• Lawrence dénonce dans cet écrit sur l'art la maladie charnelle dont, selon lui, la Beauté est atteinte. Les arts y jetteraient un voile pudique en refusant de représenter le corps, surtout dans sa dimension sexuelle, et se spiritualiseraient en choisissant le paysage pour objet. L'art serait devenu ennuyeux, dénué de passion et de sensualité. Lawrence oppose ici les maîtres anglais, de Constable à Turner, aux Impressionnistes français qui, s'ils n'échappent pas au cliché, ont inventé la lumière, et entretiennent un rapport au corps, hygiénique certes, mais jouisseur. Seul Cézanne avec ses pommes échappe aux limites imposées par l'esprit et à célébrer la matière. Avec verve, ironie et cynisme, D.H. Lawrence plaide ici en faveur d'un art libéré de toute entrave.

  • Présentés en anglais accompagnés de commentaires en français, ces documents (témoignages, discours, articles, textes littéraires ...) témoignent d'une période prestigieuse de l'histoire de la Grande-Bretagne, l'époque victorienne. Plusieurs aspects essentiels de la civilisation sont abordés : les progrès techniques, le libéralisme, les questions sociales, le suffrage universel, les syndicats ouvriers, l'éducation, la religion et la science, la condition féminine, l'art, les colonies, tout ce qui a contribué à la grandeur de l'Empire britannique.

  • At fifteen, Turner was already exhibiting View of Lambeth. He soon acquired the reputation of an immensely clever watercolourist. A disciple of Girtin and Cozens, he showed in his choice and presentation of theme a picturesque imagination which seemed to mark him out for a brilliant career as an illustrator. He travelled, first in his native land and then on several occasions in France, the Rhine Valley, Switzerland and Italy. He soon began to look beyond illustration. However, even in works in which we are tempted to see only picturesque imagination, there appears his dominant and guiding ideal of lyric landscape. His choice of a single master from the past is an eloquent witness for he studied profoundly such canvases of Claude as he could find in England, copying and imitating them with a marvellous degree of perfection. His cult for the great painter never failed. He desired his Sun Rising through Vapour and Dido Building Carthage to be placed in the National Gallery side by side with two of Claude's masterpieces. And, there, we may still see them and judge how legitimate was this proud and splendid homage. It was only in 1819 that Turner went to Italy, to go again in 1829 and 1840. Certainly Turner experienced emotions and found subjects for reverie which he later translated in terms of his own genius into symphonies of light and colour. Ardour is tempered with melancholy, as shadow strives with light. Melancholy, even as it appears in the enigmatic and profound creation of Albrecht Dürer, finds no home in Turner's protean fairyland - what place could it have in a cosmic dream? Humanity does not appear there, except perhaps as stage characters at whom we hardly glance. Turner's pictures fascinate us and yet we think of nothing precise, nothing human, only unforgettable colours and phantoms that lay hold on our imaginations. Humanity really only inspires him when linked with the idea of death - a strange death, more a lyrical dissolution - like the finale of an opera.

  • J.M.W. Turner wurde 1775 in Covent Garden als Sohn eines Barbiers geboren und starb 1851 in Chelsea. Es bedarf der Erfahrung eines Spezialisten, Gemälde auszusuchen,um ein Werk über diesen Maler zu verfassen, denn mit einem Gesamtwerk von über 19000 Gemälden und Zeichnungen kann Turner als ein äußerst produktiver Maler bezeichnet werden. Sein Name wird einerseits mit einer gewissen Vorstellung der Romantik in den Landschaften und einer bewundernswerten Gewandtheit in der Ausführung seiner Seegemälde verbunden. Andererseits erinnert er aber auch an einen Vorreiter im Umgang mit Farben: an Goethes Theorie der Farben. Man braucht das Talent des großen englischen Kritikers John Ruskin, um Turners Malerei zu interpretieren. Mit Gemälden wie dem Brand des Ober- und Unterhauses, seiner ergreifenden Sicht des Schlachtfeldes von Waterloo und vielen anderen gibt Turner aber auch einen Zeitzeugenbericht ab. Seine Werke werden in zahlreichen Museen ausgestellt, z.B. im British Museum in London sowie in New York, Washington und Los Angeles.

  • At fifteen, Turner was already exhibiting View of Lambeth. He soon acquired the reputation of an immensely clever watercolourist. A disciple of Girtin and Cozens, he showed in his choice and presentation of theme a picturesque imagination which seemed to mark him out for a brilliant career as an illustrator. He travelled, first in his native land and then on several occasions in France, the Rhine Valley, Switzerland and Italy. He soon began to look beyond illustration. However, even in works in which we are tempted to see only picturesque imagination, there appears his dominant and guiding ideal of lyric landscape. His choice of a single master from the past is an eloquent witness for he studied profoundly such canvases of Claude as he could find in England, copying and imitating them with a marvellous degree of perfection. His cult for the great painter never failed. He desired his Sun Rising through Vapour and Dido Building Carthage to be placed in the National Gallery side by side with two of Claude's masterpieces. And, there, we may still see them and judge how legitimate was this proud and splendid homage. It was only in 1819 that Turner went to Italy, to go again in 1829 and 1840. Certainly Turner experienced emotions and found subjects for reverie which he later translated in terms of his own genius into symphonies of light and colour. Ardour is tempered with melancholy, as shadow strives with light. Melancholy, even as it appears in the enigmatic and profound creation of Albrecht Dürer, finds no home in Turner's protean fairyland - what place could it have in a cosmic dream? Humanity does not appear there, except perhaps as stage characters at whom we hardly glance. Turner's pictures fascinate us and yet we think of nothing precise, nothing human, only unforgettable colours and phantoms that lay hold on our imaginations. Humanity really only inspires him when linked with the idea of death - a strange death, more a lyrical dissolution - like the finale of an opera.

  • L'objectif de cet ouvrage est de faire l'état de la recherche sur l'apprentissage implicite (phénomènes d'apprentissage qui se font à l'insu du sujet) en s'appuyant sur les données les plus récentes publiées dans ce domaine. Il s'agit en outre, en se centrant principalement sur les paradigmes des grammaires artificielles et du temps de réaction sériel, de présenter les enjeux principaux soulevés par ce champ d'étude. Ainsi, l'ouvrage aborde les questions liées à la nature réellement inconsciente de l'information apprise ou au rôle de la mémoire de travail et de l'attention dans l'apprentissage implicite. Par ailleurs, deux chapitres du livre traitent des aspects développement taux de l'apprentissage implicite (chez l'enfant et dans le cadre du vieillissement normal). Un chapitre important de l'ouvrage est consacré aux données issues de l'approche neuropsychologique, qu'il s'agisse de la mise en évidence de capacités préservées d'apprentissage implicite chez certains types de patients cérébro-lésés (comme, par exemple, les patients amnésiques) ou de la présentation des travaux ayant utilisé les techniques d'imagerie cérébrale. Enfin, le dernier chapitre présente quelques-uns des modèles théoriques qui ont été proposés pour rendre compte des mécanismes impliqués dans cette forme d'apprentissage, en s'intéressant plus particulièrement aux modèles connexionnistes, dont certains se sont montrés capables de simuler la performance humaine dans des situations d'apprentissage implicite. Cet ouvrage, qui est le premier à paraître sur ce thème en langue française, se veut aussi être un outil de travail et de référence pour les chercheurs et pour les étudiants intéressés par l'étude des phénomènes d'apprentissage implicite en psychologie cognitive et en neuropsychologie.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Derrière un musée et une collection, il y a d'abord des hommes et des femmes, des envies, des volontés de créer, de bâtir, de témoigner, de contribuer à une meilleure civilisation. L'institut Courtauld en est un exemple frappant. Le Courtauld Institute of Arts a été créé en 1932. Il est parfois désigné au Royaume-Uni comme la « collection des collections ». À côté des deux créateurs de l'institut - Samuel Courtauld et Lord Arthur Lee of Fareham - il faut citer d'autres personnages essentiels : Sir Robert Witt, Sir Stephen Courtauld, Mark Gambier Parry, le comte Antoine Seilern. Leurs collections étaient très diverses mais toujours d'une exceptionnelle qualité. C'est grâce à eux tous que le Courtauld mérite pleinement son appellation de « collection des collections ».
    Ce livre reprend les tableaux les plus importants présents dans le musée ainsi que quelques dessins particulièrement exceptionnels. C'est ainsi 116 oeuvres de près de 50 artistes qui sont présentées et reproduites ici, de Botticelli à Michel-Ange, de Robert Campin à Cranach et Pierre Bruegel, de Rubens et Claude Lorrain, à Tiepolo, Goya, Turner. Samuel Courtauld a contribué à faire connaître au Royaume-Uni les impressionnistes (Manet, Monet, Sisley, Renoir, Degas, Morisot, Pissarro) et leurs successeurs (Cézanne, Seurat, Signac, Van Gogh, Gauguin, Lautrec, Rousseau, Bonnard, Vuillard). Les oeuvres qu'il a collectionnées sont des tableaux importants, ancrés dans la mémoire collective et sa collection a ensuite été augmentée par les autres dons et legs. Le XXe siècle (Modigliani, Soutine, etc.) n'est pas oublié.
    Les reproductions sont agrandissables en plein écran, aucun livre papier ne vous donne une telle richesse d'informations.
    Ce guide VisiMuZ vous donne une vision d'ensemble des collections de l'institut Courtauld. Il est nomade, rapide à télécharger, ne nécessite ensuite aucune connexion. Les livres numériques beaux-arts de VisiMuZ sont innovants, complets, simples, pratiques. Nativement numériques, ils profitent pleinement des avantages du support (navigation intuitive, recherche textuelle, police adaptée à la vue du lecteur, annotations, etc.)

    (Attention: en 2019, a lieu à Paris une exposition dont le périmètre est plus restreint. Elle est dédiée à la collection de Samuel Courtauld et non à toute la collection de la Courtauld Gallery.)

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • 30 mars 1989, Palais des Sports de Lyon : devant 12 000 personnes et 8 millions de téléspectateurs, Christophe Tiozzo, 25 ans, entre dans la légende des champions du monde de boxe. Pour connaître ce soir de triomphe, et recevoir la ceinture symbolique, il aura fallu à Christophe Tiozzo des années de courage, la volonté enracinée d'affiner son art, l'obsession d'une belle boxe élégante, celle qui frappe juste, et précisément. Et beaucoup de démesure. C'est un être complexe, contradictoire, qui se raconte ici : sa jeunesse chaleureuse, dans une banlieue qui est encore une campagne, les premières bagarres avant les premiers matches, les débuts de son entraînement, les privations imposées, les horaires inhumains, la lutte contre 10 grammes de trop, ou 10 kilos, l'indescriptible ivresse des heures de travail en salle... Et l'autre, celle de l'alcool, la vie brûlée par les deux bouts, les femmes, les nuits de folie, l'abrutissement d'un lendemain de match, ou de cuite. Un jour, même le champion doit payer l'addition. 32 combats, 2 défaites. Pas de quoi en faire un drame. Parce qu'il est décidé, le champion, à renaître de ses cendres.

  • L'Ontario français connaît peu ses héros. Or, l'honorable Jean-Robert Gauthier en est un, un vrai. D'abord conseiller scolaire (1961-1971), puis député (1972-1993) et enfin sénateur (1993-2004), il s'est acharné tout au long de sa vie publique à défendre avec succès les intérêts des Franco-Ontariens et des minorités linguistiques du Canada.



    Sa carrière traverse - et cette biographie éclaire - un grand pan de l'histoire canadienne, les périodes Trudeau, Mulroney et Chrétien. Nombreux sont les dossiers et enjeux majeurs où il a joué un rôle important : le financement puis la gestion autonome des écoles françaises, le renouveau constitutionnel et la Charte des droits et libertés, la bataille Montfort, et la Loi sur les langues officielles, parmi bien d'autres.



    Le dernier fleuron de sa carrière n'est pas le moindre. Un an après sa retraite, son projet de loi privé S-3 - rendait exécutoire (et plus seulement déclaratoire) - la Loi sur les langues officielles. Depuis, les communautés minoritaires ont le droit de poursuivre le gouvernement si, selon elles, il ne respecte pas ses objectifs pour leur développement.



    « On peut se demander - dit sa biographe - d'où lui viennent son caractère combatif, son besoin de s'impliquer dans toutes les causes linguistiques et autres, son ardeur, sa vivacité, sa persistance, parfois jusqu'à la démesure. C'est pourquoi, [...] cette biographie autorisée racontera plus en détail l'homme privé, car on trouve là une partie de l'explication de son remarquable engagement social. »

  • Bien des conceptualisations partent du préjugé que le conflit est néfaste pour la société, les groupes ou les individus. La théorie développée dans cet ouvrage, prend le contrepied de cette idée, et soutient que le conflit est, aussi, le principal moteur du changement et de l'innovation. Du conformisme à la conversion, les influences sociales relèvent toutes d'une divergence d'opinion, de jugement ou de comportement, introduite par quelque individu ou par quelque groupe. Qui introduit la divergence, et à propos de quoi, sont les deux facteurs qui orientent les significations de ce conflit, sur le plan relationnel et sur le plan cognitif. Les effets d'influence, manifestes ou latents, sont la conséquence de l'élaboration du conflit par ceux qui y sont confrontés. De nombreuses études expérimentales illustrent cette théorie. Les unes, menées en laboratoire, abordent les influences sociales sur des jugements perceptifs, et sur des fonctionnements cognitifs tels que le raisonnement. D'autres, plus proches du terrain, s'interrogent sur les conflits qui mènent au changement d'attitude, à propos de thèmes de grande pertinence sociale, comme l'avortement, la contraception, le tabagisme, le racisme ou la xénophobie.

  • Joseph Mallord William Turner (Londres, 1775 - 1851)
    A 15 ans, Turner exposait déjà une Vue de Lambeth. Il acquit très tôt la réputation d'un aquarelliste extrêmement habile. Disciple de Girtin et de Cozens, il montra par son choix et la façon de présenter ses thèmes une imagination pittoresque qui semblait le destiner à une brillante carrière d'illustrateur. Il voyagea, d'abord dans son pays natal et puis, à plusieurs occasions, en France, dans la vallée du Rhin, en Suisse et en Italie. Son intérêt commença toutefois à dépasser le cadre de l'illustration : l'idéal du paysage lyrique, dominant et inspirateur, se faisait jour, même dans des oeuvres où nous sommes tentés de ne voir rien d'autre qu'une imagination pittoresque. Son choix d'un unique maître du passé est éloquent, étudiant en profondeur toutes les toiles du Lorrain qu'il put trouver en Angleterre, les copiant et les imitant avec une extraordinaire perfection. Il ne se départit jamais de son culte pour le grand peintre. Il voulut que son Lever du soleil à travers la vapeur soit placé à la National Gallery aux côtés de deux chefs-d'oeuvre du Lorrain ; et c'est là que nous pouvons les y voir et juger du bien-fondé de ce fier et splendide hommage. Ce n'est qu'en 1819 que Turner se rendit en Italie, pour y retourner en 1829 et 1840. Sans aucun doute, Turner y ressentit des émotions et y trouva des sujets de rêverie qu'il transcrivit plus tard, dans les termes de son propre génie, en symphonies de lumière et de couleurs. La logique de la raison ne compte pas aux yeux de cette imagination nordique. Mais aucun Latin n'aurait possédé cette autre logique, monstrueuse à son goût, propre à l'Anglais consumé par un rêve solitaire et royal, indéfinissable et plein de merveilles, qui lui permettait d'abolir les frontières entre la vie (même la sienne) et les images qu'il créait.
    Le rêve du Latin, qu'il soit vénitien ou français, est un rêve de bonheur, à la fois héroïque et humain. L'ardeur y est tempérée par la mélancolie, et l'ombre y lutte avec la lumière. La mélancolie, même sous la forme où elle apparaît dans la création énigmatique et profonde d'Albrecht Dürer, n'a pas sa place dans le monde féerique et changeant de Turner : quelle place aurait-elle dans un rêve cosmique ? L'humanité est absente, sauf peut-être sous la forme de personnages de théâtre que nous regardons à peine. Une peinture de Turner nous fascine, et pourtant nous ne pensons à rien de précis, rien d'humain ; seulement à des couleurs inoubliables et aux spectres qui hantent nos imaginations. En réalité, l'humanité ne l'inspire que lorsqu'elle est liée à l'idée de mort, mais d'une mort étrange, une dissolution lyrique - comme le finale d'un opéra.

  • Joseph Mallord William Turner (Londres, 1775 - 1851)
    A 15 ans, Turner exposait déjà une Vue de Lambeth. Il acquit très tôt la réputation d'un aquarelliste extrêmement habile. Disciple de Girtin et de Cozens, il montra par son choix et la façon de présenter ses thèmes une imagination pittoresque qui semblait le destiner à une brillante carrière d'illustrateur. Il voyagea, d'abord dans son pays natal et puis, à plusieurs occasions, en France, dans la vallée du Rhin, en Suisse et en Italie. Son intérêt commença toutefois à dépasser le cadre de l'illustration : l'idéal du paysage lyrique, dominant et inspirateur, se faisait jour, même dans des oeuvres où nous sommes tentés de ne voir rien d'autre qu'une imagination pittoresque. Son choix d'un unique maître du passé est éloquent, étudiant en profondeur toutes les toiles du Lorrain qu'il put trouver en Angleterre, les copiant et les imitant avec une extraordinaire perfection. Il ne se départit jamais de son culte pour le grand peintre. Il voulut que son Lever du soleil à travers la vapeur soit placé à la National Gallery aux côtés de deux chefs-d'oeuvre du Lorrain ; et c'est là que nous pouvons les y voir et juger du bien-fondé de ce fier et splendide hommage. Ce n'est qu'en 1819 que Turner se rendit en Italie, pour y retourner en 1829 et 1840. Sans aucun doute, Turner y ressentit des émotions et y trouva des sujets de rêverie qu'il transcrivit plus tard, dans les termes de son propre génie, en symphonies de lumière et de couleurs. La logique de la raison ne compte pas aux yeux de cette imagination nordique. Mais aucun Latin n'aurait possédé cette autre logique, monstrueuse à son goût, propre à l'Anglais consumé par un rêve solitaire et royal, indéfinissable et plein de merveilles, qui lui permettait d'abolir les frontières entre la vie (même la sienne) et les images qu'il créait.
    Le rêve du Latin, qu'il soit vénitien ou français, est un rêve de bonheur, à la fois héroïque et humain. L'ardeur y est tempérée par la mélancolie, et l'ombre y lutte avec la lumière. La mélancolie, même sous la forme où elle apparaît dans la création énigmatique et profonde d'Albrecht Dürer, n'a pas sa place dans le monde féerique et changeant de Turner : quelle place aurait-elle dans un rêve cosmique ? L'humanité est absente, sauf peut-être sous la forme de personnages de théâtre que nous regardons à peine. Une peinture de Turner nous fascine, et pourtant nous ne pensons à rien de précis, rien d'humain ; seulement à des couleurs inoubliables et aux spectres qui hantent nos imaginations. En réalité, l'humanité ne l'inspire que lorsqu'elle est liée à l'idée de mort, mais d'une mort étrange, une dissolution lyrique - comme le finale d'un opéra.

  • Voici les multiples aspects de l'organisation sociale et de la vie religieuse des Néwar.

  • Joseph Mallord William Turner (Londres, 1775 - 1851)
    A 15 ans, Turner exposait déjà une Vue de Lambeth. Il acquit très tôt la réputation d'un aquarelliste extrêmement habile. Disciple de Girtin et de Cozens, il montra par son choix et la façon de présenter ses thèmes une imagination pittoresque qui semblait le destiner à une brillante carrière d'illustrateur. Il voyagea, d'abord dans son pays natal et puis, à plusieurs occasions, en France, dans la vallée du Rhin, en Suisse et en Italie. Son intérêt commença toutefois à dépasser le cadre de l'illustration : l'idéal du paysage lyrique, dominant et inspirateur, se faisait jour, même dans des oeuvres où nous sommes tentés de ne voir rien d'autre qu'une imagination pittoresque. Son choix d'un unique maître du passé est éloquent, étudiant en profondeur toutes les toiles du Lorrain qu'il put trouver en Angleterre, les copiant et les imitant avec une extraordinaire perfection. Il ne se départit jamais de son culte pour le grand peintre. Il voulut que son Lever du soleil à travers la vapeur soit placé à la National Gallery aux côtés de deux chefs-d'oeuvre du Lorrain ; et c'est là que nous pouvons les y voir et juger du bien-fondé de ce fier et splendide hommage. Ce n'est qu'en 1819 que Turner se rendit en Italie, pour y retourner en 1829 et 1840. Sans aucun doute, Turner y ressentit des émotions et y trouva des sujets de rêverie qu'il transcrivit plus tard, dans les termes de son propre génie, en symphonies de lumière et de couleurs. La logique de la raison ne compte pas aux yeux de cette imagination nordique. Mais aucun Latin n'aurait possédé cette autre logique, monstrueuse à son goût, propre à l'Anglais consumé par un rêve solitaire et royal, indéfinissable et plein de merveilles, qui lui permettait d'abolir les frontières entre la vie (même la sienne) et les images qu'il créait.
    Le rêve du Latin, qu'il soit vénitien ou français, est un rêve de bonheur, à la fois héroïque et humain. L'ardeur y est tempérée par la mélancolie, et l'ombre y lutte avec la lumière. La mélancolie, même sous la forme où elle apparaît dans la création énigmatique et profonde d'Albrecht Dürer, n'a pas sa place dans le monde féerique et changeant de Turner : quelle place aurait-elle dans un rêve cosmique ? L'humanité est absente, sauf peut-être sous la forme de personnages de théâtre que nous regardons à peine. Une peinture de Turner nous fascine, et pourtant nous ne pensons à rien de précis, rien d'humain ; seulement à des couleurs inoubliables et aux spectres qui hantent nos imaginations. En réalité, l'humanité ne l'inspire que lorsqu'elle est liée à l'idée de mort, mais d'une mort étrange, une dissolution lyrique - comme le finale d'un opéra.

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