Langue française

  • Si Lacan a su de manière magistrale lire dans l'inconscient freudien la grammaire signifiante qui y est à l'oeuvre, il s'est attaché à chercher, tout au long de son travail, des voies d'accès logique, topologique, poétique à un mystère plus lointain qui a trait à la jouissance, et tout particulièrement à celle en jeu dans l'énigme du féminin sur laquelle Freud avait buté.

    En chemin, Lacan a rencontré des figures féminines devant lesquelles il se montre ému, épris, ravi. L'inaccessibilité de la dame de l'amour courtois, le silence de la blanche Ophélie, l'entre-deux-morts d'Antigone, le dire non de Sygne de Coûfontaines, les extases de Marie-Marguerite Alacoque, la folie d'amour d'Aimée, l'ont mené sur les rivages d'un continent qui s'approche plus facilement par l'art que par les outils de la pensée. Qu'elles soient issues de sa pratique clinique ou rencontrées dans la littérature, empruntées à la mythologie, au théâtre ou à la philosophie, ces femmes l'ont précédé et enseigné sur les voies de la jouissance et de l'amour. Lacan s'est mis à leur école.

    Dans un style clair et au plus près du texte du séminaire, Marie Pesenti-Irmann reprend une par une ces figures féminines en dévoilant ce qu'elles esquissent d'un ternaire inédit Jouissance/Amour/Femme en contrepoint du ternaire Désir/Phallus/Nom du père, longuement déplié par Lacan.

  • Lire l'entretien de l'auteur (propos recueillis par Audrey Minart)

    La psychanalyse peut-elle se transposer sur un divan chinois ? La formation psychanalytique qui suppose un temps long et de la disponibilité est-elle accessible à des personnes prises dans la rapidité du XXIe siècle et celle de la transformation de la société chinoise ? Comment transmettre ce qui fait l'essence de la psychanalyse, produire du sujet divisé, dans un contexte totalement différent ordonné par une « pensée » de l'harmonie ?

    De 2003 à 2016, Pascale Hassoun conduit à Chengdu (Sichuan) des séminaires,  supervisions, entretiens, afin de former des psychanalystes chinois et contribuer ainsi à l'émergence de la psychanalyse en Chine.

    Le récit de son expérience de femme psychanalyste, engagée dans un pays qu'elle ne connaît pas, fait acte de transmission.  L'auteur rend compte de situations cliniques concrètes où l'on croise les questions de la famille, l'enfant unique, la piété filiale, la femme, et de réflexions sur la pratique des psychanalystes. Elle propose une clinique psychanalytique que ses interlocuteurs chinois adaptent à leur culture et à leur vision du monde. A travers des rencontres humaines singulières, ce livre offre un cheminement inédit et personnel vers « l'autre » chinois.

  • Les migrations ont évolué, elles concernent aujourd'hui de nombreuses femmes jeunes qui deviennent mères en exil de façon très périlleuse.  Les conditions d'accueil en France s'étant durcies, les vulnérabilités se cumulent et se potentialisent, engendrant la précarité, l'exclusion, voire la violence.

    Les femmes exilées n'ont pas de « pathologies » particulières, mais elles expriment leurs souffrances de façon parfois singulière. Le travail psychique de la grossesse et de l'enfantement peut être entravé, bouleversé par la solitude, le traumatisme, et les conditions de vie.

    Avec des références ethnopsychiatriques et des concepts pluriels (médicaux, psychologiques, anthropologiques, philosophiques), les auteures rendent compte d'une expérience clinique innovante auprès de femmes qui enfantent en exil. A l'articulation du psychique, du culturel et du politique, elles nous livrent une réflexion profonde et sensible sur les conditions nécessaires pour accueillir et écouter ici les souffrances de ces mères venues d'ailleurs.

  • L'inceste n'est pas une violence sexuelle comme les autres. Ses conséquences sur la sexualité adulte, la maternité et les processus de transmission sont maintenant connues : les victimes de ce traumatisme spécifique perdent toute confiance en elles, dans leur famille et dans la société. Accepter sa sexualité et celle du partenaire, choisir librement de devenir mère ou pas, être en sécurité avec ses enfants, sont autant de challenges qui demanderont du temps pour se réaliser. 

    Si les traces du traumatisme ne disparaissent jamais complétement, une écoute et un soutien respectueux de la parole et de la singularité de chacune pourront aider les victimes à faire émerger les parties vitales de leur moi et à retrouver leur liberté et leur dignité de femme.

    Cet ouvrage, qui s'appuie sur les résultats d'une recherche universitaire, permet de mieux comprendre le parcours des victimes, ce qui les a blessées, ce qui les a soutenues, tout au long de leurs vies. Il propose des perspectives d'accompagnement psychothérapique et de prévention en parentalité.

    L'association Docteurs Bru a pour mission d'accueillir des jeunes filles victimes d'inceste dans son établissement d'Agen et de développer des actions de recherche pour l'amélioration des prises en charge éducatives et thérapeutiques de ces situations de maltraitance.

  • Lire délivre... la parole : dans la bibliothèque d'une prison du Nord de la France, un atelier de lecture autour d'albums jeunesse. Des détenues en profitent pour évoquer leur vie dedans, et dehors. La nourriture, les fouilles, les parloirs, les cachets, les enfants, la sexualité, les manques et les angoisses... Et le corps qui souffre de trop d'enfermement...

    Des détenues d'une prison du Nord de la France viennent partager un moment de détente dans la bibliothèque du quartier femmes. Deux heures sans surveillants, un peu hors du temps. Cet ouvrage est un recueil de paroles rares, échangées à cette occasion. L'auteur restitue avec humanité leur réalité, où se mêlent l'ennui, les tensions, les peurs, l'infantilisation, les petites et grandes humiliations, mais aussi les rires et la solidarité entre ces femmes.

  • Si les positions sexuées sont liées à la structure de la parole et du langage, leurs assises sont éminemment précaires, ce que révèle la clinique contemporaine des enfants, des adolescents et des adultes. L'auteur s'attache à analyser les enjeux des positions sexuées et de leurs intrications. En s'appuyant sur le schéma de la sexuation de Lacan, il tente de décoder les manifestations symptomatiques du monde actuel qui relèvent des difficultés à faire valoir les différences sexuées et à reconnaître l'altérité comme fondement de la subjectivité de chacun : l'altérité entre les êtres qui, quand elle est bafouée, resurgit dans des débordements racistes, et l'altérité à l'égard de soi-même quand l'enjeu de nos actes, corrélé au refoulement originaire qui fait de nous des êtres de parole, nous échappe.

  • De brèves histoires de femmes écrites à la première personne dans un style narratif proche de l'oral, qui donnent à entendre les effets féconds d'une parole librement adressée à des psys, dans cet univers médical en pleine expansion technologique et thérapeutique que sont les services de gynécologie-obstétrique.

    Dans les pages de ce recueil, à travers de courts récits relatant l'intimité partagée de ces rencontres, il y a des femmes et encore des femmes, uniques, universelles, leur corps, leurs mots, leur vie. Il y a des bébés aussi et des pères. Et il y les psychologues qui les écoutent dans la complexité de leurs désirs. Leur parole alors se déplie et se déploie, des voiles se lèvent et, au-delà de l'issue médicale, leur vie, parfois, redevient féconde.

  • Une recherche participative pour penser les effets de la violence conjugale et sociale, sur les femmes et sur leurs enfants, et les pratiques d'accompagnement social qui favorisent à la fois une écoute de ces enfants ainsi que la restauration personnelle et parentale des adultes.

    L'originalité de cette recherche-action est d'aborder la violence conjugale et sociale, du point de vue des professionnelles qui partagent le quotidien des femmes et de leurs enfants dans un centre d'accueil. Par la description vivante et l'analyse de situations concrètes, l'ouvrage est à la fois un saisi « sur le vif », et une réflexion en profondeur sur l'accompagnement professionnel. Les auteurs portent l'attention sur des dimensions insuffisamment pensées dans ces situations : l'impact des diverses violences sur les femmes en tant que mères et la souffrance des enfants.

  • Le genre pourrait-il représenter un outil précieux de compréhension des expériences du cancer ? C'est l'hypothèse de cet ouvrage qui, dans un esprit interdisciplinaire, prend appui sur des travaux internationaux pour explorer les liens que les masculinités et les féminités entretiennent avec le cancer, à travers des axes thématiques parfois inédits, à l'image de l'éthique en oncologie ou encore de la place de minorités de sexe dans la lutte contre le cancer.

    Les hommes et les femmes n'expérimentent pas le même rapport au corps malade et par conséquent le même rapport à la santé, à la médecine, au soin. Les rapports sociaux de genre et les enjeux identitaires soulevés par le cancer sont ici interrogés aux niveaux individuel et collectif, à l'aune de la trajectoire de la maladie et des relations de soin.

    Révélant la prégnance de la sexualisation des corps malades, les recherches présentées montrent que le genre, conçu comme un élément structurant les expériences humaines, et a fortiori des expériences cancéreuses, demeure le facteur explicatif le plus central des inégalités sociales de santé observées sur le terrain.

  • La psychanalyse et le cinéma, dont les naissances sont simultanées, peuvent se rejoindre dans cette interrogation commune sur le féminin et ses représentations, dont la folie fait partie : comment montrer, mettre en scène, les arcanes de la position féminine ? L'image de la féminité, qui trouve une expression particulièrement saisissante dans le cinéma, se construit à partir de représentations évoluant au cours de l'histoire, et se modifie au fil du temps et des époques. Mais la permanence et la multiplicité des représentations de cette figure du féminin avec ses interrogations, voire ses débordements quand il s'agit de la folie, n'est peut-être pas qu'un simple produit de l'histoire, ou du contexte social et culturel du moment. Derrière les évolutions et les mutations qui semblent contraindre les corps à se plier à des contingences sociales ou artistiques, il subsiste des permanences qui échappent à la mode et à ses processus, comme elles échappent également à ses supports ou à ses destinataires.

  • « Vincent Bourseul apporte une perspective nouvelle et originale au champ des études de genre et de la psychanalyse. Il propose une définition psychanalytique du sexe, du genre et de l'identité sexuelle qui refuse la simple opposition entre le sexe (les corps) et le genre (les rôles sociaux qui se réfèrent à ces corps).

    Le sexe, la différence sexuelle, la sexualité constituent des énigmes qui procèdent aussi bien d'une réflexion consciente que de processus inconscients, lesquels n'opèrent jamais à l'unisson mais toujours en tension - l'inconscient rebelle sapant tout essai de conclusion raisonnable.

    Placer l'énigme du sexe au centre de notre façon de penser signifie que nous devons interpréter le genre tel qu'il s'observe en action, tel qu'il est énoncé comme apportant une réponse à l'énigme, et non pas en tant que donnée connue et figée. C'est ici que la conception du genre que donne Bourseul ouvre et revient à la pratique de la psychanalyse par des approches interprétatives qui insistent sur la nécessité d'écouter ce que le ou la patiente a à dire, plutôt que de lui imposer des idées préformatées concernant l'identité, la pathologie ou la perversion. » Joan W. Scott

  •  « Je ne l'ai plus vue depuis des semaines.

    Un jour, elle est venue, croyant avoir rendez-vous avec moi. Elle s'était trompée de jour, d'heure, de semaine.

    Je n'étais pas là ce jour-là.

    Elle est repartie.

    Elle m'a sonné, longtemps après.

    Elle est là devant moi, à quelques mètres, et sa détresse m'affecte.

    Ça a recommencé. Ça recommence.

    Elle le sent. Elle le sait. 

    Moi aussi je le sais, puisque je suis à ses côtés depuis des années.

    Elle sait que je le sens. Et elle a raison. Je vois se rouvrir les abîmes sous ses pas. Le moment où ça bascule, ça dérape. Elle ne veut pas retrouver l'angoisse qui donne envie de mourir. Elle me scrute et elle pleure. Elle essaye de s'accrocher à mon regard et moi je sens qu'elle glisse. Je ne dis pas grand-chose. Mais c'est déjà trop. Est-ce que je serais comme ses collègues, à penser qu'elle devrait arrêter de travailler ? Elle me soupçonne tout à coup.

    Je lui propose qu'on se revoie demain.

    Elle accepte. » D. B.

    Dans des récits, sortes de croquis de séances, ou d'entre-séances, Danielle Bastien rend compte de son travail quotidien de psychanalyste. Elle restitue une atmosphère, donne du relief au désespoir, à la douleur, aux questions sans réponses des humains, femmes et/ou hommes qui s'adressent à elle. Avec Kate, Bill, Carmen et les autres, l'ouvrage nous fait découvrir les dimensions du féminin, du maternel et des couples qui sont au coeur de sa pratique psychanalytique.

    Mise en vente le 10 septembre 2015.

  • La PMI (Protection maternelle et infantile), vieille dame de 70 ans toujours en pleine jeunesse, sera-t-elle dans l'avenir à la hauteur de son histoire ? Cet ouvrage, plus que célébrer son anniversaire, souhaite approfondir la réflexion sur les concepts et les pratiques en santé maternelle et infantile, et les confronter aux perspectives ouvertes par les lois de modernisation du système de santé et de protection de l'enfant, afin de se projeter vers la PMI du futur.

    Quelles sont les diverses approches de la santé maternelle et infantile en Europe ? En quoi les multiples expériences qui y sont menées peuvent-elles être sources d'inspiration ? Quels sont les parcours des parents et des bébés en PMI, riches de ces rencontres nouvelles avec des musiciens, des conteurs, des clowns, des danseurs, des philosophes... ? L'usage des nouvelles technologies de l'information en santé vient-il transformer les pratiques et les relations entre professionnels et avec les parents ? Comment les mutations du regard sur le bébé font-elles bouger les soins préventifs autour de la naissance et du retour au domicile ?

    Au final, les auteurs, qui rappellent les enjeux politiques de l'avenir de la PMI, livrent ici un plaidoyer ardent au service de la santé des enfants, des femmes et des familles.

  • Martine Bodénant est éducatrice spécialisée. Elle a exercé durant une trentaine d'années dans un centre d'accueil d'urgence pour mères et enfants en crise conjugale et familiale.

    Dans un récit à la première personne, elle raconte comment elle et son équipe ont répondu par leur travail éducatif aux questions posées par la violence au quotidien. En se tenant au plus près de son vécu de professionnelle, de ses doutes, de ses erreurs et prises de conscience, elle témoigne de son métier et de ses engagements syndical et féministe.

    Elle inscrit son cheminement dans les logiques et les contradictions institutionnelles particulières, mais aussi dans un contexte politique, social et idéologique où la question de la violence conjugale et donc des relations hommes/femmes mobilisent fortement la société civile.

    En rendant hommage au travail en équipe et aux femmes, enfants, hommes, qui, loin de se réduire à leurs difficultés, lui ont permis de grandir psychiquement, elle montre combien la part subjective - idéaux, pensées, croyances - est présente dans la relation éducative et comment les instances de parole - analyse de pratique, supervision - permettent de donner du sens à sa pratique professionnelle et de construire des projets au plus près des besoins et des désirs des publics accueillis.

empty