• Roman choc traitant de la désinstitutionnalisation
    En 2004, ceux qui se prononçaient contre la
    désinstitutionnalisation se voyaient répondre qu'ils n'avaient pas de coeur.
    C'était vouloir garder les "fous" dans leurs geôles. Le personnel qui les
    traitait au quotidien se devait de laisser partir leurs patients du jour au
    lendemain, sans poser de question. Le silence d'alors fut considéré tel un
    consentement. Il était si payant de sortir les fous et de les accueillir chez soi !
    Du coup, les pauvres devenaient une marchandise TRÈS payante, qui
    s'échangeait et se monnayait une fois la maison de leurs "hôtes" payée.
    Bruno Jetté, psychosociologue, était de ceux qui ont osé s'opposer à
    la désinstitutionnalisation. Ayant vu ses ex-patients se nourrir
    à même les poubelles, mendier dans la rue et dormir dans les ruelles,
    ses pires craintes se sont confirmées.
    Il se porta à leur défense en
    dénonçant la situation. Ce faisant, il faillit tout perdre, y compris la raison.
    Et si le roman qu'il nous livre ici n'en était pas tout à fait un ?

  • L'isolement en asile, traitement grandement utilisé à la fin du xixe siècle pour guérir la folie, a été remis en question au fur et à mesure que le xxe siècle passait. La conception des réseaux de santé, le développement des disciplines psychiatrique et psychologique dans l'après-guerre, la découverte des neuroleptiques au début des années 1950 et les contrecoups de la Révolution tranquille, accompagnés d'un vent de décléricalisation, ont mené à une révolution psychiatrique : la désinstitutionnalisation.

    Cet ouvrage expose les tenants et les aboutissants d'une première vague de désinstitutionnalisation qui a marqué les années 1960 et 1970 en contexte canadien-français (Québec, Ontario et Nouveau-Brunswick). Proposant une étude sociohistorique et une analyse critique de cette période charnière en santé mentale, les auteurs évaluent les conséquences des transferts sur la vie des patients sortis des asiles ainsi que le rôle des intervenants en matière d'accompagnement. Ils soulèvent également des pistes d'intervention entourant les nouveaux enjeux de la prise en charge des personnes souffrant de maladie mentale.

    Alliant criminologie, histoire, sociologie, travail social et sciences infirmières, -l'ouvrage traite autant de politiques d'hygiène mentale, de contrôle social, de médicaments psychotropes que de marginalisation des malades mentaux. Il met au jour un vaste patrimoine matériel et immatériel de la santé mentale au Canada.

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