• En droit canonique, l'excommunication est une censure, une peine médicinale, qui vise à mener le pécheur à faire pénitence afin d'être réintégré dans le giron de l'Église. À la fin du Moyen Âge, l'excommunication apparaît aux yeux des réformateurs comme galvaudée par son usage courant pour des causes mineures, endettement ou contumace essentiellement. Quel est le poids réel de l'excommunication pour les fidèles qui l'endurent ? Sources normatives et liturgiques définissent l'excommunication comme une peine prononcée par les pouvoirs ecclésiastiques envers ceux qui sont rétifs à l'autorité de l'Église : l'excommunié est banni de la communauté des chrétiens jusqu'à ce qu'il obtienne son pardon. Mais les archives des officialités révèlent à la fois les usages réels de la censure, arme de l'Église pour défendre ses droits et surtout pour obtenir des fidèles un comportement conforme aux exigences chrétiennes, et la perception de l'excommunication par ces mêmes fidèles. L'attachement à la communauté est indéniable et l'excommunication abusive est vécue comme une atteinte à l'honneur de chacun, comme une mise en cause du lien social existant au sein de la paroisse. Cependant, les relations entre proches, parents, amis, voisins, dépassent la portée de l'excommunication, réduisent l'efficacité de celle-ci en maintenant l'excommunié au milieu des siens. L'idéal reste une participation pleine et entière à la vie liturgique paroissiale, par laquelle la communauté se forme et s'affirme. Abus de l'Église peut-être, mais l'excommunication est indéniablement un révélateur du lien existant entre l'Église et les fidèles en cette fin du Moyen Âge.

  • Chez la fille aînée de l'Eglise, on ne compte plus les princes condamnés par Rome. Riche en portraits et en anecdotes, voici une histoire de France hérétique. Une autre manière de lire la laïcité.
    Hugues Capet - Robert II - Philippe I - Louis V - Louis VII - Philippe II - Louis VIII - Louis IX - Philippe IV - Charles V - Charles VII - Louis XI - Louis XII - Henri III - Henri IV - Louis XIV
    La France fut peut-être " la fille aînée de l'Église ", mais les rois de France ne furent pas toujours des fils obéissants.
    Entre le Xe et le XVIIIe siècle, alors que régnaient les Capétiens, seize d'entre eux ont ainsi subi les foudres ecclésiastiques : l'interdit, ou pire, l'excommunication. Tous - même saint Louis ! - se sont un jour ou l'autre opposés à Rome, rejetant par exemple le concile de Trente, ou allant jusqu'à récuser l'infaillibilité du pape. Certains ont même refusé de participer aux croisades.
    C'est de cette volonté manifeste des rois de France d'imposer leur propre souveraineté, de leur refus radical d'être soumis à tous les pouvoirs étrangers (même aux puissances internationales de ces époques que furent le Saint-Siège ou l'Empire), qu'est née l'identité singulière du pouvoir politique dans notre pays.
    C'est cette histoire d'amour et d'aversion, entre la religion et la politique, l'intemporel et le temporel, que raconte ici François-Marin Fleutot, avec une érudition époustouflante.

  • La romanité est une notion que l'on trouve communément employée dans les analyses historiographiques consacrées au catholicisme d'après le concile de Trente. Force est pourtant de constater encore l'insuffisance, voire l'absence, de caractérisation qui puisse autoriser un usage légitime et véritablement fructueux du concept de romanitas. Le premier, Yves Congar s'était ému d'une lacune dans la réflexion des historiens et avait posé de précieux jalons dans un article paru en 1987 dans la Revue des Sciences Philosophiques et Théologiques. Sa démarche constitue toujours très certainement l'effort le plus sérieux qui ait été fait pour clarifier un débat singulièrement actuel. Au cours de la deuxième moitié du xxe siècle, les travaux d'Alphonse Dupront et de Bruno Neveu ont par ailleurs souligné, sur un plan historiographique, la nécessité d'explorer une notion toujours insuffisamment définie. L'objectif de la journée d'étude organisée à Lyon le 30 novembre 2007 par l'équipe RESEA du LARHRA, UMR-CNRS 5190, consistait à évaluer la fécondité d'une démarche historienne qui tente de préciser le concept de romanité dans ses rapports avec l'antiromanisme doctrinal développé par certaines tendances centrifuges du catholicisme, le gallicanisme au premier rang, mais aussi le jansénisme, le juridictionalisme vénitien, ou encore les sensibilités schismatiques ou critiques catholiques du xxe siècle. Une longue périodisation a été retenue afin de favoriser les échanges entre modernistes et contemporanéistes, mais aussi afin de respecter la cohérence d'une période de l'histoire de l'Église catholique qui court du concile de Trente jusqu'à Vatican II.

  • Grier Woolworth passe ses nuits à parcourir les rues du centre-ville de Savannah pour conter à des touristes des histoires d'âmes perdues et autres tragédies à vous glacer le sang. Exception faite de la crinoline et de l'ombrelle, ce n'est pas le pire des boulots. Et même si le salaire est merdique, les pourboires suffisent à payer les factures d'électricité de son propre manoir hanté, et à approvisionner les placards en Ramens.
    Pour une ex-assistante nécromancienne qui se cache parmi les humains, la vie est presque normale. Jusqu'au jour où la société qui a excommunié Grier lui offre une seconde chance d'être davantage qu'une fille ordinaire. Dommage qu'on n'ait pas jugé bon de la prévenir qu'être extraordinaire peut vous faire tuer.

    Avertissement : Ce livre raconte l'histoire d'une ex-tôlarde/ex-héritière, qui a une perruche zombie pour animal de compagnie et dont le voisin n'est autre qu'un ex-soldat/ex-béguin. Attention, tous ces ex pourraient bien en cacher d'autres.

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