame silencieux qui s'opère sous nos yeux, il invite à une prise de conscience collective. Mais le racisme suscite aussi des conséquences plus positives : une jeunesse se lève face aux violences policières, se mobilise dans des associations ou investit les partis politiques, en développant des savoirs et savoir-faire nouveaux, et par là son pouvoir d'agir. Peut-être est-ce l'émergence d'une nouvelle génération militante, engagée dans des luttes pour l'égalité ?

  • Gérald Bronner continue d'explorer les croyances collectives afin d'en extirper la part d'irrationnel. Dans ce Cabinet de curiosités sociales, les objets exhibés relèvent de notre vie quotidienne, et pourtant nous n'en remarquons pas l'étrangeté : Pourquoi les ballons sont-ils presque tous ronds ? Pourquoi les chantiers sont-ils toujours en retard ? Qu'est-ce que l'apparition des téléphones portables change quant à la probabilité d'existence des soucoupes volantes ? Telles sont quelques-unes des questions en apparence triviales posées par ce livre. En apparence seulement, car comme pour tout cabinet de curiosités, il s'agira d'édifier l'esprit par l'exemple et ouvrir le regard aux marges de la réalité. Cette marge ne se situera pas aux confins du monde connu comme dans les traditionnels cabinets de curiosité mais juste là... devant nos yeux.



  • « Nous, classes moyennes, petits-bourgeois de toutes catégories, anesthésiés par notre confort, chloroformés par nos habitudes, obnubilés par nos médiocres intérêts, devrions nous aviser que le modèle d'organisation sociale qui est révolu, c'est celui qui se présente comme le seul concevable et le seul souhaitable, le modèle que le capitalisme libéral a étendu à toute la planète, celui d'une société à deux vitesses et d'un monde à deux humanités. L'évolution plus qu'alarmante des rapports sociaux, le fossé infranchissable qui se creuse toujours plus entre nantis et démunis, entre possédants et dépossédés, engendrant exclusion, haine et violence, rendent inéluctable le choix décisif entre un monde où la défense des privilèges ne pourra plus être assurée que par la guerre déclarée contre les pauvres et un monde où la suppression des inégalités économiques constitue le préalable de la construction d'une démocratie mondiale. »
    Le capitalisme ne fonctionne pas seulement par oppression mais aussi par l'adhésion des individus au système qui les exploite, entretenue par de vaines espérances de succès individuel. Nos luttes doivent s'accompagner d'un autre combat, dont l'enjeu est l'appropriation par chacun de sa subjectivité : ce travail de « socioanalyse » a pour objet la maîtrise de ce qui conditionne notre participation spontanée à l'ordre établi.

  • Portez-vous autour de votre poignet Halo, le bracelet d'Amazon ? Est-on passé de la standardisation à la customisation ? Doit-on dorénavant parler d'éco-républicanisme ? Le permafrost va-t-il nous faire entrer dans une ère pandémique ? Qu'est-ce qu'une Zoom Town ? Pratiquez-vous le E sport ?En une trentaine de textes précis, souvent drôles, toujours percutants, cet ouvrage fait le pari de proposer une ouverture sur nos sociétés en mutations à travers les idées, les faits, les lieux, les personnages, les objets, en un mot les tendances qui façonnent, influencent et orientent les grandes aspirations de demain.

    Cet ouvrage rassemble les contributions de nombreux spécialistes, parmi lesquels citons Daniel Cohen, Eva Illouz, Jocelyne Porcher, David Goodhart, Dominique Pottier, Isabelle Delannoy, Pierre Veltz, Jérôme Fourquet, Titiou Lecoq, Salomé Berlioux, Chloé Morin, David Djaiz...

  • L'ouvrage regroupe cinq textes majeurs de Marcel Mauss, rédigés entre 1921 et 1938, qui explorent la possibilité d'une coopération entre psychologie et sociologie à partir de l'analyse précise d'une documentation ethnographique et historique. Depuis l'expression obligatoire des sentiments dans les cérémonies funéraires australiennes jusqu'à l'histoire de la notion de personne comme catégorie de l'esprit humain, en passant par l'étude du rapport des individus à l'avenir dans différents contextes socio-historiques et par la genèse sociale des relations de hiérarchie et de rivalité, Mauss a tenté de construire avec les psychologues et les anthropologues de son temps, généralement formés en médecine, un modèle de l'homme bio-psycho-social avant de se tourner vers la psychologie historique et l'histoire des techniques. Cet ouvrage montre l'apport décisif de Marcel Mauss à la psychologie sociale.

  • Alors qu'elles avaient diminué au XXe siècle, les inégalités économiques se creusent de nouveau, depuis plusieurs décennies, dans la plupart des pays occidentaux. Mais la seule dimension économique ne suffit pas à rendre compte des inégalités, qui doivent aussi être saisies dans leur ensemble, quelle que soit la forme qu'elles prennent. Afin d'appréhender leur pluralité, Nicolas Duvoux dresse un panorama des différentes définitions qu'on donne des inégalités sociales, des outils qui permettent de les mesurer ainsi que des interprétations de la façon dont elles se construisent et s'enracinent. Comprendre les inégalités sociales, c'est dès lors décrypter comment chaque société les conçoit, les critique et tente (ou non) de les combattre.

  • Jamais les ruptures conjugales n'ont été aussi nombreuses, et jamais le couple n'a été autant célébré sur l'autel des valeurs contemporaines. Contradiction ? Nullement. C'est justement parce que l'on attend beaucoup du couple qu'il est devenu si difficile à construire. Aujourd'hui, on ne se satisfait plus d'un demi-bonheur. Ce qui hier encore allait de soi est désormais systématiquement mis en question. Jean-Claude Kaufmann fait le point sur les différents aspects de la vie en couple et nous permet ainsi de connaître les mystères du fonctionnement conjugal à l'heure où, depuis une génération au moins, celui-ci évolue très rapidement. Amour, choix du conjoint, étapes du cycle conjugal, gestion de l'insatisfaction et des attentes réciproques, rôles féminins et masculins : les nouvelles règles de la vie à deux.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Émile Durkheim. "Le Suicide, Étude de sociologie" d'Émile Durkheim est devenu l'un des plus grands classiques de la littérature sociologique pour deux raisons: tout d'abord par le haut degré de généralité de la théorie élaborée, dans laquelle le suicide ne constitue qu'un indicateur privilégié, ensuite par l'usage brillant qui est fait des statistiques. En étudiant le suicide, Durkheim montre que la société française de son époque souffre d'un important défaut de cohésion sociale. Selon lui, en temps normal, "chaque société est prédisposée à fournir un contingent déterminé de morts volontaires", mais un taux de suicides trop élevé est la preuve d'un grave état pathologique du corps social. La société souffre alors d'un défaut de régulation, qu'il nomme "anomie", forgeant ainsi un concept qui deviendra fécond par la suite dans la recherche sociologique. Outre la religion et l'économie, Durkheim s'attache surtout ici à étudier l'institution familiale, à tel point même que l'on peut considérer "Le Suicide" comme un ouvrage de sociologie de la famille. Il propose un remède au mal: le rétablissement des corporations, et se livre à une analyse statistique de la fréquence du suicide selon l'appartenance à différents groupes sociaux. La théorie élaborée est donc inséparable de la méthode statistique par laquelle il met en évidence le poids respectif des différentes variables. En utilisant les statistiques, Durkheim illustre bien ce que doit être la méthode telle qu'il l'a définie dans "Les Règles de la méthode sociologique". En affirmant de plus quelle place tient l'individu dans la discipline, il démontre aussi que que la sociologie, seule, ne permet pas de comprendre des individus isolés.

  • Penser la ville revient aujourd'hui à se pencher sur les conditions de vie de la majorité des Terriens. C'est décrire et analyser les réalités urbaines. C'est aussi se frotter aux mots des experts, des architectes, des urbanistes ou des élus. De « NIMBY » à « bobo » en passant par « PLU », « équilibre spatial » ou encore « gentrification », l'urbain suscite la création de néologismes et autres acronymes. Ce livre n'entend pas être un simple lexique. Il invite, au gré des mots - « bidonville », « Dubaï », « toilettes publiques », « aéroport » -, à une promenade sur la planète urbaine. Flânant entre réalités présentes et perspectives futures, les auteurs croisent des approches sociologiques, philosophiques, écologiques, juridiques, cinématographiques pour mieux saisir les ressorts de la vie citadine et inventer les territoires urbains de demain.

  • Les premiers sociologues, parce qu'ils s'interrogeaient sur la société moderne, ont été conduits à étudier les phénomènes religieux, en particulier les changements que la modernité impliquait pour la religion. Le regard sociologique sur l'univers religieux n'a cessé depuis de se renouveler et de s'enrichir. En dressant un tableau des diverses approches depuis Weber et Durkheim jusqu'aux questionnements les plus contemporains sur la sécularisation, les intégrismes et les progressismes, Jean-Paul Willaime nous montre que les religions sont des faits sociaux dont l'analyse permet de mieux comprendre les sociétés et leurs évolutions.

  • La sanction est une pratique commune en éducation, mais elle reste un impensé et un tabou de la réflexion éducative contemporaine. On préfère s'interroger sur sa légitimité que sur ses fonctions et les mécanismes qu'elle met en jeu. Elle a pourtant une histoire : une histoire des pratiques, aussi bien familiales que scolaires, et une histoire des idées. Qu'ont dit les philosophes sur cette épineuse question?? Qu'en pensent les psychanalystes et les pédagogues?? Que retenir de leur lecture?? Alors que l'on assiste à une «?judiciarisation?» des formes punitives au sein de l'institution scolaire, Eirick Prairat tente de donner corps à l'idée de sanction éducative. Il expose ses effets et analyse les conditions requises pour que cette dernière participe à la responsabilisation et à la socialisation de l'enfant.

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