• La répartition des richesses est l'une des questions les plus débattues aujourd'hui. Pour les uns, les inégalités n'en finiraient pas de se creuser dans un monde toujours plus injuste. Pour les autres, on assisterait à une réduction naturelle des écarts et toute intervention risquerait de perturber cette tendance harmonieuse. Mais que sait-on vraiment de l'évolution des inégalités sur le long terme ? En réalité, les analyses économiques supposées nous éclairer se fondent plus souvent sur des spéculations théoriques que sur des faits établis.

    Fruit de quinze ans de recherches, cette étude, la plus ambitieuse jamais entreprise sur cette question, s'appuie sur des données historiques et comparatives bien plus vastes que tous les travaux antérieurs. Parcourant trois siècles et plus de vingt pays, elle renouvelle entièrement notre compréhension de la dynamique du capitalisme en situant sa contradiction fondamentale dans le rapport entre la croissance économique et le rendement du capital.

    Si la diffusion des connaissances apparaît comme la force principale d'égalisation des conditions sur le long terme, à l'heure actuelle, le décrochage des plus hautes rémunérations et, plus encore, la concentration extrême des patrimoines menacent les valeurs de méritocratie et de justice sociale des sociétés démocratiques.

    En tirant de l'expérience des siècles passés des leçons pour l'avenir, cet ouvrage montre que des moyens existent pour inverser cette tendance.

  • L'OEuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique annonce, dès son titre, le tournant opéré par la modernité : Benjamin montre dans cet essai lumineux que l'avènement de la photographie, puis du cinéma, n'est pas l'apparition d'une simple technique nouvelle, mais qu'il bouleverse de fond en comble le statut de l'oeuvre d'art, en lui ôtant ce que Benjamin nomme son "aura". L'auteur met au jour les conséquences immenses de cette révolution, bien au-delà de la sphère artistique, dans tout le champ social et politique. Un texte fondamental, dont les échos ne cessent de se prolonger dans les réflexions contemporaines.

  • Au milieu d'une brillante interprétation, le pianiste de renommée internationale Marek Olsberg interrompt brutalement son jeu avec un simple : "C'est tout" et abandonne la salle. Ce micro-événement sera le grain de sable qui va bouleverser plusieurs vies. Un grandiose roman polyphonique sur les tours que nous joue le destin.

  • Pour chaque " entrée ", les auteurs ont également pris le parti de ne pas revenir sur les aspects classiques du proustisme (il existe de nombreux dictionnaires qui s'acquittent déjà, et admirablement, de cette mission), mais de pointer des bizarreries, des " angles ", des " curiosa " inédites : de " A " comme Agonie, à " Z " comme " Zinedine de Guermantes ", de " Datura " à " Rhinogoménol ", de " Kabbale " à " Asperge ", de " Plotin " à " Schopenhauer " ou " Walter Benjamin ", ils se sont ainsi amusés à parler du Proust qu'ils vénèrent depuis toujours, de sa biographie autant que de son génie d'écrivain, veillant chaque fois à apporter de la " valeur ajoutée " à leur texte. Les proustiens de coeur y trouveront leur compte, ainsi que les proustologues de tête. De nombreux extraits de correspondance et de l'oeuvre elle-même sont reproduits dans ce " D.A " volontairement facétieux, érudit et, espérons-le, aussi savant que divertissant.

  • Paris, capitale du XIXe siècle constitue l'exposé programmatique de l'oeuvre de Benjamin : le livre des passages. Tous les thèmes de ses recherches y sont présentés sous une forme concise : le flâneur, les passages, l'architecture comme concrétisation de l'idéologie d'une époque, la figure emblématique de Baudelaire, la mode, l'intérieur, etc. Le tout est une tentative d'interprétation globale du XIXe siècle et de son équivoque modernité.

  • Voilà que les sciences sociales contemporaines se prennent de passion pour les « émotions ». Mais le risque est grand que ce « tournant émotionnel » les fasse tomber dans un individualisme sentimental qui porte à son comble labandon des structures, des institutions et des rapports sociaux, par construction coupables de ne pas faire de place aux choses vécues.Comment articuler les affects et les désirs des hommes avec le poids de détermination des structures ? Comment penser ensemble ces deux aspects également pertinents et manifestement complémentaires de la réalité sociale, que rien ne devrait opposer en principe ? Tel est le projet dun « structuralisme des passions » qui fait travailler les concepts fondamentaux de Spinoza le conatus et les affects dans la pensée de Marx, Bourdieu et Durkheim. Et qui livre par là une nouvelle perspective sur la part passionnelle des structures du capitalisme et de leurs crises.Économiste devenu philosophe, Frédéric Lordon sattache au fond par ce travail à la « réfection de nos sous-sols mentaux ». Parce que seule la destruction du socle métaphysique de la pensée libérale permet de concevoir que le déterminisme structural nest nullement incompatible avec une pensée de la transformation sociale.Directeur de recherche au CNRS, Frédéric Lordon est notamment lauteur de LIntérêt souverain (2006), J usquà quand ? Pour en finir avec les crises financières (2008), Capitalisme, désir et servitude (2010) et Dun retournement lautre (2011).

  • « Tous les enfants, hormis un seul, grandissent. »
    Dans la nuit londonienne, un enfant parti à la recherche de son ombre vient réveiller Wendy et ses deux frères. Qui est-il et d'où vient-il donc, ce garçon vêtu de feuilles qui ne connaît pas son âge et ignore ce qu'est un baiser ?
    Intrigués par Peter Pan et par la fée Clochette qui l'accompagne, les trois enfants les suivent au pays de l'Imaginaire, sur une île merveilleuse, où les enfants perdus, le capitaine Crochet et de nombreuses aventures les attendent.
    Mais peut-on se réfugier dans l'imaginaire pour toujours et refuser de devenir adulte ?
    o Objet d'étude : Imaginer des univers nouveaux
    o Dossier pédagogique spécial nouveaux programmes
    /> o Prolongements : Illustrer Peter Pan - Rencontre avec un pirate : L'Île au trésor de Robert L. Stevenson
    Classe de cinquième.

  • Dans une épigramme adressée à sa femme, Martial écrivait : « Je veux bien que tu sois une Lucrèce pendant le jour tout entier, mais cest une Laïs quil me faut la nuit. » Ce vers décrit tout le paradoxe de lérotisme féminin dans lAntiquité romaine.

    Comme une même femme ne pouvait pas être tout à la fois le parangon de la chasteté et une amante dépravée, Virginie Girod montre que les femmes furent classées en catégories et comment leur statut social encadrait leur vie sexuelle en fonction de règles morales établies par les mythes politiques romains et par la religion. La femme mariée, la matrone, se trouvait cantonnée dans un rôle reproducteur dénué de sensualité. Cétait aux prostituées (esclaves, affranchies ou plus rarement libres) quil incombait de distraire sexuellement les hommes.
    Alors, le corps féminin érotique et le corps féminin reproducteur étaient-ils deux choses résolument différentes ? Comment les femmes vivaient-elles la sexualité au quotidien ? Quelles pratiques étaient autorisées ou non et pour qui ? Les grandes figures féminines de lEmpire telles que Messaline ou Agrippine la Jeune étaient-elles représentatives de la vie quotidienne de toutes les Romaines ? Finalement, les Romains étaient-ils des débauchés prêts à toutes les transgressions pour leur plaisir ou ont-ils posé les jalons des normes qui ont régi, des siècles durant, la sexualité occidentale ?
    À laide dune documentation considérable, Virginie Girod répond à ces questions pour apporter une nouvelle réflexion sur la condition de la femme romaine.

  • Stilettos, sweat en néoprène Marc Jacobs, mini-short fluide en mousseline, chignon bas. La mode a ceci d'original qu'elle ne confère nulle utilité pratique aux choses utiles, en l'occurrence se chausser et se protéger du froid. Elle est fondamentalement arbitraire. Et c'est ainsi qu'elle exerce pour Simmel son empire. Elle n'est pas un besoin vital mais un besoin social. Ou, plutôt, elle résulte de deux besoins sociaux contradictoires : l'instinct d'imitation et l'instinct de différenciation. L'homme manifeste dans le choix de ses vêtements son appartenance à un groupe. Il s'adapte à travers eux au rôle que lui assigne la communauté dans laquelle il vit. Mais dans le même temps, il ressent le besoin de se différencier, d'accuser au cur de la société son individualité. Adopter un style d'une autre communauté, c'est d'emblée se détacher de son groupe d'origine. En raison de la variété de ses contenus, la mode d'aujourdhui affirme sa singularité par rapport à celles d'hier et de demain. Mais elle le fait d'autant mieux qu'elle marque ainsi la différence de classes. D'après Simmel, la classe moyenne serait la plus sensible à ses caprices. Prompte au changement, elle se reconnaît dans ce qui est le moteur de la mode : créer un présent sans cesse mouvant, comme toute marchandise.

  • En 399 av. J.-C., Socrate est condamné à mort par la respectable cité d'Athènes. Comment ce modèle démocratique en est-il venu à exécuter « le meilleur, et aussi le plus sensé et le plus juste » des hommes (Phédon) ? Épisode fameux de l'Athènes classique, la condamnation du philosophe devient le péché originel de la démocratie et donne naissance à la figure de l'intellectuel victime de l'obscurantisme.
    Paulin Ismard mène une enquête fouillée et captivante sur l'événement qu'a constitué le procès de Socrate, et sur l'écho ininterrompu qui l'a suivi. Éclairant avec rigueur les raisons historiques de sa condamnation - la subversion socratique résidait tant dans les positions politiques du philosophe que dans son mode de vie et sa pédagogie -, l'auteur scrute ensuite les multiples lectures qui l'accompagnent : des Pères de l'Église aux sans-culottes, de Diderot à Maurras, tous, jusqu'à nos jours, ont observé leur époque au prisme de Socrate.
    Prix du Sénat du livre d'histoire 2014.

  • Détonnantes coïncidences atomiques et cosmiques ont permis à lUnivers de sorganiser, senrichir et nous donner naissance. Du noyau de carbone aux profondeurs de la planète, du rayonnement fossile aux mystérieux neutrinos, que détranges phénomènes ont contribué à la complexité du monde ! Mais sa richesse et sa beauté sont désormais mis en péril sur Terre par lHomme, devenu la principale menace pour son environnement, pour la biodiversité, et finalement pour lui-même. Comment concilier la belle-histoire de lUnivers et la moins-belle-histoire de lHumanité ? Nous offrant lune et lautre en parallèle, Hubert Reeves met son talent de conteur de science au service de notre nécessaire prise de conscience. Sans nous masquer la gravité de la crise écologique, il relève les signes dune réaction qui nous permet despérer un avenir plus vert.Hubert Reeves, astrophysicien, enseigne la cosmologie à Montréal et à Paris. Il a publié au Seuil de nombreux ouvrages dont Patience dans lazur, Poussières détoiles, Mal de Terre, Chroniques cosmiques, LUnivers expliqué à mes petits-enfants, qui ont rencontré la faveur dun très large public. Il préside lassociation Humanité et Biodiversité.

  • Traité politique

    Baruch Spinoza

    Le Traité politique tire toutes les conséquences de L'Éthique : après avoir abordé l'individualité, Spinoza s'attaque la vie de l'homme en société. Il retrace la genèse de la constitution politique d'un groupe. Il montre comment le droit de préserver sa vie prend le pas sur celui de vivre selon son gré. Chacun doit céder à autrui le pouvoir de le gouverner. Et cet autre se doit d'assurer la sécurité et le bien de son subordonné. Cest alors l'instauration du droit civil. L'état civil n'existe que pour empêcher l'exercice du droit naturel, prompt à semer la discorde. Le pouvoir doit à cet égard garantir une égalité de principe entre les hommes. Spinoza ouvre là tout un horizon politique : le "communisme de la raison". Ou comment penser une société afin d'éviter qu'elle ne dégénère et tyrannie et qu'il y règne paix et liberté. Écrit peu avant la mort de son auteur, ce Traité condense les principes fondamentaux de sa philosophie et hisse Spinoza en précurseur des philosophes français du XVIIIe siècle. En prenant le parti de ne pas traduire imperium en français, Bernard Pautrat marque une rupture avec toutes les traductions précédentes. Par ce choix radical, il rend toute la profondeur philosophique et politique du Traité, qui défend le droit "défini par la puissance de la multitude".

  • À quel âge votre enfant a-t-il prononcé sa première phrase ? Son vocabulaire aussi précis est-il que celui d'un adulte ? Vous pose-t-il, à 4 ou 5 ans, des questions existentielles presque philosophiques? Son regard sur le monde est-il acéré ?Pour la toute première fois, un livre s'intéresse à la petite enfance du surdoué, de la naissance à six ans. Truffé de témoignages il vous aidera à l'accompagner pas à pas, sans « forcing », mais en développant toutes ses intelligences- : émotionnelle, relationnelle, sensorielle... Car ce qui compte, n'est-ce pas avant tout son épanouissement ?Sophie Carquain et Monique de Kermadec proposent également d'anticiper son avenir : Quel mode de garde ? Quelle école ? Doit-on procéder à un (voire deux) sauts de classe ? Quel test utiliser ? Comment éviter l'ennui et stimuler son sens de l'effort ?...Car ce n'est pas à la « grande école » que tout débute mais bel et bien maintenant. Dès les toutes premières années.

  • Transfert et introjection de Sándor Ferenczi Traduit par Judith Dupont, avec la collaboration de Philippe Garnier Préface de Simone Korff-Sausse Éditions Payot C´est en s´interrogeant sur la nature du transfert que Sándor Ferenczi crée en 1909, avec la notion d´introjection, l´un des plus importants concepts de la psychanalyse. Ce processus psychique, qui consiste à intégrer quelque chose ou quelqu´un ou des aspects de quelqu´un à l´intérieur de soi, questionne les limites du soi et de l´autre, les frontières entre le dehors et le dedans. Freud élaborera sur cette base sa théorie des identifications ; Melanie Klein, le concept d´identification projective ; Wilfred Bion, sa réflexion sur la communication interhumaine ; Maria Torok et Nicolas Abraham, les notions de crypte et de fantôme - et s´en trouveront éclairés les pathologies du narcissisme, la vie psychique des tout-petits, les mécanismes de l´intersubjectivité, du transgénérationnel, du contre-transfert, de l´empathie ou du travail de deuil.

  • Proust contre Cocteau

    Claude Arnaud

    • Grasset
    • 4 Septembre 2013

    Peu d'écrivains se sont autant aimés, enviés et jalousés que Proust et Cocteau. Très peu établirent une relation affective et sensible aussi riche, on l'ignore parfois. Tel un frère élevé une génération plus tôt, Proust montrait une admiration sans borne pour ce cadet qui le faisait rire aux larmes et manifestait à 20 ans le brio et la faculté qui lui manquaient encore, à près de 40 ans. Il l'aima d'un amour impossible et frustrant, comme tant d'autres avant lui...Comment la situation s'est-elle retournée ? Pourquoi Proust pèse-t-il tant sur un paysage littéraire que Cocteau semble toujours traverser en lièvre, un siècle plus tard ? Aurait-il contribué à lui nuire ? Le premier des autofictionneurs aurait-il eu besoin d'éliminer ses modèles ?Vénérons le saint littéraire, apprenons à connaître l'assassin.

  • Daté de 1839, ce pamphlet paraît aujourd'hui absolument prémonitoire : "deux littératures coexistent dans une proportion bien inégale et coexisteront de plus en plus", y déplore Sainte-Beuve. Deux littératures : l'une, commerciale, l'autre, l'expression délicate du talent, propice à engendrer des monuments. À l'émergence de la première, plusieurs facteurs : le développement de la réclame dont peut dépendre le succès dun livre, l'"émulation effrénée des amours-propres" ou encore, plus simplement, la volonté de vivre de sa plume. L'auteur aborde des questions brûlantes à son époque mais qui nont pas cessé depuis de consumer la littérature, à savoir le mercantilisme, la collusion dintérêts entre auteurs et journalistes ou encore la démocratisation du métier décrivain. Sil se résigne à cette dernière, Sainte-Beuve désapprouve le style qui en découle. Lui défend la "bonne" littérature, celle qui serait le fruit d'un travail acharné et désintéressé. Organiser la vie des lettres, c'est tuer le talent ou, pis, l'inspiration. L'industrie culturelle qui gangrène la littérature est ici pressentie. Cette même industrie qui sera dénoncée par Benjamin et Adorno près d'un siècle après ce manifeste.

  • Celte, romaine, puis wisigothique, musulmane et chrétienne, théâtre de l´Inquisition, première puissance coloniale du monde à la Renaissance, patrie du Cid, de Cervantès, de la corrida et de la movida, l´Espagne est le berceau d´une histoire d´une extraordinaire richesse. Ce pays si voisin du nôtre et apparemment si familier a connu un destin singulier en Europe. La présence prolongée de l´islam en son coeur, la force séculaire des identités régionales, la forme sombre et exclusive que le catholicisme y a prise à la fin du Moyen Âge, l´incapacité de la monarchie à se réformer, la guerre civile qui s´étend du début du XIXe siècle jusqu´à ce que nous appelons la guerre d´Espagne, la transition démocratique imposée de manière quasi autoritaire par le roi Juan Carlos à partir de 1975 : autant de traits qui ont modelé l´Espagne et que ce livre explore en compagnie des meilleurs spécialistes, français et espagnols.

  • « L'Introduction à l'étude de la médecine expérimentale est un peu pour nous ce que fut, pour le XVIIe et le XVIIIe siècles, le Discours de la Méthode. Dans un cas comme dans l'autre, nous nous trouvons devant un homme de génie qui a commencé par faire de grandes découvertes, et qui s'est demandé ensuite comment il fallait s'y prendre pour les faire : marche paradoxale en apparence et pourtant seule naturelle, la manière inverse de procéder ayant été tentée beaucoup plus souvent et n'ayant jamais réussi. » Henri Bergson En couverture : Portrait de Claude Bernard par Pierre Petit © Adoc-photos.

  • Ce livre est la première synthèse sur les gauches françaises, du XVIIIe siècle à nos jours, des philosophes des Lumières à François Hollande. Il montre ce que la gauche a retenu de chaque période historique : lidée de progrès du XVIIIe siècle finissant, les droits de lHomme de la Révolution, le parlementarisme de la monarchie censitaire, le suffrage universel de 1848, la laïcité de la IIIe République, la civilisation du travail du Front populaire, la patience du pouvoir de François Mitterrand. Pour finir, il distingue quatre gauches : libérale, jacobine, collectiviste, libertaire.
    Cette édition au format de poche de luvre magistrale de Jacques Julliard reproduit intégralement lédition originale, à lexception des portraits croisés des hommes politiques, qui scandaient le récit, et qui feront lobjet dune édition ultérieure.
    Les Gauches françaises fera date pour ses analyses brillantes et novatrices de notre histoire politique et intellectuelle, et a déjà été couronné de nombreux prix, dont le prix Jean Zay, le prix de luvre politique de lannée 2012 et le grand prix Gobert 2013 de lAcadémie française.

  • « M. Beaumord était un instituteur zélé. Devançant un désir à peine formulé par ses supérieurs, il a, durant lhiver 1895-1896, donné dans son école de Morterolles, petit village de la Haute-Vienne de 643 âmes, une série de dix conférences destinées aux adultes.
    M. Beaumord était un instituteur talentueux. À lévidence, il passionnait son auditoire.
    M. Beaumord était un instituteur vaniteux ; sinon, il naurait pas éprouvé le besoin de publier, dans Le Nouvelliste de Bellac, les thèmes de ses dix conférences et leffectif masculin et féminin de chacun de ses auditoires.
    M. Beaumord nest pas lobjet de ce livre. Grâce à lui, nous pouvons tenter dimaginer lappétit de savoir qui poussait des cohortes obscures à venir lentendre, dans les nuits froides de lhiver. » Avec ce livre savoureux, fruit comme Le Monde retrouvé de Louis-François Pinagot dun minutieux travail darchives, Alain Corbin redonne vie à un cycle de conférences oubliées depuis plus dun siècle. En prêtant sa voix à un instituteur de la IIIe République, lhistorien reconstitue, pour nous, lécho dun monde disparu.

  • Alors que les soulèvements armés et les attentats continuent de survenir un peu partout dans le monde, il importe de s'interroger sur la légitimité de la violence comme forme d'intervention publique, qu'elle soit l'oeuvre des groupes militants ou celle des forces étatiques.

    Dans le but de préciser les enjeux fondamentaux liés à ce phénomène, cet ouvrage revient sur les décennies agitées de 1960-1970 qui, plus que toute autre période récente, permettent d'en comprendre les ressorts.

  • Le bonheur est-il dans le plaisir, comme le pense Épicure, ou bien consiste-t-il, ainsi que l´affirme Aristote, dans « une vie conforme à la vertu » ? Ne le possédons-nous, avec Augustin, que « dans l´espérance », selon « un progrès perpétuel » (Leibniz) ou est-il, comme le dit joliment Albert Camus, « un hasard qui se prolonge » ?Qu´il s´agisse d´en définir la nature, les modalités ou encore la vanité de sa recherche, les philosophes ont écrit sur le bonheur des réflexions aussi riches que variées. C´est le sujet que chacun entend trancher sans parvenir jamais à l´épuiser.À travers un choix original de textes philosophiques, classiques ou peu connus, cette anthologie originale propose à chacun, plutôt que d´improbables recettes du bonheur, de reprendre pour lui-même - en philosophe - l´énigme de ce qui semble bien la grande affaire de l´humanité.

  • Le livre D´Arturo Toscanini à Simon Rattle, Christian Merlin campe ici cinquante portraits de chefs d´orchestre parmi les plus mythiques du XXe siècle. Avec un grand sens du récit et de l'anecdote significative, il retrace la vie et la carrière de chaque chef, en même temps qu´il donne les clés de son art et les principaux éléments de sa discographie. Une extraordinaire galerie de portraits, qui constitue aussi une excellente introduction à l'art de la direction d'orchestre.

    37 morceaux de musique sont inclus dans ce livre numérique enrichi pour un total de huit heures de musique. Les oeuvres choisies font entendre les interprètes dans un moment particulièrement significatif de leur art.


    L'auteur Christian Merlin est critique musical au Figaro et pour la revue Diapason. Également maître de conférences en musicologie et études germaniques à l´université de Lille 3, il est l´auteur d´un ouvrage consacré aux musiciens d´orchestre, nourri par de longues années de fréquentation des instrumentistes et des chefs.

  • Le Nôtre ? Un nom connu de tous, indissociablement associé à un siècle, le XVIIe, à un roi, Louis XIV, à un art, celui des jardins. Mais que sait-on de lui ? Curieusement aucune véritable biographie ne lui a jamais été consacrée. André Le Nôtre, rompu à une Cour dont il a réchappé, semble s´être appliqué à brouiller les pistes, à effacer les traces de sa vie, pour ne laisser de lui qu´un portrait peint par Carlo Maratta sans rien savoir de son histoire et de ses tribulations épiques. Séduisant et déroutant, il échappe à tout classement. Son statut de jardinier ne correspond ni à l´ampleur de ses réalisations, ni à l´image de l´homme proche du roi. Au mépris de l´originalité, la complexité et la diversité de son oeuvre, Le Nôtre est solidement ancré dans l´imaginaire collectif en tant que père du jardin qualifié tantôt de « classique », tantôt de « français » ou « à la française ». Renouveler l´histoire de Le Nôtre, demandait de le resituer au sein du groupe social dont il est issu et de replacer son oeuvre au sein d´une administration, celle des Bâtiments du roi, à un moment unique de l´Histoire, celle de l´apogée de l´Absolutisme. C´est maintenant chose faite grâce à cette biographie extrêmement vivante, fruit de quinze années de recherches.

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