Éditions David

  • S'inspirant de la porcelaine qui évoque paradoxalement une certaine fragilité et une grande résistance (ne supporte-t-elle pas la cuisson à un très haut degré?), la poète s'interroge sur sa présence dans le monde et son lien à l'autre.

    Quant aux oies, c'est bien sûr la migration, la distance, mais aussi le retour, la solitude, la naïveté et aussi la résilience...

    Je sais par coeur la porcelaine des oies sauvages tombées de froid. Dans l'éclatement des bruits, le coeur se règle du côté des étoiles.

    Hélène Poirier aborde ici, avec finesse, le thème de l'urgence de vivre malgré les blessures et les cicatrices laissées par le passage du temps.

  • Entre le ciel et la terre, une femme voyage et cherche à s'ancrer au sensible. Prisonnière de la mer, elle «s'exerce à renaître», à vivre enfin. Prélude d'un réveil, séparation inéluctable, fuite de pouvoir, destin collectif, étrangeté de l'absence, ascension vers l'avenir, autant de pas à franchir avant l'accomplissement de soi. Douée d'une sensibilité profonde, elle s'attachera à ce qui semble être l'empreinte d'une caresse.

  • Une chambre de motel. Une femme seule y entre. De ce lieu intime et froid émergent des souvenirs, des douleurs, des espoirs qui lui feront revivre son histoire amoureuse. Elle se réconcilie lentement avec elle-même, se détachant de l'autre et de l'espace familier. Les images s'impriment dans les choses ambiantes et en viennent à entremêler le passé et le présent. De cette confusion temporelle naissent des lieux provisoires, propices à l'exploration mémorielle des corps.

    cette manie que tu avais
    t'endormir avec tes lunettes
    céder à la nuit
    dans le plus total abandon
    cueillir de tes paupières
    ce que tu me lègues dans le sommeil
    et dont je m'abreuve
    une dernière fois

    Un recueil singulier, à la jonction du «road trip» et de la lettre d'amour.

  • Une femme s'offre un espace où respirent l'être et le devenir. Il ne s'agit plus de fuir, mais de plonger dans un profond désenchantement. Cette descente éclaire les voies qui l'accompagnent, les êtres qui la touchent, la mort latente qui la pousse à revivre malgré tout. Au fil de chaque poème, elle convainc que, malgré les craquements et la noirceur, il existe toujours un recommencement et de la lumière.

    «La nuit, j'emmaillote les algues qui font de nous ce que nous sommes. J'accouche du givre bleu de l'hiver. Sans laisser de traces. Aucune.»

    Maniant avec finesse le poème en prose, Marie-Belle Ouellet poursuit ici sa quête de sens en convoquant l'identité féminine et son rapport à l'altérité.

  • Cette correspondance, révélatrice de la personnalité, de la détermination et des multiples talents de Simone Routier, se déroule pendant quelques mois en 1928 alors que le sort réservé à son recueil de poésie L'Immortel adolescent reste encore incertain. Jolie célibataire en quête d'autonomie financière et de reconnaissance, Routier sollicite les conseils de Harry Bernard qui, guère plus âgé, est rédacteur en chef du Courrier de Saint-Hyacinthe et gagnant de deux prix littéraires, à l'époque fort lucratifs, les prix David. La poétesse de Québec cherche son appui et espère, à son tour, remporter un prix David, ce qui lui permettrait de réaliser son rêve de s'installer à Paris. Au fil de cette correspondance, se révèle une auteure consciente de son pouvoir de séduction et soucieuse de faire sa place dans la poésie canadienne-française. On y trouvera un témoignage inédit sur les rapports homme-femme en train d'éclore dans le champ littéraire de l'époque.

  • pour tout
    ce qu'il a d'imprévisible
    et de splendeur
    nous marchons sur le continent
    avec la peur de l'ignorance blanche
    et l'émerveillement du soleil

    Les carnets africains de Michel A. Thérien se déploient comme des mots taillés dans la pierre. L'auteur les sculpte dans l'espace inconnu de son propre vertige qui s'arrime à notre regard tout au long de ce recueil. Mais ce qui sourd de cette poétique, à chaque tournant de page, est l'inexorable beauté, le sang de l'espoir, comme un soleil couchant dans l'émergence du continent.

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