• « Je croyais que ce serait toujours elle et moi. Mais les adultes abîment tout. »

    Des cousines que sépare une dispute familiale, deux jeunes femmes que tout oppose éprises l'une de l'autre, le désastre d'un amour virtuel, une visite sordide dans une école défavorisée... Ce pourrait être les vies de femmes banales, mais elles sont quiltras. Avant tout des «sans race, sans classe», des «chiennes bâtardes».
    Arelis Uribe écrit ce que la littérature chilienne a eu l'habitude de taire. Style incisif, écriture dépouillée, «je» intime, son recueil se fait aussi le porte-parole de celles que le Chili méprise et discrimine.

    « L'un des dix meilleurs livres latino-américains de l'année 2019. » The New York Times

    Arelis Uribe est journaliste, directrice de communication de la OCAC (Observatoire contre le harcèlement de rue). Un rôle qui l'a poussée à prendre des décisions politiques dans ses nouvelles, le fait que les hommes n'y jouent qu'un rôle secondaire.
    "Les auteurs chiliens reconnus sont tous des hommes (Bolaño, Fuguet, Zambra). Talentueux mais parlant d'une culture androcentriste que l'on n'interroge pas. J'ai écrit un livre au positionnement politique explicite mais ce n'est pas un pamphlet."

    Arelis Uribe est journaliste, directrice de communication de la OCAC (Observatoire contre le harcèlement de rue). Un rôle qui l'a poussée à prendre des décisions politiques dans ses nouvelles, le fait que les hommes n'y jouent qu'un rôle secondaire.
    "Les auteurs chiliens reconnus sont tous des hommes (Bolaño, Fuguet, Zambra). Talentueux mais parlant d'une culture androcentriste que l'on n'interroge pas. J'ai écrit un livre au positionnement politique explicite mais ce n'est pas un pamphlet."

  • Non le concept d'intersectionnalité ne représente pas un danger pour la société ou l'université, ni ne fait disparaître la classe au profit de la race ou du genre. Bien au contraire, cet outil d'analyse est porteur d'une exigence, tant conceptuelle que politique. Une synthèse nécessaire, riche et argumentée, pour comprendre de quoi on parle
    Les attaques contre les sciences sociales se font de plus en plus nombreuses. À travers elles, ce sont certains travaux critiques qui sont particulièrement visés, notamment ceux portant sur les discriminations raciales, les études de genre et l'intersectionnalité.
    À partir d'un article de 2019, devenu référence et paru dans la revue
    Mouvements, entièrement revu et actualisé, voici, pour toutes et tous, une synthèse salutaire et nécessaire sur ce qu'est réellement la notion d'intersectionnalité. Les autrices, sociologues, s'attachent d'abord à rappeler l'histoire du concept élaboré il y a plus de trente ans par des théoriciennes féministes de couleur pour désigner et appréhender les processus d'imbrication et de co-construction de différents rapports de pouvoir - en particulier la classe, la race et le genre. Il s'agit ensuite de s'interroger sur les résistances, les " peurs ", les discours déformants et autres instrumentalisations politiques que l'intersectionnalité suscite particulièrement en France. Mais justement, défendre les approches intersectionnelles, n'est-ce pas prendre en compte, de manière plus juste, les expériences sociales multiples et complexes vécues par les individu·es, et donc se donner les moyens de penser une véritable transformation sociale ?
    Pour l'intersectionnalité : "
    Qui nos institutions académiques accueillent-elles et
    quels savoirs valorisent-elles et font-elles éclore sont donc deux questions indissociables. Et ce n'est qu'en tentant d'y répondre et en donnant toute sa place à des travaux potentiellement porteurs de transformation sociale pour les groupes marginalisés que l'enseignement supérieur et la recherche pourront continuer de jouer un rôle politique et social en France, car elles produiront une recherche scientifique qui renouvelle notre compréhension du monde social et le donne à voir dans sa complexité. " Éléonore Lépinard et Sarah Mazouz.

  • Depuis la Seconde Guerre mondiale, le "réfugié" préfère en général l'appellation de "nouvel arrivant" ou d'"immigré", pour marquer un choix, afficher un optimisme hors pair vis-à-vis de sa nouvelle patrie. Il faut oublier le passé : sa langue, son métier ou, en l'occurrence, l'horreur des camps. Elle-même exilée aux États-Unis au moment où elle écrit ces lignes dans la langue de son pays d'adoption, Hannah Arendt exprime avec clarté la difficulté à évoquer ce passé tout récent, ce qui serait faire preuve d'un pessimisme inapproprié. Pas d'histoires d'enfance ou de fantômes donc, mais le regard rivé sur l'avenir. Mais aux yeux de ces optimistes affichés, la mort paraît bien plus douce que toutes les horreurs qu'ils ont traversées. Comme une garantie de liberté humaine.

    Née en 1906, Hannah Arendt fut l'élève de Jaspers et de Heidegger. Lors de la montée au pouvoir des nazis, elle quitte l'Allemagne et se réfugie eux Etats-Unis, où elle enseigne la thoérie politique. À travers ses essais, tels que La Condition de l'homme moderne, Les Origines du totalitarisme, Eichmann à Jérusalemou encore Le Système totalitaire, elle manifeste sa qualité d'analyste lucide de la société contemporaine. Elle meurt en 1975.

  • The black kids Nouv.

    Un roman engagé et universel.
    1992, Los Angeles s'embrase. Des policiers blancs viennent d'être acquittés alors qu'ils ont passé à tabac Rodney King, un homme noir. Ashley, 17 ans, se pensait jusqu'ici hors d'atteinte. Fille d'une famille noire aisée, fréquentant un lycée huppé, elle ne s'est jamais sentie victime d'injustices ou de discriminations raciale... Ou peut-être que si ?
    Une histoire d'amour naissante, des secrets dévoilés et une atmosphère de fin du monde lui ouvrent les yeux : elle, qui a toujours oscillé entre communauté noire et blanche sans jamais trouver sa place, réalise qu'elle doit cesser d'être une simple observatrice.

  • Une drôle d'histoire sur le métissage, à hauteur de... caméléon !
    Adopté par la joyeuse famille des Dupont-Durand, Lewis pourrait avoir la vie douce si les autres animaux du quartier ne se moquaient pas sans cesse de sa drôle de démarche ou de sa couleur de peau (jamais la même et, pourtant, jamais la bonne, selon eux). Né d'une mère lézard et d'un père caméléon qu'il n'a jamais connu, Lewis s'interroge sur ses origines. Il n'a qu'une hâte : découvrir la Gwaraïbe ! Surprises et amitiés l'y attendent, dans ce voyage qui pourrait bien changer sa vie.

  • Dès son enfance de "batârde", la petite Marie Gouze, qui deviendra Olympe de Gouges, a conscience de son illégitimité. C'est cette même illégitimité qui lui servira d'arme pour défendre son droit à vivre comme une femme libre sous la Révolution et à défendre les droits des autres femmes. Un combat qui la mènera vers la guillotine.

  • Quels sont les discriminations et les comportements racistes dont sont victimes les musulmans de France ? Quelles sont les situations où ils indiquent avoir fait l'objet de comportements discriminants en raison de leur appartenance religieuse ? Grâce à une enquête réalisée par la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah) et la Fondation Jean-Jaurès, un certain nombre de réponses sont apportées afin d'objectiver du mieux que possible une situation finalement mal connue, et donner ainsi aux pouvoirs publics comme aux observateurs une idée précise de l'ampleur des discriminations subies en France par les musulmans en raison de leur religion.

    Ismail Ferhat est maître de conférences à l'Université de Picardie Jules Verne (ESPE d'Amiens) et chercheur rattaché au laboratoire CAREF.

  • Dans cette conférence au titre provocateur, mi-affirmation mi-question, mais qui pose au final la question de la ségrégation en général, Strauss n'emprunte aucun détour, n'hésite pas à comparer "le problème juif" au "problème noir", sans négliger leurs différences : les Juifs réclament une justice dans les termes qui sont les leurs, quand les Noirs, dans leur lutte pour la justice, font appel aux principes de l'oppresseur. "L'assimilation en tant que nation" mérite à ses yeux réflexion, car elle permettrait une autodétermination du peuple juif. Strauss n'est cependant pas favorable au sionisme politique, qu'il juge étroit, et lui oppose la culture. L'exemplarité d'un tel texte tient autant à l'implication personnelle de l'auteur qu'à sa résonance aujourd'hui.

  • S'il est un terreau fertile pour les idées reçues, c'est bien le féminisme et son histoire. Préjugés innocents ou délibérément antiféministes, ces idées reçues ont la vie dure et nourrissent les malentendus et les attaques qui impactent les luttes et les disqualifient.
    Des suffragettes à Nous toutes, en passant par l'incontournable MLF, ce livre dévoile des combats passionnés et passionnants, au coeur de controverses essentielles dans le débat public. Les divergences politiques et philosophiques traversant également les mouvements féministes, l'autrice entre dans le vif des querelles pour en expliciter le sens. Qu'il s'agisse de la laïcité, de la parité, de l'écologie, des normes corporelles, de la révolution sexuelle ou encore de l'écriture inclusive, des féminismes pluriels apportent des réponses plurielles, présentées ici avec nuance et pédagogie.

  • Lors de tout recrutement, le risque de discrimination consciente ou inconsciente est une réalité pour bon nombre d'entreprises, souvent acceptée ou subie comme un élément inévitable.

    Cependant, respecter ou faire respecter le cadre légal est une responsabilité partagée par tous les acteurs du recrutement.

    Cet objectif doit ainsi faire partie intégrante de la stratégie RH pour attirer les talents, développer la marque employeur et induire une expérience candidat positive.

    Il est donc tout à fait possible de réussir ses recrutements dans le respect de l'égalité des chances et du cadre juridique !

    À l'appui des textes de loi et de nombreux exemples et outils pratiques, cet ouvrage vous aidera à affiner vos connaissances légales et à éviter les pièges de la discrimination lors de vos recrutements.

    Dirigeants, managers, responsables RH, quel que soit votre secteur d'activité, les auteurs vous guident et vous conseillent pour recruter sans discriminer !

  • Corps noir. Code noir.
    Esclavage. Colonisation.
    Identité. Exclusion.
    Nègres. Fantômes. Fantasmes.
    Mépris. Haine de soi.
    Race. Racisme. Différence.
    Moi. L'autre.
    Qui a inventé le corps noir ?

    Jean-Claude Charles ouvre de singulières perspectives en interrogeant le mythe du corps noir.

  • Un inquiétant bruit de bottes résonne à nouveau partout en Europe et en Amérique, marquant la fin d'une période de latence que d'aucuns ont interprétée comme une victoire contre le fascisme. Héritiers de la résistance contre Mussolini et Hitler pendant les années 1920 et 1930, les antifascistes, eux, n'ont jamais baissé la garde et ont bâti une longue tradition de lutte contre l'extrême droite que chacun d'entre nous gagnerait à mieux connaître aujourd'hui.

    Dans cette captivante enquête, Mark Bray donne un aperçu unique de l'intérieur de ce mouvement et écrit une histoire transnationale de l'antifascisme depuis la Seconde Guerre mondiale. Rédigé à partir d'entretiens menés avec des antifascistes du monde entier, L'antifascisme. Son présent, son passé et son avenir dresse la liste des tactiques adoptées par le mouvement et en analyse la philosophie. Il en résulte un éclairant portrait de cette résistance méconnue, souvent mythifiée, qui lutte sans relâche contre le péril brun.

  • Le récit de l'enfance d'une petite Juive née à Vienne, déportée à onze ans, miraculeusement échappée d'Auschwitz, et qui s'exila à seize ans aux États-Unis. Dans « Perdu en chemin », devenue adulte, Ruth Klüger se confronte au quotidien complexe des années 50. Elle sera de ces femmes qui se battront sans répit pour obtenir ce qui leur paraît le minimum : la dignité, le respect, le droit à l'étude, la simple reconnaissance de soi.
    Prosaïques à dessein, certaines pages fascinent par l'exactitude impitoyable des sentiments qu'elles expriment ; compte rendu et accusation s'interpénètrent. Le lecteur est submergé par l'intransigeance et la sincérité de cette femme à l'intelligence généreuse et souveraine.

  • La poésie ne se vend pas, elle ne s'achète pas non plus.
    Mais elle n'est pas gratuite vous savez, le poète la paye au prix fort, de sa vie, sa
    voix, sa solitude et son encre de sang.
    J'ai toujours entendu l'appel d'air/ère libre des poèmes qui m'ancrent en moi-même,
    me fondent et font de moi ce que je suis, un marcheur et un chercheur d'art.
    La poésie est une fièvre salutaire, ma chance, mon bonheur et mon risque.
    Ma poésie est née là-bas à Douala, pas si loin.
    Là-bas, au Sud.
    Au Sud, de mon coeur.

  • D'où vient la devise de la République française : Liberté, Égalité, Fraternité ? Une république, c'est quoi ? Les droits de l'homme, ça concerne aussi les femmes et les enfants ? Est-on libre de choisir sa religion et de dire ce que l'on veut ? L'égalité entre les filles et les garçons, ça date de quand en France ? Et la fraternité, ça veut dire quoi ? Un livre indispensable pour répondre à toutes ces questions, et pour comprendre comment ces valeurs sont appliquées chaque jour dans ta vie quotidienne.

  • Le troupeau est en émoi, c'est un grand jour : ce matin, le berger va ramener trois nouveaux moutons d'une ferme voisine. Lorsque la bétaillère s'arrête devant le pré, chacun retient sa respiration : les voilà ! Mais à la grande surprise de Robert, le troupeau tout entier leur réserve un accueil glacial.
    - Qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi vous n'êtes pas contents ?
    - Mais mon chéri, tu vois bien qu'ils sont différents de nous ! Ils sont... noirs !

    L'autrice
    Agnès Laroche est l'auteure de plus de trente ouvrages pour la jeunesse. Parmi eux, le récent album La clochette et le mandarin (Sarbacane, 2016), le roman junior La vraie recette de l'amour (Rageot, 2016), ou Marjane et le sultan (Talents Hauts, 2015), lauréat du Prix Fleur de Sel en 2016. Elle vit à Angoulème.
    L'illustrateur
    Philippe Bucamp travaille beaucoup pour la presse (Libération, Le Monde, Le Figaro) et pour l'édition et la presse jeunesse (Hatier, Nathan, Parigramme).

  • Cette histoire pourrait être intitulée Les Malheurs de Marco Bueli. Qu'on se rende compte : trois licenciements à 36 ans quand on est issu d'une grande école d'ingénieur ! Il faut dire qu'il a tout pour agacer, faire des envieux, car cet homme est beau, très beau. Mais il est fatigué de faire des sourires, de séduire malgré lui et de finir par se faire avoir. Marco a décidé de se défendre et d'aller en justice pour discrimination liée à l'apparence physique. Après tout, les Américains ont montré la voie et la législation française le permet. Croyez-le, sa beauté ne l'a pas aidé dans sa carrière, il a souffert.

    À travers le personnage du sublime Marco Bueli et de sa détermination à obtenir réparation, ce roman dépeint ironiquement les excès d'une politique de lutte contre les discriminations qui permet, aujourd'hui, à tout un chacun de se considérer comme victime, légitime à se plaindre. Dans la continuité de ses précédents romans, Emmanuelle Heidsieck pointe ici avec acuité le démantèlement du modèle social français face à la montée de l'individualisme. La concurrence des plaintes entre les discriminés de tous ordres n'annonce-t-elle pas la dislocation de la société ?

    Emmanuelle Heidsieck est une romancière qui mêle la fiction littéraire aux questions politiques et sociales et décrit, souvent de façon grinçante, des héros se débattant dans un monde qui tourne de moins en moins rond.
    Trop beau est son cinquième roman après À l'aide ou le rapport W (Inculte 2013, réédition en janvier 2020), Il risque de pleuvoir (Le Seuil, Fiction & Cie, 2008), Notre aimable clientèle (Denoël, 2005) et Vacances d'été (Léo Scheer - LaureLi, 2011).

  • Que vous soyez manager ou responsable RH, débutant ou aguerri, la conduite d'un entretien est un exercice souvent complexe qui mobilise de nombreuses compétences et une écoute active de son interlocuteur.

    Comment préparer un entretien ? Comment le mener efficacement ? Quelles sont les questions autorisées ? Quelle attitude adopter ? Comment faire passer des messages ? ...

    Toutes ces questions (et bien d'autres) se posent concrètement dès qu'il s'agit de recruter, intégrer, évaluer, déléguer, recadrer, gérer un départ...

    Indispensable pour la mise en place des entretiens en lien avec la politique RH de l'organisation, cet ouvrage vous permettra de mieux appréhender les techniques de communication verbales et non verbales en situation de face-à-face.

    Inspirées par de nombreuses situations vécues, et fortes de leur double expertise opérationnelle en entreprise, les auteures partagent avec vous, de manière simple et concrète, les clés des principaux entretiens qui jalonnent la vie de tout cycle de contrat de travail.

    10 entretiens RH traités en un seul livre : un guide indispensable pour vous accompagner au quotidien !

  • Les hommes ont-ils toujours travaillé ? Un métier, c'est pour toute la vie ? Le travail, comment ça s'organise ? Au travail, on s'habille comme on veut ? Quand je travaillerai, je serai riche ? Pour tout savoir sur l'emploi, la formation, l'apprentissage, les métiers, les syndicats... et la place du travail dans notre vie et dans nos sociétés !

  • Quelque part au XXIe siècle... L'enfance dorée de Nelly Weatherly, une fillette impulsive, sournoise et gâtée à outrance par son père Phil, risque de prendre une tournure dramatique, alors qu'on lui diagnostique une maladie potentiellement mortelle et, surtout, incurable. Heureusement, bien avant sa naissance, son papa avait prévu le coup et, dans le plus grand des secrets, il avait chargé une entreprise de lui créer un double anonyme grâce à un protocole en marge des lois que l'on appelle Creator. Enfermée comme un animal dans une sorte de prison, la copie de Nelly vit dans des conditions inhumaines en attendant qu'on lui prélève des « pièces de rechange ». Mais lorsqu'une infirmière décide de soustraire celle qu'elle surnomme Laura à son destin, une course mortelle contre la montre s'engage. Dans un monde où la science prend parfois des détours qui peuvent sembler immoraux, Le Pacte interdit nous force à nous questionner sur l'abandon des valeurs humaines les plus fondamentales. Alors que les limites de plus en plus floues de cette science sont définies puis redéfinies à la hâte, on peut se demander si l'Humain a toujours confiance en la nature et si parfois, il ne devrait pas se faire une raison avant de corriger ce qu'il juge inacceptable.

  • Il n'y a pas si longtemps, Européens et Américains s'enorgueillissaient de leur attitude éclairée, faite de tolérance et de compréhension, à l'égard des religions. Aujourd'hui, il semble que les choses aient changé, singulièrement à propos de l'islam. De nombreux pays d'Europe ont éprouvé le besoin de légiférer le port du foulard islamique. En France, depuis 2004, les filles n'ont pas le droit de porter le foulard à l'école. Au Kosovo, où la popu¬lation musulmane est importante, la même interdiction prévaut. Dans certaines régions d'Allemagne, de Hollande, d'Espagne et de Belgique, les enseignantes dans l'exercice de leur fonction ne sont pas autorisées à porter le voile, alors que les religieuses et les prêtres ont la permission d'enseigner en habit.
    Cinq arguments sont au coeur de tous les débats sur l'interdiction de la burqa. Tous reposent sur des contradictions qui favorisent, tacitement, les pratiques majoritaires et sont discriminatoires à l'égard des minorités. Au terme d'une analyse exemplaire de clarté et de rigueur, ce livre nous invite à dépasser la peur des religions et à interroger nos propres préjugés - même lorsqu'ils empruntent les habits flatteurs de l'exception française.

  • «Les libéraux n'aiment pas les femmes.» Voilà une proposition qui fait sourciller : les libéraux disputeraient donc aux conservateurs l'éminent privilège de s'attaquer aux droits et libertés des femmes ? C'est là le dur constat de ce petit livre. En s'en prenant à la santé publique, à l'éducation, aux garderies et aux groupes communautaires, les politiques d'austérité du gouvernement Couillard frappent les femmes plus durement que quiconque.

    Si les libéraux n'aiment pas les femmes, c'est parce qu'ils gouvernent par et pour les nombres. Les « vraies affaires » - l'atteinte du déficit zéro en tête - relèvent d'une logique purement « économique ». Quantitative, implacable, elle est imposée sans haine ni mépris. Le sort que l'austérité réserve aux femmes s'explique par cette odieuse indifférence qui, ultimement, fera ployer l'ensemble de la population.

  • « D'où tu viens ? » est sans doute la question que l'on pose le plus aux Noirs de France, celle qui arrive le plus spontanément dans la conversation. « D'où tu viens ? » demande l'ami d'ami à une soirée, la voisine de table à un repas, le collègue qui prétend faire connaissance, le parfait inconnu. Je suis sur une plage au Portugal. Une jeune Française me saute dessus. « Comme vos enfants sont beaux ! D'où venez-vous ? » J'ai envie de lui répondre : « Comme toi, de France ! »

    À six ans, Isabelle découvre qu'elle est noire. Elle rêve d'incarner Marie dans la crèche vivante de son école, elle sera Balthazar, le roi mage venu d'Afrique. Pour cette petite fille élevée dans un quartier chic de Paris, c'est un choc. Le racisme au quotidien fait irruption dans sa vie.
    De Paris à Abidjan, des bancs de l'école catholique aux coulisses de la télévision, Isabelle Boni-Claverie se raconte. Femme noire issue d'un milieu privilégié, elle doit pourtant se rendre à l'évidence : en France, la classe n'efface pas la race. Sa plume vive et acérée entremêle ce récit à celui du destin incroyable de son grand-père, Africain devenu magistrat de la République française dans les années 1930 et époux d'une jeune fille de Gaillac, première femme de sa ville à épouser un Noir.
    Avec sensibilité, Isabelle Boni-Claverie nous amène à nous interroger sur notre rapport à l'altérité. Tour à tour drôle, sans concession, émouvante, elle finit sur une note optimiste en nous proposant de faire le pari d'une égalité réelle.

  • Les discriminations de sexe sont ancrées dans nos sociétés. Comment expliquer leur persistance dans des économies capitalistes qui se développent au sein d'un espace démocratique ? Comment déceler, prouver et mesurer ces discriminations ? Qu'en est-il des inégalités de salaires entre les femmes et les hommes ? La mixité à l'école est-elle un vecteur d'inégalités ? Le recours croissant à la notion de diversité n'est-il pas un moyen de contourner l'interdiction de discriminer ? Comment interpréter l'évolution des normes juridiques dans le droit international, communautaire et français ? L''Europe joue-t-elle un rôle moteur ? Les politiques publiques sont-elles efficaces pour lutter contre les discriminations ou bien, au contraire, en produisent-elles ?
    Afin de conceptualiser et de mesurer les discriminations entre les femmes et les hommes, sont réunies ici les approches théoriques et empiriques de seize chercheurs-es issus-es d''horizons divers : philosophie, économie, droit, sociologie, science politique, psychologie, etc.
    Au moment où l''enseignement et la recherche sur le genre se déploient en France, ce livre croise les regards portés par les différentes disciplines des sciences sociales sur les discriminations entre les sexes, et invite au débat sur une question qui est toujours d''actualité.

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