• 1919. La Grande Guerre vient de se terminer en Europe. Après cette parenthèse éprouvante, certains Britanniques espèrent retrouver fortune et grandeur dans les lointains pays de l'Empire, et tout particulièrement en Inde. Ancien de Scotland Yard, le capitaine Wyndham débarque à Calcutta et découvre que la ville possède toutes les qualités requises pour tuer un Britannique: chaleur moite, eau frelatée, insectes pernicieux et surtout, bien plus redoutable, la haine croissante des indigènes envers les colons. Est-ce cette haine qui a conduit à l'assassinat d'un haut fonctionnaire dans une ruelle mal famée, à proximité? d'un bordel? C'est ce que va tenter de découvrir Wyndham, épaulé par un officier indien, le sergent Banerjee. De fumeries d'opium en villas coloniales, du bureau du vice-gouverneur aux wagons d'un train postal, il lui faudra déployer tout son talent de déduction, et avaler quelques couleuvres, avant de réussir à démêler cet imbroglio infernal.

  • La volonté de « civiliser » les populations colonisées grâce à l'école fut proclamée par les colonisateurs français mais qu'en fut-il réellement ? Cette enquête, effectuée à partir des archives coloniales, restitue les débats et les réalisations de la politique scolaire. Dès 1815, le projet colonial fut établi : les colonies devaient fournir des matières premières mais aussi être des débouchés pour les produits manufacturés de la métropole. La mission de l'école s'imposa : apprendre le français, le calcul et quelques bribes de civilisation. Très vite, les limites apparurent, il fallait se garder de trop instruire. La volonté de dispenser un savoir pratique, de bannir un savoir trop intellectuel, de freiner la mobilité sociale provoqua les déceptions et la colère des colonisés.

    Diplômée de l'Institut d'études politiques de Grenoble, docteur de l'EHESS, titulaire d'une habilitation à diriger des recherches (Panthéon-Sorbonne, Paris 1), Carole Reynaud-Paligod enseigne l'histoire et la sociologie à l'Université de Bourgogne depuis 2018.

  • Ce livre traite de l'histoire des « communs » en France et dans l'Empire colonial français du XVIIe au XXIe siècle. Les « communs » sont la forme que prend, historiquement, la gestion collective des ressources et des environnements par les communautés locales : pâturages et forêts, zones humides, cours d'eau, zones de pêche... Ils ont représenté, sur le long terme, un pan essentiel de la vie des sociétés et des écosystèmes, ne relevant ni de la propriété privée, ni d'une gestion par l'État. Ce modèle des « communs » est aujourd'hui promu partout pour faire face aux défis de la crise environnementale. Ce livre en propose la première analyse historique d'ampleur pour la France et ses colonies, afin éclairer d'un nouveau regard, et l'histoire de nos sociétés et leurs futurs possibles.

    Fabien Locher est historien au CNRS. Il travaille sur l'histoire environnementale des mondes contemporains, et notamment sur l'histoire longue du changement climatique, sur les liens entre écologie et propriété et sur l'exploitation des océans. Il a récemment publié Posséder la nature. Environnement et propriété dans l'histoire (2018) (avec F. Graber) et il prépare un livre à paraître au Seuil sous le titre Les révoltes du ciel. Une autre histoire du changement climatique (avec J.B. Fressoz).

  • La civilisation grecque a émergé à partir du moment où les Grecs se séparaient les uns des autres et s'installaient loin de la Grèce continentale, jusque sur les rivages de la mer Noire et de la péninsule Ibérique. C'était là une diaspora sans foyer d'origine, puisqu'il n'y avait pas d'empire grec ou de centre grec établi qui aurait dirigé la création de ces centaines de communautés. Une fois dispersés, au lieu de s'assimiler et de s'orienter vers leurs nouveaux environnements, ces Grecs continuèrent à se référer les uns aux autres à travers la Méditerranée et la mer Noire tout en cristallisant par là même leurs points communs et leur identité collective. À terme, les communautés grecques finirent par se ressembler entre elles bien plus qu'à aucun de leurs voisins étrusques, scythes ou libyens. Dans ce nouvel ouvrage, Irad Malkin emploie les concepts de la théorie des réseaux pour rendre compte de manière originale de l'essor de la civilisation grecque au cours de la période archaïque. Les dynamiques de connectivité des réseaux actuels tels que l'Internet, qui tient très peu compte des délimitations traditionnelles, sont remarquablement similaires aux réseaux de colonisation, de commerce, d'art et de cultes religieux de la Méditerranée archaïque. Ces liens, à la fois pensés et fortuits, réduisirent rapidement la distance qui séparait les noeuds du réseau grec, faisant de la vaste Méditerranée et de la mer Noire un « petit monde ». Offrant une contribution majeure à un courant en plein essor de la recherche en Histoire, Un tout petit monde permet de dépasser le traditionnel modèle centre-périphérie de l'expansion grecque.

  • La guerre du Roi Philip dévasta les colonies anglaises de la côte est de l'Amérique entre 1675 et 1676. Colons puritains et Indiens Algonquins s'y affrontèrent avec une violence inouïe. Après avoir manqué de disparaître, les colons finirent par l'emporter. Outrancièrement : au-delà de leur victoire par les armes, ils furent seuls à coucher cette guerre par écrit, à l'imprimer, à en publier la mémoire pour les siècles à venir - à lui donner ce nom. Avec un art consommé de la narration, Jill Lepore opère une plongée dans le monde brutal de cette époque, où le sang et l'encre coulaient d'un même élan pour engloutir les autochtones dans l'oubli ; prolongeant son enquête jusqu'au XXe siècle, elle expose de surcroît par quels détours cette guerre implacable fut instituée comme un moment fondateur de l'identité américaine. Méditation suggestive sur la guerre parmi les hommes et réflexion sur l'histoire que l'on en fait, Le Nom de la guerre est une réussite rare : un livre d'histoire totale.

  • « Les Maghrébins sont des Arabes », « Au Maghreb, on parle français », « Le Maghreb est un carrefour de civilisations », « Au Maghreb, c'est l'explosion démographique », « Au Maghreb, les femmes n'ont aucun droit », « Les Berbères, ce n'est pas pareil... », « Le Maghreb, c'est la chasse gardée de la France » ... Pierre Vermeren nous invite à (re)découvrir cette Afrique du Nord avec laquelle nous avons des liens historiques et culturels très forts.

  • De 1789 à 1795, la révolution fut une révolution des peuples, une révo­lution du « droit naturel humaniste », parce qu'elle tenta de libérer l'homme et la société du despotisme doctrinal des Églises, du despotisme de l'État séparé de la société, du despotisme du pouvoir économique conquérant, colonialiste et raciste, du despotisme de la différence sexuelle.Comment est-on passé de la ré-publique populaire à la ré-privée des possédants? Comment la Révolution en est-elle venue à contredire sa philosophie et à supprimer la Déclaration des droits naturels de l'homme et du citoyen, et cela jusqu'en... 1946?
    Florence Gauthier expose l'importance de l'affrontement entre «côté gauche» et «côté droit» à propos du droit à l'existence et de la loi martiale, du cosmopolitisme, du droit des femmes, de la guerre de conquête et de la question coloniale, de l'esclavage, aboli en 1794 et rétabli en 1802 par Napoléon Bonaparte pour satisfaire aux nécessités de l'économie et aux intérêts de la classe des possédants en pleine mutation.Elle montre l'étroitesse des liens qui unirent les organisateurs de Thermidor au parti colonial de Corse et de Saint-Domingue.C'est en s'opposant à la dynamique de la Révolution de 1789 que la bourgeoisie s'est constituée en classe consciente de ses intérêts particuliers. La Constitution de 1795 illustre ainsi l'avènement de l'intérêt particulier des possédants et du despotisme de leur pouvoir économique sur le monde.

  • " Il n'avait rien de spécial. Il était le visage dans la foule, le copain, le frère, le fils, il était ordinaire et sa capacité à la haine aveugle n'en semblait que plus inquiétante. "
    Il y a quelques mois, Alex et Marco résolvaient une affaire qui sonnait comme une première dans leurs carrières de flics respectives : malmenant les statistiques, plusieurs cas de viols d'hommes avaient monopolisé la Brigade pour une année de fausses pistes. Les coupables, des femmes, s'étaient organisées en meute, perpétrant leurs actes ensemble ou séparément et dans l'obscurité, massacrant les hommes comme ils les avaient massacrées. La loi du Talion. Voilà à quoi la BCDS avait dû faire face.
    Cette nouvelle aventure au sein de la Brigade des crimes et délits sexuels s'ouvre sur un procès. Celui de deux étudiants propres sur eux jugés pour avoir violé l'une de leurs camarades d'école. La jeune femme, plusieurs années après les faits, a tout d'un fantôme. Quant au juge, il semblerait qu'il faille le convaincre. Ce sur quoi on tergiverse trois ans après la nuit tragique, c'est sur la question du consentement. En cause : l'alcool, le comportement probable de la victime, invérifiable. Un classique pour Alex. Toutes ces affaires n'aboutissent que dans de rares cas.
    Ce qui ne change pas non plus, c'est l'histoire qu'elle vit avec Marco. Il n'y a pas que les statistiques qui obsèdent cette mère célibataire qui s'est promis d'arrêter la bière : Alex est la reine du cloisonnement. Hors de question de présenter son nouveau compagnon à sa fille, et encore moins d'annoncer la nouvelle à la brigade. Alors ils font comme ils peuvent dans le pire des contextes possibles, voient défiler les cas d'exhibitionnisme, de viols en réunion, de violences conjugales... Et toujours, ces hommes qui se servent sans demander la permission.
    Depuis peu, un nouveau cas les préoccupe, celui de trois blogueuses à qui on a proféré en ligne des menaces de viol et de meurtre, toujours via le même forum, celui de Gaming, et sans que jamais un modérateur soit intervenu. Derrière tout ça, il n'y a pas que des hommes, il y a un groupe, des parts de marché, une réussite florissante. Derrière tout ça, il y a une société qui consent à ce que ses femmes encaissent le pire sans faire de vagues.
    Alex avait coupé les ponts avec Chloé, juge et partie prenante dans l'affaire des " ravagées ". Les circonstances vont les rapprocher. Et l'affaire sera délicate, d'une violence d'autant plus grande qu'elle implique des individus sans signe distinctif, des hommes-anguilles, impossibles à traquer.

  • Israël, plus que tout autre pays, suscite les passions. Pro- et antiattisent la polémique à coup d'idées reçues : « Israël et le lobby juif dictent la politique des États-Unis au Moyen-Orient », « Israël est la seule démocratie au Moyen-Orient », « Israël pratique l'apartheid », « Tsahal est l'armée du peuple », « Israël est un État théocratique », etc.
    À force de combattre les préjugés des uns et des autres, c'est débattre qui est devenu impossible. C'est la grande ambition de ce livre que de favoriser le retour au débat : exigeant, argumenté, contradictoire, conjuguant les divergences, autorisant les convergences. Quiconque tient que toute la vérité vient d'Israël et que la Palestine est mensonge ; quiconque pense que le Mal est israélien et que le Bien est palestinien, ne trouvera guère dans ce livre de quoi blinder ses convictions. Il ne s'agit pas non plus de décréter une symétrie entre les causes et de croire à une neutralité possible.
    Ni État d'exception ni État exceptionnel, Israël est « un État comme les autres », avec ses paradoxes. Cela ne le dispense nullement de rendre compte de ce qu'il est et de rendre des comptes sur ce qu'il fait.

  • En une cinquantaine de tableaux, Odette croque avec beaucoup de fraîcheur, un portrait de sa Polynésie du milieu des années 1900. Ce recueil fourmille danecdotes, souvent heureuses, cruelles parfois ; cest surprenant, charmant, cocasse ou émouvant ...

  • Présentation du livre : Cet ouvrage présente la seconde partie du modèle stratégique que Jean-Luc Tilmant propose pour canaliser la violence dans nos écoles. Ces institutions sont au contact de différents systèmes qui engendrent, par de multiples variables, la violence. Dans le précédent ouvrage, les variables et les stratégies touchant la classe ou les différents milieux de rencontres du microsystème étaient abordés, ainsi que les variables et les stratégies de l'endosystème, c'est-à-dire de l'école.

  • Roman historique qui se déroule en Nouvelle-Calédonie, entre la 2e moitié du XIX° et le début du XX° siècle. Dans ce récit, l'auteur a scrupulusement respecté le contexte historique et anthropologique du lieu où les personnages prennent vie. Les croyances mélanésiennes de la période précoloniale, l'enfer et les roublardises de l'univers carcéral, la rude adaptation des mises en concession sont peintes avec réalisme et justesse. Dans ce contexte, les personnages réels ou fictifs, prennent toute leur autonomie pour devenir des héros de roman. L'amour, la peine, l'ambition, la concupicence ou la couardise habitent tout autant les personnages falots que les héros célèbres de l'histoire. Tous luttent et butent contre un destin que le siècle, qui n'est plus celui des Lumières, impose. Le lecteur oublie alors l'histoire des historiens pour épouser les émotions de héros lointains car elles sont aussi les siennes.

  • En une cinquantaine de tableaux, Odette croque avec beaucoup de fraîcheur, un portrait de sa Polynésie du milieu des années 1900. Ce recueil fourmille danecdotes, souvent heureuses, cruelles parfois ; cest surprenant, charmant, cocasse ou émouvant ...

  • Retrace le parcours qui a mené à l'abolition définitive de l'esclavage par la République française en 1848. Avec des illustrations allant de l'affiche aux oeuvres d'artistes, en passant par les tracts des organisations pro-esclavagistes.

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