• Fin du dix-neuvième siècle en Australie : le pays neuf a besoin de main d'oeuvre pour ses plantations de canne à sucre. L'appât du gain gonfle les voiles des grands navires qui font route vers les îles de Mélanésie en quête de « volontaires ». Vies brisées, existences bouleversées, le destin se met pourtant à écrire une aventure hors normes, celle du Néo-hébridais Umah et de la fille d'un capitaine, Anna. Une histoire dont les échos résonnent encore des années plus tard...

    Jacques-Olivier Trompas est arrivé en Nouvelle-Calédonie en 1973. D'abord photographe, aujourd'hui réalisateur de documentaires et de fictions, il a travaillé entre Nouméa et Paris à la réalisation d'une quarantaine de films destinés à la télévision, plusieurs fois primé dans différents festivals. Ses travaux de scénariste l'ont amené à écrire son premier roman, Au pays des borgnes, publié en 2018.

  • Il y a des paris qui viennent renverser l'ordre des choses. Celui de la pédagogie sociale consiste à ne pas agir en milieu confiné, à assumer la rue, la vie, l'altérité. Trois ou quatre enfants, un ou une pédagogue, les transports en commun et voici le monde source infinie de rencontres, d'expériences et de connaissances. La joie du dehors c'est ce sentiment du petit groupe qui part à l'aventure, c'est cet élan qui pousse vers l'inconnu. La joie du dehors c'est remplacer la peur par la confiance donnée aux parents, aux enfants et à toutes les personnes rencontrées sur le chemin. La joie du dehors c'est un pari pédagogique : et si le monde n'était pas infréquentable ? Et si côtoyer à la fois les marges et les centres, géographiques et symboliques, était une condition pour s'émanciper ?

    Guillaume Sabin est ethnologue, investi dans diverses expériences d'éducation populaire. Il est l'auteur de L'Archipel des égaux, luttes en terre argentine(Presses universitaires de Rennes, 2014).



    Le réseau des Groupes de pédagogie et d'animation sociale agit depuis les années 1980 sur différents territoires populaires de Bretagne. Initiateur de la pédagogie sociale en France, il est composé d'une vingtaine de pédagogues de rue qui pratiquent au quotidien la joie du dehors.

  • Nicole Malinconi échange avec Jean-Pierre Lebrun autour des questions de l'écriture, de la langue et de l'altérité.

    Dans un dialogue vivant et accessible, les auteurs ouvrent un champ de questions qui intéressent autant les professionnels de la santé mentale que tout citoyen s'interrogeant sur ce que parler veut dire. Utilisant des références littéraires, cinématographiques, psychanalytiques, linguistiques, sociologiques, philosophiques, ils se demandent comment une société traite la langue et comment la langue transforme la société.

  • Lire l'entretien de l'auteur (propos recueillis par Audrey Minart)

    Prix Oedipe des Libraires 2017

    Nombre d'adolescents nous tiennent à distance : « Ne me demande rien » semblent-ils signifier lorsqu'ils ne l'énoncent pas clairement comme tel. Cet énoncé ne peut être entendu comme une demande même s'il en revêt les contours, mais plutôt comme l'impossibilité d'un point d'accroche à la demande. Pourquoi les adolescents se comportent-ils comme s'il ne pouvait ne (plus) rien leur arriver ? « Il ne peut (plus) rien m'arriver » n'installe pas le sujet dans la vie mais dans une forme d'errance. Peut-on parler d'un défaut de structuration subjective ? Les empêche-t-il de trouver un point ou un lieu originaire ? Pourquoi nombre des actions adolescentes (délinquantes par exemple)  ne parviennent-elles jamais à se hisser au rang d'actes mais demeurent, au contraire, des ritournelles répétitives ?

    Les situations qui servent de point d'appui à l'auteur évoquent des adolescents visant une sorte de renoncement à soi, d'effacement de soi comme ultime recours à l'apaisement. Se perdre pour être... Dans une tension interne qui n'est pas sans évoquer un étrange lien avec la mort, le vide n'angoisse pas, il soulage. Faire le vide en passe également par se taire. Se taire pour oublier ? Oublier une douleur jamais mise en mots. Ce vide du sujet, ce vide de sujet, cet effacement temporaire semble être ce qui est visé, notamment au travers du détour toxicomaniaque, rapport « passionné » à l'objet qui pourrait faire oublier.

  • "Si on m'avait dit à quel point mes nouvelles camarades de classe étaient des pestes, jamais, ô grand jamais, je n'aurais accepté d'échanger de corps avec Kira. Je serais bien volontiers resté le magnifique chat de race, à l'esprit affûté, un poil trop gâté, que j'étais avant ce maudit orage. Je continuerais de me prélasser sur le canapé de notre appartement de l'Allée-Haute et mon colocataire, le professeur Werner Hagedorn, continuerait tranquillement de donner ses cours de physique quantique. Or, au lieu d'être allongé sur mon canapé, je me tiens là... debout. Nom d'une sardine à l'huile ! Quelle super gigantesque pagaille !" Un roman drôle, fantastique, sur l'amitié et l'entraide. Winston est un chat de luxe à l'humour caustique, pantouflard et délicat, qui n'a jamais mis les pattes dehors. Sa vie est bouleversée quand Kira, la fille de la domestique de son maître, vient habiter l'appartement. Promenades, rencontre avec les chats de gouttières du voisinages, Winston est contraint de changer de quotidien.Traduit de l'allemand, titre original : Winston - Ein Kater in geheimer Mission

  • L'influence des religions, en particulier sous une forme intégriste voire sectaire, et les limites des athéismes associés à des sociétés totalitaires relancent la question de Dieu dans le monde contemporain. Depuis Freud, « juif infidèle », comme il se définit, jusqu'à Lacan, pour qui la « religion vraie », c'est la catholique, la question de la religion, de la religiosité mais aussi de la fonction psychique et sociale de Dieu traverse la psychanalyse à partir du fondement de la relation à l'Autre, qu'il soit représenté par la Mère, le Père ou le Maître.

    Jean-Jacques Rassial associe cette figure de l'Autre, restée énigmatique chez Lacan, au Dieu paradoxal des juifs, conçu comme irrémédiablement à la fois immanent et retiré du monde. Dieu serait alors le nom de l'Autre en tant qu'il n'a pas besoin d'existence ni de présence et sans incarnation possible.

    En suivant la tradition juive en particulier selon l'approche de la Kabbale et certains penseurs juifs de Spinoza à Hans Jonas, en passant par Adolphe-Isaac Crémieux et Mordecaï Kaplan, l'auteur développe une conception déiste, donc ni religieuse ni athée, issue du judaïsme qui serait pertinente pour penser le statut de l'Autre et de l'altérité dans la psychanalyse. Loin d'un athéisme totalitaire autant que d'une supposée religiosité, elle permettrait de concevoir une laïcité proposée aussi aux héritiers d'autres traditions.

  • Ce livre est la mise en forme de conversations nées de la rencontre entre deyx les deux auteurs qui représentent deux mondes, trop souvent étrangers et qui oeuvrent chacun à leur manière aux soins des personnes qui vivent avec la maladie d'Alzheimer : le monde du diagnostic et des thérapeutiques médicamenteuses d'un côté, le monde de l'accompagnement de l'autre.

    Au sein de ce dernier Nicole Poirier a développé une approche humaniste qu'elle met en oeuvre avec son équipe dans la maison qu'elle a fondée au Québec : la philosophie de Carpe diem donne la priorité à la relation humaine, à l'environnement familial et social, à la quête incessante non des déficits mais des capacités de chacun, à la personne et non à la maladie, à la relation de confiance et non à la relation de contrôle.

    Roger Gil, professeur émérite de neurologie, qui a eu la responsabilité d'une structure hospitalo-universitaire de neuropsychologie et qui anime un Espace régional de réflexion éthique a acquis la conviction que l'approche neuropsychologique de la maladie d'Alzheimer et des maladies apparentées légitime l'approche humaniste et que ces deux approches peuvent et doivent se féconder mutuellement.

    Ce dialogue qui porte sur tous les aspects de la vie quotidienne avec les personnes âgées en témoigne, telle l'exigence éthique de la nécessaire collaboration de deux mondes qui doivent se mieux connaître pour unir leurs forces au service des personnes malades, de leurs proches et de la société tout entière.

  • Les paradoxes du désir, d'un désir enraciné dans l'inconscient, sont analysés à partir de l'apport de Lacan à cette notion psychanalytique, dans une lecture croisée avec écrivains, poètes, peintres et philosophes. Il y a une aporie dans le désir, due à la conjonction entre la responsabilité éthique du sujet et sa propre perte. Car c'est seulement à partir d'une dépossession - de soi, de l'Autre - d'une absence d'auto-détermination, que le sujet décide de son désir. Mais comment décider de ce qui nous dépasse, autrement dit, assumer ce qui nous oriente à notre insu ? Et comment passe-t-on d'un désir pris dans le symptôme et dans la compulsion de répétition, à la décision du désir ?

  • Jacques Lacan (1901-1981) était-il un des grands penseurs de notre époque, lui qui considérait la pensée comme une maladie ? Un gourou, entraînant à sa suite une jeunesse fascinée ? Un charlatan usant de façon illicite des énoncés de la science, manipulant de façon peu académique la tradition philosophique ? Un surréaliste égaré dans la pensée sérieuse ? Une figure déroutante, assurément, n'occupant jamais la place à laquelle on voulait l'assigner. ""Celui qui a lu Freud"", disait-il de lui, et qui a ainsi, incontestablement, réinventé la psychanalyse. On ne trouvera pas ici une explication du personnage Lacan mais une présentation de ses concepts majeurs - Réel-Symbolique-Imaginaire, stade du miroir, sujet, signifiant, Autre, objet a, trait unaire, phallus, Nom-du-Père, mathème, noeud borroméen, etc. - avec lesquels il a dérouté et entraîné sur des chemins ignorés - qui n'appartenaient pourtant qu'à ceux qui le suivaient : tâche du psychanalyste que Lacan a incarné sans concession.
    Alain Vanier, Psychanalyste, professeur à l'université de Paris 7-Denis Diderot (en 2005)

  • La parole oubliée

    Karima Lazali

    Cet ouvrage explore les différentes modalités d'un nouage, entre corps, parole et inconscient, dans la cure analytique mais aussi dans le champ social.

    Une même question insiste tout au long de l'ouvrage : comment et surtout à quelles conditions opère une cure analytique ? En d'autres termes, qu'est-ce que parler pour la psychanalyse (et en psychanalyse) et par quels tours et détours dans le trajet du parlant se produit la transmission du savoir inconscient vers le réel du corps ? Et, partant de là, comment penser le potentiel politique de la parole et ses effets au un par un et dans le lieu social ? Pour y répondre, l'auteur visite l'envers de ce décor, à savoir les lieux de panne de la parole qui ouvrent à différentes formes de ravages, meurtres et autres destructions à l'échelle du psychisme singulier et du collectif.

  • Que serait un « non » qui ferait autorité pour l'enfant ? L'autorité n'est pas la pratique d'un pouvoir mais elle témoigne de la disparité de places et met en oeuvre la référence à une instance tierce. Cet ouvrage s'attache à préciser les exigences inhérentes à l'altérité des places liées à l'exercice de l'autorité. Il illustre les difficultés rencontrées par tous ceux qui doivent occuper une place en référence à l'autorité : parents, enseignants, éducateurs, juges, médecins, etc. En effet, l'autorité de ceux-ci ne fait plus consensus dans la vie sociale. Et chacun doit trouver en son for intérieur ce qui assurerait la légitimité de sa parole et l'assise de son identité. Comment l'enfant s'y retrouve-t-il ?

  • Notre civilisation a du mal à construire un discours autour de la maternité. La littérature contribue à éclairer cette expérience intérieure où l'amour de ces mères et la sublimation des femmes s'entremêlent. Colette, Anaïs Nin, Marguerite Duras, Nancy Huston, Julia Kristeva, Christine Angot, Marie Darrieussecq offrent leurs paroles et leurs écrits aux mères d'aujourd'hui et aux professionnels qui s'en soucient. La particularité de transmettre la vie, de la continuer en en gardant l'empreinte corporelle au creux de leur ventre, plonge les femmes, les mères, dans des émotions/sensations proches de l'archaïque, quasi innommable. En écrivant (sur) cet innommable, les écrivaines partagent leur expérience personnelle, qui les a exposées à une déstabilisation psychique due à ce corps à corps mère/enfant. Elles tentent de restituer un vécu qui échappe car difficilement maîtrisable - mais néanmoins il est pensable, pensé, et peut se dire, s'écrire, fût-ce partiellement. à partir des oeuvres de Colette, Anaïs Nin, Marguerite Duras, mais aussi Julia Kristeva, Nancy Huston, Christine Angot, Marie Darieussecq, l'auteur montre comment ces écrivaines utilisent leur art pour tisser une toile sur le clivage de la passion maternelle, entre emprise et sublimation. Corinne Cammaréri est psychologue clinicienne auprès d'enfants et d'adultes en situation de handicap. Ayant assuré des suivis de femmes enceintes et de mères en difficulté, elle a souhaité éclairer son expérience clinique en s'engageant dans un travail de recherche sur la question de l'écriture du maternel chez des écrivaines du début du XXe siècle à aujourd'hui.

  •  

    Du fait des migrations et des déplacements de population, du développement des unions mixtes, nombreux sont les enfants qui sont aujourd'hui confrontés à plusieurs langues dans leur univers quotidien. Ce multilinguisme peut devenir pour eux une richesse mais, dans tous les cas, il génère des difficultés singulières. Entre leur langue maternelle et celle du pays d'accueil, comment  peuvent-ils se repérer  pour saisir leur place et s'essayer à parler ?

    Dans un environnement multilingue, leur malaise peut s'exprimer suivant des modalités complexes où se nouent les enjeux de leur place au sein de la famille, le rapport de la famille à la langue du pays d'accueil ainsi que la tonalité de ce rapport. La précarité de l'intégration des parents ou celle de leur relation intime peut peser sur les enjeux de l'acquisition d'une langue étrangère par l'enfant, dès l'accès à la socialisation à l'école maternelle, puis sur son intérêt pour les apprentissages scolaires de la lecture et de l'écriture.

    Les symptômes de l'enfant, à l'origine d'une demande de consultation, croisent les questions intimes dont l'expression peut emprunter à la langue étrangère des lettres qui n'existent pas dans sa langue maternelle, les difficultés d'acculturation et les problématiques familiales potentiellement masquées par les freins linguistiques ou culturels.

    Cet ouvrage, à partir d'une large gamme d'exemples cliniques et pédagogiques, offre des instruments de compréhension aux praticiens, éducateurs, enseignants, parents, psychanalystes, qui rencontrent dans leur vie professionnelle le multilinguisme, les impasses et les créations qu'il peut générer chez l'enfant.

     

    Mise en vente le 20 août 2015.

  • On sait l'autre

    Edith Azam

    "On sait : l'autre. On sait qu'il va venir. Il arrive toujours. Il nous tient par les yeux, nous oppresse. Il contamine notre espace, veut nous réduire à petit feu. On sait qu'il est en bas, là, derrière le mur. C'est à devenir dingue. C'est à devenir : on devient. Presque... Mais non, on ne le laissera pas faire, on ne veut pas finir si vite. Alors on se concentre, on se concentre puis on l'attend, l'autre, le pied ferme. On ne veut pas céder à la panique. On court vers la salle de bains se rincer le visage, puis on relève la tête et soudain, le reflet dans la glace, nous dit droit dans les yeux : On : c'est l'autre..."

  • Ce livre est le témoignage vivant d'une double expérience clinique (psychanalyse, haptonomie pré et postnatale) qui situe le contact et la sensorialité dans les relations interhumaines en engageant la dimension esthétique (beauté du geste et sensation) ainsi que l'existence. Le présent texte vise à articuler une réflexion relative aux rapports de deux pratiques, la psychanalyse et l'haptonomie, tant au plan de la clinique au quotidien qu'à celui de leur élaboration conceptuelle. L'auteur pointe les potentielles correspondances et les éventuelles discordances existant entre ces deux champs, et leur contribution respective à la vie des êtres humains que nous sommes. Il inscrit l'inconscient dans le contact, différencié du toucher, qui avec le tact est une part intégrante de la pratique analytique.
    />

  • Lire l'entretien avec l'auteur (propos recueillis par Audrey Minart)

    Aujourd'hui, chacun sait qu'il vit dans un monde « complexe » composé de multiples « systèmes ». Mais ces mots de « complexité » et de « systèmes » servent le plus souvent davantage à opacifier les débats qu'à les clarifier. La complexité se confond alors avec le compliqué, réservé aux experts, ou bien elle devient un concept simpliste, un écran de fumée qui nourrit des sentiments d'irresponsabilité et d'impuissance.

    « Penser complexe » est à la portée de tous. Au prix de la remise en question de quelques habitudes paresseuses...

    En laissant ici de côté les débats théoriques des chercheurs en complexité, François Balta met à la portée de tout un chacun des éléments qui lui permettront de repérer si, face à un problème précis, la complexité de la situation est réellement prise en compte.

    L'enjeu est d'importance : nous ne devons pas nous laisser dépouiller de la part de responsabilité, et donc de pouvoir, qui nous appartient dans cette co-construction du monde. Y renoncer, ce serait nous soumettre à des hommes dits providentiels, ou à des mécanismes anonymes, et dans tous les cas, participer à une déshumanisation du monde.

  • Ce recueil sur l'adolescence est l'occasion d'une étude fondamentale, théorique et clinique, des aléas d'une épreuve à double face - dont la dépendance constitue le fil rouge - et des tentatives d'accompagnement auxquelles elle donne lieu. L'adolescence, avec la flambée pulsionnelle qui l'accompagne, confronte les jeunes à des paradoxes multiples : changer en restant le m ême, se détacher de ses parents tout en maintenant le lien, investir l'autre social tout en investissant sa propre personne... Les auteurs invitent à comprendre et écouter les conduites des adolescents - y compris les conduites addictives - comme modalité particulière de mettre en scène l'épreuve de la dépendance et de la séparation d'avec les parents.

  • Le trauma associé à la violence extr ême (violence politique, torture) est interrogé à partir de l'expérience clinique et d'autres champs disciplinaires. L'ouvrage s'attache à repréciser ce que l'on entend par traumatisme, terme dont le sens a été largement remodelé depuis les premiers travaux entrepris par Jean-Martin Charcot jusqu'au discours neuropsychiatrique actuel. Il rend compte de cette clinique qui implique notamment un retour aux apports successifs de la psychanalyse concernant le trauma. Il s'agit de les retraverser, d'y trouver des outils d'élaboration, de prendre note aussi des questions laissées en suspens par Freud et ses élèves et par leurs successeurs, de rechercher comment s'articule le trauma freudien avec les traumatismes liés aux violences extr êmes...

  • Art du cinéma et psychanalyse se regardent et s'écoutent, nouant l'intime, le social et le politique.

    Images de cinéma et paroles en séances gardent leur part de mystère grâce à la surprise et à la beauté des mots et des images, quelle que soit la génération à laquelle on appartient. Art du cinéma et intelligence de l'approche psychanalytique enrichissent notre regard et notre écoute et laissent espérer quelque apaisement relatif à notre histoire intime, familiale et/ou collective en lien avec la grande Histoire. Psychanalyse et cinéma font oeuvre émancipatrice pour le sujet et la société.

  • Race, origine, souche... Autant de notions piégées qui font aujourd'hui retour, tant dans les discours politiques que dans les travaux scientifiques, mettant parfois radicalement en tension notre espace public. Ce livre propose, à travers un parcours qui embrasse une grande variété de champs entre le xviie et le milieu du xixe siècle, depuis les généalogies nobiliaires ou les textes théologiques jusqu'à l'histoire naturelle et la médecine, en passant par les pratiques d'élevage, de revenir sur l'histoire complexe de ces notions, la manière dont elles furent intégrées à des savoirs hétérogènes et mobilisées dans des dispositifs de pouvoir très divers.Il ne s'agit pourtant pas d'une histoire générale de l'idée de race, encore moins d'une histoire globale du racisme. Son parti pris est d'interroger systématiquement les rapports entre la question de la race et celle, moins connue mais décisive, de la dégénérescence, c'est-à-dire de l'altération ou de l'écart par rapport aux qualités d'origine. Ce choix conduit à souligner l'importance, pour l'histoire du racisme, d'un racisme de l'altération, qui saisit les différences entre hommes moins sous le mode de l'altérité radicale, en contestant l'unité de l'espèce humaine et en absolutisant les différences, qu'en les réduisant à des versions altérées, dégradées ou attardées, de soi-même et de l'identité humaine, qu'il conviendrait de régénérer, corriger ou perfectionner.Si ce livre perturbe parfois certaines dichotomies à l'oeuvre dans l'historiographie du racisme, il vise aussi à montrer combien une histoire manichéenne masque la profondeur à laquelle est inscrite la notion de race, y compris dans les savoirs les plus contemporains; et combien plus polymorphe et malheureusement plus diffus est le racisme, entendu comme un ensemble de techniques de domination fondées sur la race. Il ne s'agit pas ici de dire où le racisme n'est pas mais bien là où on peut le trouver aussi: dans l'affirmation de l'unité de l'espèce, dans un certain humanisme universaliste ou dans le libéralisme politique. Il n'y loge ni à titre de reste ni à titre de trahison ou de contradiction: il y a ses logiques propres. Ce sont ces logiques que l'ouvrage s'efforce d'explorer.Claude-Olivier Doron, ancien élève de l'École Normale Supérieure (Ulm), est maître de conférences en histoire et philosophie des sciences à l'Université Paris Diderot.

  • Lire l'entretien avec l'auteur (propos recueillis par Audrey Minart)

    Peut-on considérer les fous, non plus comme des personnes à part, mais comme des personnes à part entière ? Aujourd'hui, le mouvement des usagers en santé mentale revendique de faire entendre sa voix, à l'égal d'autres publics défavorisés. Au sein du mouvement des personnes handicapées qui proclame  « Rien à notre sujet sans nous », le mouvement Advocacy France a pour devise : «  Le jour où des personnes peu habituées à parler seront entendues par des personnes peu habituées à écouter, de grandes choses pourront arriver. » L'ambition de l'ouvrage est de dépasser la pétition de principe pour interroger les fondements de la démarche.

    L'auteur analyse le chemin parcouru par les intéressés eux-mêmes entre la disqualification des « fous » et la prise de parole des « usagers » afin d'éclairer les concepts en oeuvre dans le mouvement d'émancipation des personnes en souffrance psychique. S'appuyant sur leurs témoignages et sur une recherche historique et philosophique, l'ouvrage s'inscrit dans le mouvement des madstudies qui reste, en France, à développer. Si la disqualification a longtemps été le sort des « fous », comment la comprendre pour mieux la contester ?

  • Plongé dans un long coma à la suite d'un inexplicable accident de moto, Maxime se réveille dans le monde étrange d'une chambre d'hôpital.
    Au fur et à mesure qu'il tente de prendre la mesure de ce nouvel univers et de reconstituer le miroir brisé de sa mémoire, des souvenirs lointains lui reviennent par bribes : ses premières années en Provence, le divorce de ses parents, sa blessure d'abandon, son départ en Nouvelle-Calédonie, la magie de la vie Outre-Mer, son enfance sage, puis la moto, les amis, les filles, les outrances, la révolte...
    Peu à peu, des visiteurs feront se craqueler la glace qui recouvrait son passé, et sa propre vérité finira par surgir, stupéfiante, effrayante.
    Ce roman emprunte des chemins inattendus entre exaltation et désespérance. Il relate de manière saisissante la descente implacable d'un adolescent au plus profond de sa fêlure intime, et s'attache à la dimension métaphorique d'un accident tragique. 

  • Quel rôle joue aujourd'hui la déclaration de positions esthétiques et politiques ? Qu'est devenue la pratique du manifeste au XXIe siècle ? Il s'agit dans le numéro d'automne de la revue Inter d'interroger le manifeste comme forme d'expression qui investit le langage en tant qu'arme de changement, qui n'a pas perdu confiance dans la force d'intervention des mots. Il y a dans le manifeste l'espoir que nous serons entendus, qu'une prise de position saura altérer l'histoire. C'est un texte, une capsule vidéo, un geste public posé par un collectif, un nous qui fait de cette prise de position un moment décisif : dorénavant nous ne pourrons plus dire que..., nous ne pourrons plus prétendre que..., nous ne pourrons pas faire comme si... Le manifeste constitue une charnière entre l'avant et l'après : il signifie une rupture avec le statu quo, l'émergence d'une masse critique ; il nous exhorte à nous mobiliser, constitue un guide pour affronter le changement, en expose le programme. (source : Inter)

  • Beaucoup de livres ont été écrits sur la Polynésie, beaucoup d´études ont été faites sur l´exotisme océanien. En relevant tous les poncifs qui ont structuré et structurent encore aujourd´hui le regard porté sur le Polynésien, l´auteur décrit d´abord le masque ambivalent dont on affuble l´Autre, il explique ensuite que ce masque est indépendant du sujet qu´il prétend décrire. Cette analyse anthropologique et philosophique du discours occidental sur l´altérité polynésienne nous invite à une double interrogation : qu´est-ce qui, en nous, nous empêche de voir l´Autre, et quelles altérités objectives devons-nous apprendre à voir ?

    Ce travail a une propension philosophique universelle importante, il n´intéresse pas seulement le cercle érudit des anthropologues ou des philosophes. En effet l´écriture de ce livre est pédagogique : elle mime, dans un itinéraire qui va de Platon à Lévi-Strauss, des premiers découvreurs aux observateurs contemporains, la stratégie silencieuse qui articule tous nos lieux communs. Par là elle rend celle-ci inopérante et restitue, enfin, les conditions d´une réflexion véritablement anthropologique comme celle d´un dialogue avec l´Autre.

empty