Bordas (réédition numérique FeniXX)

  • Par le rôle considérable qu'il a joué pendant la guerre civile, l'anarchisme espagnol continue d'être passionnément discuté et fait encore couler beaucoup d'encre. On connaît moins, par contre, sa longue histoire et ses rapports complexes avec les forces politiques et sociales qui ont façonné l'Espagne contemporaine. Cet ouvrage a pour but de décrire, aussi précisément que possible, le processus d'implantation et de développement de l'anarchisme dans une Espagne où, de 1868 à 1939, question nationale et problème social ont été inextricablement mêlés. Il utilise, à cet effet, les acquis les plus récents de la recherche historique et condense notamment, à l'intention du public de langue française, l'apport des spécialistes espagnols (dont les oeuvres les plus marquantes font l'objet d'une bibliographie commentée). Cinq chapitres permettront au lecteur de suivre l'évolution d'un mouvement qui, né du refus de toute compromission politique, finit par lier son destin à celui de l'Espagne républicaine en participant au gouvernement pendant la guerre civile. Une chronologie comparée met en correspondance la vie de l'organisation et les évènements auxquels celle-ci se trouve confrontée. Des textes, tirés de résolutions de Congrès et de manifestes, de souvenirs et de la correspondance de militants, donnent un aperçu de l'idéologie et de la pratique libertaires.

  • Ce livre retrace une phase importante de l'histoire d'Espagne, qui englobe tout le dernier quart du XIXe siècle. Quiconque veut comprendre pleinement la période contemporaine, quiconque s'intéresse aux ressorts profonds de la guerre civile de 1936-1939, est invariablement conduit à l'examen de ce passé encore proche qui détient les clefs du présent. L'auteur a voulu ici dégager les aspects capitaux des deux premiers règnes de la Restauration bourbonienne. Tout en opérant un choix dans la multitude des événements, des idées, des hommes qui ont marqué cette période, il cherche à donner la vision globale la plus complète et la plus exacte possible. À cette fin, il s'appuie sur les travaux anciens et récents les plus sérieux, tant en matière d'information que dans le domaine de l'analyse des faits. Cinq chapitres sont consacrés à l'exposé des thèmes politiques, économiques et sociaux les plus significatifs, qui permettront au lecteur de suivre l'évolution de l'Espagne, depuis l'échec de la révolution libérale de 1868, jusqu'au lendemain de la liquidation des vestiges de son empire colonial, après la défaite à Cuba et aux Philippines en 1898. Un panorama spirituel et culturel fait l'objet du sixième chapitre.

  • Peuple déraisonnable et exaltant de Cosaques galopant dans la steppe, d'impératrices impudiques et de tzars décapitant leurs ministres récalcitrants, d'où sont sortis ces Russes qui, de 1905 à 1917, "ébranlèrent" pour la seconde fois et après nos compatriotes le monde contemporain ? Sont-ce des monstres ou des demi-dieux que ces "sangs mêlés" s'il en fut, dont on ne sait plus si c'est l'originelle placidité finnoise qui l'emporte en eux ou la "virtù" normande, le solidarisme tribal des paysans-marchands de la Dniéprie antique ou l'égoïsme hautain, à la fois raffiné et impitoyable, des Barbares asiatiques ? Ne seraient-ils pas plutôt tout cela à la fois : les merveilleux bâtisseurs de cathédrales de Souzdal et de Novgorod et les adeptes fatalistes du "mektoub" musulman, les héroïques défenseurs, aux marches de l'Orient, de l'Occident chrétien et les adorateurs béats, révoltants d'aveuglement et de soumission, de leurs propres bourreaux ? La patrie de Dostoïevsky, ce premier grand romancier moderne, n'est-elle pas celle où l'on pend aux arbres les cheminots grévistes, et celle de Blok et de Scriabine, aux délicates évanescences, celle où le tzar à Pétersbourg, précédant Lénine à Kronstadt, règle d'odieuses répressions ? On a trop opposé la Russie d'avant et celle d'après le coup d'Etat d'octobre 1917 : on pourrait aussi y voir deux volets de l'âme et de l'histoire russes, l'apollinien (qui durera d'ailleurs, malgré les vicissitudes, jusqu'en 1930) et le dionysien (dont la naissance avait en fait pour date 1866 et les premiers attentats terroristes). S'il est un peuple complexe et passionnant et dont, malgré son actuel passage à vide, dépend probablement le destin du monde, c'est bien le peuple russe. Et pour comprendre qui étaient Lénine, Staline ou Krouchtchev, il faut savoir qui furent avant eux Ivan le Redoutable, Pierre le Grand, Catherine Il et même, en remontant plus haut, Alexandre Nevski et Yaroslav le Sage. Nous avons tâché dans ce petit livre de présenter la Russie passée sous la forme la plus condensée et la plus complète possible, tant pour le lycéen ou l'étudiant (très nombreux schémas, cartes et tableaux) que pour l"`honnête homme" désireux de se former une opinion impartiale sur ce beau et grand pays où l'espoir ne meurt jamais vraiment.

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