• L'histoire de Suzanne Lenglen commence en 1910. À 11 ans, elle reçoit de son père une raquette de tennis. Grande sportive, elle s'entraîne comme un homme et développe un jeu unique grâce à la pratique de la gymnastique et de la danse.

    Quatre ans plus tard, elle remporte son premier titre de champion du monde. C'est le début de la gloire.

    Entre 1919 et 1926, elle s'impose six fois aux Internationaux de France, six fois à Wimbledon, et décrochera trois médailles olympiques. Ses apparitions déchaînent les foules.

    Qui mieux que Gianni Clerici, journaliste italien, romancier, essayiste et spécialiste reconnu du tennis, aurait pu mieux retracer la vie exceptionnelle de Suzanne Lenglen, qui changea en quelques années seulement l'image du tennis et la place des femmes au sein de celui-ci ?

    Gianni Clerici est né en 1930 à Côme.

    Journaliste, grand reporter, romancier, essayiste, il est également un spécialiste reconnu du tennis.

    Ancien joueur, il a représenté plusieurs fois l'équipe d'Italie, notamment au Tournoi de Wimbledon en 1953. Commentateur des matchs pour la télévision, il est intronisé au International Tennis Hall of Fame en 2006.

    Les Éditions Viviane Hamy ont fait paraître en 2000 son roman Les Gestes blancs. Sa réflexion sur le sport est au coeur de toute son oeuvre.

  • Leonard Cohen inspire un respect rarement réservé à un artiste encore vivant. Et alors qu'il continue de créer une musique hors du temps, Liel Leibovitz invente un nouvel art de la biographie. De "Suzanne" à "Everybody Knows", il livre les sources d'inspiration du chanteur et recompose le puzzle d'une vie spirituelle, dans une véritable biographie philosophique. Du judaïsme au bouddhisme, de la poésie canadienne au rock'n'roll, il nous plonge dans une quête de sens et décrit la manière dont Cohen est devenu une star jamais égalée, mais aussi un véritable prophète. Reclus sur l'île d'Hydra avant de se consacrer au bouddhisme, Cohen échappe au cliché de la rock star. Mêlant anecdotes, analyse et contexte, ce portrait parvient à émouvoir, ce dont Leonard Cohen himself a convenu.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • En 1969, venant de lire La Surprise de vivre, Marguerite Yourcenar écrivait à l'auteur : « Vous m'aviez annoncé surtout une chronique du Montpellier d'autrefois. Comment deviner que le gros manuscrit [...] contenait tant de journées d'été, de nuits tièdes au bord d'une rivière, de siestes brûlantes. Je ne m'attendais pas [...] à une si fiévreuse idylle... L'amour des deux femmes est décrit sans un mot de trop ni de trop peu. » Cette « fiévreuse idylle », en effet, insérée dans la vie d'une famille huguenote conventionnelle, se développe avec une exquise lenteur si bien que la chute de la belle Éva dans les bras de Hilda Steenes nous soulage d'une tension extrême mais parfaitement délicieuse. Comme Yourcenar, nous pouvons chercher derrière les traits de l'institutrice Miss Steenes ceux de Natalie Barney. Pourquoi pas ? Galzy ne fréquenta-t-elle pas aussi le célèbre salon ? Reste que ce roman est celui d'un choix. Prise entre son devoir de femme protestante, riche héritière terrienne et son désir flamboyant pour cette femme qui peu à peu s'installe dans sa vie, Éva va lentement choisir la rébellion face à un destin tout tracé. La Surprise de vivre est un grand roman à l'ancienne écrit par une vieille dame indigne qui nous invite à vivre, tout simplement.

  • Les Gautier, père et fille - du romantisme à la guerre de 1914 - c'est un siècle de visions d'Orient. Momies et samouraïs y racontent une histoire plus secrète, moins « pittoresque » qu'il n'y paraît d'abord. Denise Brahimi est spécialiste du voyage dans le Maghreb et dans l'Orient, Proche ou Extrême. Elle analyse les motifs intimes des deux écrivains et les variations littéraires où s'exprime cette double fascination.

  • C'EST par l'intermédiaire du poète et éditeur Armand Guibert que Jean Amrouche et Jules Roy se sont connus en 1937. Dès 1938 et pratiquement jusqu'à la mort du poète en avril 1962, les deux hommes échangent une intense correspondance qui permet de reconstituer la genèse, l'histoire éditoriale des oeuvres poétiques, l'action littéraire d'Amrouche à Tunis, chez Charlot à Alger et à la revue l'Arche à Paris. Et qui témoigne, au delà des malentendus et des blessures, d'une amitié hors du commun. Si elles constituent un document littéraire et humain saisissant de spontanéité et de vérité, ces lettres apportent surtout un témoignage capital sur la montée du sentiment nationaliste algérien, sur les déchirements engendrés de part et d'autre par la guerre d'Algérie, et sur les liens qui subsistent entre les deux pays en dépit - ou à cause - d'une histoire commune. Cet émouvant plaidoyer en faveur de l'amitié entre deux peuples constitue aussi l'un des messages de ce qu'on a appelé l'École d'Alger.

  • Quatre cités héritières d'un riche passé historique et architectural, unies dans une même destinée économique. C'est tout le passé glorieux et l'avenir prometteur qui s'offrent au visiteur.

  • Le Passage du coeur Navré : deux nouvelles. Suzanne : une histoire dont l'auteur s'est baigné. Fait divers réel ou imaginaire ? Article 19 : À travers une histoire familiale, une vraie fausse vérité vient-elle éclairer l'énigme du Masque de Fer ?

  • Avec « Les chiens des dieux », vous pourrez vivre la vie de Paris pendant la Commune de 1871. L'auteur ne fait pas un ouvrage d'Histoire ; tout se passe en témoignages vivants, au ras des rues et des places, parmi les bastions du siège et les barricades de la révolte, à Neuilly comme dans le 13e arrondissement. Les personnages sont des hommes du peuple, mais aussi d'éminents Parisiens, grands médecins comme Charcot, grands peintres comme Courbet auxquels va la sympathie de l'auteur. L'effarante défaite militaire et le siège de Paris précèdent et éclairent les événements qui eurent un tel retentissement et dont les traces demeurent encore dans l'inconscient de notre peuple. Et pourtant le drame ne dura que trois mois. Le récit se lit d'un trait. On ne quitte pas Paris, le grouillement de ses foules, toute une vie somme toute heureuse, inexpliquablement, aux pires moments du siège et de la révolte.

  • La Planète Blanche de Marcel Morin et François Missen se lit comme un polar. En 1971, un jeune commissaire enthousiaste et courageux est nommé à Marseille. Objectif : repérer les laboratoires clandestins de la French Connection, plaque tournante du trafic d'héroïne vers New York. Mission impossible qu'il mènera à bien, en dépit de l'hostilité du milieu, mais aussi de ses prétendus alliés. Morin découvre le mécanisme de la circulation de la drogue. Des bars jusqu'aux laboratoires, il remonte patiemment la filière grâce à la fameuse « méthode Morin » : établir des preuves qui confondent les truands. Il « obtient » son premier labo, fief du plus grand chimiste de l'histoire de la drogue : Césari. Il évolue en parallèle avec un homme également seul contre tous, François Missen, journaliste au Provençal, engagé à fond dans la croisade antidrogue. Un document d'une valeur inestimable, mais surtout un grand livre.

  • Les réseaux de savoir de « L'école éclatée » (Stock, 1981) essaiment, se disséminent. Quarante à cinquante villes, quatre à cinq mille personnes. À partir de la démultiplication des échanges, les savoirs (couture, tissage, langue vivante...) sont l'occasion d'une rencontre et d'une rupture des hiérarchies sociales. Au-delà de l'échec culturel, la Formation réciproque. Une démarche qui suscite l'intérêt de travailleurs sociaux, de sociologues, de chercheurs, en ce qu'elle mobilise un potentiel de vie et d'acquisition aujourd'hui laissé en friches. En juin 1987, le « Mouvement des Réseaux d'Échanges Réciproques de Savoirs » est devenu une association nationale.

  • Toute cette nuit-là, il avait plu à verse. La rue semblait déformée et devait être glissante. Cette femme aurait-elle glissé tout simplement ? Du cinquième étage, Suzanne pouvait voir que la femme était mince et avait le même âge qu'elle. Elle portait un tailleur, des escarpins et pressait fortement son sac à main contre sa poitrine. Son visage offert à la pluie était éclairé par le réverbère. Il était pâle comme la lune et figé comme celui d'une poupée de cire. Les jeunes gens essayaient de maintenir hors du caniveau cette femme qui hurlait : « Laissez-moi ! Je veux mourir ! »

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Témoignage sur l'école d'autrefois, encadrée par des maîtres et maîtresses aux blouses rigides, menaçant de la règle le bout des doigts!...

  • Joseph Brentano, représentant et écrivain raté, s'arrête un jour à Vendôme dans un petit hôtel. Il rencontre Angèle, la serveuse, avec laquelle il vit une aventure violente et passionnée. Angèle lui confesse ses fantasmes et la tragédie de son enfance tandis que Brentano n'ose lui avouer son propre drame. Le huis clos érotique et désespéré va se poursuivre dans un château parmi des fous et un psychiatre qui entretient d'étranges rapports avec Angèle. Un roman d'amour fou dont on ne sort pas indemne.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Ni récit pur, ni étude historique, ce gros roman qui exigera plusieurs volumes nous apporte la grande fresque d'une époque, une éducation sentimentale et la connaissance de l'univers romanesque de Jean Davray. Politiciens, financiers, diplomates, réfugiés, peintres et médecins, amants et victimes, toute une société renaît dans ce premier tome auquel on pourrait donner pour épigraphe la noble parole de Térence : « Je suis homme et rien de ce qui est humain ne m'est étranger ». L'action nous transporte à Paris en 1934. Les jeux de l'art, de la politique et de l'érotisme baignent pour le lecteur, qui ne peut ignorer ce qui arrivera en 1939, dans un éclairage particulier. Le sentiment esthétique imprègne chaque page. Il est beaucoup question d'art dans ce livre, et ce n'est peut-être pas le hasard qui nous mène en Italie. La grâce de certains êtres leur devient une manière de justification. Et la beauté inspire le seul mouvement véritablement religieux de l'ouvrage. Mais est-il obligatoire que la beauté soit uniquement physique ? L'amour du beau peut conduire à une morale. Certes Jean Davray n'est pas dogmatique. Pourtant rien n'interdit de croire que sa morale, sans songer à nous l'imposer, il nous la laisse entrevoir. Le Bruit de la vie, ce titre nous rappelle la célèbre définition de Shakespeare dans Macbeth, qui inspira aussi son plus beau roman à Faulkner : « Une histoire... pleine de fureur et de bruit... ».

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Dure et nouée comme ces oliviers qui ne font pas la richesse de l'Ifrigya, Frédérique Spinelli, héroïne et narratrice de cette histoire, pèse et soupèse ses seize ans et ses quarante-deux kgs. Elle observe ses parents, Suzanne et Vincent. Elle scrute l'avenir. Elle a appétit de tout, sauf de nourritures terrestres... La Tunisie, décor d'opérette où il fait bon passer quinze jours de vacances, est un cul-de-sac où s'agglutinent Corses, Italiens, Juifs, Russes Blancs et Maltais. Les Arabes, dix ans après l'Indépendance, continuent à faire de la figuration. Frédérique, pourtant, les aime : si seulement ils ne nous singeaient pas et osaient être eux-mêmes !... "Mange ta soupe et joue ton piano !" répète Suzanne Spinelli à sa fille : elle espère ainsi, à la fois, en faire une artiste et une femme dodue... Pour faire grossir Frédérique, on va jusqu'à l'interner dans une clinique psychiatrique : "anorexie mentale" ont décrété les médecins. Ils préconisent en coeur un "retrait du milieu familial" dont nul ne veut, surtout pas Suzanne, moins encore sa fille, que Tout-Tunis, petit monde cocasse et étriqué, ne tarde pas à qualifier de "folle". Suzanne, qui avait rêvé d'être une cantatrice, fiance Frédérique avec un pianiste dont le nom s'inscrit déjà sur les affiches en lettres de dix centimètres : Charles Sabban. Mais Frédérique, comme un animal encagé, guette le moment où elle pourra bondir et s'échapper, tout en essayant de tirer de ses "fiançailles" quelques enseignements sur elle-même. Elle travaille son piano et prépare son bachot, désormais, de son plein gré, c'est-à-dire avec une frénésie de prisonnier préparant son évasion. Charles éliminé, les garçons se succèdent auprès d'elle sans l'émouvoir : ils l'étonnent ; qu'a-t-elle donc qui les jette à ses pieds ? Mais un jour, elle a maintenant dix-huit ans, la chenille devient papillon. L'auteur de cette métamorphose se nomme Vladimir. Comme le remarque Frédérique : "On n'aime qu'une fois pour la première fois..." C'est aussi, puisque c'est le début d'une vraie femme, la fin de ce roman d'une jeune fille exigeante... Que faut-il le plus admirer, dans ce troisième livre d'Anne Loesch : la vitalité forcenée ? Un style décapant qui rappelle l'apparition de Christiane Rochefort ? L'intrusion dans nos lettres modernes d'un "ton pied-noir" d'une saveur merveilleuse ? Tout cela à la fois, sans doute, c'est-à-dire la confirmation, après trois années de silence, du talent d'Anne Loesch qui, quand elle publia à vingt ans, en 1963, La valise ou le cercueil, étonnant document sur les derniers jours de l'Algérie française, nous avait appris qu'il faudrait désormais compter avec cette mince personne passée, dans la folie d'une époque folle, des études de lettres et de philosophie aux commandos de la moribonde O.A.S. Revenue en France, ayant fait retraite et réflexion, Anne Loesch devrait appartenir désormais, tout entière, au roman.

  • Recherché par la police pour avoir participé à un attentat, un jeune Français tente de quitter la république sud-américaine où il se trouve. Bizarre odyssée que celle de Bruno, à travers un pays accablé par le soleil et la chaleur. Depuis des mois, les Indiens attendent la pluie, comme électrisés par cet exceptionnel suspense ; ils ne sont plus tout à fait eux-mêmes. A mesure qu'il s'enfonce dans ces déserts angoissants, Bruno explore un monde presque lunaire, peuplé d'habitants plus que singuliers. Ceux qui devraient logiquement le dénoncer le protègent, le chef de la police lui-même, extraordinaire personnage, l'accueille comme un ami dans son hacienda. Qu'est-ce que son petit forfait, comparé à la soif, la fièvre sèche dont chacun souffre, dans une sorte d'exaltation forcenée ? En route vers la frontière, Bruno a rencontré une femme, avec laquelle il vit - ou croit vivre - une passion partagée. Mais l'amour lui-même ne se ressemble plus, et Marie, elle aussi, est gagnée par le grand cérémonial de la sécheresse. Elle finit par rejoindre les femmes indiennes qui se sont séparées des hommes pour invoquer les divinités de la pluie dans d'insolites bacchanales... Bruno retrouvera-t-il Marie, « sous le ciel ouvert » aux nuages tant attendus ? Cet ouvrage d'une rare intensité, qui commence à la façon d'un roman d'aventure, tourne peu à peu au récit presque initiatique, pour nous entraîner dans un univers halluciné, à mi-chemin du mirage et du réel. Sans hausser le ton, ni s'abandonner à un lyrisme de mauvais aloi, Jacques et François Gall réussissent à nous « dépayser » avec les mots simples de tous les jours. Dans la meilleure tradition du fantastique, leur livre demeure profondément original : il surprend, inquiète, retient, fascine et ouvre tout grands les merveilleux horizons d'un rêve éveillé, qu'on ne se lasse pas de découvrir avec eux.

  • Au milieu de ses meubles, cloué dans son fauteuil d'infirme, M. Vainqueur est gras, et un peu comédien ; il a l'air d'un Chinois. Il songe. Il se demande comment on peut bien être mort. A côté de lui s'agitent une dizaine de petits jeunes gens, et leur présence semble l'expression même de la vulgarité. Troussant les filles, chapardant les bibelots, plaisantant sans grâce, s'enivrant sans esprit, ils sont abjects. Ils ne comprendront pas, dans leur innocence, que la neige a cessé de tomber, que l'heure sonne, que le rat blanc s'est rendormi dans sa cage et que M. Vainqueur a trouvé, tout seul, le mot de l'énigme.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Elles étaient couturières ou lingères. Elles étaient descendues dans la rue en 1830 puis, déçues, amères après la révolution trahie, elles entrèrent dans une secte socialiste communautaire : le Saint-simonisme. Là, entre femmes, entre prolétaires, elles se réunirent, mirent leurs économies en commun et fondèrent le premier journal féministe français. Il était écrit, dirigé, géré, distribué par des femmes. L'expérience dura deux ans. Cela ne s'arrêta pas là. Des bourgeoises, plus cultivées, moins libertaires peut-être, mais avec obstination et talent, lancèrent toute une série de journaux féminins, spécialement écrits pour les femmes. La bourgeoise cultivée devenait émancipée. Si, auparavant, leurs maris ne leur reconnaissaient que des devoirs, elles acquerront désormais des droits : droit de penser, droit de s'exprimer, droit de régner dans leur foyer. Bref, on arrivait au règne de la liberté. Dès les débuts de la révolution de 48, les prolétaires et les bourgeoises se réunirent et firent ensemble, quotidiennement, le journal, qu'à bon droit, elles pouvaient appeler le journal de toutes les femmes. Ce fut, avec la répression de juin, puis avec la trahison de nos chers socialistes, que la presse féministe s'éteignit. Il faudra attendre l'après 68 pour la voir renaître, aussi diverse, vive, provocante qu'en 1832.

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