• Mrs Dalloway

    Virginia Woolf

    • Gallimard
    • 27 Février 2020

    Une journée dans la vie d'une femme. Vivant dans la haute société anglaise, au lendemain de la Première Guerre mondiale, l'héroïne s'interroge sur ses choix - pourquoi n'a-t-elle pas épousé l'homme qu'elle aimait vraiment, qui lui rend visite ce jour-là? -, ses souvenirs, ses angoisses - pourquoi est-elle si frappée par la mort d'un ancien militaire qui ne s'est pas remis de la guerre, pourtant un parfait inconnu pour elle? Crise existentielle qui mène à un dédoublement de personnalité, aux portes de la folie.

    Ce grand monologue intérieur exprime la difficulté de relier soi et les autres, le présent et le passé, le langage et le silence, mais aussi de se reconnaître soi-même. Comment s'émanciper du carcan social, comment assumer son identité? Publié en 1925, Mrs Dalloway est le chef-d'oeuvre de Woolf et l'un des piliers de la littérature du XXe siècle. Dans ce roman poétique, porté par la musique d'une phrase chantante et d'une narration incisive, les impressions deviennent des aventures.

  • Un cri fendu en mille ; les continents sont des radeaux perdus, 3

    Yvon Le Men

    • Bruno doucey
    • 2 Janvier 2020

    Après la publication des recueils Une île en terre (2016) et Le poids d'un nuage (2017), Yvon Le Men nous offre le troisième volume de sa trilogie Les continents sont des radeaux perdus. Avec Un cri fendu en mille, l'heure n'est plus aux paysages de l'enfance ni aux oeuvres qui ont fait naître une conscience au monde. C'est de la découverte physique, sensible, amoureuse de ce monde dont nous parle ici le poète. Les premières destinations nous entraînent en Europe. Puis viennent les voyages au long cours, autour du mont Liban, à Bamako, en Afrique noire, en Chine, à Port-au-Prince ou au Brésil. D'un pays à l'autre, un même désir d'étreindre le monde, une même soif de découvertes, une même propension à se penser soi-même comme un autre. Un carnet de voyages, au coeur du monde, à travers soi.

    "Où sont passés
    les livres
    lus

    les montagnes
    grimpées

    les étoiles
    contemplées

    les villes
    parcourues

    les fleuves longés
    et traversés

    par toi
    tout au long de ta vie"

    Né à Tréguier en 1953, installé à Lannion, Yvon Le Men est la figure de proue de la poésie aujourd'hui écrite en Bretagne. Depuis son premier livre, Vie, écrire et dire sont les seuls métiers de ce poète qui fait partager sa passion au plus grand nombre dans des spectacles ou au festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo. Après Sous le plafond des phrases et En fin de droits, il confie aux Éditions Bruno Doucey la publication d'une trilogie, dont Un cri fendu en mille est le troisième volume.

  • Western spaghetti

    Sara-Ananda Fleury

    • Le quartanier
    • 31 Août 2021

    On lui avait promis l'égalité des sexes et l'épanouisse­ment maternel: aujourd'hui, dans un Paris engourdi par les attentats, entre la garderie et le cabinet de sa psycha­nalyste, une enfant des années quatre-­vingt cherche ce qui a mal tourné - si quelque chose a mal tourné. Sur les rives du lac Huron, une adolescente et ses frères traversent un été brûlant dans une ville sans avenir, à l'ombre d'une centrale nucléaire. Un jeune artiste d'origine kabyle en route vers New York reste coincé à Montréal après ce qui ne devait être qu'une escale, le matin du 11 septembre 2001. Un couple gardant une villa d'architectes sur l'île de Vancouver sombre dans le cauchemar. De motel en motel, un garçon et sa mère suivent un faux prophète sur les routes de la Nouvelle-­Écosse. Un vieux cow­boy met au jour un secret, une danseuse retrouve le souve­nir d'une ancienne amante, et un père prend sa fille en flagrant délit.

    Western spaghetti, ce sont huit voix vibrantes qui, avec tendresse et cruauté, racontent la vie secrète des familles, les trahisons et l'attachement que rien ne saurait rompre. Elles racontent la fuite en avant, la rédemption, ce moment où tout bascule, où tout pourrait changer.

  • Binti t.1

    Nnedi Okorafor

    • Editions actusf
    • 24 Janvier 2020

    Les Hambis sont parmi les peuples de la galaxie les plus repliés sur eux-même.
    Binti est une jeune femme brillante, douée en mathématiques et est invitée dans une prestigieuse université...

    Doit-elle accepter au risque de voir son peuple se détourner d'elle ?

  • Paradis

    Mike Resnick

    • Editions actusf
    • 28 Août 2020

    « À la seconde où vous posiez le pied sur cette planète, c'était comme si vous veniez de redécouvrir le jardin d'Éden. »
    Peponi est une planète merveilleuse qui a connu les malheurs de la colonisation. Écrivain, Matthew Breen a décidé d'en raconter l'histoire, tissant de rencontres en interviews le fil d'un récit qui vire au cauchemar au fur et à mesure que l'homme a voulu imposer sa loi, provoquant désastres, rébellion, et indépendance...
    Basé sur l'histoire du Kenya, Mike Resnick nous conte avec brio le destin de Peponi, dénonçant la colonisation et ses suites...

  • La joie du dehors ; essai de pédagogie sociale

    Guillaume Sabin

    • Libertalia
    • 6 Juin 2019

    Il y a des paris qui viennent renverser l'ordre des choses. Celui de la pédagogie sociale consiste à ne pas agir en milieu confiné, à assumer la rue, la vie, l'altérité. Trois ou quatre enfants, un ou une pédagogue, les transports en commun et voici le monde source infinie de rencontres, d'expériences et de connaissances. La joie du dehors c'est ce sentiment du petit groupe qui part à l'aventure, c'est cet élan qui pousse vers l'inconnu. La joie du dehors c'est remplacer la peur par la confiance donnée aux parents, aux enfants et à toutes les personnes rencontrées sur le chemin. La joie du dehors c'est un pari pédagogique : et si le monde n'était pas infréquentable ? Et si côtoyer à la fois les marges et les centres, géographiques et symboliques, était une condition pour s'émanciper ?

    Guillaume Sabin est ethnologue, investi dans diverses expériences d'éducation populaire. Il est l'auteur de L'Archipel des égaux, luttes en terre argentine(Presses universitaires de Rennes, 2014).



    Le réseau des Groupes de pédagogie et d'animation sociale agit depuis les années 1980 sur différents territoires populaires de Bretagne. Initiateur de la pédagogie sociale en France, il est composé d'une vingtaine de pédagogues de rue qui pratiquent au quotidien la joie du dehors.

  • Blackbird

    Jacques=Olivier Trompas

    • Au vent des îles
    • 20 Août 2020

    Fin du dix-neuvième siècle en Australie : le pays neuf a besoin de main d'oeuvre pour ses plantations de canne à sucre. L'appât du gain gonfle les voiles des grands navires qui font route vers les îles de Mélanésie en quête de « volontaires ». Vies brisées, existences bouleversées, le destin se met pourtant à écrire une aventure hors normes, celle du Néo-hébridais Umah et de la fille d'un capitaine, Anna. Une histoire dont les échos résonnent encore des années plus tard...

    Jacques-Olivier Trompas est arrivé en Nouvelle-Calédonie en 1973. D'abord photographe, aujourd'hui réalisateur de documentaires et de fictions, il a travaillé entre Nouméa et Paris à la réalisation d'une quarantaine de films destinés à la télévision, plusieurs fois primé dans différents festivals. Ses travaux de scénariste l'ont amené à écrire son premier roman, Au pays des borgnes, publié en 2018.

  • Mermere

    Hugo Verlomme

    • Editions actusf
    • 24 Janvier 2020

    Mermère est un immense continent habité par les noés, des êtres humains chassés de la terre à la suite d'une étrange catastrophe.
    Vivant sous l'eau, ils parlent avec les cétacés et élèvent leurs enfants dans les bercements de la houle.

    Mais dans l'ombre, un chef d'état terrien les traquent...

  • Nicole Malinconi échange avec Jean-Pierre Lebrun autour des questions de l'écriture, de la langue et de l'altérité.

    Dans un dialogue vivant et accessible, les auteurs ouvrent un champ de questions qui intéressent autant les professionnels de la santé mentale que tout citoyen s'interrogeant sur ce que parler veut dire. Utilisant des références littéraires, cinématographiques, psychanalytiques, linguistiques, sociologiques, philosophiques, ils se demandent comment une société traite la langue et comment la langue transforme la société.

  • Lire l'entretien de l'auteur (propos recueillis par Audrey Minart)

    Prix Oedipe des Libraires 2017

    Nombre d'adolescents nous tiennent à distance : « Ne me demande rien » semblent-ils signifier lorsqu'ils ne l'énoncent pas clairement comme tel. Cet énoncé ne peut être entendu comme une demande même s'il en revêt les contours, mais plutôt comme l'impossibilité d'un point d'accroche à la demande. Pourquoi les adolescents se comportent-ils comme s'il ne pouvait ne (plus) rien leur arriver ? « Il ne peut (plus) rien m'arriver » n'installe pas le sujet dans la vie mais dans une forme d'errance. Peut-on parler d'un défaut de structuration subjective ? Les empêche-t-il de trouver un point ou un lieu originaire ? Pourquoi nombre des actions adolescentes (délinquantes par exemple)  ne parviennent-elles jamais à se hisser au rang d'actes mais demeurent, au contraire, des ritournelles répétitives ?

    Les situations qui servent de point d'appui à l'auteur évoquent des adolescents visant une sorte de renoncement à soi, d'effacement de soi comme ultime recours à l'apaisement. Se perdre pour être... Dans une tension interne qui n'est pas sans évoquer un étrange lien avec la mort, le vide n'angoisse pas, il soulage. Faire le vide en passe également par se taire. Se taire pour oublier ? Oublier une douleur jamais mise en mots. Ce vide du sujet, ce vide de sujet, cet effacement temporaire semble être ce qui est visé, notamment au travers du détour toxicomaniaque, rapport « passionné » à l'objet qui pourrait faire oublier.

  • Lacan

    Alain Vanier

    • Les belles lettres éditions
    • 20 Novembre 2017

    Jacques Lacan (1901-1981) était-il un des grands penseurs de notre époque, lui qui considérait la pensée comme une maladie ? Un gourou, entraînant à sa suite une jeunesse fascinée ? Un charlatan usant de façon illicite des énoncés de la science, manipulant de façon peu académique la tradition philosophique ? Un surréaliste égaré dans la pensée sérieuse ? Une figure déroutante, assurément, n'occupant jamais la place à laquelle on voulait l'assigner. ""Celui qui a lu Freud"", disait-il de lui, et qui a ainsi, incontestablement, réinventé la psychanalyse. On ne trouvera pas ici une explication du personnage Lacan mais une présentation de ses concepts majeurs - Réel-Symbolique-Imaginaire, stade du miroir, sujet, signifiant, Autre, objet a, trait unaire, phallus, Nom-du-Père, mathème, noeud borroméen, etc. - avec lesquels il a dérouté et entraîné sur des chemins ignorés - qui n'appartenaient pourtant qu'à ceux qui le suivaient : tâche du psychanalyste que Lacan a incarné sans concession.
    Alain Vanier, Psychanalyste, professeur à l'université de Paris 7-Denis Diderot (en 2005)

  • Ce livre présente les récits de nombreuses voyageuses d'expression française en Orient aux XIXe et XXe siècles, certaines bien connues du public, d'autres totalement oubliées. Leurs récits sont examinés à travers deux paradigmes principaux, celui du désert (espace ouvert) et celui du harem (espace fermé), le premier semblant peu à peu remplacer le second. Natascha Ueckmann met en lumière les particularités du regard féminin sur l'Orient et observe les attitudes des voyageuses d'un point de vue résolument féministe. Le féminisme est ici utilisé comme instrument d'analyse littéraire, mais sans aucune forme de complaisance à l'égard des préjugés des voyageuses et de leur attitude parfois coloniale à l'égard des Orientaux et des Orientales. Sans nier le désir d'autonomie et de découverte de l'altérité des voyageuses, Natascha Ueckmann dessine ainsi les contours d'un orientalisme au féminin qu'elle examine avec les instruments des études de genre et des études postcoloniales. Elle cherche à mettre en évidence la façon dont les femmes européennes s'inventent elles-mêmes en se situant dans un champ de tension entre désir de découverte de l'ailleurs et volonté de confirmer leurs idées préconçues. Un ouvrage résolument actuel sur les questions de féminisme et sur la notion d'orientalisme.

  • Délivre-toi de mes désirs

    Maria Velasco

    • Actualités éditions
    • 19 Août 2021

    À l'heure où la question de l'altérité se pose plus que jamais, la découverte de l'autre se fait amoureuse, sexuelle et sociétale. En s'éprenant de Pap, Sénégalais, le personnage de María interroge notre rapport au monde à travers le prisme ancestral de la famille.
    María décide d'explorer l'Afrique dans le cadre de voyages initiatiques, provoquant l'incompréhension de son entourage. Le détroit de Gibraltar, lieu de passage, devient le symbole de la quête personnelle et intrinsèque de ce qui constitue « l'Autre ».
    Dans ce voyage à rebours qui la mène à Lavapiés, le quartier madrilène le pus ethnique de la capitale, puis à Burgos, sa ville natale, María va désapprendre tout ce qu'elle a appris à ce jour.
    Dans ce questionnement des origines, la découverte du monde s'effectue au sein de méfiances quasi-animales, faisant du corps et de sa sexualité un lieu de rencontres et de batailles incessantes. Intimité amoureuse, quête de soi et engagement politique sont étroitement liés, opposant réalité et fiction.
    Désincarnée et dédoublée par l'écriture, la voix de l'auteure trouve son écho dans le personnage de María, afin d'illustrer cette affirmation rimbaldienne: « Je suis l'autre ». D'une plume audacieuse, elle dresse le portrait de notre nature profonde d'animal social, que la pensée et la parole définissent à chaque instant.

  • Alzheimer : de carpe diem à la neuropsychologie

    ,

    • Eres
    • 22 Novembre 2018

    Ce livre est la mise en forme de conversations nées de la rencontre entre deyx les deux auteurs qui représentent deux mondes, trop souvent étrangers et qui oeuvrent chacun à leur manière aux soins des personnes qui vivent avec la maladie d'Alzheimer : le monde du diagnostic et des thérapeutiques médicamenteuses d'un côté, le monde de l'accompagnement de l'autre.

    Au sein de ce dernier Nicole Poirier a développé une approche humaniste qu'elle met en oeuvre avec son équipe dans la maison qu'elle a fondée au Québec : la philosophie de Carpe diem donne la priorité à la relation humaine, à l'environnement familial et social, à la quête incessante non des déficits mais des capacités de chacun, à la personne et non à la maladie, à la relation de confiance et non à la relation de contrôle.

    Roger Gil, professeur émérite de neurologie, qui a eu la responsabilité d'une structure hospitalo-universitaire de neuropsychologie et qui anime un Espace régional de réflexion éthique a acquis la conviction que l'approche neuropsychologique de la maladie d'Alzheimer et des maladies apparentées légitime l'approche humaniste et que ces deux approches peuvent et doivent se féconder mutuellement.

    Ce dialogue qui porte sur tous les aspects de la vie quotidienne avec les personnes âgées en témoigne, telle l'exigence éthique de la nécessaire collaboration de deux mondes qui doivent se mieux connaître pour unir leurs forces au service des personnes malades, de leurs proches et de la société tout entière.

  • Quelle autorité pour nos enfants ?

    Collectif

    • Eres
    • 3 Avril 2014

    Que serait un « non » qui ferait autorité pour l'enfant ? L'autorité n'est pas la pratique d'un pouvoir mais elle témoigne de la disparité de places et met en oeuvre la référence à une instance tierce.

    Cet ouvrage s'attache à préciser les exigences inhérentes à l'altérité des places liées à l'exercice de l'autorité. Il illustre les difficultés rencontrées par tous ceux qui doivent occuper une place en référence à l'autorité : parents, enseignants, éducateurs, juges, médecins, etc. En effet, l'autorité de ceux-ci ne fait plus consensus dans la vie sociale. Et chacun doit trouver en son for intérieur ce qui assurerait la légitimité de sa parole et l'assise de son identité. Comment l'enfant s'y retrouve-t-il ?

  • La décision du désir

    Silvia Lippi

    • Eres
    • 14 Novembre 2013

    Les paradoxes du désir, d'un désir enraciné dans l'inconscient, sont analysés à partir de l'apport de Lacan à cette notion psychanalytique, dans une lecture croisée avec écrivains, poètes, peintres et philosophes.

    Il y a une aporie dans le désir, due à la conjonction entre la responsabilité éthique du sujet et sa propre perte. Car c'est seulement à partir d'une dépossession - de soi, de l'Autre - d'une absence d'auto-détermination, que le sujet décide de son désir. Mais comment décider de ce qui nous dépasse, autrement dit, assumer ce qui nous oriente à notre insu ? Et comment passe-t-on d'un désir pris dans le symptôme et dans la compulsion de répétition, à la décision du désir ?

  • Le miroir aux éperluettes

    Sylvie Lainé

    • Editions actusf
    • 18 Février 2013

    « Elle venait presque tous les mercredis, à cinq heures. Une belle femme rousse, avec des jambes interminables. Toujours seule. Jamais je n'avais osé lui parler, encore moins m'asseoir à sa table. Elle m'intimidait. »
    En six nouvelles, Sylvie Lainé explore le thème de la rencontre et de l'autre. Même s'il vient d'ailleurs, cela reste toujours une entité, un être à découvrir et peut-être à aimer. Laissez-vous entraîner vers l'inconnu. Il est tout proche. Il nous connaît déjà...
    Six textes savoureux de douceur et de précision. Une science-fiction sensible, passionnante et intelligente.
    Née en 1957, Sylvie Lainé a multiplié les nouvelles ces dernières années, accumulant les prix et les récompenses. Voici enfin le premier recueil regroupant une partie de ses meilleurs récits.

    Contient Un signe de Setty, Prix Rosny aîné 2003.

    « Certains écrivent pour changer le monde, ou pour le rendre compréhensible. Sylvie Lainé se contente de cueillir une poignée d'instants, de les lustrer d'un revers de manche élégant avant de les relâcher dans la nature. (...) Et les histoires dont elle nous fait cadeau ne se refermeront jamais tout à fait. » - Extrait de la préface de Jean-Claude Dunyach

  • La parole oubliée

    Karima Lazali

    • Eres
    • 5 Janvier 2017

    Cet ouvrage explore les différentes modalités d'un nouage, entre corps, parole et inconscient, dans la cure analytique mais aussi dans le champ social.

    Une même question insiste tout au long de l'ouvrage : comment et surtout à quelles conditions opère une cure analytique ? En d'autres termes, qu'est-ce que parler pour la psychanalyse (et en psychanalyse) et par quels tours et détours dans le trajet du parlant se produit la transmission du savoir inconscient vers le réel du corps ? Et, partant de là, comment penser le potentiel politique de la parole et ses effets au un par un et dans le lieu social ? Pour y répondre, l'auteur visite l'envers de ce décor, à savoir les lieux de panne de la parole qui ouvrent à différentes formes de ravages, meurtres et autres destructions à l'échelle du psychisme singulier et du collectif.

  • "Si on m'avait dit à quel point mes nouvelles camarades de classe étaient des pestes, jamais, ô grand jamais, je n'aurais accepté d'échanger de corps avec Kira. Je serais bien volontiers resté le magnifique chat de race, à l'esprit affûté, un poil trop gâté, que j'étais avant ce maudit orage. Je continuerais de me prélasser sur le canapé de notre appartement de l'Allée-Haute et mon colocataire, le professeur Werner Hagedorn, continuerait tranquillement de donner ses cours de physique quantique. Or, au lieu d'être allongé sur mon canapé, je me tiens là... debout.
    Nom d'une sardine à l'huile ! Quelle super gigantesque pagaille !" Un roman drôle, fantastique, sur l'amitié et l'entraide. Winston est un chat de luxe à l'humour caustique, pantouflard et délicat, qui n'a jamais mis les pattes dehors. Sa vie est bouleversée quand Kira, la fille de la domestique de son maître, vient habiter l'appartement. Promenades, rencontre avec les chats de gouttières du voisinages, Winston est contraint de changer de quotidien.Traduit de l'allemand, titre original : Winston - Ein Kater in geheimer Mission

  • Grendel

    John Gardner

    • Denoël
    • 25 Avril 2012

    "Le Grendel de John Gardner est à la saga de Beowulf ce que l'Ulysse de James Joyce est à L'Odyssée d'Homère. Dans les deux cas, il s'agit d'une complète trahison. Cette violence faite au texte original n'est rendue possible que par une claire compréhension de l'oeuvre, et se justifie par un impératif supérieur, celui de la création littéraire. Chez John Gardner, l'acte de réécriture se double d'une dette jamais acquittée à l'égard de son frère dont il est le meurtrier."
    Xavier Mauméjean.
    Grendel, qui narre l'épopée de Beowulf du point de vue du monstre, s'est imposé en moins de quarante ans comme un des grands classiques de la fantasy anglo-saxonne. Court, brutal, d'un humour ravageur, ce conte philosophique frappe le lecteur avec la force d'une comète, dans l'éblouissement.

  • On sait l'autre

    Edith Azam

    • P.o.l
    • 13 Mai 2014

    "On sait : l'autre. On sait qu'il va venir. Il arrive toujours. Il nous tient par les yeux, nous oppresse. Il contamine notre espace, veut nous réduire à petit feu. On sait qu'il est en bas, là, derrière le mur. C'est à devenir dingue. C'est à devenir : on devient. Presque... Mais non, on ne le laissera pas faire, on ne veut pas finir si vite. Alors on se concentre, on se concentre puis on l'attend, l'autre, le pied ferme. On ne veut pas céder à la panique. On court vers la salle de bains se rincer le visage, puis on relève la tête et soudain, le reflet dans la glace, nous dit droit dans les yeux : On : c'est l'autre..."

  • Notre civilisation a du mal à construire un discours autour de la maternité. La littérature contribue à éclairer cette expérience intérieure où l'amour de ces mères et la sublimation des femmes s'entremêlent. Colette, Anaïs Nin, Marguerite Duras, Nancy Huston, Julia Kristeva, Christine Angot, Marie Darrieussecq offrent leurs paroles et leurs écrits aux mères d'aujourd'hui et aux professionnels qui s'en soucient.

    La particularité de transmettre la vie, de la continuer en en gardant l'empreinte corporelle au creux de leur ventre, plonge les femmes, les mères, dans des émotions/sensations proches de l'archaïque, quasi innommable. En écrivant (sur) cet innommable, les écrivaines partagent leur expérience personnelle, qui les a exposées à une déstabilisation psychique due à ce corps à corps mère/enfant. Elles tentent de restituer un vécu qui échappe car difficilement maîtrisable - mais néanmoins il est pensable, pensé, et peut se dire, s'écrire, fût-ce partiellement. à partir des oeuvres de Colette, Anaïs Nin, Marguerite Duras, mais aussi Julia Kristeva, Nancy Huston, Christine Angot, Marie Darieussecq, l'auteur montre comment ces écrivaines utilisent leur art pour tisser une toile sur le clivage de la passion maternelle, entre emprise et sublimation.

    Corinne Cammaréri est psychologue clinicienne auprès d'enfants et d'adultes en situation de handicap. Ayant assuré des suivis de femmes enceintes et de mères en difficulté, elle a souhaité éclairer son expérience clinique en s'engageant dans un travail de recherche sur la question de l'écriture du maternel chez des écrivaines du début du XXe siècle à aujourd'hui.

  • Manifeste déiste d'un psychanalyste juif

    Jean-Jacques Rassial

    • Eres
    • 20 Mai 2019

    L'influence des religions, en particulier sous une forme intégriste voire sectaire, et les limites des athéismes associés à des sociétés totalitaires relancent la question de Dieu dans le monde contemporain. Depuis Freud, « juif infidèle », comme il se définit, jusqu'à Lacan, pour qui la « religion vraie », c'est la catholique, la question de la religion, de la religiosité mais aussi de la fonction psychique et sociale de Dieu traverse la psychanalyse à partir du fondement de la relation à l'Autre, qu'il soit représenté par la Mère, le Père ou le Maître.

    Jean-Jacques Rassial associe cette figure de l'Autre, restée énigmatique chez Lacan, au Dieu paradoxal des juifs, conçu comme irrémédiablement à la fois immanent et retiré du monde. Dieu serait alors le nom de l'Autre en tant qu'il n'a pas besoin d'existence ni de présence et sans incarnation possible.

    En suivant la tradition juive en particulier selon l'approche de la Kabbale et certains penseurs juifs de Spinoza à Hans Jonas, en passant par Adolphe-Isaac Crémieux et Mordecaï Kaplan, l'auteur développe une conception déiste, donc ni religieuse ni athée, issue du judaïsme qui serait pertinente pour penser le statut de l'Autre et de l'altérité dans la psychanalyse. Loin d'un athéisme totalitaire autant que d'une supposée religiosité, elle permettrait de concevoir une laïcité proposée aussi aux héritiers d'autres traditions.

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