Littérature générale

  • Il a 30 ans. Il aime des garçons ; Samy, à moitié voyou ; Jamel, fils de l'Islam et de Coca-Cola. Et les corps anonymes qui s'emparent de lui dans les rites pervers des nuits fauves. Il aime des filles de passage. Et Laura. Il veut tout. Ou peut-être rien.Il est séropositif. Lâcheté ou panique, il ne l'a pas dit à Laura, la première fois qu'ils ont fait l'amour. Il l'a peut-être contaminée. Elle a 17 ans. Elle l'aime, sans mesure, jusqu'à la folie, usant de tout pour ne pas le perdre : prières, violences, mensonges, chantages.Ils se prennent et se déprennent dans un rythme serré de clip où les rues basculent devant les motos, où la caméra vidéo filme les ombres et les lumières de la ville, où le répondeur téléphonique hache les mots de la passion. Avec, soudain, de lentes plages de mémoire - celles de l'adolescence, du sang arabe, de lieux solaires.Alors un nouvel ordre s'établit : menacé de mort, il naît au monde qui l'entoure, à l'amour fou de ce qui est. Il est vivant.Le film Les nuits fauves, dont Cyril Collard a assumé l'adaptation, la réalisation et la musique, où il joue le rôle vedette aux côtés de la jeune Romane Bohringer, est devenu un « film-culte ».

  • Pour quelques doigts

    Baptiste Madamour

    Heures brulantes de l´apprentissage du corps de l´autre, le premier soir, quand l´autre ne craint aucune audace...





    LE CUIR GLISSE SUR SA PEAU, puis s'enfonce, elle veut que je lui fasse mal, elle me dit de lui faire mal, elle veut avoir des marques sur sa peau, que ça laisse des traces, qu'au moins quelque chose laisse des traces, elle veut que ce soit douloureux, elle veut ressentir, je serre plus fort. Elle est entravée, les poignets ligotés aux montants du lit.

    Je prends ses collants, je m'en sers de bandeau que je noue autour de ses yeux.


    /> Quand on dit qu´un auteur est prometteur, on s´attend à ce que la promesse s´accomplisse. Constatons que Madamour est au rendez-vous dans cette nouvelle érotique. Il impose une proximité indéniable avec ses personnages, le lecteur est pris dans les méandres du désir et de la désillusion amoureuse.

  • Les amours ansullaires

    José Noce

    • Ska
    • 1 Mai 2018


    Les apprentissages sensuels d'une fille au père sur l'ile de Sein...

    « Cybèle était aussi déjà partie prenante quand Laila lui planta canines et ongles dans ses fesses frémissantes. Cybèle prit même les devants en écartant les cuisses généreusement, quand Laila tête-bêche lui fouilla la fente noyée de ses doigts fins et lui téta conjointement l'anus en cercles de plus en plus rapprochés. Jean, à côté, sur le ventre, hoqueta en langage phoque épuisé, puis se rendormit encore plus loin. Quand Cybèle rendit grâce une heure plus tard en soupirant longuement comme une enfant repue, Laila les yeux exorbités décida de se finir le vertige en se caressant avec les orteils des petits pieds mignons de Cybèle à peine endormie, qu'elle avait fichés en elle comme de petites ventouses huilées... »
    Avec ce titre impossible, le facétieux José Noce nous entraine sur une ile bretonne battue par les vents et les vagues. Son héroïne, à peine sortie de l'adolescence, apprend avec enthousiasme les rudiments de la jouissance en société. Illustrations d'un hédonisme au goût de sel dans le style « nocien » toujours aussi jouissif.

  • Coulées

    Mahigan Lepage

    Je garderais, de toutes ces années d'entraves et d'isolement, une soif insatiable de déplacement et de vitesse, de villes et de voyages, un besoin inextinguible de mobilité, de courant, une pulsion de fuite en avant. Jusqu'au jour où je n'ai plus eu le choix, pour continuer d'avancer, que de retourner amont et d'entreprendre ces coulées, par lesquelles j'allais avoir à remuer des fonds d'inavouable, à déplacer des masses de temps inertes, qui encore me retenaient et me tiraient arrière. Que dans plus grand et plus fort, plus fluide, tout cela soit emporté et noyé - et ne demeurent finalement empreints, pour chaque territoire retraversé que la couleur et le mouvement vifs d'une rivière.

    Coulées: la Patapédia, l'Outaouais et le Bas-Saint-Laurent. Trois récits, trois lieux, trois traversées. Dans l'enchevêtrement des rangs, des villages et des villes, se font et se défont les rêves jusqu'à l'éclatement du territoire. Écriture de la voix. Écriture de la route. Une prose portée par l'amitié et la force des paysages.

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