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  • Lacan disait à ses élèves : « Moi, je suis freudien, si vous voulez être lacaniens, à vous de le montrer. » C'est précisément ce que ce séminaire tente de faire : comment être lacanien avec Freud, tout contre Freud.

    Lacan est certainement un élève de Freud puisque l'oeuvre de celui-ci a intégralement inspiré la sienne. Il avait pour Freud la plus grande admiration du fait de son courage intellectuel, de la solitude, malgré le nombre de ses disciples, qu'il a assumée au sein d'une capitale, d'un milieu, d'une culture qui lui étaient fondamentalement hostiles.

    Il reste que ce que Lacan a introduit et que Freud a manqué, c'est le rôle du langage en tant qu'il est constitutif de notre vie psychique et bien sûr corporelle, et de cette instance incroyable qui s'appelle l'inconscient et qui, à notre insu - insu de mauvais gré -, dirige nos pensées, nos désirs et notre existence.

  • S'appuyant sur sa longue expérience clinique, Alain Braconnier présente le chemin qui l'a amené à comprendre qu'une grande majorité des adolescents rencontrés dans ses consultations ne présentent pas de troubles psychiatriques manifestes - en particulier des angoisses corporelles, des addictions ou des dépressions majeures - mais qu'ils vivent un état de menace dépressive. La menace dépressive constitue le noyau central entre le processus d'adolescence, marqué par les « adieux à l'enfance » rendant tous les adolescents « déprimables », et la véritable dépression que certains peuvent malheureusement vivre. Cette notion permet d'appréhender les enjeux psychiques sous-jacents. L'écoute et l'action thérapeutique s'en trouvent totalement modifiées en permettant de se dégager des comportements apparents au profit d'un travail sur les obstacles au changement que demande cette période de l'existence.

  • Entre passage à l'acte et acting out, le ménage n'a jamais été fait malgré les efforts de Jacques Lacan. Pourtant les incidences thérapeutiques, juridiques et sociales sont considérables. Il s'agit ici de contribuer à une clarification nécessaire.

    On passe notre temps à agir avec des conséquences tantôt mineures, tantôt graves ; des actes médico-légaux aux conflits les plus ordinaires. La question de l'acte constitue une des questions cliniques les plus difficiles, les plus délicates, les plus énigmatiques que les praticiens ont à affronter. Ce séminaire inédit de Marcel Czermak propose un certain nombre d'apports aux thèses qui ont pu être celles de Jacques Lacan sur cette question. Son objectif est d'aider les médecins, les juristes, les psychanalystes à avoir un coup d'oeil plus éclairé devant ce qu'on appelle un acte, c que ce soit au quotidien ou dans les conjonctures les plus graves de la vie sociale.

  • Qu'est-ce que s'orienter dans la pensée, quand c'est le réel de l'expérience psychanalytique qu'il est question de penser, dans ce livre, avec Lacan ?

    S'orienter dans la pensée, puisqu'au dire de Lacan nous pensons avec nos pieds, c'est marcher. Ce que pratiquait Aristote. Marcher, comme dit écrivant Madame Bovary Gustave Flaubert, droit sur un cheveu. Mais pour marcher droit sur un cheveu que faut-il savoir ? Il faut savoir se faire fourmi, comme celle que dessine Escher traçant sa piste sur la ligne plus mince qu'un cheveu du ruban de Möbius. C'est sur son grand huit que se lance la parole dans l'expérience analytique, au bord du trou de l'inconscient où penser c'est perdre le fil. 

    D'où le vertigo d'OEdipe sur le grand huit de la vérité. Giorgio de Chirico l'a bien compris : devant la sphinge aux yeux clos, OEdipe n'a plus sa tête. C'est sur ce mannequin métaphysique d'OEdipe que Freud a taillé sur mesure son complexe normatif. 

    C'est au-delà de l'OEdipe qu'avec Lacan (mais aussi Bataille, Blanchot et Beckett) nous avons à penser l'inconscient et le symptôme, la passe et le contrôle, la jouissance et la féminité, l'angoisse et la phobie, la tristesse vicieuse et le déchet, la ségrégation et les camps.

    M. B.

  • L'angoisse est un étau qui affecte le corps de haut en bas. Elle serre la gorge, étreint la poitrine, contracte l'estomac, paralyse les jambes. Celui qui l'éprouve n'a pas de mots et pas d'images pour en rendre compte. Elle est la plus universelle conjonction du corps et de l'esprit, ce qui interroge le philosophe et pose un des problèmes les plus ardus à la psychanalyse dans sa pratique et dans sa théorie.

    Dans cette étude très complète, Jean-Marie Jadin propose un nouvel examen de l'angoisse, cet affect universel auquel nul humain ne saurait échapper. Il fait usage des outils théoriques de Freud et de Lacan, puise ses sources également du côté de l'astrophysique, de la peinture, de la littérature fantastique et bien évidemment de la philosophie avec Heidegger, Kierkegaard et Aristote, pour avancer des hypothèses personnelles nourries de nombreux exemples cliniques.

  • Le refoulement est généralement considéré comme un fait sans que l'on s'interroge sur ses causes, ni sur ses processus qui sont variables. Il s'agit d'explorer ces questions et d'en tirer les leçons cliniques. À tour de rôle, Patrick Landman et Gérard Pommier prennent la parole pour apporter des éléments de compréhension sur le concept de refoulement au cours de « séminaires bicéphales » qui se sont prolongés sur deux années. Dans le langage oral retravaillé propre à cet exercice : simple, largement accessible, vivant, imagé, convoquant tour à tour Freud ou Lacan, la clinique de l'autisme et celle des psychoses, ils éclairent de manière passionnante autant de concepts fondamentaux : les représentations de mots, les représentations de choses, le transfert, le langage, la conscience, l'angoisse, la jouissance sexuelle, l'affect, les fantasmes, le plaisir, les mythes, la pulsion, l'interprétation, les rejetons du refoulé, la différence entre répression et refoulement, etc.

  • La parole oubliée

    Karima Lazali

    Cet ouvrage explore les différentes modalités d'un nouage, entre corps, parole et inconscient, dans la cure analytique mais aussi dans le champ social.

    Une même question insiste tout au long de l'ouvrage : comment et surtout à quelles conditions opère une cure analytique ? En d'autres termes, qu'est-ce que parler pour la psychanalyse (et en psychanalyse) et par quels tours et détours dans le trajet du parlant se produit la transmission du savoir inconscient vers le réel du corps ? Et, partant de là, comment penser le potentiel politique de la parole et ses effets au un par un et dans le lieu social ? Pour y répondre, l'auteur visite l'envers de ce décor, à savoir les lieux de panne de la parole qui ouvrent à différentes formes de ravages, meurtres et autres destructions à l'échelle du psychisme singulier et du collectif.

  • Les songes, ces visiteurs nocturnes, vont du rêve le plus banal, bien que toujours obscur, au cauchemar le plus troublant. Le sommeil est riche de ces fantômes de la nuit, que le dormeur s'en souvienne ou non.

    La frontière entre rêve et cauchemar paraît parfois floue et peut être facilement franchie. Le rêveur glisse alors de l'un à l'autre dans des affects partagés entre plaisir fugace et douleur nostalgique. Mais alors, y a-t-il une spécificité du cauchemar ? Est-il simplement un rêve comme un autre qui, bien que de mauvaise compagnie, répondrait aux mêmes règles ? Ou bien est-il un cas limite de rêves qui n'aurait pas les mêmes causes et ne viserait pas les mêmes objectifs ?

    /> Partant de la constatation, comme le fit Freud, que les premières expériences oniriques des enfants sont plutôt de l'ordre des cauchemars, Martine Menès s'intéresse à ce qu'il en reste dans les cauchemars ultérieurs. Et en particulier dans ceux dits traumatiques qui a priori sembleraient ne dépendre que de faits actuels. L'ouvrage est ponctué de récits (rêves, cauchemars) relatés dans le style poétique qui est la narration la plus proche du discours de l'inconscient.

  • Entre le père et la mère, faut-il choisir ? Que l'on soit enfant, adolescent, adulte ou personne vieillissante, faut-il toujours privilégier l'un plutôt que l'autre, abandonner l'un au bénéfice de l'autre ?

    La bisexualité, cette immense construction freudienne, est toujours aussi vivace. Elle ne signifie pas la confusion des sexes, elle signale l'existence des deux, masculin/féminin et leurs configurations à la fois singulières et plurielles. Sans préjuger des choix de la vie amoureuse, elle souligne la double référence, au masculin et au féminin, au père et à la mère, au sein de la psyché. À partir d'expériences cliniques originales et de réflexions théoriques fécondes, les auteurs affrontent l'éternelle question « Dis-moi qui tu préfères, ton père ou ta mère ? Qui aimes-tu le plus, elle ou lui ? ».

  • Cet ouvrage développe de manière rigoureuse et abordable des outils de pensée nécessaires aux adultes et aux professionnels confrontés aux phobies de l'enfant. Les manifestations phobiques de l'enfant envahissent la vie sociale. Elles sont comme une réponse à la labilité des repères symboliques du monde actuel. Les adultes et les professionnels confrontés à ces émergences d'angoisse se trouvent désemparés et ont besoin de repères et d'outils de pensée pour ne pas ni les banaliser, ni les dramatiser. Il s'agit plutôt de trouver les leviers pour éviter qu'elles invalident la vie de l'enfant comme celle de son entourage. La compréhension de la structure de ces symptômes peut être la condition de leur résolution.

  • Dans le contexte politique actuel, qui dénie au psychisme toute participation aux difficultés autistiques, les auteurs réunis par la CIPPA rendent compte de leur pratique clinique, institutionnelle et de leurs recherches auprès d'enfants autistes et de leur famille. Cet ouvrage ne cherche pas à être exclusivement une « défense et illustration de la psychanalyse ». Au contraire, il se situe constamment dans une perspective d'ouverture et de jonction avec les disciplines cognitives et les recherches scientifiques qui sont à y associer. À l'orée des restrictions théorico-cliniques mises en perspective par le 3e plan autisme (2013/2017), il défend la richesse des complémentarités et des atouts que proposent, dans le respect d'un cadre consensuel, l'imagination, la créativité, le plaisir partagé et les vertus essentielles d'une observation fine et continue. S'inscrivant dans un partenariat constant avec les parents, il se désolidarise complètement d'une psychanalyse qui accuse ou met à distance toute articulation avec le milieu familial.

  • Dépassant la stricte définition psychopathologique des états limites, la problématique des limites ouvre un champ d'investigations passionnant tant au plan clinique que théorique et technique. Les auteurs mettent ici en relief différentes figures et formes de la psychopathologie des limites et de la métapsychologie. Durant ces 50 dernières années, le trouble borderline a navigué entre les névroses et les psychoses, a été appréhendé comme un type de personnalité pathologique, a été rapproché des maladies bipolaires, des désordres narcissiques, des personnalités psychopathiques... Dans tous les cas, les auteurs reconnaissent l'actualité de cette clinique et soulignent la richesse des débats interrogeant les limites du système de classification nosographique, les limites des diverses techniques de soin, les limites de l'analysabilité.

  • La douleur

    Catherine Chabert

    Dans la traversée de la vie, de ses tout-débuts jusqu'à son extrême fin, dans ses liaisons possibles avec le plaisir ou dans ses dérives mélancoliques, la douleur reste la compagne fidèle du corps et de la psyché.

    La douleur relève de l'effraction, par rupture des barrières, par excès d'excitation, une implosion violente qui déborde les limites du moi-corps. Si le privilège est accordé à l'expérience de satisfaction dans la construction du psychisme, du moi et de ses objets, dans la création des fantasmes et des représentations, la douleur fait toujours retour, comme expérience humaine inéluctable et sans doute indispensable parce que toujours liée à la perte d'objet.

    La douleur ne se confond ni avec la détresse ni avec la souffrance. Elle en désigne l'au-delà dans une radicalité qui défait les liaisons trop convenues entre les affects et les représentations. Comme éprouvé pur, elle peut exclure la part de l'autre et, en particulier, sa fonction consolatrice. Elle peut aussi et ce sont là son essence et son destin en psychanalyse comme dans la littérature constituer un point d'appel pour les mots et donc pour celui qui les dit ou les écrit.

    Mise en vente le 15 octobre 2015.

  • Le suicide est une des trois principales causes de décès de la personne âgée, avec le cancer et les maladies cardio-vasculaires. Pourquoi, comment, dans quelles circonstances se donne-t-on la mort à un âge avancé ? Quelles sont les conséquences sur la famille et l'entourage ? La prévention du suicide de la personne âgée est plus complexe et plus difficile que celle de l'adolescent tandis que le risque létal est plus élevé. L'auteur offre ici une synthèse concernant les données épidémiologiques, les différents type de conduites suicidaires, les facteurs de risques, les signes précurseurs. A l'heure des débats sur l'euthanasie et le suicide assisté, elle met en évidence la souffrance des personnes suicidaires et celle des soignants et donne des pistes pour y faire face.

  • Si les travaux scientifiques relatifs à l'implantation cochléaire abondent, pour la première fois, un clinicien décrit et analyse, dans le cheminement qui fut le sien, la façon dont les enfants accompagnés ont réagi dans leur chair, leur esprit et leur coeur face à l'appareillage venu bouleverser leur vie. Manuel Cajal a souhaité transmettre leur vécu d'enfants et d'adultes sourds porteurs d'implant et ainsi partager leur expérience humaine jusque-là occultée. Ces témoignages, qu'il commente et analyse, sont au coeur de la relation thérapeutique qu'il a su construire avec eux, y compris avec les enfants sans langage. Le corps, omniprésent, y est le vecteur d'un rapport au monde en construction. Le travail psychothérapeutique, présenté avec un grand respect des personnes, ne masque ni les difficultés, ni les avancées. Il ne prétend pas répondre à toutes les questions. L'objectif est d'aider les familles, les sujets sourds porteurs d'implant et les professionnels à trouver du sens face à certaines situations incompréhensibles liées à l'effraction de cette nouvelle technologie aujourd'hui largement banalisée et aux impasses relationnelles qu'elle peut révéler. Sans préjugé ni dogmatisme, il montre comment il est possible d'oeuvrer à l'humanisation du petit d'homme au-delà du secours de la technologie.  

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