• Le dernier enfant

    Philippe Besson

    " Elle le détaille tandis qu'il va prendre sa place : les cheveux en broussaille, le visage encore ensommeillé, il porte juste un caleçon et un tee-shirt informe, marche pieds nus sur le carrelage. Pas à son avantage et pourtant d'une beauté qui continue de l'époustoufler, de la gonfler d'orgueil. Et aussitôt, elle songe, alors qu'elle s'était juré de se l'interdire, qu'elle s'était répété non il ne faut pas y songer, surtout pas, oui voici qu'elle songe, au risque de la souffrance, au risque de ne pas pouvoir réprimer un sanglot : c'est la dernière fois que mon fils apparaît ainsi, c'est le dernier matin. "Un roman tout en nuances, sobre et déchirant, sur le vacillement d'une mère le jour où son dernier enfant quitte la maison. Au fil des heures, chaque petite chose du quotidien se transforme en vertige face à l'horizon inconnu qui s'ouvre devant elle.

  • Alouette doit partir une semaine à la campagne. Ses vieux parents achèvent amoureusement la valise. Comment vont-ils survivre à une si longue absence ? Quand Alouette paraît, le sourire se fige. Elle a trente-cinq ans. Elle est laide. Très laide. Cette semaine sera la semaine de tous les possibles.
    Mais Alouette revient. Grossie, encore plus laide, encore plus grotesque. Tout rentre dans l'ordre. Et les parents, émus, soupireront : « À tire-d'aile notre petit oiseau nous est revenu. » « Alouette » est un des classiques incontestés de la littérature hongroise, et Kosztolányi le considérait comme son plus grand roman.

    « Le savoureux, délicat, pudique, émouvant Alouette de Dezsö Kosztolányi. Tout est juste, tout est déchirant dans ce livre : la valise qui résume les vains espoirs d'évasion, le papier à fleurs du salon, la cuiller qui tourne dans la tasse de thé. » - Le Nouvel Observateur

  • Au sein d'un univers aquatique, les Nageurs de la nuit forment un Ordre secret, constitués d'hommes et de femmes écorchés, délaissés et souffrants. Tous cohabitent autour d'un lien qui les rassemble, celui de la solitude, de la violence, mais aussi celui de la joie. Ils forment une communauté unie mais secouée par l'effondrement de ses représentations habituelles.
    Damnés de l'amour, ils apparaissent telles des voix fragmentées, résonnants en un choeur contemporain. Les personnages deviennent le portrait d'un monde malade et morcelé, dans lequel l'innocence ne trouve plus sa place. Le sujet intime défie le politique tandis que le corps politique s'insinue dans l'intime.
    Dans la relation littéraire que l'auteur entretient avec le plateau, la littérature se situe dans le sillon des auteurs sud-américains, placée entre un langage métaphorique et une parole exclue de la réalité.
    La scène devient un lieu d'expérience poétique, dans lequel le temps et l'espace semblent flottants, à l'image de la déstructuration formelle du texte.

    L'écriture de Mora met en tension le spectacle incessant que chacun des personnages donne de soi au monde, mais aussi le moi déchiré des individus modernes.

  • Gisement : quelque chose est enfoui et peut ne pas le rester. Quelque chose est là bien avant nous, comme indifférent à notre présence et à notre absence. Un gisement est une accumulation, une source. Est-ce un trésor ou une malédiction? Nous guettons les signes à la surface. Bientôt, il n'y a plus qu'eux. Le reste du monde s'estompe, les êtres s'éloignent. Selon les jours ou les années, c'est un dram ou un miracle. Cette oscillation traverse de part en part l'oeuvre de Michael Delisle, qui en est une de solitude et de détermination. Ce n'est pas une question d'héroïsme, ni de survie. Plus simplement, c'est que l'auteur, ainsi qu'il l'écrit en 1996 dans Long glissement, sait que «toute rencontre / comme la voix / se déchire». (Michaël Trahan)

  • Une histoire tumultueuse entre déchirements et passion.

    Rose, étudiante en droit de 24 ans, au look rock'n'roll, travaille dur pour se payer ses études. Elle a un objectif professionnel : celui d'occuper un poste de directrice de Magazine.
    Malgré les hauts et les bas qu'elle a pu connaitre dans son sombre passé, cette petite brune mystérieuse, se dévoile peu et ne fait guère confiance aux autres... et surtout pas aux hommes !
    Pourtant, sa vie va complètement basculer en faisant la rencontre d'un homme de vingt ans son ainé, au style BCBG et photographe de métier.

    ***



    Extrait :


    /> « Il n y aura que toi. Promets-le-moi. Il met sa main contre son coeur et lève la main droite en prononçant, je te le jure ».
    « Fais attention petite insolente, je peux sévir de multiples façons, pour toute conduite que je jugerai mauvaise ».

  • Le coeur de ce roman, c'est le drame d'une femme, Sophie Ehrsam, veuve d'un industriel bien implanté à Masevaux. Au moment de la déclaration de guerre, ses deux fils qui avaient repris provisoirement l'entreprise familiale, se déchirent sur le choix de leur engagement patriotique : Pierre, l'aîné jovial et direct, fait le choix de s'évader vers la France et de s'engager dans l'armée ; Joseph, le second, plus réservé et secret, est convaincu du futur succès allemand.

  • Léo parle des vins comme il parle des femmes. Voile de délicatesse sur fond de volupté. Depuis que Cloé est partie, il a renoncé au goût des choses. Il ne se souvient plus de « rien » mais croit reconnaître « la totalité »... des odeurs, un parfum, un visage... Un pays d'où il vient... et qu'il croit retrouver. Des débris de passion toujours vivaces, des moments scellés pour l'éternité. Elle est venue le chercher, le ramener... « Prends le cartable, va aux toilettes. Enlève tout ce que tu portes. Je dis bien : tout. Et reviens-moi. - Oui, je l'ai rêvé avec d'autres, qui ne l'ont pas même envisagé, qui n'envisageront jamais rien d'autre que le stricte convenu, et tu me le proposes... Ce fantasme absolu d'être nue sous une robe légère, dans les rues de Paris... Je tergiverse, les aiguilles tournent. Assumer le trouble. Sortir de l'hiver. Aller vers l'été... » Présentée sous la forme de bribes de souvenirs, l'histoire reflète les dernières pensées de Léo, gisant sur son lit d'hôpital, après son accident. Le lecteur est appelé à reformer le puzzle déchiqueté sous ses pas. Il ne connaîtra pas tous les détails de l'histoire mais se satisfera pleinement des moments dans lesquels le désir prend toute sa place.

  • 1972, dans le Nord. Joëlle et Farid sont jeunes mariés. Elle a dix-neuf ans, lui vingt et un. Après un faux pas, il est expulsé de France, Joëlle décide de le suivre avec leur fille. Mais tout comme les Arabes sont victimes du racisme dans l'Hexagone, les Françaises sont très mal vues en Algérie. Sous pression, la jeune femme prend la décision la plus difficile de sa vie et quitte tout du jour au lendemain. Elle perdra malgré elle tout contact avec son époux et sa fille... Il aura fallu plus de quarante ans pour que Joëlle et sa fille Farida soient enfin réunies. Des décennies de déchirement et de manque, doublées d'une autre vie, d'un autre destin. Joëlle a dû tout recommencer à zéro : barmaid, gogo danseuse, un nouveau mariage, un nouvel échec, des petits-enfants... C'est cette vie en pointillé, riche en virages et émotions qu'elle nous conte, jusqu'à ces retrouvailles bouleversantes. Un témoignage sincère pour une belle leçon d'espoir.

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