Littérature générale

  • Un misanthrope, volontairement cloué depuis des années dans son fauteuil, épie sa voisine, rencontre sa fille, la séduit peut-être, martyrise sa bonne et quitte sa maison. Mais c'est peut-être une invention, et ça recommence avec un fauteuil rouge...

  • Paralysé à vingt-quatre ans, en 1972, Patrick Segal a fait de son drame un atout. Après un incroyable tour du monde en chaise roulante, raconté dans L'Homme qui marchait dans sa tête, il est allé d'aventures en aventures. Parce qu'on n'a plus ses jambes on n'aurait pas droit à une vie normale ? Qu'à cela ne tienne, il a choisi de vivre mille vie exceptionnelles.
    L'ascension de l'Himalaya, l'engagement humanitaire et politique, une vie de baroudeur : il nous fait partager ses expérience les plus étonnantes et les plus intimes. Il prouve que la paralysie n'empêche ni le talent ni les performances en s'illustrant au plus niveau dans le sport, l'écriture, le cinéma ou encore la publicité et réussit le plus fou des défis : devenir père.
    Dans cet ouvrage, Patrick Segal dit tout, et évoque sans langue de bois des thèmes tabous comme l'amour, la famille et le quotidien des handicapés. Exaltant et parfois douloureux, impressionnant et émouvant, son parcours est une leçon de vie. À cinquante ans passé, il continue de se battre pour changer le monde et redonner courage à tous ceux à qui on impose le matricule réducteur de "handicapé".

    Photo de couverture : Jean Baptiste Richardier © éditions Flammarion
    studio de création Flammarion

  • « Et moi, j'attends en vain depuis des siècles, me semble-t-il, une réponse à mes prières ». Quel plus émouvant message pouvait nous transmettre la poésie ? En effet, Gérard Farre, handicapé, est poète. Paralysé des jambes depuis l'âge de 13 ans, vivant en solitaire sa demi-présence au monde, obsédé par « l'ancien bonheur de marcher » et la tête emplie de tendresse, Gérard Farre a trouvé, dans la poésie, le plus sûr moyen de s'exprimer sans entrave. Dans Solitude oubliée, il nous parle, en toute simplicité, de sa vie d'homme, de « l'impossible amour », de ses rencontres, du refus d'une pitié, dans une poésie où bat sans cesse la merveilleuse espérance.

  • L'arbre : « Pour lui, l'arbre était vivant. Il respirait... et quelque chose battait au coeur de ses fibres ; quelque chose qui lui donnait ou lui apportait une énergie qu'il ne savait pas comment nommer, mais que l'on sentait alentour. L'arbre lui faisait peur ; c'était son ennemi... son rival... ».
    Un fauteuil pour trois : « Avec une impatience de plus en plus fébrile, je passai au programme numéro cinq. Cette fois complètement nu sur le fauteuil, j'eus vraiment le sentiment d'être entre les bras veloutés et chauds d'une femme plantureuse ».

    En fine observatrice de ses contemporains, Catherine Gaillard-Sarron s'inspire d'événements du quotidien et les transforme en récits extra-ordinaires grâce à une imagination peu commune.
    Une odeur insistante, un fauteuil, un chêne aux branches noueuses, un banc abrité par des ruines : ces simples éléments deviennent les matériaux qui teindront en haleine le lecteur pour le faire rêver (et cauchemarder...). Il prendra alors conscience de la part de fantastique qui peuple nos vies si ordinaires.

    « On n'oubliera plus, ses personnages, ses ambiances qui étaient peut-être déjà en nous, ils nous hanteront jusqu'à la fin de nos jours... et peut-être au-delà. » Pierre Yves Lador

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Avec ces deux courts textes qui empruntent autant au conte poétique qu'à la chronique sociale, Andrée Chedid nous convie à une bien singulière rencontre - familière, sous bien des aspects. Une fois encore, l'auteur fait la part belle aux sens, à l'indicible, et s'il n'y prend garde, le lecteur succombera aisément au sentiment de quiétude qui imprègne chacun de ces récits.

  • M. Nardot a soixante-cinq ans. Depuis huit mois il est retraité de l'E.D.F. où il assurait la sous-direction du Contentieux. Et depuis huit mois il s'ennuie. Le confort du foyer, Mme Nardot, ses prévenances, ses bavardages, ses mignardises ne remplacent pas le bureau, les collègues, l'importance que lui conférait, à ses propres yeux, sa fonction. M. Nardot a perdu ses raisons de vivre. Il lui faut s'en inventer d'autres, profiter de la liberté qui lui est octroyée pour parachever le type qu'il a conscience et contentement d'avoir toujours été au fond : un aventurier, surtout dans l'affirmation de sa virilité ! C'est à quoi il pense en cette fin d'après-midi où il regagne son appartement dans l'immeuble dont il est le propriétaire. Tant par ses dialogues avec Mme Narot, que par ses monologues intérieurs, il se révèle tout entier - tel qu'en lui-même, enfin, les circonstances peuvent le changer. Ces circonstances passent par la lecture excitante d'un fait divers : une tentative de viol. Mais elles sont amorcées de plus loin : par la présence, dans l'immeuble, d'un fruit vert qui, au goût de M. Nardot, ne demande qu'à être cueilli ou, en attendant, palpé. Et M. Nardot s'abandonne à un cinéma intime. Le scénario doit se dérouler, réellement, le soir même devant un spectacle de télévision auquel la petite voisine a été conviée. Quand l'aventure tourne mal, quel recours reste-t-il à l'honorable « cadre moyen » pour sauver la face ? Retourner la situation en plaidant la faiblesse... et en se libérant par la violence. Portraits cruels et pitoyables, sublimes à force de médiocrité, fascinants à la mesure de leur exacte ressemblance : celle de « Monsieur et Madame Tout-le-monde » !

  • Une petite ville méridionale, l'été. Les façades blanches de soleil, le claquement des boules de pétanque, une vieille servante tout de noir vêtue qui se hâte. Dans l'ombre et le silence de sa demeure, un homme vit retranché parmi ses livres, ses dictionnaires, les feuillets d'un roman commencé, ses carnets d'adolescent où, à la "page cent", il a tracé pour la première fois le nom de Marianne - aimée et perdue... Immobilisé à la suite d'une chute alors qu'il avait à peine dix-huit ans, Julien n'a désormais d'autre recours que les mots : c'est par eux et en eux seuls qu'il peut encore rêver, désirer, partir à l'aventure. Un univers de papier et de signes. Un jour, par une lettre brève, une femme annonce sa venue. Le temps cesse d'être immobile, Julien se sent à nouveau exister et pour tromper son attente il reprend son roman où peu à peu l'inconnue semble se glisser. Sur d'autres feuillets, il la décrit - elle est belle, très brune -, il lui parle. Elle répond... Maria Dolorès est-elle arrivée ou bien une fois encore les mots l'emportent-ils sur le réel ? Un roman d'une sensibilité aiguë, d'une force retenue où s'affrontent sourdement le rêvé et le vécu, le désespoir et l'appétit de vivre.

  • Un pavillon dans la banlieue de Londres, un petit salon feutré où se trouvent réunis à l'heure du thé, devant le poste de télévision, Clara, une jeune femme anglaise, son frère James, son mari Michel, un Français, qui est le narrateur. Un drame se noue dont on ne saura jamais les données exactes puisqu'il faut les deviner à travers les questions et les réponses, toujours indirectes, échangées par les trois personnages. Michel vient d'apprendre, par une lettre d'un ami, l'arrivée prochaine à Londres d'une jeune fille, Joëlle, avec qui il a eu une brève liaison autrefois en France. Dès lors, c'en est fini du confort bien abrité de sa vie routinière. Pourquoi Joëlle désire-t-elle qu'il lui cherche un logement à Londres ? Pourquoi viendra-t-elle le voir précisément le jour de son arrivée ? Les raisons qu'elle donne sont-elles les véritables raisons ? Les questions que se pose Michel révèlent la nature réelle de son attente, étrangement liée à ses souvenirs, à cette ville du Midi où il a vécu avant de venir s'installer à Londres. Il a caché la lettre à Clara, et, lorsque Joëlle débarque, elle invente une fausse parenté avec Michel pour rendre sa visite plus naturelle. Clara se doute-t-elle de la vérité ? C'est sur cette ambiguïté que repose tout le mystère de ce livre dont l'atmosphère de poésie sourde et désespérée va s'enténébrant. Clara retient Joëlle, la force à loger chez eux ; elle entre si volontiers dans les jeux du mensonge que, bientôt, ni Michel ni sa jeune maîtresse ne semblent plus pouvoir lui échapper. Car entre-temps, puisque James semble attiré par l'étrangère, Clara se servira de ce sentiment confus, inexprimé, pour jeter le trouble du soupçon dans l'esprit de Michel. Qui donc mène le jeu de la trahison ? Qui donc est le juge ? La victime ? Lorsque Michel et Joëlle décident enfin de s'évader de cette étrange prison de silence, il sera trop tard.

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