• Dieu est mort

    Damien Ruzé



    Une tueuse d'enfant expose en temps réel ses faits et gestes, un flic - au passé déchiré et aux méthodes surannées - mène l'enquête.

    ` Il est malade ton chien ou quoi !?'
    Bingo. Quelle phrase ! Quelle putain de phrase ! Marcher vers l'animal qui tente de re décoller avant de choir à nouveau, groggy, camé, réacteurs coupés. Plus la force d'aboyer. "On", puis "off". Plus d'énergie. D'électricité. S'agenouiller près du bestiau et l'inspecter. Entendre la fillette en route vers moi, petits pas froissant l'herbe. Fermez les yeux. Deux secondes. Compter. Un, un, deux, deux. Relever la tête. Last call. Scanner le paysage. Tout le paysage. Le disséquer. Pas de blip sur le radar. Personne. Un miracle. La dernière touche. Humer le parfum du jeune corps femelle qui pose un genou à terre et prend dans ses mains la grosse gueule aux yeux révulsés. Action. Paume à l'arrière du crâne. Doux contact des cheveux couleur paille. Bouton de rose des lèvres qui articule un "Que..." interrompu et angoissé. Avorté. Canule. Geste vif. Précis. Professionnel. Vaporisation savamment calibrée. Un seul pschittt suffit. Effet instantané. L'organisme qui se fige. Pupilles à la retourne.
    Bras de Morphée. Charger l'enfant endormie sur l'épaule comme un gibier. Reculer sans précipitation jusqu'à l'orée. Bruit des ronces griffant mes jeans, comme une fermeture éclair que l'on zipperait. Réfugiée à l'abri de la canopée, pivoter et descendre à fond de train le goulet dévalant jusqu'au Range en se retenant de hurler.
    Damien Ruzé vient de publier son premier roman « Fin d'Amérique » chez Krakoen. Ska a déjà publié une nouvelle « Hauts-Lieux », voici « Dieu est mort ». Une descente au coeur du mal. Un récit terrifiant au style halluciné. Un grand texte noir, un auteur à suivre.

  • Un trou dans l'Ohio

    Nigel Greyman


    Karl Gut traque les criminels et les « poulettes »... La troublante Butterface lui joue un mauvais tour... Premier épisode de la série.
    Je venais de quitter Gulch City, en quatrième vitesse, la glace au cul. Le mec de la donzelle que j'avais sautée cette nuit-là est rentré du boulot avant l'heure du laitier. Je n'ai pas attendu que la trotteuse de ma tocante fasse le tour du cadran, j'ai pris mes cliques et mes claques, pour dire plus court, je me suis cassé à toute blinde. La dernière fois, c'était à Zemy, un faubourg de Tampa. Certes je suis un champion de sauter de fenêtre, à poil, liquette, jean et santiags à la main. Mais comme j'accumule des ans au compteur, arrivera le jour où la raideur de mes articulations me jouera un sale tour de vache. C'est le sort qui attend un queutard invétéré comme moi ; ce coup-ci, il a été moins une que je prenne une décharge dans le dos comme un traître à qui on règle son compte. La gerbe de plombs a sifflé juste au-dessus de ma tête avant d'éclabousser les feuillages de mille impacts. Heureusement, ma caisse a démarré à la première sollicitation. Pied au plancher, direction : ailleurs, et loin. Dans le rétroviseur, j'ai vu le cocu sur la route agitant au-dessus de sa tête un méchant fusil à pompe. J'ai rigolé de cette guignolade et juré que j'étais un sacré fumier de veinard, un méchant enculé de baiseur !
    Nigel Greyman nous présente un nouveau personnage récurrent :Karl Gut, chasseur de primes. Voici le premier épisode de la série de ces aventures érotico-rocambolesques aux States durant les années « Peace and love », version Cul...issime, bien entendu ! Greyman, traduit par Max Obione, c'est comme un shoot, on devient immédiatement accro. Prochain épisode : « Chica go home ! »

empty