• Il y a d'un côté le colosse unijambiste et alcoolique, et tout ce qui va avec : violence conjugale, comportement irrationnel, tragi-comédie du quotidien, un "gros déglingo", dit sa fille, un vrai punk avant l'heure. Il y a de l'autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixelisé de feu son épouse. Mon père, dit sa fille, qu'elle seule semble voir sous les apparences du premier. Il y a enfin une maison, à Carrières-sous-Poissy, et un monde anciennement rural et ouvrier. De cette maison il faut bien faire quelque chose, à la mort de ce père Janus. Capharnaüm invraisemblable, caverne d'Ali-Baba, la maison délabrée devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille, la narratrice, qui décide de trier méthodiquement ses affaires. Et puis, un jour, comme venue du passé et parlant d'outre-tombe, une lettre arrive qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant.

  • Illustratrice talentueuse mais psychologiquement fragile, Hen a enfin trouvé un équilibre
    dans sa vie. Elle déménage avec son mari dans une jolie petite ville proche de Boston et sympathise avec ses voisins, Mira et Matthew. Mais à l'occasion d'un dîner, Hen
    repère dans le bureau de Matthew un trophée sportif lié à un ancien meurtre non élucidé et qui l'a véritablement obsédée par le passé. Hen sait maintenant qui est le tueur. Pire
    encore, elle comprend très vite que Matthew sait qu'elle sait. À moins que tout cela ne soit
    le symptôme d'un nouvel épisode psychotique... ou alors une simple coïncidence.

  • Méchantes blessures

    Abd Al Malik

    • Plon
    • 22 Août 2019


    Méchantes blessures est un roman qui, avec poésie, analyse le rêve de faire peuple d'une certaine jeunesse française éprise de culture et issue des banlieues et de l'immigration.
    Et si notre vie n'était que le résultat d'une succession de traumatismes ? Et si tout ce qui est vrai pour un être l'était également pour une ville, un pays ou un continent ? Alors les différentes blessures qu'inflige l'existence aux individus s'apparenteraient aux crises que connaissent de tout temps les nations.
    Kamil n'est pas seulement un rappeur esthète, musulman et noir aux racines congolaises, né à Strasbourg et assasssiné à Washington, en plein jour, dans le parking d'une boîte de strip-tease, il est aussi l'incarnation d'une certaine idée du génie français. Méchantes blessures raconte la vie et la mort de ce Français du XXIe siècle.
    Dans ce récit subtilement tissé, entre roman noir, conte philosophique et spirituel, Abd Al Malik imprègne durablement l'esprit et transmet par son écriture sa vision d'un avenir commun.

  • La vie parfaite

    Silvia Avallone

    Le matin de Pâques, Adele quitte le quartier Labriola et part accoucher, seule. Parce que l'avenir n'existe pas pour les jeunes nés comme elle du mauvais côté de la ville, parce qu'elle n'a que dix-huit ans et que son père est en prison, elle envisage d'abandonner son bébé. À une poignée de kilomètres, dans le centre de Bologne, le désir inassouvi d'enfant torture Dora jusqu'à l'obsession. Autour de ces deux femmes au seuil de choix cruciaux, gravitent les témoins de leur histoire. Et tous ces géants fragiles, ces losers magnifiques, cherchent un ailleurs, un lieu sûr, où l'on pourrait entrevoir la vie parfaite.
    Avec un souffle prodigieux et une écriture incandescente, Silvia Avallone compose un roman poignant sur la maternité et la jeunesse italienne écartelée entre précarité et espoir.

  • Un soir de printemps, après avoir quitté le diner dont il est propriétaire, Driss Guerraoui, un Américain d'origine marocaine, est brutalement renversé par une voiture et meurt sur le coup. Le chauffeur du véhicule, lui, prend la fuite.
    La nouvelle de sa disparition est un choc pour sa famille, et ravive des blessures et des questionnements que tous auraient préféré laisser derrière eux. Cette mort est-elle un tragique accident de la route, ou faut-il y voir la marque d'un crime raciste ? Car si les Guerraoui sont l'exemple type d'une immigration réussie, la société américaine n'en a peut-être pas fini avec le rejet de l'autre. Nora, la fille cadette de Driss, en est persuadée.
    Sur fond d'enquête, plusieurs personnages prennent la parole à tour de rôle pour raconter leur histoire. Ces voix s'unissent et se contredisent pour relater leur quotidien dans l'Amérique d'aujourd'hui, et font de la petite ville de Californie où se déroule ce roman le théâtre de ses tensions identitaires les plus enfouies.

  • La saison des feux

    Celeste Ng


    Quand le voile des apparences ne peut être déchiré, il faut parfois y mettre le feu.

    À Shaker Heights, banlieue riche et tranquille de Cleveland, tout est soigneusement planifié pour le bonheur des résidents. Rien ne dépasse, rien ne déborde, à l'image de l'existence parfaitement réglée d'Elena Richardson, femme au foyer exemplaire.
    Lorsque Mia Warren, une mère célibataire et bohème, vient s'installer dans cette bulle idyllique avec sa fille Pearl, les relations avec la famille Richardson sont d'abord chaleureuses. Mais peu à peu, leur présence commence à mettre en péril l'entente qui règne entre les voisins. Et la tension monte dangereusement à Shaker Heights.
    Après Tout ce qu'on ne s'est jamais dit (Sonatine Éditions, 2016), Celeste Ng confirme avec ce deuxième roman son talent exceptionnel. Rarement le feu qui couve sous la surface policée des riches banlieues américaines aura été montré avec tant d'acuité. Cette comédie de moeurs, qui n'est pas sans rappeler l'univers de Laura Kasischke, se lit comme un thriller. Avec cette galerie de portraits de femmes plus poignants les uns que les autres, c'est aussi l'occasion pour l'auteur d'un constat d'une justesse étonnante sur les rapports sociaux et familiaux aujourd'hui.

  • Été 1979, Californie du Nord. Rachel, treize ans, et sa soeur Patty, onze ans, se préparent à passer leurs vacances à vagabonder dans la montagne comme d'habitude. Échappant à la surveillance d'une mère aimante mais neuras¬thénique depuis son divorce, et

  • Vivants

    Mehdi Charef

    J'apprends à mon père à écrire son nom. Il tient bien le stylo entre ses trois doigts, il ne tremble pas. Est-il épaté ou troublé d'écrire pour la première fois de sa vie, à trente-six ans ?

    Mon père est de cette génération qu'on a fait venir en France après la Seconde Guerre mondiale, pour reconstruire ce que les Américains et les Allemands avaient bombardé. Que de temps perdu, depuis les années qu'il est là. On aurait pu proposer aux ouvriers algériens des cours du soir, leur montrer ainsi un peu d'estime. Ils devraient tous savoir lire et écrire.

    Mon père sourit, ses yeux brillent. Il est là, surpris, ému, parce qu'il voit bien que ce n'est pas si difficile que ça de se servir d'un stylo. À côté de lui, j'entends sa respiration, son souffle.

    À quoi pense-t-il ce soir dans notre baraque ? Se dit-il qu'analphabète, il est une proie facile pour ses employeurs, un animal en captivité ?

    La colère monte en moi.


    Vivants est le sixième roman de Mehdi Charef, qui a notamment publié Le Thé au harem d'Archi Ahmed (1983) et réalisé onze films. Entre souvenirs d'une Algérie qui s'éloigne et expériences d'une France pas toujours accueillante, dans une cité de transit où le provisoire s'éternise, des enfants, des femmes et des hommes fêtent des naissances et des mariages, s'équipent en télévisions et en machines à laver, découvrent la contraception et les ambulances, rient, pleurent, s'organisent, s'entraident... et vivent.


    Né en Algérie en 1952, romancier, scénariste et cinéaste, Mehdi Charef est arrivé en France en 1962. Il a connu les bidonvilles, les cités de transit et l'usine avant de publier cinq romans, au Mercure de France et chez Hors d'atteinte, et de réaliser onze films, dont Le Thé au harem d'Archimède (1984) et Graziella (2005).

  • La banlieue du turfu

    Makan Fofana

    • Tana
    • 18 Février 2021

    En passant par le cinéma et les grands mythes fondateurs de la cité, une critique sociale incisive et drôle.
    Il était une fois, au onzième étage d'une tour embrumée par des contes, un adolescent solitaire dans sa petite chambre de banlieue. Au cours d'une nuit poussiéreuse en étoiles, il eut une vision merveilleuse. Dès lors s'incrusta, telle une émeraude en son coeur, le sentiment que se cachait sous ce bâtiment un trésor : la banlieue du turfu.
    Pour suivre la quête de cette métamorphose, suivons les storys Snapchat et le lapin aux yeux rouges qui nous entraîne vers l'entrée d'un terrier, là où tout commença ! Cette histoire, inspirée par Peter Pan, Nietzsche et quelques autres, est si fabuleuse que vous ne la croirez peut-être pas. Tout dépendra précisément, cher banlieus'art, de votre capacité à rêver !
    À partir du terme " turfu ", popularisé par Booba, Makan Fofana retrace son parcours et invite son lecteur à métisser les mondes, de la magie de J.K. Rowling à la culture quartier, en passant par le cinéma et les grands mythes fondateurs de la banlieue. Son récit initiatique, une critique sociale incisive et drôle, procède par vastes envolées lyriques et spéculatives du design fiction. Il enjoint chacun d'entre nous à dépasser l'âge classique de la " crise des banlieues " pour aller vers un âge d'or. Sous sa plume, la banlieue du turfu a tous les traits d'un space opéra.

  • Hakim

    Diniz Galhos

    À l'aéroport de Roissy, Hakim dit au revoir à sa femme Rita et à leurs deux enfants. Tandis qu'ils partent en vacances, lui reste travailler à son grand projet : sa BD, qu'il doit terminer. Une fois sa famille déposée, Hakim prend le RER pour rentrer chez lui. Mais la découverte d'un bagage abandonné dans la rame va contrecarrer ses plans. Oui, bien sûr, il y a très peu de risques que ce sac contienne une bombe... Et pourtant. Et si... Et si ça n'arrivait pas qu'aux autres ? Une seconde suffit à Hakim pour se rendre compte qu'avec sa couleur de peau, son jogging trop court (petit problème de lessive) et sa grosse barbe (de hipster, mais qui peut passer sans mal pour une barbe de salafiste), il a tout le profil du coupable idéal, du terroriste. La seule solution ? La fuite, effrenée...

    Né à Paris en 1978, Diniz Galhos est traducteur de l'anglais et du portugais (Le Livre Sans Nom, Irvine Welsh, Edyr Augusto, John King), et auteur (Gokan, son premier roman est paru 2012 au Cherche-Midi).

  • Quartier libre

    Vincent Lahouze

    Février 2017, Olivier, éducateur d'une trentaine d'années, assiste à la veillée funèbre d'Ismahane, qu'il connaissait depuis sa plus tendre enfance. Ismahane l'insolente, la libre et charismatique Ismahane, s'est suicidée à la veille de ses seize ans. Pour lui rendre hommage et pour tenter de comprendre son geste inconcevable, il décide de mener l'enquête. L'occasion pour lui de revenir sur ses débuts - chaotiques - d'éducateur dans ce quartier difficile de la banlieue de Toulouse. Un quartier régi par ses propres lois qui vous broie et vous recrache aussi bien qu'il peut vous porter.
    Un livre coup de poing

  • « Si l'école recule, ce n'est pas la responsabilité des maths modernes, des méthodes globales, du collège unique, c'est parce que socialement notre pays recule, car nous ne nous battons plus suffisamment pour maintenir ce qui paraissait être des acquis sociaux inébranlables. L'école ne fait que suivre l'abandon de la médecine scolaire, de la formation des enseignants, l'explosion de la précarité des familles et le désintérêt pour la "politique".

    On ne saurait faire l'école sans se soucier de la société qui nous entoure, sans trouver des chaussures au petit Syrien qui arrive, sans chercher des solutions de relogement pour les enfants du bidonville rom, sans s'interroger sur ce qui nous pousse à avoir besoin d'aller dans des magasins le dimanche alors que tout le monde se doute que les enfants des caissières sont à l'abandon pendant ce temps. »

    Véronique Decker vit et travaille à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Institutrice puis directrice d'école depuis plus de trente ans, elle revendique la puissance éducative, créatrice et émancipatrice de l'école publique. Un message fort, combatif, plein d'humanité et d'empathie. Elle est l'autrice de Trop classe ! (Libertalia, 2016) et L'École du peuple (Libertalia, 2017).

    Véronique Decker est directrice d'école à Bobigny (93) et militante Freinet.

  • Février 1954, un froid mordant s'est installé sur la France. À Paris, des gens meurent dans la rue. Une voix émue et ferme résonne sur les ondes : l'abbé Pierre lance un appel historique à la solidarité.
    100 ans après la naissance de son fondateur, le mouvement Emmaüs perpétue l'action de celui qui, tout au long de sa vie, n'a eu de cesse de soulager la souffrance de ses frères et de se faire la voix des sans-voix.

    Les grands témoins de la foi consacrent leur vie à l'amour de Dieu et des autres. Leur histoire est un chemin vers la sainteté.

    Idéal pour les 5-7 ans.

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  • Cette Histoire des banlieues est née dune colère face à lincapacité de la société française à reconnaître lhistoire des enfants de limmigration postcoloniale et des territoires où ils résident, qui sest manifestée lors de la commémoration des 30 ans de la Marche « des Beurs » en 2013.

    Pour rendre justice à cette histoire et esquisser un récit national qui intègre cette épopée, il fallait raconter le parcours dune génération de Français et lémergence des banlieues, depuis les années 1970 et la fin de la construction des grands ensembles, le regroupement familial, la crise économique, lémergence des cultures urbaines, jusquaux attentats de 2015. Une aventure encore jamais racontée de manière globale, qui décrit les fractures de la France daujourdhui et dessine un nouvel avenir.

    Erwan Ruty est responsable associatif en banlieue, actif dans des médias de proximité depuis la fin des années 1990. Il est aujourdhui le directeur du Médialab93, un incubateur qui soutient les jeunes créatifs de la Seine-Saint-Denis.

  • L'islamisme militant peut-il subvertir les institutions et la vie politique en instrumentalisant la démocratie ?
    C'est à cette question cruciale aujourd'hui que répond celui qui fut longtemps maire de Sarcelles, François Pupponi. Cet homme de gauche amoureux de la diversité, mais inflexible sur la République, révèle l'impensable : s'implantant dans les quartiers, infiltrant les associations et les partis, se jouant des règles et des lois, c'est à une conquête confessionnelle et communautariste des leviers de pouvoir que se livrent désormais les salafistes - à commencer par les municipalités des banlieues des grandes agglomérations urbaines.
    Comment les contrer ? Comment les combattre ?
    Contre les errances idéologiques des islamo-gauchistes, les lâches démissions électoralistes et les calculs des réseaux qui veulent influencer le parlement et le gouvernement, ce livre est une défense des idéaux universalistes et, en premier lieu, pour les musulmans.
    Des révélations-chocs.
    Une formidable apologie du véritable vivre-ensemble.

  • A Scarborough, on descend au bord de la rivière Rouge boire des bières, on rêve d'Aisha, la fille la plus intelligente du lycée, le genre qui a un avenir, on tombe amoureux. On rencontre des gangs rivaux, on se jauge, on se bat; ou alors, on se retrouve chez Desirea's, à la fois salon de coiffure et boîte de nuit.

    Michael et Francis, deux frères adolescents, mènent dans cette banlieue de Toronto une existence rythmée par les descentes de flics et le racisme ambiant. Ils n'ont jamais connu leur père et leur mère travaille nuit et jour pour leur donner une chance.

    Les deux frères tiennent le coup grâce à l'amour maternel et en s'accrochant à leurs rêves d'avenir: le hip-hop pour Francis, Aisha pour Michael. Mais leurs espoirs volent en éclat lorsqu'une fusillade éclate, un jour d'été 1991.

    Né en 1969, David Chariandy a grandi à Scarborough, une banlieue difficile de Toronto - celle où se déroule son roman 33 tours. Il vit aujourd'hui à Vancouver, où il enseigne à la Simon Fraser University. Son premier roman, Soucougnant, (Zoé, 2012), l'a consacré parmi les principaux auteurs canadiens contemporains. Chariandy puise son inspiration au sein de la diaspora caribéenne au Canada et traite de son intégration à la culture locale.

  • 13 nouvelles noires inédites de 13 auteurs locaux, chacun mettant en scène une ville de la banlieue parisienne. Une cartographie originale et littéraire d'un territoire mal connu et souvent mal considéré.
    La collection " Asphalte Noir " revient en France pour cette nouvelle destination : Banlieues parisiennes Noir. Comme toujours, des écrivains s'emparent chacun d'un lieu et en font le décor, voire le personnage d'une nouvelle noire inédite. Ce recueil dresse ainsi une cartographie originale d'un territoire mal connu et souvent mal considéré.

    " Les auteurs de ces treize nouvelles ne sont ni sociologues, ni ethnologues, ni journalistes. Ce n'est pas un souci d'exotisme qui les guide. Habitant ces départements qui cernent la capitale, ou aimant les arpenter, ils connaissent leur territoire ; certains sont des acteurs de la vie locale, tous sont des "piétons de banlieues' (...). Et ils ont fait le choix du noir, ce genre littéraire témoin de son

  • Next level

    Thomté Ryam

    « Je m'appelle Martial. J'ai vingt et un ans et je viens d'un village de la France d'en bas à gauche, à trente kilomètres de Brive. Je sais, vous ne connaissez pas Brive, mais pour les gens d'ici, c'est New York. Je vais vous conter mon histoire : ma passion pour les jeux vidéo, mon père absent, ma mère malade et obsédée par les blacks, ma petite soeur décédée... et mon départ du village. »

    À travers un jeune homme déraciné pour qui les jeux vidéo sont le seul moyen d'expression, voire d'existence, Thomté Ryam explore les rapports que la société tisse avec la violence, entre fascination et répulsion.

  • Idriss, un sans-papiers malien, raconte la naissance de son amitié avec Ahmed. Clandestins et dans l'impossibilité de retourner chez eux, ils sont tous deux enfermés dehors ; leurs promenades dominicales, entre Montreuil, Créteil, et Boissy-Saint-Léger, rendent leur solitude plus palpable encore. Les émotions qu'ils taisent tournent en boucle jusqu'à ce qu'Ahmed déraille et soit incarcéré.
    C'est à l'occasion du travail qu'elle a mené sur la communauté malienne de Montreuil, que la photographe Anissa Michalon a fait la connaissance d'Idriss, un jeune homme arrivé en France à l'âge de vingt ans. Écrivant un court roman à partir de ces images, Arno Bertina a voulu souligner ce qui, dans cette vie, renvoie aux pressions qui s'exercent sur tous les sans-papiers et, peut-être, sur bon nombre d'immigrés d'Afrique.

  • « La Forteresse », 1974 : une banlieue faite de poussière et de béton, royaume de lexclusion. Cest là que grandissent Beatrice et Alfredo : elle, issue dune famille pauvre mais unie, qui tente de se construire une vie digne ; lui, élevé avec ses deux frères par un père alcoolique et brutal. Presque malgré eux, ils deviennent bientôt inséparables au point de sattirer le surnom de « jumeaux ». Mais ce lien, qui les place au-dessus de leurs camarades, tels des héros antiques, est à la fois leur force et leur faiblesse. Car, parallèlement à la société italienne, touchée par la violence des années de plomb, leur caractère, leur corps et leurs aspirations évoluent. Chez Beatrice, qui rêve de rédemption et dexil, lamitié initiale se transforme peu à peu en amour sauvage, exclusif. Chez Alfredo, fragile et influençable, le désespoir saccentue. Drames familiaux, désuvrement, alcool et drogue, tout semble se liguer pour détruire les deux jeunes gens. Et, quand lhéroïne sinsinue dans la vie dAlfredo, Beatrice, tenace, ne ménage pas ses forces pour le sauver, refusant de comprendre que la partie est perdue. Le bruit de tes pas est le récit de ces quinze années damitié et damour indéfectibles. Un premier roman âpre dune sobre poésie, une voix qui perdure longtemps dans lesprit de son lecteur.

  • Ils viennent d'ici, autant qu'ils viennent de loin. Ils en sont comme ils en viennent, et ils n'oublient rien. Des quartiers populaires, de leurs origines, de leur passion pour le hip-hop, Hamé et Ekoué ont tracé leur propre chemin, transformant la boue en or. À travers eux, La Rumeur vibre depuis vingt ans. Elle a son public. Elle a ses ennemis.
    Avec des albums devenus mythiques, L'Ombre sur la mesure, Du coeur à l'outrage, et un film salué par la critique, Les Derniers Parisiens, La Rumeur n'est pas seulement musicale. Elle est un monde. Leur ambiance est poétique, leur langage cinématographique, leur regard politique. La Rumeur ne se cherche pas, elle agit et se raconte, sans se cacher, sans circonvolutions. Toujours du côté des damnés de la terre, elle règle ses comptes avec les restes du colonialisme, avec cette Françafrique aux relents toxiques.
    Hamé et Ekoué tiennent leur ligne, coûte que coûte. Ils durent, sans rien céder ni de leurs convictions ni de leur intégrité. L'argent ? Un moyen incontournable. Le succès ? Un public fidèle. La drogue ? Une hécatombe autour d'eux.
    Ce livre dresse le portrait d'une passion artistique forgée dans le feu du peuple et le grouillement créatif des premières heures du hip-hop en France. Aujourd'hui, La Rumeur rappe. La Rumeur filme. La Rumeur n'en a pas fini.

  • La vie dans la cité de Crongton-Sud n'a rien de simple. Pour venir en aide à leur amie Venetia, P'tit Bout et ses copains McKay et « la fusée » partent à la recherche d'un téléphone contenant des photos gênantes.Traverser Crongton-Sud, affronter un voyou redoutable, braver une vendetta... leur aventure ne fait que commencer.

  • Cela se passe en France. C'est la plus belle aventure de la jeunesse des quartiers populaires de l'histoire récente : la Marche pour l'Égalité et contre le Racisme. Partis de la cité la plus violente de l'époque, les Minguettes à Vénissieux, une poignée de jeunes traversent la France pendant plusieurs semaines pour délivrer, contre toutes les violences, les racismes et les injustices, un message d'égalité, de paix, de non-violence - et d'amour pour leur pays. À leur arrivée à Paris le 3 décembre 1983, ils seront accueillis par plus de 100000 personnes dans une ambiance à la fois grave et joyeuse.
    Mais cette histoire ne serait rien sans celle, hors du commun, de Toumi Djaïdja, initiateur et symbole vivant de la Marche ; ce livre raconte son histoire dans cette histoire - celle d'un itinéraire singulier qui rencontre un destin collectif pour écrire une nouvelle page d'une utopie plus vivante que jamais. Une épopée moderne à découvrir par les jeunes générations !

  • Après le succès phénoménal de City on Fire, la redécouverte du premier ouvrage de Garth Risk Hallberg. Une étude étonnante sur les moeurs de la famille américaine.
    Depuis des années, les Hungate et les Harrison coexistent pacifiquement dans une banlieue de New York. Ils se croisent à des barbecues le printemps venu, se réjouissent intérieurement d'être épargnés par l'ombre du divorce ou de la crise d'adolescence, applaudissent aux spectacles de fin d'année de leurs enfants. Mais lorsque le père d'une des familles décède, les survivants doivent faire face à la rude réalité.
    À travers soixante-trois entrées abondamment illustrées, cet ouvrage chronique les émotions et les événements qui, de l'enfance à l'âge adulte, jalonnent la vie de ses personnages. Qu'on le lise de manière linéaire ou aléatoire, en se laissant guider par les photographies et leurs légendes,
    cet abécédaire révèle, tel un bestiaire, l'âme de cette espèce étrange mais tellement universelle : les habitants des banlieues américaines.
    " L'un des mérites remarquables de Garth Risk Hallberg est de [...] parvenir à une tonalité, un regard, une voix qui lui sont propres. "

    Télérama

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