Littérature générale

  • Après avoir fait connaître l'incroyable histoire de son ancêtre et de sa lignée, dans «L'étonnant destin de René Plourde» et «Le clan Plourde», Anne-Marie Couturier raconte celle de Flavie, fière descendante du pionnier René.
    Née au début du siècle dernier dans le New Hampshire, Flavie Plourde va passer sa vie au Madawaska. Aînée d'une famille nombreuse, elle devient rapidement le bras droit de ses parents. À cinq ans, elle pétrit déjà le pain. L'école ne sera pas pour elle, ou si peu. En 1918, elle se marie avec Benjamin, son ami d'enfance, et va s'établir avec lui chez sa mère, dite Mémé, pour s'occuper d'elle et de la ferme. Les relations entre Flavie et sa belle-mère acariâtre s'avèrent pour le moins difficiles. Bientôt, la situation deviendra intolérable et Flavie devra faire des choix douloureux pour elle et ses nombreux enfants.

    À travers le portrait de Flavie, Anne-Marie Couturier rend hommage à toutes ces femmes de caractère qui ont bravé les difficultés de la première moitié du XXe siècle et vécu les premiers balbutiements du féminisme qui ont mené notamment à l'obtention du droit de vote.

  • Née aux Cèdres, un petit village à l'ouest de Montréal, Léa Bertrand voit très tôt ses projets contrecarrés par la volonté de son père, puis par la rigidité de l'Église qui refuse de la relever d'un serment. Dès lors, sa vie ne semble plus lui appartenir.
    Le parcours de Romuald et de Rodolphe est tout aussi étonnant, de l'orphelinat d'Huberdeau, dans les Laurentides, à leur arrivée à Montréal où Romuald se trouvera un travail permettant aux deux frères de vivre décemment. Quant à Roger et à Juliette, ils apprendront avec consternation qu'ils ne sont pas qui ils croyaient être.
    Comment ces destins atypiques sont-ils reliés les uns aux autres ? Micheline Tremblay nous l'apprendra dans ce singulier roman qui rappelle les tabous et les travers d'une époque pas si lointaine.

    Cette fascinante saga, à saveur historique, nous fait revivre le Montréal du début du XXe siècle avec ses grands bouleversements, tels le passage de la campagne à la ville, l'arrivée de la « fée électricité » et l'apparition du cinématographe.

  • Victime du patriarcat qui régissait la société tunisienne au siècle dernier, Farida va toutefois résister au rôle qu'on lui assigne en devenant un exemple de résistance dans cette culture arabo-musulmane qui nie le pouvoir des femmes. Forcée par son père de se marier à un cousin dépravé, elle va petit à petit conquérir son indépendance après avoir mis au monde un garçon, Taoufiq, puis élevé sa petite-fille, Leila, qu'elle veut forte et déterminée.
    À travers son histoire, mais aussi celles de sa cousine Fatma et de sa belle-fille Jouda, on peut suivre cette lente affirmation des femmes, qui n'a pas été très souvent dépeinte, mais qui explique pourtant comment la domination des hommes a profondément évolué au cours des quatre-vingts dernières années.
    Après Du pain et du jasmin, qui nous transportait au coeur de la Révolution arabe, Monia Mazigh rend ici hommage à une génération entière de femmes qui ont marqué l'histoire récente de la société tunisienne et qui nous forcent à revoir nos vieux clichés sur l'ignorance, l'oppression ou la soumission des femmes arabo-musulmanes.

  • «Et ils vont tous revenir autour du lit : Jean, ton fils, et Alfred, ton mari amérindien, et mon père, le pianiste de blues, avec sa veste de cuir brune d'aviateur, et ils seront silencieux. Ils seront les témoins de tes cris. Après avoir entendu tes cris, Alfred va me dire que je peux te garder, parce que tu n'as plus besoin de lui, je suis ton homme, celui qui te fait crier de joie. Et John, mon père, va me dire que je n'ai plus besoin de lui.»
    Il vit un amour fou. Le premier. Aimer la femme-homme, c'est apprendre la vie et se tenir au bord du gouffre, c'est voyager au pays de la beauté fulgurante et du danger. Quarante ans plus tard, l'homme vieillissant se souvient de tout. Il raconte cette histoire qui l'a marqué au fer rouge.
    Un roman surprenant, un tableau émouvant d'un amour tout entier nourri par le passé, par ce désir des protagonistes de croiser le visage disparu ou jamais incarné du mari, du fils, du père. Avec cette histoire brève et incisive, Simone Piuze nous confronte à la réalité toute nue des êtres, une fois dégonflé le rêve autour duquel on a pu auréoler l'être aimé.

  • En transit à Paris après un séjour à Moscou, Ève, interprète de métier, est bloquée à l'aéroport en raison du mauvais temps. Juste avant d'embarquer pour Ottawa, elle croit entendre aux nouvelles télévisées le nom d'une personne qui a jadis eu un impact déterminant dans sa vie et qui réveille en elle des souvenirs enfouis depuis plusieurs décennies. Que sont devenus Charles et tous ceux qui, sans le vouloir sans doute, l'avaient poussée à partir précipitamment de chez elle ?
    Errant de ville en ville (Tanger, Montréal, Prague), tel un oiseau migrateur qui n'arrive jamais à se fixer, Ève a le curieux sentiment d'être partout de passage. Petit à petit, grâce à l'influence réconfortante de sa grande complice Dacha, de ses amis Maxime et Julien, puis de Charles, elle parvient à se réconcilier avec sa propre histoire.
    Un roman impressionniste, tout en nuances, sur le destin peu commun d'une femme en quête de l'essentiel.

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