• Avec La Révolution brune, de David Schoenbaum, l'étude du nazisme est passée au stade scientifique, à la froide objectivité de données sociologiques et quantitatives. 1933, date de l'accession de Hitler au pouvoir, plus que 1918, date de la déposition de Guillaume II, marque le début réel d'un processus de « modernisation » de l'Allemagne traditionnelle. Arrivé au pouvoir avec une idéologie prônant le retour à la terre et à la petite entreprise, plus généralement à une image mythique de l'Allemagne médiévale, féodale ou barbare, le régime nazi accéléra dans la pratique le processus de transformation du pays en une société industrielle moderne, n'empêchant finalement ni l'exode rural, ni la liquidation de la petite entreprise, ni le travail féminin, « démocratisant », mieux que ne l'avait fait la République, l'armée et les administrations, en noyant les élites aristocratiques et bureaucratiques traditionnelles sous un flot d'arrivisme petit-bourgeois. En 1945, terme du processus, année zéro d'une nouvelle Allemagne, la vieille Prusse a cessé d'exister. Paradoxalement, le nazisme a créé les conditions d'exercice du régime démocratique stable qu'est la République fédérale.

  • Parce que pour connaître les peuples, il faut d'abord les comprendre
    L'Occident a toujours été son modèle. Mais c'est en Orient que la Turquie moderne s'est construite sur les décombres de l'empire ottoman. Être Turc, aujourd'hui, c'est vivre cette ambiguïté sans complexe, porté par le souffle de la modernité et deux décennies de formidable croissance urbaine et économique.
    Loin des clichés touristiques, forgée par des réalités contradictoires, l'âme de la Turquie se dévoile au fil de ces pages, au fil de rencontres et de conversations empreintes de respect mutuel. Tout est passé au crible : islam, capitalisme débridé, question arménienne, question kurde, démocratisation, rôle de l'armée...
    Car on ne peut comprendre la Turquie moderne sans garder en tête l'ombre de Constantinople, l'héritage des sultans, la passion nationaliste d'Atatürk ou l'inébranlable volonté de l'actuel homme fort du pays, Recep Tayyip Erdogan.
    Ce petit livre n'est pas un guide, c'est un décodeur. Il nous ouvre les portes de la Turquie des Turcs et des transformations accélérées de ce pays qui se rêve en grande puissance du XXIème siècle, en modèle pour le monde musulman et en interlocuteur privilégié d'une Europe qu'il n'a pas renoncé à rejoindre.
    Un grand récit suivi d'un entretien avec Edhem Eldem (En Turquie, le nationalisme a échappé à toute remise en question).
    Un voyage historique, religieux et politique pour mieux connaître les passions turques. Et donc mieux les comprendre.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - "(...) Belle et utile collection petit format chez Nevicata, dont chaque opuscule est dédié à un pays en particulier. Non pas un guide de voyage classique, mais, comme le dit le père de la collection, un «décodeur» des mentalités profondes et de la culture. Des journalistes, excellents connaisseurs des lieux, ont été sollicités (...). A chaque fois, un récit personnel et cultivé du pays suivi de trois entretiens avec des experts locaux. - Le Temps
    - "Comment se familiariser avec "l'âme" d'un pays pour dépasser les clichés et déceler ce qu'il y a de juste dans les images, l'héritage historique, les traditions ? Une démarche d'enquête journalistique au service d'un authentique récit de voyage : le livre-compagnon idéal des guides factuels, le roman-vrai des pays et des villes que l'on s'apprête à découvrir." - Librairie Sciences Po
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Journaliste au Temps (Genève), Sylvie Arsever partage sa vie entre la Suisse et la Turquie. D'une écriture ciselée, attentive aux petits riens qui trahissent les grandes mutations et les redoutables crispations, son voyage est une découverte de tous les instants.

  • Parce que pour connaître les peuples, il faut d'abord les comprendre
    La Lituanie est un pays presque inconnu. Prenez une carte de l'Europe du Nord et pointez le doigt sur les rives de la mer Baltique. Jadis, ce Grand-Duché associé à la Pologne s'érigea en l'une des puissances incontournables du continent. Hier, la Lituanie fut soviétique, contrainte sous Staline de payer le prix fort de sa démocratisation des années 1920, puis des espoirs que son peuple nourrit, un temps, pour les nazis libérateurs du communisme.
    Et aujourd'hui ? Le mystère du pays de l'ambre demeure entier, nimbé de son imaginaire païen, alimenté par ce douloureux passé.
    Ce petit livre n'est pas un guide, c'est un décodeur. Il vous fera découvrir ce que cachent les forêts lituaniennes : les mémoires enfouies, le souvenir de la plus importante communauté juive d'Europe, les blessures politiques et humaines qui ne cicatrisent jamais. Mais aussi les ambitions des jeunes générations et leur envie folle de devenir pleinement européennes. Parce que l'âme de ce pays balte sera toujours une affaire de coeur.
    Un grand récit suivi d'entretiens avec Yves Plasseraud, Arnoldas Pranckevicius et Ignas Miskinis.
    Un voyage historique, culturel et politique afin de mieux connaître les passions lituaniennes. Et donc mieux les comprendre.
    EXTRAIT
    Lors d'une visite en Pologne il y a quinze ans, tous les Polonais s'empressaient de me dire : « Nous ne sommes pas l'Europe de l'Est, nous sommes l'Europe centrale ! » Je demandais alors ce qu'était l'Europe de l'Est. Secouant la main avec un vague mépris en direction de l'Orient, ils me disaient, « c'est la Lituanie et ces pays-là... » Une fois arrivé à Vilnius un mois plus tard, pour ma première visite dans ce pays, j'eus la surprise d'entendre tout le monde me répéter le même refrain : « Nous sommes l'Europe centrale, pas l'Europe de l'Est ». Quand j'ai demandé où était l'Europe de l'Est, on m'indiqua d'un coup de menton par-dessus l'épaule « c'est la Russie ».
    A PROPOS DE L'AUTEUR
    Reporter indépendant, réalisateur et auteur, Julien Oeuillet se rend régulièrement en Lituanie où il a entre autres collaboré avec la LRT, la radiotélévision lituanienne de service public.

  • Daté de 1839, ce pamphlet paraît aujourd'hui absolument prémonitoire : "deux littératures coexistent dans une proportion bien inégale et coexisteront de plus en plus", y déplore Sainte-Beuve. Deux littératures : l'une, commerciale, l'autre, l'expression délicate du talent, propice à engendrer des monuments. À l'émergence de la première, plusieurs facteurs : le développement de la réclame dont peut dépendre le succès d'un livre, l'"émulation effrénée des amours-propres" ou encore, plus simplement, la volonté de vivre de sa plume. L'auteur aborde des questions brûlantes à son époque mais qui n'ont pas cessé depuis de consumer la littérature, à savoir le mercantilisme, la collusion d'intérêts entre auteurs et journalistes ou encore la démocratisation du métier d'écrivain. S'il se résigne à cette dernière, Sainte-Beuve désapprouve le style qui en découle. Lui défend la "bonne" littérature, celle qui serait le fruit d'un travail acharné et désintéressé. Organiser la vie des lettres, c'est tuer le talent ou, pis, l'inspiration. L'industrie culturelle qui gangrène la littérature est ici pressentie. Cette même industrie qui sera dénoncée par Benjamin et Adorno près d'un siècle après ce manifeste.

  • Bienvenue au "pays des voix". Ce pays sans frontière où règnent les personnages les plus attachants : Peter Munk le Charbonnier, le petit homme de verre, le roi de la piste de danse ou encore Ezéchiel. Dans Le Coeur froid, merveilleuse adaptation pour la radio d'un conte pour enfants de Wilhelm Hauff, Walter Benjamin nous fait sentir toutes les possibilités poétiques de ce médium, qui vient alors tout juste de faire son entrée dans les foyers européens. Le seul micro parvient à nous entraîner dans un récit aux péripéties rocambolesques. Le bien-nommé Charivari autour de Kasperl donne lui aussi naissance à des caractères bien taillés, tel Monsieur Forgengueul ou encore Lipsuslapus, plongés dans une brume épaisse qui figure tout ce que l'on ne peut voir à la radio. L'imaginaire, celui des enfants autant que celui des adultes, avec des pièces comme Lichtenberg, va nécessairement galopant. Un théâtre radiophonique est né.À l'image d'Orson Welles qui, en 1938, terrorisa les américains avec son canular radiophonique annonçant une pseudo attaque martienne, Walter Benjamin perçoit très rapidement l'incroyable popularité de la radio et la possibilité qu'elle offre d'influer sur la vie de chacun. Dans ses Modèles, il met en scène des situations de la vie quotidienne, que ce soit la manière idéale de négocier une augmentation de salaire ou les écueils à éviter pour qu'une dispute de couple ne finisse en divorce. Ces Modèles, si stupéfiants soient-ils, se veulent avant tout didactiques. L'espace radiophonique, non comme outil de vulgarisation mais pour l'intérêt qu'il suscite auprès d'un large public, devient pour Benjamin le lieu par excellence d'application pratique de ses réflexions sur les moyens de reproductibilité technique et la popularisation de la culture. Il esquisse ici une théorie de la radio, comme le montre un ensemble de lettres et de textes inédits en français qui viennent compléter cette édition. Un nouveau visage de Walter Benjamin, ou plutôt une voix nouvelle, se fait ici entendre. Avec humour, un talent incontestable de metteur en scène et une verve de dialoguiste, Walter Benjamin montre que la radio est un outil, littéraire, pédagogique et culturel, d'exception.

  • Si chacun convient que l'Ecole ne peut pas résoudre à elle seule tous les problèmes de la société, Sylvain Connac, en chercheur et en pédagogue, montre dans ce livre que l'enseignement peut lutter néanmoins contre toutes les formes d'exclusion qui gangrènent le
    lien social et compromettent l'avenir de nombreux enfants tout autant que notre avenir collectif.
    L'auteur tourne résolument le dos aux fausses solutions de la sélection précoce ou de l'externalisation des aides aux élèves. Tout au contraire, il propose de faire de l'hétérogénéité une richesse et d'investir la classe comme lieu possible d'une pédagogie authentiquement démocratique.
    Pour cela, il expose la « pédagogie du colibri » inspirée d'André de Peretti. C'est une pédagogie où chacun « fait sa part » en assumant délibérément une tension fondatrice entre la présence et la distance,
    l'engagement et la retenue, l'exercice de l'autorité et la promotion de l'autonomie. Dans la « pédagogie du colibri », le maître construit du collectif et encourage le travail personnel, il promeut un fonctionnement coopératif en interaction avec les plans de travail personnel, il programme rigoureusement son enseignement tout en étant attentif aux besoins de chacune et de chacun, il articule étroitement découverte et formalisation, tâtonnement expérimental et structuration des connaissances. Ainsi, la lutte contre l'exclusion ne relève plus de l'incantation : elle est à portée de main de tout enseignant.
    Remarquablement argumenté et informé, illustré d'exemples et de propositions concrètes, ce livre est, tout à la fois, une leçon d'optimisme éducatif et de créativité pédagogique.

  • Tout est parti d'un constat: des mondes d'une très grande diversité se sont reconnus et se reconnaissent dans un nom, le contemporain, pour dire un nouveau rapport au temps et à l'espace. Ce mot, par lequel des communautés se désignent, s'est imposé dans tous les domaines de la vie commune, dans tous les univers de discours et, c'est une première, sur l'ensemble de la planète.
    Lorsqu'on entreprend d'enquêter sur le contemporain, c'est donc une myriade de données, parfois contradictoires, qui s'impose. Un véritable brouhaha. Mais de ce brouhaha, une dynamique se dégage; une dynamique de décentrement, de débordement, de décadrage, instituant un nouvel imaginaire.
    Toutes les histoires documentées dans cet essai retrouvent ce mouvement. Ainsi de la massification et de la différenciation des sociétés qui ne se laissent plus discipliner dans les concepts politiques hérités de la modernité. Ainsi de la production et de la transmission du savoir, plus horizontales et diffuses, opérant à travers des modes plus démocratiques et moins élitistes. Ainsi du temps vécu comme une concordance de temporalités à l'ère hypermédiatique. Ainsi des formes artistiques et des productions culturelles qui, s'affranchissant de leurs supports et de leurs cadres habituels, rendent indistincts le dedans et le dehors, l'acteur et le spectateur, la production et la publication. Ainsi de la pensée du monde, qui est désormais une pensée des mondes.
    En six stations qui sont autant de mots-clés du contemporain (exposition, médias, controverses, publication, institutionnalisation, archéologie), cet essai s'attache à décrire les transformations actuelles des formes culturelles et des visions de l'histoire.

  • La lecture des Constitutions arabes -de leur lettre comme de leur pratique- par le biais du pluralisme juridique permet de comprendre la nature et la portée des transformations qui sont à l'oeuvre dans ces États, tant ceux qui restent essentiellement attachés à des valeurs traditionnelles que les plus avancés dans les processus de démocratisation et de protection des droits fondamentaux.

  • Échanger ou louer sa maison est un phénomène qui fait de plus en plus d'adeptes. Il permet de financer ou d'amoindrir considérablement le coût des vacances.Toutes vos questions trouveront des réponses :
    Où s'inscrire ?
    Comment s'y prendre ?
    Puis-je faire confiance à mes futurs hôtes ?
    Dois-je contracter une assurance ?
    Écrit par une échangeuse aguerrie de maisons et enrichi de témoignages de particuliers et de professionnels, ce guide précieux vous aidera à concrétiser votre projet en toute tranquillité.

  • Ce que nous avons appelé les transitions démocratiques a suscité bien des espoirs avec la fin de la dictature en Espagne, la disparition des régimes militaires en Amérique latine et l'effondrement imprévu de la domination communiste à l'Est de l'Europe. Mais l'heure de la désillusion a vite sonné face aux déchirements ethniques de l'ex-Yougoslavie et du Caucase, à la dérive autoritaire russe, à l'impasse politique en Afrique et, surtout, au défi que l'islamisme oppose à la démocratie telle que nous la concevons.

    Sans succomber au pessimisme mais sans aveuglement complice, ce livre fait le point sur les chances réelles de consolidation des jeunes démocraties et d'extension des régimes de liberté dans le monde. Il rappelle, d'abord, que le phénomène de la démocratisation ne constitue pas une nouveauté puisqu'il a affecté en son temps l'Europe de l'Ouest. Il examine ensuite les obstacles qui se dressent sur son chemin aussi bien que les péripéties de l'exercice difficile du passage de l'autoritarisme à la démocratie. Il pose enfin la question primordiale : comment l'esprit démocratique vient-il aux peuples, c'est-à-dire, comment devient-on citoyen ?

    Ancien directeur du CERI (Centre d'études et de recherches internationales de Sciences Po), Guy Hermet est spécialiste de l'histoire de la démocratie et du populisme.

  • Cet ouvrage (complété d'un cédérom) offre un bilan complet des recherches récentes menées en sociologie de la culture ainsi que de nombreux éléments de réflexion sur la question de la démocratisation qui est au coeur des politiques culturelles.
    Il illustre la diversité de la "question des publics" en analysant les principaux effets des mutations intervenues dans le domaine de l'école, de la famille, du travail, en confrontant le public de la culture imaginé par les artistes et les responsables politiques avec les publics réels tels que les révèlent les enquêtes de fréquentation.

  • Le père de Flora est atteint de narcolepsie : il s'endort à n'importe quel moment. En cadeau d'anniversaire, Flora lui offre de réaliser son rêve : guider une visite au musée dont il est le conservateur. Afin de se préparer à l'accompagner dans cette visite, la jeune fille entreprend d'étudier les Automatistes dont les oeuvres sont exposées. Son intérêt soudain envers
    cette forme d'art lui vaut d'être accusée d'être l'auteure des curieux graffitis récemment apparus sur les murs de l'école.

  • Malgré le virage vers un enseignement supérieur de masse amorcé par la plupart des pays industrialisés depuis les années 1970, le monde de l'enseignement supérieur demeure un lieu de reproduction des inégalités sociales. En effet, derrière la massification et la démocratisa­tion quantitative se cachent des inégalités selon les diverses appartenances sociales - telles que le genre et l'origine socioéconomique ou ethno­culturelle. Dès lors que le principe d'égalité des chances d'accès à l'ensei­gnement supérieur est formellement appliqué, ces disparités sont souvent attribuées aux différences de performance et de choix de parcours scolaire au secondaire des étudiants. Bien qu'elle soit fondée, cette théorie s'avère toutefois limitée, car elle tend à conclure à la neutralité des systèmes éducatifs et de l'action publique.

    /> En explorant des contextes socioéconomiques variés, les auteurs du présent ouvrage cherchent à interroger les politiques publiques et éducatives et à mettre en évidence le rôle qu'elles jouent dans la propagation des inégalités dans l'enseignement supérieur. Ils montrent que l'influence des appartenances sociales prend toujours appui, directement ou indirectement, sur les ségrégations qu'entretiennent ces politiques dans l'organisation des systèmes scolaires et des pratiques institutionnelles des établissements. Cet ouvrage saura intéresser les gestionnaires du milieu scolaire ainsi que les spécialistes de la gestion publique.

empty