• Mon nom est Selma

    Selma Van De Perre

    • Alisio
    • 12 Janvier 2021

    « Ma chère Gretchen, Suis avec douze autres personnes dans un wagon à bestiaux, à Vught. Destination probable, Sachsenhausen ou Ravensbrück. Tiens bon. C'est ce que je fais moi aussi. Même si j'aimerais que ce cauchemar prenne fin. Je vais jeter ce message du train, par une fente dans la paroi. Au revoir mes chéries. Baisers, Marga »

    Amsterdam, 1940.

    Selma van de Perre a dix-sept ans lorsque la Seconde Guerre mondiale s'abat sur les Pays-Bas et que son existence d'adolescente juive bascule brutalement. Elle échappe de justesse aux camps de travail et décide très vite de rejoindre la Résistance sous le pseudonyme de Margareta van der Kuit. Durant deux ans, « Marga » risque tout. Munie d'une fausse carte d'identité qui lui permet de se faire passer pour Aryenne, elle sillonne le pays et fait « ce qui doit être fait ». Jusqu'à la trahison, en juillet 1944.
    Déportée à Ravensbrück, elle connaît la peur, le froid, l'horreur. Mais elle survit grâce à son pseudonyme et son statut de déportée politique, car personne ne sait qu'elle est juive. Il faudra attendre la fin de la guerre pour qu'elle ose se réapproprier son identité et à nouveau dire : « Mon nom est Selma ».

    Aujourd'hui âgée de 98 ans, Selma van de Perre nous livre le témoignage fascinant d'une vie de combat et de résilience.

    Biographie de l'auteure :
    Membre active de la Résistance néerlandaise durant la Seconde Guerre mondiale, Selma van de Perre rejoint Londres à la fin de la guerre où elle travaille pour la BBC et officie également comme correspondante pour des télévisions néerlandaises. En 1983, elle reçoit la Croix commémorative de la Résistance néerlandaise. Elle est aujourd'hui l'une des dernières survivantes de Ravensbrück.

  • Résistance

    Samira Ahmed


    La résistance se construit sur l'espoir.

    Deux ans et demi depuis l'élection.
    Un an depuis que nos réponses sur le formulaire du recensement nous ont valu d'être indexés.
    Neuf mois depuis le premier autodafé.
    Un mois depuis que le Président des États-Unis a déclaré que « les musulmans constituaient une menace pour l'Amérique ».
    Dans un avenir effroyablement proche, Layla Ami - 17 ans - et ses parents sont arrachés à leur foyer et déportés dans un camp de détention pour musulmans américains dans le désert de Californie.
    Avec l'aide d'amis d'infortune, eux aussi piégés derrière les barbelés, de son petit ami resté à l'extérieur, et d'alliés inattendus, Layla entame un chemin de lutte pour la liberté et mène la révolte contre le directeur du camp et ses gardiens.
    Résistance met au défi les lecteurs d'agir et de briser le silence coupable qui gangrène notre société.
    « Un livre dérangeant et important à notre époque. » - Publishers Weekly
    « Samira Ahmed s'attaque à l'islamophobie et au racisme d'une plume captivante, authentique et profondément humaine. » - Kirkus
    « Une histoire poignante et nécessaire, qui dépeint avec franchise et réalisme la haine et l'ignorance, mais donne également espoir aux lecteurs et aux minorités. » - Booklist

  • Berg et Beck

    Robert Bober

    Berg a vingt ans. Beck en a onze. Un jour pourtant ils avaient le même âge. Ils habitaient la même rue, allaient dans la même école. Le matin du 8 juin 1942, ils se sont attendus pour y arriver ensemble. Une étoile jaune était cousue sur le côté gauche de leur poitrine. Quelques semaines plus tard, Beck fut arrêté avec ses parents.
    Parce qu'on ne parla plus de lui, Beck ne manqua à personne. Et on oublia sa voix et son visage.
    En 1952, Berg devient éducateur dans une maison d'enfants de déportés 'avec la tâche insurmontable de leur apporter une consolation' et où pourtant parce qu'il y a le jazz et les Marx Brothers, la bicyclette et les cerfs-volants, il y aura aussi des instants de joie, des moments de vie volés. Et c'est dans ce lieu que Berg retraverse toutes ces années qui l'ont séparé de Beck. De Beck trop tôt, trop vite en allé. Il lui écrit alors des lettres qui, bien sûr, ne sont pas faites pour être lues, mais pour 'garder intacts nos onze ans puisque c'est l'âge que tu as gardé' et 'que ce n'est pas parce que tu ne répondras pas que l'histoire va devoir se passer de toi'.

  • « Je suis un miraculé. J'aurais dû être déporté à Auschwitz et gazé comme la quasi-totalité des 76 000 juifs de France arrêtés. Mais j'ai été interné à Buchenwald. J'aurais pu, à Buchenwald, mourir d'épuisement dans la sinistre carrière où les déportés devaient extraire des pierres sous les coups des surveillants SS. Mais je n'y ai presque jamais travaillé. J'aurais pu être battu ou même tué parce que j'avais, un jour, donné un coup de pied à un Stubendienst. Mais il ne m'est rien arrivé. J'aurais pu succomber aux graves infections que j'ai contractées. Mais ma constitution physique m'a permis de m'en sortir. J'aurais dû, pendant l'évacuation forcée vers Buchenwald pour fuir les Américains, traînard épuisé au bord de la route, recevoir une balle de SS dans la nuque. Mais cette balle, je ne l'ai pas reçue. J'aurais dû, à l'issue de cette évacuation, arriver à Buchenwald et repartir vers l'Est dans une « marche de la mort ». Mais, inexplicablement, j'y suis arrivé trop tard et juste à temps pour me faire libérer. En 1945, après mon retour, j'ai voulu effacer de ma mémoire le souvenir de ma déportation. Mais n'était-ce pas injuste vis-à-vis des hommes qui étaient à mes côtés, notamment mon père, un homme d'un courage et d'un optimisme extraordinaires, qui n'a cessé de me protéger jusqu'à sa mort ? » D'une admirable simplicité, ce récit est le bouleversant témoignage d'un adolescent déporté dans les camps de la mort pour la seule raison qu'il était juif. Le lecteur n'en sortira pas indemne.

  • Dieu migrant

    Marie Monnet

    La mobilité est tellement omniprésente dans les écrits bibliques, qu'elle pourrait presque passer inaperçue.
    "Je suis comme un voyageur", dit le Dieu de la Bible. Ainsi, l'Eglise, à travers tous les papes et la Tradition chrétienne, promeut l'hospitalité à l'égard de l'homme de passage.
    A l'heure des grandes migrations, ce livre médite le visage d'un Dieu qui migre en "plantant sa tente parmi nous". Une théologie qui éclaire l'actualité, à l'école du Pape François qui appelle à "accueillir, protéger, promouvoir et intégrer" les migrants et les étrangers.


  • Trois destins de femmes dans la tourmente.

    Elsa, fille unique d'une famille juive, vit une enfance protégée à Nantes. Elle apprend le piano et prépare le concours du conservatoire. À 18 ans, elle tombe amoureuse de Jacques, étudiant en médecine. Le 15 août 1942, elle est raflée, déportée, violée à Auschwitz. Libérée par les Russes, elle revient à Nantes avec son enfant et Josef, un prisonnier qu'elle épouse. Elle ne retouchera jamais un piano.
    Pauline, née à Auschwitz, ignore tout de ses origines paternelles. Excellente gymnaste, elle est sélectionnée pour aller à Berlin, représenter la France aux JO. Elsa s'y oppose. Josef n'intervient pas. Blessée, Pauline quitte la maison familiale et trouve refuge sur un terrain de gens du voyage. Un nouvel événement la propulse à Paris, au mois de mai 1968. Avec le monde étudiant, Pauline fait sa « révolution », un moyen d'exorciser sa violence.
    Elle joue sa vie sur un coup de dés, en vivant par opportunisme avec un garçon qu'elle n'aime pas. Elle donne naissance à Solène.
    Solène est marquée dans sa tête et dans son corps par l'héritage douloureux d'Elsa et de Pauline. Elle ne connaît pas le plaisir et multiplie les aventures amoureuses, au risque de se perdre.
    La tourmente météorologique de décembre 1999 qui déclenche le naufrage de l'Erika et la pollution des plages bretonnes lui fera-t-elle trouver le port ?

  • « Pour nous, la monstruosité d'Auschwitz réside dans le fait que ce massacre ait été conçu et réalisé par des hommes.
    Pour nous, la surprise atroce d'Auschwitz a été de constater que la culture n'a pas amélioré l'homme. Bien au contraire, c'est grâce à la culture et au stade actuel du développement technique, que ce cataclysme humain a été possible.
    C'est pourquoi nous considérons d'une extrême gravité cette déviation pathologique de notre culture, de notre civilisation, cette absence complète de morale.
    C'est pourquoi nous croyons que le phénomène d'Auschwitz mérite d'être étudié avec une attention particulière, car il pose d'une façon angoissante le problème de l'homme. »

    Joseph-Désiré Hafner

  • « Pour nous, la monstruosité d'Auschwitz réside dans le fait que ce massacre ait été conçu et réalisé par des hommes.
    Pour nous, la surprise atroce d'Auschwitz a été de constater que la culture n'a pas amélioré l'homme. Bien au contraire, c'est grâce à la culture et au stade actuel du développement technique, que ce cataclysme humain a été possible.
    C'est pourquoi nous considérons d'une extrême gravité cette déviation pathologique de notre culture, de notre civilisation, cette absence complète de morale.
    C'est pourquoi nous croyons que le phénomène d'Auschwitz mérite d'être étudié avec une attention particulière, car il pose d'une façon angoissante le problème de l'homme. »

    Joseph-Désiré Hafner

  • La retirada

    Patricia Gavoille

    Patricia Gavoille relie à nouveau les hommes aux mots. Comme la Tramontane « qui lève des spirales de sable », Patricia Gavoille lève, elle, les coeurs. Ainsi, dans ce roman, La Retirada, elle raconte comment des républicains espagnols fuyant leur pays sous l'emprise de Franco ont trouvé « refuge », « accueillis » à Miellin, camp de concentration dans les Vosges saônoises en 1939. Pas revancharde ni justicière, l'auteur, avec ses mots à elle parlant de leur souffrance, ne veut pas trahir ce que ces gens possèdent de plus cher, la dignité, mais au contraire la leur restituer. Poings levés avec les coeurs, elle décrit, non, dénonce, comment après avoir été démantibulées, séparées par un garrot mortel, les familles exsangues mais fortes et courageuses vécurent séparées, femme et enfants d'un coté, les hommes de l'autre. Avec Patricia Gavoille, grâce à elle ou en dépit d'elle, on suit en enfer ces rails parallèles qu'elle nous fait prendre mais surtout grâce à elle une émotion intense ouvre aussi les vannes à des larmes de joie ! Car Patricia Gavoille sait réhabiliter la nature humaine !

    Extrait


    « Julia lui sourit. André murmure que ça va aller. Les deux mains de Rafa effectuent une sorte d'ellipse de reddition. Un court silence pendant qu'elle parcourt la grande feuille à en-tête qu'elle a étalée sur la nappe devant elle. Un court silence qui pèse des tonnes. Cette fois, les mains de Rafa tremblent. Enfin Julia parle et sa voix bouleversée rappelle le soleil du matin :
    - Ils sont tous vivants et tous ensemble ! »

  • "Farnoux est une figure passionnée, hussard ou voltigeur, c'est selon les événements. Mais il n'appartient à aucune caste, faction ou fratrie. Il refuse et déteste l'embrigadement ou, comme il dit, l'encartage. C'est sans doute pourquoi sa vie ressemble à un roman d'aventures." Nous voilà prévenus : "La traversée qui débute ne sera que résistance, tumulte et désobéissance." Résistant, déporté à Buchenwald puis sur la ligne Siegfried, s'évadant enfin et endossant alors l'uniforme de l'armée US... Pour l'ôter peu après et repartir en Afrique... Qui oserait parler d'un homme ordinaire ? Pourtant, Abel Farnoux se veut ainsi. Il demeure que celui qui fut le conseiller spécial d'Edith Cresson à Matignon a fréquenté le siècle de près. De Dakar au Maroc, du Maroc à l'Algérie, sans oublier l'Italie et les Etats-Unis, de l'industrie privée au ministère des Affaires européennes, il a été de nombreux combats. Des premières liaisons téléphoniques avec l'Afrique à la naissance de la télévision couleur en Europe, il fut un acteur privilégié, mais "ordinaire", tient-il encore à préciser, de l'industrie électronique. Et avec la même passion il milita contre la torture en Algérie, contribua à la construction de l'Europe, ou à l'ouverture des pays de l'Est.
    Son itinéraire exceptionnel, ses rencontres avec Teilhard de Chardin, Senghor, ses rendez-vous avec Mitterand, Chaban-Delmas, Andreotti..., il a accepté de les confier à Jean-Michel Riou qui a su écouter et nous faire revivre, avec un talent rare d'écrivain, l'histoire d'un homme de liberté.
    © Flammarion 2002 Couverture : Arnaud Février © Flammarion

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