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    Gaetan Brixtel

    • Ska
    • 1 Mars 2017

    Parmi les séquelles qu'une mère indigne dépose dans l'esprit d'un enfant martyre, on trouve la pulsion conduisant à la pire extrémité... C'est alors qu'Élise percevait le couinement des gonds. L'ombre de la dame, qui se précipitait en quelques pas sourds à son chevet ; la fillette tentait d'appuyer sur l'interrupteur ; trop tard ! Elle avait à peine le temps d'apercevoir deux yeux haineux et striés de veinules apparaître dans une violente clarté jaunâtre, qu'une main noueuse comme des serres d'aigle dévissait l'ampoule. L'autre main se plaquait sur sa bouche. « Crie ! », menaçait sa mère, « ose crier ! » Les doigts pointus s'enfonçaient dans ses joues. - Tu es moche ! Personne ne t'aime ! » En pleine liquéfaction, Élise avait mouillé son drap, des larmes roulaient sur sa figure tordue de terreur. Si l'enfant martyre est une figure maintes fois rencontrée en littérature noire, c'est dans la manière de la traiter que réside l'intérêt de la nouvelle de Gaëtan Brixtel dont le style s'affirme au fil des publications. EXTRAIT Comme beaucoup de monde, Richard adhérait à la croyance populaire selon laquelle les mauvaises nouvelles arrivent par courrier, et les bonnes par téléphone. Le coup de fil qu'il reçut en fin d'après-midi lui prouva le contraire. « M. Balmain ? C'était bien lui... - M. Desmarais à l'appareil, le directeur de l'EHPAD Saint-Vincent. Ce n'était pas un appel de courtoisie. Richard le pressentit à la tonalité inhabituellement raide de son interlocuteur. - C'est au sujet de votre femme. Elle est décédée. » À PROPOS DE L'AUTEUR Après une belle carrière d'étudiant raté - notamment comme Illettré Moderne - Gaëtan Brixtel se découvre une vocation en devenant agent de bibliothèque par accident, et compte bien le rester avec l'aide de Dieu (ou de son conseiller en insertion). Il écrit des histoires depuis qu'il sait qu'on peut le faire. Sa première nouvelle publiée par le Village du Livre de Cuisery l'incite à penser qu'il ne perd pas complètement son temps. Il participe de temps à autre à des concours qui, hélas, renâclent un peu à l'odeur de joints et de cadavres en putréfaction. En 2014, il soumet une nouvelle aux éditions Ska, et - Ô miracle, Ô jour du seigneur ! - elle est acceptée. Bref, si vous entendez parler de lui, c'est purement par hasard...

  • Ce récit nous livre, à l'état brut, sans pathos, les étapes qui vont conduire Sacha de l'exclusion familiale à l'exclusion scolaire puis sociale. Les mots sont là, juste pour le dire. Seule note d'espoir, l'amour, et les valeurs qui s'y rattachent, a tissé un fil entre lui et les êtres qui ont croisé sa route et l'ont aimé, un fil qui l'a empêché de sombrer définitivement et qui maintient au fond de son coeur une lueur d'espérance.

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