• Le dernier volet de l'inoubliable saga des Déracinés : roman de l'engagement et de la résilience, Un invincible été clôture avec passion une fresque romanesque bouleversante.Depuis son retour à Sosúa, en République dominicaine, Ruth se bat aux côtés d'Almah pour les siens et pour la mémoire de sa communauté, alors que les touristes commencent à déferler sur l'île.
    Gaya, sa fille, affirme son indépendance et part aux États-Unis, où Arturo et Nathan mènent leurs vies d'artistes. Comme sa mère, elle mène son propre combat à l'aune de ses passions.
    La tribu Rosenheck-Soteras a fait sienne la maxime de la poétesse Salomé Ureña : " C'est en continuant à nous battre pour créer le pays dont nous rêvons que nous ferons une patrie de la terre qui est sous nos pieds. "
    Mais l'histoire, comme toujours, les rattrapera. De l'attentat du World Trade Center au terrible séisme de 2010 en Haïti, en passant par les émeutes en République dominicaine, chacun tracera son chemin, malgré les obstacles et la folie du monde.
    Roman de l'engagement et de la résilience,
    Un invincible été clôt avec éclat une fresque romanesque impressionnante.

  • Revenir à Vienne

    Ernst Lothar

    Vienne, en cette année 1946, brille encore de tous ses feux dans les mémoires, bien que la guerre ait mis à genoux le pays, affamé la population et détruit une bonne partie des immeubles cossus. L'Opéra lui-même est complètement calciné. Pourtant, dans les grands hôtels, les femmes recommencent à danser, cette fois avec les Américains qui occupent la ville. Y retourner, après huit années d'exil new-yorkais, constitue le rêve de Felix von Geldern et de sa grand-mère Viktoria. Mais, malgré les beaux habits sortis des malles, le coeur n'y est pas. Comment danser sur les décombres, renouer avec les anciennes amours et faire fi des compromissions et des non-dits sur le récent passé nazi. Revenir, c'est être déchiré par des sentiments contradictoires: la condamnation ou le pardon... Un grand roman sur la difficile confrontation avec une Histoire que l'on aimerait oublier.

  • Pendant les vacances d'Avril, Laura, Hugo et Iassine partent visiter le théâtre de Vienne. Tard dans la nuit, alors que tout le monde dort, la lanterne se met à briller de mille feux.

    Paniqués à l'idée d'être découverts, ils mettent dans la lampe une des pierres volée sur les lieux. Aussitôt la lumière s'éteint et ils sont projetés à Vienne, en pleine époque romaine. Là bas, loin dans le passé, au temps des romains, ils devront trouver un moyen pour aider une jeune femme à monter sur scène.
    Lorsque la pièce se termine, du bout de son costume tombe une perle, LA perle qui leur permet de rentrer chez eux.

  • Mélodie de Vienne

    Ernst Lothar

    Dans un immeuble cossu de Vienne, en 1888, la famille Alt occupe tous les étages. Leur titre de noblesse? Le piano sur lequel a joué Mozart, construit par Christoph Alt, le fondateur. Des ateliers sortent encore des pièces exceptionnelles. Une réputation qui leur impose de s'astreindre aux règles de la haute société viennoise. L'arrivée dans la famille de la trop belle Henriette Stein - d'origine juive qui plus est - sème le trouble. La jeune femme plonge dans le tourbillon de fêtes et de création qui s'empare de la ville en cette fin de siècle. Un tourbillon où l'on percevra bientôt les fêlures du rêve austro-hongrois: le suicide du prince héritier, l'assassinat de l'archiduc suivi de la guerre de 14-18, l'essor du mouvement ouvrier, la montée du nazisme... Le destin mouvementé de la famille Alt suivra les soubresauts de l'Histoire dans un roman comparé par la critique aux Buddenbrook de Thomas Mann et à La Famille Karnovski d'Israël Joshua Singer.«Les meilleurs romans historiques sont ceux dans lesquels l'impardonnable brutalité de l'Histoire se reflète dans les destins individuels.» Literarische Welt
    «Un roman généreux, spirituel et émouvant.» The Washington Post

  • Issue de grandes dynasties viennoises et anglaises au cosmopolitisme vertigineux, Antonia est mariée à un nanti de Palerme. Soumise et contrainte à l'oisiveté, mais lucide, elle rend compte dans son journal de ses journées-lignes et du profond malaise qu'elle éprouve. Suite au décès de sa grand-mère, Antonia reçoit quantité de boîtes contenants lettres, carnets et photographies. En dépouillant ces archives, elle reconstruit le puzzle du passé familial et de son identité intime, puisant dans cette quête, deux ans durant, la force nécessaire pour échapper à sa condition.

    Roman d'une émancipation féminine dans les années 1960, Antonia est rythmé de photographies tirées des archives familiales de Gabriella Zalapì. Comme chez Sebald, elles amplifient la puissante capacité d'évocation du texte.

    /> Gabriella Zalapì est artiste plasticienne, d'origines anglaise, italienne et suisse. Née à Milan, elle a également vécu à Genève et New York. Aujourd'hui elle habite et travaille à Paris. Antonia est son premier roman.

  • De 1899 jusqu'à sa mort, Karl Kraus (1874-1936) fut le fondateur, et parfois l'unique rédacteur, de Die Fackel (Le flambeau), revue lue par les plus grands (Musil, Wittgenstein ou encore Adorno). Les milieux intellectuels et les journalistes redoutent cette plume acerbe, admirée par Thomas Bernhard et à laquelle Walter Benjamin rend hommage dans cet essai lumineux. Kraus fut un fin limier du langage et a su faire apparaître « le journalisme comme l'expression parfaite du changement de fonction du langage dans le capitalisme avancé ». Mais Benjamin ne fait pas que commenter des idées, il dresse le portrait sans concession d'un dramaturge qui fut aussi son propre personnage : « "Shakespeare a tout prévu" ; en effet ! Il a surtout prévu Kraus lui-même. »

    Walter Benjamin (1892-1940) a compté parmi ses interlocuteurs Theodor Adorno, Gershom Scholem et Bertolt Brecht. Il est l'auteur d'Origine du drame baroque allemand, Paris, capitale du XIXe siècle, Petite Histoire de la photographie préfiguration de L'OEuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique. Il s'exile à Paris en 1933. Lors de l'invasion allemande, il gagne l'Espagne pour s'embarquer pour les USA. Menacé d'être remis aux Allemands, il se suicide en 1940.

  • Paris, printemps 1909. L'inspecteur Lerouet est confronté à un cadavre anonyme retrouvé poignardé en pleine rue, l'obligeant à faire appel à son vieil ami Hippolyte Salvignac et à Léopoldine, sa compagne, artiste peintre à la sensualité débordante. Au fil de leurs investigations, ce trio d'enquêteurs exhume un mystérieux complot politique aux ramifications internationales, alors que se multiplient les assassinats dans la communauté des artistes hongrois exilés en France. Au moment même où Clemenceau perd le pouvoir, réussiront-ils à sauver l'Europe de la catastrophe ? Leurs aventures vont les mener jusqu'à la Vienne de Klimt et de Freud, à la découverte de la capitale de toutes les audaces intellectuelles et artistiques de la Belle Epoque, où se cache la clé de l'énigme.

  • Dans ses quatuors, le génie de Beethoven apparaît dans ce qu'il a de plus visionnaire. Le compositeur multiplie les innovations compositionnelles et stylistiques, avec un registre sans précédent de sentiments et d'émotions.
    Bernard Fournier invite le lecteur à l'ascension de cet « Himalaya musical », aux contrastes extrêmes, avec ses sommets vertigineux, ses à-pics profonds et ses vastes points de vue.
    Dans un parcours en seize stations, quatuor par quatuor, suivant l'ordre chronologique de leur composition, l'auteur rend compte de l'esprit de chaque oeuvre, de l'inventivité de l'écriture et de la diversité expressive de chaque mouvement, de chaque grande section.
    Un compagnon précieux pour découvrir toute la beauté de ce chef-d'oeuvre.
    Ingénieur de formation, Bernard Fournier a enseigné la musicologie à l'université Paris-VIII. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages de référence sur l'histoire du quatuor à cordes ainsi que sur l'oeuvre de Beethoven.

  • Génial et enfantin, lucide et menteur, attachant et insupportable,
    tel est l'éblouissant portrait que brosse Soma
    Morgenstern de son ami Joseph Roth. Une amitié commencée
    à Vienne en 1913, et qui s'achèvera dans un petit hôtel de la
    rue de Tournon, à Paris, un malheureux jour de printemps 1939.
    Émaillé de mille anecdotes sur l'écrivain et sur la vie culturelle
    de l'entre-deux-guerres, à Berlin, Vienne et Paris, ce document
    exceptionnel se dévore comme un roman.

  • Parce que pour connaître les peuples, il faut d'abord les comprendre
    C'est une valse dont les Viennois ne se lassent pas. Dans l'ancienne capitale des Habsbourg, parée de palais et de musées parmi les plus beaux d'Europe, tout est fait pour danser avec la vie.
    Il est si facile de raconter la Vienne impériale. De se remémorer la ville assiégée par les Ottomans ou conquise par Napoléon. Plus difficile en revanche est le récit de la Vienne d'aujourd'hui, celle des architectes inventifs, des maires sociaux-démocrates, du tissu social marqué par l'immigration récente. Avec en arrière-plan ses incontournables cafés et ses marchés à l'allure provinciale. Et pourtant, c'est cela Vienne : une capitale éternellement nostalgique de sa grandeur passée, mais bien ancrée dans une Europe dont elle reste, peu ou prou, le centre géographique.
    Ce petit livre n'est pas un guide. C'est un décodeur. Il vous aidera à comprendre les mutations d'une métropole à la fois fort traditionnelle et très moderne. Pour battre au mieux la mesure des passions viennoises.
    Un grand récit suivi d'entretiens avec Christian Witt- Dörring, Peter Payer, Erhard Busek et Suzana Zapke.
    Un voyage historique, culturel et politique afin de mieux connaître les passions viennoises. Et donc mieux les comprendre.
    EXTRAIT
    « En ce pays, on agissait toujours autrement qu'on ne pensait, ou on pensait autrement que l'on agissait ». C'est ainsi que Robert Musil dépeignait la société viennoise des dernières années de la monarchie austro-hongroise, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. L'ambivalence qu'il décrit est, encore aujourd'hui, caractéristique de l'esprit local : la ville se prête sans complexe à tous les décalages tout en restant fermement ancrée dans ses traditions.
    Vienne a pour moi deux faces, l'une moderne et progressiste, et l'autre démodée et accrochée à ses vieilles certitudes. Elle est à la fois tendance et rétro, une ville-carrefour où se côtoient, depuis toujours, tradition et modernité.
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Autrichienne née à Bruxelles, Alexia Gerhardus vit à Vienne depuis 1990 où elle travaille comme traductrice littéraire et dans les relations publiques pour le compte de diverses ONG.

  • Dans la lignée de Un goût de canelle et d'espoir, un premier roman doux-amer qui entremêle les destins d'une vieille dame et d'une jeune fille. Délicieusement subtil et poétique.
    Elisabetta Shapiro, 80 ans, vit seule dans sa maison familiale au coeur de Vienne. De son enfance, elle a conservé des dizaines de pots de confiture d'abricot. Tous sont soigneusement étiquetés et indiquent l'année de leur fabrication. Véritable madeleine de Proust, la confiture fait immanquablement jaillir les souvenirs : les jours tranquilles rythmés par les chants de sa mère, Franz, le voisin dont elle était follement amoureuse, ses grandes soeurs qu'elle jalousait secrètement. Et puis la montée du nazisme dans les années 1930, l'arrestation de toute sa famille par les SS, la solitude et la perte des repères.
    Quand Pola, une jeune danseuse, emménage chez la vieille dame, ses habitudes sont chamboulées. D'autant plus que Pola lutte elle aussi contre ses propres démons.
    Malgré leurs différences, les deux femmes vont peu à peu se rapprocher et nouer des liens plus forts qu'elles ne l'auraient imaginé.


  • Description du livre


    Berlin, Munich ou peut-être Vienne ? Le créateur de la célèbre méthode Assimil a conçu pour vous le compagnon moderne et indispensable de votre week-end ou séjour en Allemagne ou en Autriche.
    °Initiation à la langue : 21 leçons d'allemand
    °Les phrases et les mots indispensables
    °Toute la prononciation
    °Toutes les situations du voyage



  • Les écrits à caractère autobiographique sont extrêmement rares dans l'oeuvre d'Adorno, et d'autant plus précieux. Le présent volume rassemble quatre d'entre eux, les seuls que l'auteur a choisi de rééditer de son vivant en un recueil, paru chez Suhrkamp en 1967. Le philosophe de l'École de Francfort s'y révèle, dans tous les sens du mot. Il y parle de musique, de son adolescence, de ses rencontres. Il multiplie les anecdotes à valeur sociologique, voire parfois éthologique, tant l'animal - vache, sanglier ou encore marmotte - est loin d'être absent de ces brefs billets d'humeur. Et surtout, ces souvenirs sont littéralement incarnés car spécifi­quement reliés à un lieu. Tout se passe comme si l'évocation d'un paysage, d'une vue, d'un espace quel qu'il soit, était à l'origine de l'écriture autobiographique. Amorbach, nom d'une ville d'Allemagne­ mais aussi d'une abbaye bénédictine. Petite ville qui, par un phénomène de miroir inversé, permet à l'auteur de parler de l'Amérique, de la standardisation et, là aussi, d'industrie culturelle. L'on saisit mieux à la lecture de ces textes la genèse d'une philosophie de la radicalité.

  • Vienne avant la nuit

    Robert Bober

    Dans les premières années du siècle dernier, l'arrière-grand-père de Robert Bober, Wolf Leïb Fränkel, tenta d'émigrer aux Etats-Unis, en avant-garde de sa famille restée en Pologne. Refoulé à Ellis Island, il décida de s'installer en Autriche, à Vienne, où la vie était pour les Juifs plus facile qu'en Pologne, et il y fit venir sa femme et ses enfants.

    Wolf Leïb Fränkel est mort en 1929, avant que la nuit nazie ne tombe sur l'Europe. A l'époque, Vienne était une ville cosmopolite, ouverte, une capitale intellectuelle et artistique, effervescente. Modeste ferblantier, il est peu probable que Wolf Leïb...

  • Vienne, mars 1938. Sigmund Freud a convoqué la Société psychanalytique pour une session extraordinaire. Élèves et disciples sont réunis autour du maître qui s'exprime devant eux, peut-être pour la dernière fois. Il n'y a plus d'autre choix : il faut fuir l'Autriche.
    Mais lui, pourquoi reste-t-il, malgré l'invasion des nazis ? Quel secret renferme la lettre retrouvée par son fils ? Comment Marie Bonaparte parviendra-t-elle à le convaincre de partir ? Qui est le mystérieux Anton Sauerwald ?
    Aux heures les plus sombres de l'Histoire, ce roman passionnant offre une nouvelle vision du père de la psychanalyse.

  • « Tout compte fait, la solitude ne m'est pas étrangère. La solitude, c'est moi », dit Bruno Stressmeyer, le protagoniste de ce court et dense roman sur l'Occident contemporain.
    À Vienne, de nos jours, un homme que la possession de plusieurs appartements dispense de travailler fait le choix d'être seul, de ne rien partager avec quiconque. Il est atrabilaire, s'observe en permanence, émet sur les autres les jugements les plus mesquins qu'on puisse imaginer. Pour réduire les contacts avec ses semblables, il commande tout par Internet. Mais il lui faut parfois prendre le train, aller au restaurant, se frotter à d'autres gens qu'il juge et qu'il déteste en bloc. Bien que son frère lui manque, il refuse de le voir depuis le mariage de ce dernier avec une femme de confession juive. Reste son médecin, chez lequel son hypocondrie le conduit sans arrêt, et une aventure de vacances, une femme qu'il a connue en Croatie et à laquelle il pense quelquefois. Bruno pourrait vivre à Paris, à Londres ou à Berlin...
    S'il est haineux, et donc injuste, le regard qu'il porte sur le monde et les gens n'en dévoile pas moins certains aspects de notre modernité : c'est ici la ruse du romancier, dont la fine ironie se communique au lecteur.
    Né en 1967, Hubert Klimko est écrivain et cinéaste. Diplômé de la faculté de radio et de télévision Krzysztof-Kieslowski à l'Université de Silésie, il est l'auteur de romans, de recueils de nouvelles, de livres pour enfants et de courts-métrages. Ses romans, parmi lesquels La Maison de Roza, Berceuse pour un pendu et Les toutes premières choses (Belfond), ont été traduits en une dizaine de langues.

  • Un matin, Ciril joue la Marche Turque de Mozart dans le métro de Vienne et croise l'étonnant Stefan Dobernik - Slovène comme lui. En quelques secondes, la vie du jeune violoniste bascule. Le lendemain, il rentre à Ljubljana dans la voiture de Stefan et devient son plus proche conseiller au sein de l'énigmatique D & P Investments. Là, il retrouve ses rêves et ses amours d'étudiants, passés au moulin du temps. Son épopée dérisoire ne dure que six mois, mais ceux-ci veulent tout dire...
    Après Cette nuit, je l'ai vue (Prix du meilleur livre étranger 2014), le nouveau roman de Drago Jancar, mené tambour battant, est celui des petites magouilles et des grandes désillusions.
    Drago Jancar est né le 13 avril 1948 à Maribor, en Slovénie. Opposé au régime communiste et à ses gouvernants, il connaît la prison. Scénariste, puis éditeur, il est considéré comme le plus grand écrivain slovène d'aujourd'hui, avec des oeuvres telles que : L'Élève de Joyce (L'Esprit des péninsules, 2003), Aurore boréale (L'Esprit des péninsules, 2005), Katarina, le paon et le jésuite (Passage du Nord-Ouest, 2009) et Des bruits dans la tête (Passage du Nord-Ouest, 2011).

  • Au moment de la disparition du rideau de fer, un intellectuel de Bratislava obsédé par Thomas Bernhardt se met à sillonner l'Europe occidentale, ou plutôt « l'Europe des alentours », soit l'Autriche et l'Allemagne. Tour à tour voyageur incognito ou « Slovaque officiel » chargé de promouvoir la culture de son pays, il est confronté au mieux à la curiosité de publics intrigués par l'homme post-communiste, au pire à l'ignorance ou à l'indifférence. Toutefois, et contre toute attente, il rencontre l'amour, incarné par Margareth, ou Gretka.
    Autrichienne installée aux États-Unis, c'est aussi une figure du dépaysement, des identités mêlées et/ou contradictoires avec qui le monologue devient dialogue, sans rien perdre de son ironie et de sa grâce.
    Menées sur un ton désabusé, proche de l'absurde, mais toujours avec humour et dans la grande tradition des auteurs centre-européens tels Kafka, Hasek ou Kosztolányi, ces pérégrinations sont également l'occasion de s'interroger sur les pouvoirs de la littérature et les illusions de l'identité.
    Né en 1941, éditeur et traducteur de littérature américaine, Pavel Vilikovský est probablement l'écrivain slovaque le plus connu aujourd'hui hors de son pays. Il est considéré comme un remarquable auteur de nouvelles et de romans courts, notamment en Pologne, en Hongrie ou en République Tchèque, où il est régulièrement traduit. Également traduite (mais plus ponctuellement) en français, en anglais et en allemand, son oeuvre est marquée par la chute du mur de Berlin, les soubresauts politiques centre-européens de la fin du XXe siècle et le rôle de l'écrivain et de la littérature.

  • On ne fera pas croire à Lucia Binar, vieille dame indigne, fan de poésie, que le monde ira mieux quand sa rue des Maures sera rebaptisée rue des Morues. Elle a bien d'autres chats à fouetter, entre sa clavicule cassée, son propriétaire qui - gentrification oblige - veut la forcer à partir de l'appartement où elle est née et son repas chaud qui n'arrive pas. Quand les services sociaux de la ville lui recommandent de manger des biscottes en attendant la semaine suivante, elle sort de ses gonds et décide de retrouver l'employée pour lui dire ses quatre vérités. En attendant, les ascenseurs ont des comportements irrationnels, les hommes (moitié bachkirs, moitié tchouvaches) préfèrent raconter leur histoire plutôt que faire l'amour, les chauffeurs de taxi se répandent en invectives racistes, et Viktor Viktorovitch propose de découvrir les mystères de nos tréfonds et de pénétrer l'Esprit universel - mais dans quel état en sortira-t-on ?
    Tout va de travers chez Vladimir Vertlib, et si la réalité est étrange, les gens semblent encore plus altérés : veules, vulgaires, racistes et haineux, tout le monde en veut à tout le monde et sans la magie russe, on serait dans de beaux draps.
    Avec une incroyable agilité et un sens de l'humour à toute épreuve, Vertlib nous embarque dans une ville au bord de la crise de nerfs, sous le signe de Kafka et Boulgakov. Une critique acerbe et sans concessions du politiquement correct et du mythe de l'identité par un grand maître de la narration.
    « Un éclairage satirique des coins les plus sombres de l'âme viennoise. Impossible de ne pas penser au Maître et Marguerite de Boulgakov. » - Austria Presse Agentur
    « Vertlib, grand conteur, sait écrire une critique mordante de situations d'une grande actualité. » - Tagespiegel

  • S'il est un train qui a fait couler beaucoup d'encre, c'est bien l'Orient-Express. Aucune étude sur les grands trains qui ne le cite, des dizaines de monographies qui lui sont consacrées. Les fantasmes qu'il suscite, alimentés par une presse déférente et une littérature facile, sont bien connus. Pourtant, tout n'a pas été dit à son sujet. Ce livre est le premier à fouiller un corpus d'une richesse exceptionnelle : essais sur la question d'Orient, textes publicitaires ou semi-publicitaires, guides touristiques, récits de voyageurs, articles de la presse quotidienne, romans d'aventures, romans policiers, poèmes, pièces de théâtre ou encore feuilletons. Valery Larbaud, Paul Morand, Agatha Christie et Graham Greene ne sont pas les seuls écrivains à avoir évoqué l'Orient-Express et les textes examinés, méconnus pour beaucoup, permettent de mieux cerner la manière bigarrée dont le train a été décrit, perçu et imaginé. En envisageant successivement les itinéraires de l'Orient-Express, les discours tenus sur le train et ses voyageurs, les récits littéraires et les thèmes récurrents qui lui sont liés, Blanche El Gammal bat en brèche un certain nombre d'idées reçues pour finement interroger : pourquoi ce train mythique, présenté dès ses débuts et aujourd'hui encore comme un trait d'union entre les États européens, a-t-il bercé tant de nostalgies complaisantes et, à l'inverse, fait sourdre bien des désillusions ?
    Agrégée de Lettres classiques, docteur en littérature comparée des universités de Strasbourg et de Bruxelles (2016), Blanche El Gammal s'intéresse aux échanges culturels et littéraires de la Mitteleuropa.

  • Vienne, 27 avril 1910. Avant Sabina Spielrein et Lou Andreas-Salomé, Margarethe Hilferding est la première femme à entrer dans la Société exclusivement masculine qui se réunit autour de Freud. 11 janvier 1911. Devant ces Messieurs, elle donne une conférence sur l'enfant comme objet sexuel naturel de la mère, que l'on trouvera ici. « Il est très méritoire, commente Freud sur-le-champ, que la conférencière ait fait entrer dans le domaine de l'analyse psychanalytique un sujet qui, de par le conformisme que nous entretenons, a été maintenu à l'écart de notre champ d'investigation. » Et pourtant, Margarethe Hilferding n'apparaît guère dans l'histoire des débuts de la psychanalyse. Juive, première femme médecin à Vienne, elle meurt à Treblinka en 1942. Voici son portrait.

  • « J'ai encore lu "Zarathoustra" ce soir. - Maman et Carl repartent aujourd'hui. Nous, nous restons jusqu'à vendredi. C'était délicieux, ce soir. Nous étions tous assis autour de la cheminée, nous avons éteint la lumière et nous nous sommes raconté nos vies. Dans la pénombre, j'ai joué du piano. - L'atmosphère était divine, la fontaine jasait sous les fenêtres, et tout le monde était dans le noir, étendu sur les fauteuils ou le sofa. - Je peux dire que j'ai vraiment joliment joué. Justement, tout est une question d'atmosphère chez moi - et c'était le cas. [...] C'était une soirée incroyablement poétique. » A.M.

    Alma Mahler a 19 ans quand elle commence à écrire son journal qu'elle tient pendant près de quatre ans - 22 carnets qu'elle appelle «Suites », comme une composition musicale. De son histoire d'amour avec Klimt jusqu'à sa rencontre avec Gustav Mahler dont elle gardera le nom, elle nous entraîne dans ses élans et ses désillusions. La brillante compositrice et interprète évoque également sa passion pour la musique et pour l'art, et révèle une personnalité audacieuse, exaltée et d'une troublante maturité.

  • Dans les années où éclosent, en Europe, les forces qui renverseront l'Ancien Régime, à Venise, une jeune femme, Consuelo, fille d'une pauvre chanteuse bohémienne, apporte au théâtre, avec sa voix exceptionnelle, son génie.

    Roman historique, roman d'amour, roman musical, composé sans plan, au fil de la plume, chaque mois, pour paraître en feuilleton, en 1842, dans « La Revue indépendante » que George Sand venait de fonder avec le socialiste Pierre Leroux et Louis Viardot, « Consuelo » est aussi l'oeuvre où l'auteur exprime le plus librement, et fortement, sa conception de l'histoire.

    Ce « roman de formation » incarne le désir de connaissance des femmes.

    Ici est mise en voix la nouvelle vénitienne qui fut la matrice du roman et de sa suite, « La Comtesse de Rudolstadt ».

  • Il s'agit d'un ouvrage consacré à Fritz Lang (1890-1976), l'un des plus grands cinéastes du XXe siècle, actif en Allemagne puis en Amérique. Il a réalisé, entre autres, Metropolis et M le Maudit, ainsi qu'un grand nombre de films hollywoodiens dont Furie, La Femme au portrait, Le Secret derrière la porte ou Les Contrebandiers de Moonfleet. La vie et les films de Lang sont évoqués à partir de trois angles privilégiés : les relations de Lang avec les femmes et son obsession « biblique » pour la chute de l'homme et le meurtre d'Abel par Caïn ; les rapports de Lang et de son oeuvre avec la politique contemporaine, d'abord dans l'Allemagne de Weimar et lors de l'arrivée de Hitler au pouvoir, puis à Hollywood, où il affiche son identité de Juif viennois et son engagement antinazi ; enfin, le statut artistique de Lang, ses rapports avec Murnau, Eisenstein et les surréalistes, sa longue rivalité avec Hitchcock, les débats qui ont agité la critique sur l'importance relative de son oeuvre allemande et de son oeuvre américaine, son influence sur les cinéastes de la Nouvelle Vague.
    Le livre, soigneusement documenté, accorde une large place aux anecdotes de la vie de Lang, son exil d'Allemagne, ses démêlés avec Goebbels et le FBI. Il s'appuie principalement sur des analyses détaillées d'un petit nombre de films considérés comme les plus importants et les plus personnels.

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