• Considéré aujourd'hui comme une oeuvre majeure dans l'histoire de la pensée, le Traité de la nature humaine passa inaperçu au moment de sa parution en 1739. David Hume le dit tombé "mort né des presses" et tient sa forme pour responsable de son échec. Qu'à cela ne tienne, il en rédige sous couvert d'anonymat un Abrégé qu'il destine à la critique. Prêt à défendre coûte que coûte ses idées nouvelles, il y clarifie non seulement son Traité mais en dégage en quelques pages les questions centrales : la nature des idées, le lien de causalité et la question du libre-arbitre. Surtout, il y traite de manière originale et approfondie de la notion de croyance.Paru en 1740, il n'est remis à la disposition du public qu'en 1938. Si l'histoire démentira l'insuccès du Traité, l'Abrégé du Traité de la nature humaine est un texte clé pour en saisir l'ampleur et la modernité.

  • Sommes-nous vraiment capables de distinguer le génie visionnaire de l'imbécile chanceux?

    Pourquoi nous obstinons-nous à vouloir trouver des messages sensés dans des évènements dus au seul hasard?

    Et n'aurions-nous pas une fâcheuse tendance à ordonner le réel selon une routine mentale biaisée, plutôt que de le voir tel qu'il est, avec toute son incertitude?

    S'inspirant de disciplines aussi diverses que la littérature, la philosophie, la théorie des probabilités, la science cognitive et la finance, Nassim Nicholas Taleb montre comment notre esprit nous conduit à voir le monde, et en particulier les mécanismes de la Bourse, comme beaucoup plus prévisible qu'il ne l'est...

    Nassim Nicholas Taleb étaye sa démonstration sur maintes anecdotes significatives et analyse la pensée et les actes d'individus qui ont su, chacun à sa manière, comprendre la chance: Karl Popper, le philosophe du savoir, Solon, l'homme le plus sage de la Grèce, le financier George Soros ou le voyageur Ulysse, nous emmenant de la cour de Crésus à la salle des marchés de Wall Street via la méthode de Monte-Carlo et la roulette russe...

    Réflexion essentielle, mais écrite avec un humour constant, ce livre remet en cause nos idées reçues sur nos représentations du monde et nous montre comment, malgré notre ignorance du hasard sauvage qui gouverne l'univers, nous pouvons quand même y vivre bien.

    Vendu à plusieurs milliers d'exemplaires en France et traduit en 27 langues, Le Hasard sauvage constitue la pierre d'angle de la pensée de Nassim Nicholas Taleb, l'auteur du Cygne Noir, best-seller mondial (plus de deux millions d'exemplaires vendus). Aujourd'hui plus que jamais cet opus I est d'une pertinence admirable.

  • Si, comme le disait Kelsen, l'objet de la science du droit est le droit parce qu'elle décrit les normes en vigueur, la théorie générale du droit doit se donner un objet différent parce qu'elle ne décrit pas des normes mais les caractères communs à plusieurs systèmes juridiques. Or, ces caractères, la hiérarchie des normes, le rôle de la volonté, la séparation du droit et de la morale, n'ont d'existence objective que dans le discours juridique qui les produit à titre de justification. L'objet de la théorie générale du droit est donc le droit, compris comme une forme particulière de discours visant à justifier les décisions, c'est-à-dire comme une forme d'exercice du pouvoir politique. Une théorie du droit ainsi conçue comme une métathéorie se distingue nettement de la théorie générale du droit traditionnelle et évite certaines de ses apories, notamment celle de l'obligation. En effet, si l'on postule que le droit est obligatoire, il ne peut être étudié selon le principe de causalité et la théorie se réduit à une recherche des fondements de l'obligation. On peut faire l'histoire de son contenu, mais non de la forme juridique elle-même. Mais si l'on accepte de se limiter à cette constatation que, en vertu de certains discours, certains comportements sont tenus pour obligatoires, les discours juridiques peuvent être traités comme des faits. La théorie peut alors rechercher les causes endogènes de leur apparition et de leurs transformations. Une telle théorie ne prétend pas traiter de la nature du droit, ni même du concept de droit, mais seulement des diverses manières dont les hommes décident et donnent à leurs décisions des justifications qu'ils nomment « juridiques ». Elle ne cherche pas à établir si la constitution est toujours réellement supérieure à la loi, ni si l'État est vraiment soumis au droit ou vraiment souverain, ni même si l'on peut établir une cohérence entre ces idées, mais seulement dans quels cas, dans quelles circonstances et pour quelles raisons, les acteurs invoquent - ou plutôt produisent - la hiérarchie des normes, la souveraineté ou l'État de droit. En d'autres termes, elle traite les discours et par conséquent le droit lui-même comme des ensembles de faits soumis à la nécessité.

  • On assiste de toutes parts au « retour » de l´événement. Aux notions de structure, d´invariant, de longue durée, d´histoire immobile se sont substituées les notions de chaos organisateur, de fractale, de théorie des catastrophes, d´émergence, de mutation, de rupture... Ce basculement n´affecte pas la seule discipline de l´histoire. Il est général à l´ensemble des sciences humaines et atteste une préoccupation nouvelle d´attention à ce qui advient de nouveau dans une interrogation renouvelée sur l´événement. François Dosse, dont les travaux en historiographie sont connus, met dans cet ouvrage la notion d´événement à l´épreuve du regard de diverses disciplines pour en mesurer la fécondité potentielle. Comme l´a dit Michel de Certeau, « l´événement est ce qu´il devient », ce qui induit un déplacement majeur de l´approche de l´événement de ses causes à ses traces. Telle est la grande nouveauté que perçoit l´auteur et qui change radicalement notre rapport à l´événement en le défatalisant. On ne peut donc parler d´un simple « retour » de l´événement au sens ancien du terme.

  • Les dernières décennies, marquées par la multiplication des échanges et des débats historiographiques bien au-delà des frontières nationales, ont progressivement vu la remise en cause d'un ensemble de convictions scientifiques fortes sur lesquelles les historiens avaient longtemps vécu. Leur réflexion s'est d'abord éloignée des certitudes de l'histoire sociale sérielle pour se porter, dans le sillage de la microstoria, sur la valeur heuristique du cas et sur les difficultés de la généralisation. Plus récemment, le rôle croissant des histoires et des historiographies non européennes a profondément redessiné l'agenda de la recherche historique. Enfin, l'écriture de l'histoire et ses ressources narratives ont de nouveau fait l'objet d'une intense attention. Jacques Revel n'a cessé d'éclairer et d'impulser, au fil des années, ces mutations historiographiques. Ce volume rend hommage à l'importance et à l'influence de son travail, en proposant un ensemble de réflexions libres sur les opérations qui font le quotidien du métier d'historien et qui nous deviennent parfois si familières que nous finissons par considérer qu'elles vont de soi. Ni un manifeste ni un héritage, mais l'actualité d'une certaine expérience commune de l'écriture de l'histoire.

  • L'erreur a été de continuer à étudier Bergson sans prendre d'abord en considération le statut profondément réformé de la métaphysique qu'il instaure et qui a pour geste principal de procéder au retournement de la métaphysique traditionnelle : non plus se fonder sur un premier principe, duquel l'auteur prétend s'élever, mais se fondre dans l'expérience immédiate que nous avons de nous-mêmes, c'est-à-dire descendre en soi-même, livre après livre, vers des couches de plus en plus profondes de la durée concrète. Il s'agit en un sens d'une archéologie, mais comprise dans les limites indéfiniment reculées de l'intuition, Bergson n'atteignant qu'à la fin, dans son dernier livre, le véritable principe agissant, au lieu d'en partir comme toute la métaphysique avant lui.
    Il est dès lors possible de reprendre le mouvement unique qui traverse l'oeuvre, attentif aux transitions qui le conduisent d'un livre à l'autre dans l'approfondissement d'un unique problème, celui de la personnalité. La personne est pour la première fois pensée comme temps, chaque livre privilégiant l'une de ses dimensions : le présent (Essai sur les données immédiates de la conscience), le passé (Matière et mémoire), l'avenir (L'évolution créatrice), l'éternité (Les deux sources de la morale et de la religion). C'est l'oeuvre entière qui s'avère être un corpus sur le temps.

  • Le présent ouvrage est un abrégé de L'Action Humaine, traité d'économie, le magnum opus de Ludwig von Mises, un auteur central de l'école "autrichienne" et l'un des plus grands penseurs de l'économie. Publiée en 1949, l'oeuvre originale compte près de mille pages. Bien qu'actuellement occultée par le mainstream néoclassique, la tradition autrichienne est fidèle aux idées qui ont prévalu depuis les origines de la réflexion économique jusqu'au début du vingtième siècle. Elle incarne une conception réaliste de la discipline économique qui refuse le modèle réducteur de l'homo oeconomicus et l'étude des équilibres pour s'intéresser aux processus de changement et aux relations causales entre les événements. Ces idées forment pour l'étude du marché, de la monnaie, des crises économiques, de l'entreprise et des structures industrielles modernes une base autrement plus solide que le paradigme néoclassique. Elles sont progressivement redécouvertes par les économistes et de plus en plus validées par l'évolution de la réalité. L'Action humaine les expose de façon systématique dans un langage accessible à tous, et constitue de plus une défense particulièrement éloquente de la liberté au-delà même de son aspect économique. À ce titre, cet ouvrage devrait faire partie de la bibliothèque de tout " honnête homme ".

  • Croire ou savoir ?

    Gerard Santarini

    Un monde meilleur ? Tout le monde en rêve, plus ou moins... Mais il semble que le chemin soit encore long et pénible ! Ne serait-ce pas, entre autres, parce que les difficultés de la route sont souvent mal identifiées et les parades pour surmonter les obstacles méconnues ? Le monde souffre encore de tant d'obscurcissements, de tant d'emprisonnements intérieurs et extérieurs. La connaissance n'a pourtant jamais été aussi répandue et sa puissance aussi grande et disponible. Mais son pouvoir de libération reste encore largement ignoré, voire dénigré. La science est aujourd'hui très forte mais la conscience est encore très faible !
    Cet essai se veut une contribution à la réflexion sur les multiples résistances à l'avancement vers plus de liberté, de fraternité et de bonheur et sur les moyens de les vaincre. Il n'apporte, bien sûr, aucune réponse définitive, mais il livre quelques pistes.
    Réquisitoire contre les effets pervers des religions, nationalismes, patriotismes et autres communautarismes plus ou moins latents ou plus ou moins avoués, il est aussi un plaidoyer pour la connaissance universelle ainsi que pour le doute et la recherche qui permettent d'y accéder. Hymne à la vérité, il exhorte à l'ascèse de la compréhension, à la pratique de l'émerveillement, à l'éveil des consciences.
    L'auteur y livre son propre témoignage et propose un chemin vers une spiritualité ouverte, adaptée à notre époque et compatible avec les merveilleuses découvertes de la science.

  • Il peut sembler à première vue surprenant de rechercher chez un auteur disparu il y a trois siècles des précisions ou des distinctions pertinentes pour clarifier les enjeux et les formulations des discussions contemporaines portant sur la notion de disposition. Qu'il s'agisse des concepts, des méthodes ou de l'état des connaissances, nous sommes en effet plutôt enclins à voir dans l'univers que décrit la philosophie leibnizienne un ensemble de conceptions relativement étrangères aux questions d'interprétation soulevées par la réalité physique en général et par les pouvoirs qui s'y manifestent en particulier. En quel sens le recours à une métaphysique teintée de considérations théologiques et ancrée dans des débats liés à la naissance du Mécanisme largement tranchés aujourd'hui peut-il nous être de quelque utilité ? Le but de cette étude consiste à montrer que, contrairement aux apparences, il est possible de trouver chez cet acteur de la naissance des sciences modernes un certain nombre de pistes relatives à la manière dont nous devons définir les pouvoirs auxquels se trouve confrontée la science, ainsi que ceux qui nous entourent au quotidien. Il consiste à montrer que les difficultés d'interprétation auxquelles donne lieu aujourd'hui la notion de disposition tiennent peut-être à la manière dont nous concevons aujourd'hui la notion de puissance et aux définitions que nous établissons à partir de ces conceptions. En proposant une confrontation des arguments portant sur les problèmes sémantiques, épistémologiques et ontologiques soulevés par les dispositions aujourd'hui, avec les analyses proposées en son temps par Leibniz de la notion de force, il nous a paru possible de retrouver chez lui des enjeux conceptuels et des stratégies de réponses qui peuvent contribuer à clarifier le débat contemporain. Réciproquement, les formulations contemporaines de ces enjeux philosophiques nous ont semblé permettre une lecture féconde de la philosphie leibnizienne en la soumettant à l'épreuve de questions qui ne s'y trouvent pas formulées de manière explicite, et obligent parfois à reformuler et à évaluer la pertinence mais aussi les limites éventuelles de ses propres options philosophiques. Ce mouvement d'aller-retour, loin de se réduire à une confusion anachronique, nous a donc semblé susceptible de mettre utilement en perspective à la fois les positions discutées aujourd'hui et celles de Leibniz. Ce livre est issu d'une thèse thèse soutenue le 20 mars 2009 à l'université Paris IV-Sorbonne. Les membres du jury étaient : Jacques Bouveresse (Collège de France), Pascal Engel (directeur de thèse, Paris IV), Richard Glauser (Neuchâtel), Jean-Baptiste Rauzy (Aix-en-Provence) et Claudine Tiercelin (Paris XII). Elle a obtenu la mention très honorable et les félicitations du jury.

  • Qu´entendre par « émergence » ? Quels lois, principes, facteurs et mécanismes voir derrière elle et à sa genèse ? Est-elle fondamentalement prévisible ou échappe-t-elle aux prédictions ? La concernant, quelle véritable place accorder au déterminisme et à la causalité ? Ces questionnements moins innocents que matières à controverse animent la pensée de R. Evola tout au long de cet essai théorique qui, à partir d´une approche volontiers pluridisciplinaire étaie et développe des arguments et idées qui ne manqueront pas de heurter certains... mais qui redéfinissent avec audace sa manière d´aborder le sujet. Pour être théorique, l´ouvrage de R. Evola n´en demeure pas moins exempt de passion et de volonté de faire bouger les lignes de réflexion traditionnelles et comme établies. Un texte courageux par conséquent, qui dépasse toutefois les limites de son thème pour aborder aussi des territoires de nature quasi philosophique, qui renverront chacun à des problématiques collectives et personnelles.

  • Descartes a écrit le Monde ou Traité de la Lumière dont la deuxième partie s'intitule L'Homme, il n'a jamais écrit de « Traité de l'Homme ». L'unité structurelle du traité de 1633 s'opère par le schème de la flamme qui se rapporte aussi bien au premier élément - le Feu - qu'au coeur, organe de fermentation ou de feu sans lumière. Lire Descartes par le biais essentiel de la flamme et de la lumière, tel est le propos de cet ouvrage. La lumière est-elle mouvement, action ou inclination à se mouvoir ? L'hésitation cartésienne engendre un questionnement sur la force mouvante. Si le mouvement n'est qu'un mode du corps mû, d'où vient la force mouvante ? Quel est son support substantiel ? Et qu'appelle-t-on substance ? Le problème de la force mouvante redouble quand on le rapporte à l'interaction de l'esprit et du corps. L'esprit est-il la cause des mouvements dits volontaires du corps ? Le corps est-il la cause de ce que sent l'esprit ? Descartes répond que l'esprit est la cause déterminante et non efficiente des mouvements dits volontaires et que le corps donne occasion à l'esprit de sentir. Certains cartésiens vont plus loin : l'esprit n'est que la cause occasionnelle des mouvements volontaires et, réciproquement, le corps n'est que la cause occasionnelle de ce que sent l'esprit. Le corps et l'esprit ne sont que des occasions pour Dieu d'exercer sa puissance, cause totale et unique de tous les mouvements du corps et de toutes les impressions de l'esprit. L'objet de ce livre est de montrer que Descartes a provoqué, par certains écarts conceptuels, une véritable crise de la causalité et de la substance, manifeste dans l'occasionalisme mais dont on voit encore les traces dans l'Encyclopédie de Diderot et de d'Alembert.

  • La décision est devenue aujourd'hui un enjeu majeur : les décisions, individuelles ou collectives, ont des effets parfois énormes, le monde s'est étendu et complexifié, les participants et les instances sont toujours plus nombreux, les informations toujours plus abondantes et, grâce à la science, plus fiables, l'informatique fournit de puissants outils. Nous ne sommes pourtant pas sûrs de savoir ce qu'est une bonne décision ni comment y parvenir. Cet ouvrage examine la décision sous l'angle théorique et sous la forme qu'elle prend dans le contexte des sciences et du droit. Il constitue une contribution originale mais accessible à la théorie de la décision et à la philosophie des sciences.

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