Christian Bourgois

  • Au terme d'un repas, un banquier démontre à son convive que ses convictions et ses actions en matière d'anarchisme n'ont rien à envier à celles des poseurs de bombe. Il déploie ainsi les trésors d'une rhétorique insidieuse au service de sa personne et s'installe dans de provocants paradoxes. Si ce banquier anarchiste nous enchante par son esprit retors, ses raisonnements par l'absurde et une mauvaise foi réjouissante, la véritable dimension du livre, cependant, n'est pas là : il s'agit en fait d'un pamphlet incendiaire contre la société bourgeoise, ses hypocrisies et ses mensonges. C'est aussi une dénonciation du pouvoir de l'argent, qui mine de l'intérieur le bien le plus précieux de l'homme : la liberté.
    Le Banquier anarchiste est l'unique oeuvre de fiction publiée du vivant de Pessoa et signée de son vrai nom. Un texte explosif, un véritable brûlot.

  • « Faut-il que le poids de la grandeur portugaise déchue soit encore assez fort pour qu'un jeune écrivain éprouve le besoin de s'en débarrasser par une aussi violente dérision. » Dominique Fernandez, Le Nouvel Observateur « Les images fusent, retombent, les phrases s'allongent démesurément avec la méticuleuse précision que donne la nostalgie, des éclats d'histoire vous assaillent, mêlés à la hantise de la vieillesse et de la solitude. Il y a ceux que Lobo Antunes agacent, ceux qui l'admirent. Nul doute qu'il est un vrai écrivain. » Nicole Zand, Le Monde

  • Vies privées est considéré comme un classique de la littérature catalane, après avoir été censuré pendant des années suite à sa publication en Espagne en 1932. Josep Maria de Sagarra y décrit les changements profonds qui affectent la haute société catalane dans cette première moitié du XXe siècle, secouée par les convulsions politiques qui précèdent la prise du pouvoir par Franco, l'effondrement moral et économique de la vieille aristocratie terrienne et l'avènement d'une haute société ambitieuse, frivole et cynique. « Vies privées est une référence obligée quand on parle de roman catalan. Point à la ligne. [...] On [y] trouve [...], assurément, l'élégante provocation sociale que supposa la publication de ce roman [...]. Mais j'aime quant à moi imaginer Sagarra soulevant un sourcil, un peu méprisant et dédaigneux face à toute la signification sociale et culturelle - scandale compris - qu'on reconnaît à son roman. » Juan Marsé

  • ALAN PAULS HISTOIRE DE LARGENT Buenos Aires, dans les années 70. Un hélicoptère sécrase au large de la ville. Le corps du passager est repêché mais la valise emplie de dollars quil transportait a mystérieusement disparu au fond du Río de la Plata. Cet obscur événement fait naître ce qui va devenir une véritable obsession dans lesprit du jeune narrateur : le rôle tenu par largent dans sa vie et celle de ses proches. Et autant dire que son champ détude est vaste, entre son père qui ne jure que par le liquide dont il se débarrasse au casino, sa mère qui dilapide son héritage dans une villa en bord de mer, et la situation financière du pays, qui tourne au délire. Des souvenirs denfance évoqués avec tendresse aux grinçantes anecdotes de lâge adulte, largent apparaît ici comme la vibrante métaphore de ce qui nous échappe irrémédiablement.
    Alan Pauls excelle une fois de plus à écrire lhistoire de son pays par le biais de lintime : à travers le récit drôle et émouvant de cette famille peu à peu délivrée de son capital et de ses illusions, il recompose aussi à sa façon létourdissante tragi-comédie de lArgentine de la fin du XXe siècle, placée sous le signe de la perte.


    Illustration de couverture :
    Mimmo ROTELLA, Senza titolo 1958, décollage (détail) coll. M. Nazzaro Rome © ADAGP, Paris 2013 Traduit de lespagnol (Argentine) par Serge Mestre ISBN : 978-2-267-02525-5

  • Roland Nair travaille pour l'Otan. Après dix ans d'absence au Sierra Leone, cet agent danois est de retour à Freetown : son ami Michael Adriko souhaite lui présenter sa fiancée américaine. Personnage trouble, qui aurait entre autres servi dans l'armée ghanéenne et dans la garde rapprochée de l'émir du Koweït, Adriko vient de déserter une unité des forces spéciales américaines opérant en Afrique. Nair soupçonne rapidement que l'amitié n'est pas le seul motif de son invitation mais accepte néanmoins d'accompagner le couple dans le centre de l'Afrique pour rendre visite au clan d'Adriko... Multipliant tromperies, péripéties et enlèvements, les trois voyageurs vont pénétrer clandestinement dans une zone de combats, à la frontière entre Ouganda et Congo. « [On lit Denis Johnson] pour l'effet troublant et l'éclatante stupéfaction qu'il procure. Un écrivain devrait toujours écrire de façon à ce que personne ne puisse ignorer le monde alentour, et que personne ne puisse dire qu'il n'a rien à voir avec tout ça. [...] C'est ainsi que Johnson écrit. » The New York Times Book Review « Ce roman est un merveilleux exemple de l'écriture de Johnson dans son style le plus accessible. » The Daily Beast

  • Grande couronne Nouv.

    Nous sommes en France, à la fin des années 1990. Dans une ville de banlieue pavillonnaire, une adolescente regarde passer les trains qui filent vers la capitale. Elle a des projets plein la tête : partir, devenir hôtesse de l'air ou avocate et surtout, plus urgent, s'acheter des vêtements de marque. Mais comment faire quand on n'a pas assez d'argent de poche et que la vie dont on rêvait se révèle être un champ de cactus ?
    Pour le moment, sa famille vacille et ses repères sont chamboulés. En très peu de temps, sans renoncer à ses désirs, elle devra tout apprendre : comment classer ses pensées, tenir tête à ses copines, assumer des responsabilités trop grandes pour elle et vivre ses premières expériences sexuelles.
    Si l'adolescence est une ligne de crête menant à l'âge adulte, l'attachante héroïne de Grande Couronne s'y tient en équilibriste, oscillant entre le trivial et le terrible. Mais elle a une arme : une vision au laser grâce à laquelle elle dresse un tableau de son époque et de ses émotions aussi drolatique qu'impitoyable.

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