Sciences humaines & sociales

  • Femmes puissantes

    Lea Salame

    " On dit des femmes qu'elles sont belles, charmantes, piquantes, délicieuses, intelligentes, vives, parfois dures, manipulatrices ou méchantes. "Hystériques' lorsqu'elles sont en colère. "Arrivistes' lorsqu'elles réussissent. Mais on dit rarement d'elles qu'elles sont puissantes.
    Chez un homme, la puissance est légitime. Chez une femme, elle paraît suspecte, contre-nature. J'ai voulu savoir pourquoi, et j'ai entamé un voyage dans les mystères du pouvoir au féminin.
    On se construit en se confrontant à d'autres vies que la sienne. J'ai rencontré des femmes dont j'admirais le courage, la liberté et la singularité. Écrivaine, médecin, femme politique, cheffe d'entreprise, rabbine, sportive, jeunes ou plus âgées, de droite ou de gauche... elles ont toutes un point commun : leur force intérieure et leur influence dans la société, en un mot, leur puissance. Elles m'ont transformée, profondément. Ont fait voler en éclats mes préjugés. Mais surtout, comme à beaucoup d'auditrices, elles m'ont fait du bien. "

  • - 36%

    Le destin d'une femme n'est pas de devenir mère. Pas le sien, en tout cas.
    Chloé Chaudet a 35 ans. Elle n'aura pas d'enfant. C'est décidé. Ce choix suscite l'incompréhension, voire l'agressivité. " Tu. ne vas pas regretter ? " " Tu n'as pas peur de finir seule ? " Toujours ces mêmes questions, quels que soient l'âge et le milieu. En France, la maternité semble une évidence ; pourtant, près de 5 % des femmes la refusent. C'est un sujet tabou que même la révolution féministe tient encore à l'écart. " Comme des centaines de milliers de femmes indociles, j'ai pris une décision qui demeure inacceptable : vivre comme bon me semble. "
    Chloé Chaudet confie les raisons de son choix, décrit sa fragilité face aux réactions qu'il suscite
    et tente de comprendre ces diktats inconscients qui nous habitent. Un livre éclairant, qui bouscule les préjugés.

  • La fille de Napoléon

    Bruno Fuligni

    Été 1815. Après Waterloo, la France est envahie, humiliée, dévastée ; Napoléon part en exil à Sainte-Hélène, la royauté est restaurée. Une jeune femme surgie de nulle part se déclare fille naturelle de l'Empereur ! Sa mère aurait connu Bonaparte lorsqu'il était sous-lieutenant à Auxonne, explique la belle Charlotte Chappuis. Le ministre de la Police générale, Fouché, la fait enfermer, mais l'aventurière échappe à la vigilance des autorités. Tenace, rusée, charmante, suscitant des sympathies politiques et plusieurs demandes en mariage, Charlotte joue sa partie pour défendre sa liberté et faire valoir ses droits.

  • Les vraies reines d'Egyptes, bien loin des clichés hollywoodiens
    Hatchepsout, Néfertiti, Néfertari ou encore Cléopâtre : ces noms de reines égyptiennes nous sont familiers. Le cinéma et la littérature se sont emparés du destin de certaines d'entre elles, telles des synonymes de faste, de beauté et de puissance dans notre mémoire collective. Mais au-delà de ces clichés, qui étaient vraiment ces épouses, mères ou filles de pharaon qui ont influencé et marqué de leur sceau l'histoire de l'Egypte ?
    Ecrire une histoire des femmes célèbres de l'Egypte ancienne ne suffit pas : il faut approcher cet univers dans la pluralité de ses niveaux, mythiques, historiques, institutionnels. Cet ouvrage, nouvel opus de l'égyptologue Florence Quentin, s'appuie sur les dernières découvertes concernant ces souveraines pour dresser le portrait des plus prestigieuses d'entre elles, qui vécurent durant le Nouvel Empire, à l'apogée de la civilisation pharaonique (entre 1550 et 1069 avant notre ère).
    A travers le récit de ce que l'on sait de leur vie, se dessine aussi la condition de la femme égyptienne à cette époque. Dans toutes les classes de la société, celle-ci bénéficiait d'un respect assez rare dans le monde antique pour être mentionné.
    L'Egypte ancienne fut tout à fait singulière dans sa façon de lui donner accès à des fonctions et métiers réservés habituellement aux hommes partout ailleurs. Ce statut privilégié se reflète dans la position qu'occupèrent ces puissantes souveraines, qu'elles soient " Grande Epouse Royale ", régente, et même Pharaon au pouvoir absolu, comme ce fut le cas à trois reprises au Nouvel Empire (ainsi la grande bâtisseuse Hatchepsout).
    Servi par une narration historique vivante, fondée sur de solides recherches égyptologiques, ce livre convie le lecteur à une immersion auprès de " Celles qui emplissaient le palais d'amour ", ces " Dames de Grâce " qualifiées aussi de " Souveraines de toutes les femmes et de tous les pays ".

  • Aristocrate anglaise, belle et impétueuse, Hester Stanhope quitte Londres pour l'Orient en 1810, après la mort de son oncle, le Premier ministre William Pitt. Elle ne reverra jamais l'Angleterre.

    Véritable amazone parlant l'arabe, Hester, habillée en homme, prend la tête d'une caravane de chameaux et parcourt la Syrie. Tantôt princesse, tantôt guerrière, elle brave tous les interdits. Rien ne l'effraie, elle tient tête aux émirs, aux pachas, ou aux Bédouins qui se disputent les lambeaux de l'Empire ottoman. Impressionnées par sa prestance, des tribus la font reine de Palmyre.

    Elle se retire finalement dans une quasi-solitude sur une des montagnes du Liban où Lamartine lui rend visite dans sa cité-jardin. Loin du monde, elle devient astrologue, chercheuse d'or, se passionne pour les sciences occultes, ouvre sa porte aux miséreux. Elle meurt ruinée, entourée seulement de quelques servantes.

    Pionnière et résolument indépendante, Hester Stanhope incarne ces femmes éprises de liberté, ayant le goût de l'aventure, refusant de se marier et luttant pour leur émancipation.

  • Et si, pour découvrir le véritable Karl Marx, il suffisait d'interroger Jenny, sa femme et première confidente?? Des rives de la Moselle à celles du Mississippi, du cabinet de Frédéric-Guillaume IV de Prusse aux bas-fonds de Londres, Jérôme Fehrenbach restitue la vie de celle qui fut l'amante, l'alliée et le grand amour de l'auteur du Capital. Loin des stéréotypes, il montre que Jenny von Westphalen, de son nom de jeune fille, était une bourgeoise typique du XIXe siècle, attachée aux apparences et aux convenances, et qu'elle n'hésitait pas, comme son mari d'ailleurs, à lorgner sur les héritages. Elle eut néanmoins un courage et une dignité qui forcèrent l'admiration de tous, y compris de ses ennemis. C'est aussi l'occasion de découvrir un nouveau Karl Marx, dans toute son intimité, où des failles et des aspérités méconnues de sa personnalité sont dévoilées pour la première fois.  Fondée sur des archives de famille inédites et des archives secrètes jamais consultées, cette biographie, la toute première du genre, est un événement éditorial. Elle révèle l'envers du décor à la fois conjugal et politique d'un couple mythique.   

  • Dans cet ouvrage majeur publié en 1990 aux États-Unis, la philosophe Judith Butler invite à penser le trouble qui perturbe le genre pour définir une politique féministe sans le fondement d'une identité stable. Ce livre désormais classique est au principe de la théorie et de la politique queer : non pas solidifier la communauté d'une contre-culture, mais bousculer l'hétérosexualité obligatoire en la dénaturalisant. Il ne s'agit pas d'inversion, mais de subversion. Judith Butler localise les failles qui témoignent, à la marge, du dérèglement plus général de ce régime de pouvoir. En même temps, elle questionne les injonctions normatives qui constituent les sujets sexuels. Jamais nous ne parvenons à nous conformer tout à fait aux normes : entre genre et sexualité, il y a toujours du jeu. Le pouvoir ne se contente pas de réprimer ; il ouvre en retour, dans ce jeu performatif, la possibilité d'inventer de nouvelles formations du sujet. La philosophe relit Foucault, Freud, Lacan et Lévi-Strauss, mais aussi Beauvoir, Irigaray, Kristeva et Wittig, afin de penser, avec et contre eux, sexe, genre et sexualité - nos désirs et nos plaisirs. Pour jeter le trouble dans la pensée, Judith Butler donne à voir le trouble qui est déjà dans nos vies

  • Loin d'être une idéologie, le genre est un champ de recherches, un outil théorique et méthodologique qui traverse la littérature, la philosophie, la sociologie, l'histoire des idées ou encore l'art. Puissant levier conceptuel, il pose des questions existentielles et universelles qui nous renvoient à nous-mêmes?: qu'est-ce qu'une femme, un homme, un(e) intersexe ? Qu'est-ce que la féminité, la masculinité ? Quelle est l'importance du corps, de l'identité et de la sexualité dans la construction et le devenir de soi ? Dans cet ouvrage, Agnès Vannouvong fait le point sur l'exploration des identités sexuelles, sociales et imaginaires à travers la littérature et l'art.
    Une analyse fine et passionnante, marquant une volonté d'éclairer ces questions afin de les rendre lisibles et accessibles.

    Agnès Vannouvong enseigne les Études Genre à l'université de Genève. Elle est l'auteure de nombreux travaux sur la littérature française et l'art contemporain. Elle est également romancière.

    Agnès Vannouvong enseigne les Études Genre à l'université de Genève. Elle est l'auteure de nombreux travaux sur la littérature française et l'art contemporain. C'est aussi une romancière remarquée dès son premier roman, Après l'amour (Mercure de France, 2013).

  • Marilyn Monroe, Françoise Giroud, Amy Winehouse, Niki de Saint Phalle, Adèle Hugo, Emily Dickinson... les incomprises sont de partout, de toujours. Elles ont le goût du rêve, de l'impossible, de l'absolu.
    Ces femmes libres fréquentent la folie et la mort. Les mots qu'elles rapportent de ces régions dangereuses nous rappellent que la vie est une lutte et l'intimité, un trésor. Soeurs de solitude, en marge d'un monde qui ne leur fait pas de place, elles forment ensemble, à travers le temps, la famille secrète des Incomprises.

  • La biographie référente de la plus grande souveraine de la Russie.
    Princesse allemande d'Anhalt-Zerbst, née à Stettin en 1729, la future Catherine II est envoyée en Russie à l'âge de 16 ans dans l'éventualité d'un mariage avec le grand-duc Pierre, fils de la tsarine en titre, Elisabeth, elle-même fille de Pierre le Grand. Elle sait séduire cette dernière, entre dans l'Eglise orthodoxe en troquant son prénom de Sophie pour celui de Catherine et finit par épouser Pierre en 1745. Celui-ci est peu populaire car, né en Allemagne, il a toujours rejeté la culture de son pays d'adoption. À l'inverse de son époux, Allemand d'inclination, Catherine parle parfaitement le russe et sait donner des gages à la haute aristocratie. Devenu tsar au décès d'Elisabeth en janvier 1762, Pierre III a tôt fait de comprendre que sa femme intrigue contre lui, laquelle le prend de vitesse et le fait déposer en juillet. Emprisonné, il mourra peu après dans des conditions mal élucidées, et on suspectera longtemps Catherine de l'avoir fait assassiner.
    De ce moment commence un règne de trente-quatre ans particulièrement brillant. D'une capacité de travail inépuisable, l'impératrice fait développer les voies fluviales et construire des canaux. Grâce à son époux morganatique, Grigori Potemkine, elle réussit à frayer un passage vers la mer Noire et ses Détroits, un rêve que chérissait déjà Pierre le Grand. Sous son long règne, le territoire de l'empire ne cesse de s'agrandir aux dépens de ses voisins, tandis que Catherine cherche à harmoniser l'administration selon des principes rationnels, puisés dans la philosophie occidentale, mais elle néglige les différences régionales, ethniques et religieuses. Elle développe le commerce avec l'étranger en multipliant les contrats économiques bilatéraux. Ses efforts pour créer une bourgeoisie urbaine se soldent par un échec et se révèlent profondément injustes envers les éternels laissés-pour-compte du régime : les serfs. S'en suivent d'incessantes révoltes paysannes, notamment celle de Pougatchev, et des insurrections des minorités sises en marge de l'empire. L'expansion vers le sud réussit grâce aux actions militaires ; les conquêtes, fixées par des traités, sont reconnues par la majorité des puissances occidentales. A l'ouest, les trois partages successifs de la Pologne profitent le mieux à la Russie. Au total - et ce n'est pas le moindre de ses paradoxes -, l'impératrice, portée aux nues par Voltaire, Diderot ou Grimm, avec lesquelles elle était en relations épistolaires suivies, aura marché sur les brisées de Pierre le Grand en mettant au plus haut le régime autocratique, régime en principe honni par les représentants des Lumières. À sa mort en 1796, celle qui fut très tôt appelée Catherine la Grande laissait un empire puissant et opulent comme jamais, qu'aucun pays, tant en Europe qu'en Asie, ne pouvait ignorer. Non sans de profondes fragilités toutefois, lesquelles se révéleront tout au long du XIXe siècle. Jusqu'à l'épilogue de la révolution d'Octobre.

  • Jour zéro

    Stéphanie Braquehais

    Assez des réveils poisseux. Des trous noirs. Un matin, elle décide d'arrêter l'alcool. C'est le jour zéro. Le début d'une vie nouvelle qu'elle retrace dans un journal.
    L'alcool désinhibe, rend tout-puissant, décuple les sensations. Un petit verre pour oublier ses soucis, un apéro qui l'air de rien se prolonge... Où se situe la frontière entre bien boire et trop boire ? À quel moment l'alcool prend-il trop de place dans notre vie ?
    Stéphanie Braquehais aborde ces questions de manière intime. En s'appuyant sur les neurosciences, elle cherche à comprendre les ressorts de l'addiction au féminin et les moyens d'y échapper.
    Un récit sans concession et plein d'humour pour reconquérir sa liberté.

  • D'une enfance dorée aux sombres années du règne espagnol : un roman tragique.Le sort de Marie-Louise d'Orléans (1662-1689), fille de Philippe d'Orléans, donc nièce de Louis XIV, et première épouse du roi Charles II d'Espagne, a de quoi nourrir l'imaginaire romantique. Tous les éléments sont réunis pour en faire une héroïne tragique : la naissance princière, l'enfance dans une cour enchantée, le mariage forcé, l'époux horriblement contrefait, la belle-mère hostile, la mort subite (due à un empoisonnement ?) et, à l'arrière-plan, des soupçons de galanterie et même de sorcellerie, à l'ombre de la plus puissante des légendes noires, celle de l'Inquisition espagnole. Son histoire est le drame d'une princesse qui, comme tant de ses semblables, n'est qu'un outil de la politique internationale : elle doit quitter sa famille et son pays pour épouser un homme inconnu, vivre dans une cour étrangère et se consacrer corps et âme à son royaume d'adoption - de surcroît rongée par l'obsession d'une maternité impossible. Mais Marie-Louise ne parviendra jamais à se détacher véritablement de sa patrie et de sa famille. L'Espagne lui demeure étrangère : elle a la faiblesse de le laisser voir à ses sujets, on ne le lui pardonnera pas. Pourtant, si mal aimée de son vivant, elle finira par être regrettée, autant de la population que de son mari, qui évoquera plus d'une fois, avec nostalgie, sa beauté et sa grâce.

  • Les furies de l'Histoire : cruelles, sanguinaires, sadiques... 15 portraits de femmes sans foi ni loi Nouv.

    15 portraits de femmes qui ont marqué l'histoire par leur cruauté, leur sadisme et leur violence.Les femmes sont-elles vraiment moins violentes que les hommes ?
    Ce n'est pas vrai pour les souveraines des temps anciens - Agrippine ou Irène l'Athénienne - qui eurent à lever des armées, à mater des révoltes, à étouffer des complots...
    C'est encore moins vrai pour les auxiliaires zélées du nazisme que furent Irma Grese, gardienne à Auschwitz, ou Ilse Koch, la " Sorcière de Buchenwald ".
    C'est absolument faux pour des criminelles de droit commun telles que la comtesse Báthory qui se baignait dans du sang de jeune fille pour entretenir son teint, ou Delphine Lalaurie l'esclavagiste sadique...
    Et si la femme était tout simplement un être humain, capable du meilleur comme du pire ?
    Furies, démones et sorcières se sont donné rendez-vous dans ces pages !

  • Depuis la naissance de la Ve République, l'État français mène une guerre larvée contre une partie de sa population. Les jeunes des quartiers populaires descendants de l'immigration postcoloniale subissent une opération, quotidiennement répétée, de " désenfantisation " : ils ne sont pas traités comme des enfants mais comme des menaces pour la survie du système. Combien d'entre eux sont morts à cause de cette désenfantisation ? Combien ont été tués par la police en toute impunité ? Combien de mères ont pleuré leurs enfants victimes de crimes racistes devant les tribunaux ?
    En s'appuyant sur les luttes menées par les Folles de la place Vendôme, dans les années 1980, comme sur les combats du Front de mères aujourd'hui, Fatima Ouassak montre, dans ce livre combatif et plein d'espoir, le potentiel politique stratégique des mères. En se solidarisant systématiquement avec leurs enfants, en refusant de jouer un rôle de tampon entre eux et la violence des institutions, bref, en cessant d'être une force d'apaisement social et des relais du système inégalitaire, elles se feront à leur tour menaces pour l'ordre établi.
    Ce livre a l'ambition de proposer une alternative politique portée par les mères, autour d'une parentalité en rupture alliant réussite scolaire et dignité, et d'un projet écologiste de reconquête territoriale. Son message est proprement révolutionnaire : en brisant le pacte social de tempérance qui les lie malgré elles au système oppressif, les mères se mueront en dragons.

  • Les seins des femmes sont-ils le siège visible, désigné, ressenti du féminin ? Ils sont en tous cas au coeur de tensions à la fois intimes et sociales, voire politiques, enjeu de l'assignation des femmes à des normes immémoriales et lieu d'une émancipation revendiquée. Cet essai en dévoile les mille et un signaux à travers une enquête où les femmes livrent leur expérience vécue.
    Ronds, fermes et hauts, ni trop petits ni trop gros, à la fois sexy et nourriciers, les seins des femmes sont l'objet d'assignations, d'injonctions et de fantasmes innombrables. Or l'expérience de chacune et de chacun est bien loin de se conformer à ces idéaux. Ces standards sont donc fréquemment vécus comme un poison et les seins réels invisibilisé.
    Camille Froidevaux-Metterie a mené une enquête auprès de femmes de tous âges, qui déroulent le fil de leur existence au prisme de leurs seins : de leur apparition au port du soutien-gorge, de la séduction au plaisir sexuel, du poids des normes esthétiques à la transformation volontaire ou contrainte par la chirurgie, de l'allaitement à la maladie... Grands oubliés des luttes féministes, appartenant à la fois à la sphère intime et à la sphère sociale, les seins condensent le tout de l'expérience vécue du féminin contemporain, soit ce mixte paradoxal d'aliénation et de libération. Ce constat s'inscrit dans une dynamique puissante que l'autrice appelle " tournant génital du féminisme ", mouvement de réappropriation du corps des femmes dans ses dimensions les plus intimes : mieux connaître les organes génitaux et leur fonctionnement, lutter contre les violences sexistes et sexuelles, revendiquer l'accès à une sexualité libre et égalitaire placée sous le signe du consentement. Dans la pluralité de leurs formes et la liberté de leur condition, les seins participent de ce mouvement.
    Au cours de son enquête, l'autrice a réalisé des portraits des seins des femmes qui évoquent avec force en regard des verbatims et de l'analyse de cette " expérience vécue des seins ".

  • La résistante dans l'ombre du héros.Laure Moulin (1892-1974) est la soeur du héros national Jean Moulin. À la Libération et jusqu'à sa mort, cette gardienne de la mémoire n'a eu de cesse de sillonner la France pour faire connaître l'action de son frère. Pour autant, elle, n'a pas vécu à travers le seul prisme fraternel.
    Si elle n'est pas au nombre de ces héroïnes qui maniaient la mitraillette comme Lucie Aubrac, elle s'inscrit cependant bel et bien dans la lignée de ces femmes résistantes, trop humble pour s'en prévaloir. Elle est la secrétaire de Jean, conservant des papiers compromettants et remplissant plusieurs missions pour lui. Tel est le passé magistralement relaté par Thomas Rabino à partir de sources inédites : archives familiales, privées, administratives et résistantes, témoignages de proches amis et connaissances.
    Il est aujourd'hui temps de lever le voile sur une femme d'exception, éternelle républicaine, et grande résistante.

  • À quoi riment nos vies sexuelles ?
    La fable de la femme qui voulait que sa bouche ait du génie.La fable de l'homme qui savait simuler aussi bien qu'une femme.La fable de la peau de vache qui était cruelle sur Tinder.La fable du producteur qui croyait vraiment tout possible.La fable de la femme qui rêvait d'un peu de douceur.La fable de l'homme qui saoulait tout le monde avec ses clichés.La fable de la fille qui n'aimait pas qu'on lui présente des garçons.La fable de l'homme mené par son imprévisible engin.La fable de la femme qui en avait par-dessus la tête des fantasmes des autres.La fable de l'homme qui voulait changer ses habitudes.La fable de la jeune doublée par une vieille.La fable de l'homme qui se trompait sur les femmes.La fable de la femme qui voulait rire même au lit.& autres histoires

  • La combattante courageuse contre l'envoilement nous fait découvrir l'envers du décor. Une plongée comme jamais, vivante, empathique et critique dans l'univers des jeunes des banlieues, l'ordinaire des profs, le quotidien des filles partagés entre la réalité d'ici et l'irréalité de là-bas. Un plaidoyer républicain.
    Nostalgie. Algérie. Jérémiades. C'est par ces trois mots, regroupés en Nostalgériades que s'ouvre le nouveau livre de Fatiha Agag-Boudjahlat, alternant l'essai politique et le récit autobiographique. Décrivant les naïves croyances des collégiens auxquels elle enseigne chaque jour (" Au bled, ça coûte rien ", " Seul Allah guérit "), et la difficulté qu'éprouvent les professeurs à enseigner la colonisation, la guerre d'Algérie ou la Shoah, la cofondatrice du mouvement Viv(r)e la République décrypte la condition féminine, en France comme dans les pays de culture musulmane. Rêvant d'un MeToo mondial, elle affirme dans sa splendide conclusion que si la condition féminine est un malheur, alors " il ne faut pas renoncer à ce malheur ".
    Sans langue de bois, sans naïveté et sans ressentiment, voici le nouvel essai flamboyant d'une femme puissante appelé à provoquer le débat.

  • Longtemps, les femmes ont été absentes du grand récit des migrations. On les voyait plutôt, telles des Pénélope africaines, attendre leur époux, patientes et sédentaires. Il n'était pas question de celles qui émigraient seules. Elles sont pourtant nombreuses à quitter leur foyer et leurs proches, et à entreprendre la longue traversée du désert et de la Méditerranée.
    Fondé sur une recherche au long cours, menée aux marges de l'Europe, en Italie et à Malte, ce livre est une enquête sur la trace des survivantes. Au fil des récits recueillis, il restitue leurs parcours, de déchirements en errance, de rencontres en opportunités. Entre persécutions, désir d'autonomie et envie d'ailleurs, les causes de leur départ sont loin d'être simples et linéaires.
    Les Damnées de la mer offre ainsi une remarquable plongée dans leur vie quotidienne, dans des centres d'accueil où leur trajectoire est suspendue, dans l'attente d'une reconnaissance de cette Europe qui souvent les rejette. L'ennui et la marginalisation sont omniprésents. Mais ces femmes sont également résistantes et stratèges, à la recherche de lignes de fuite.
    En restituant les multiples facettes de ces destinées, ce livre décline l'histoire des migrations en Méditerranée au féminin. Il refuse les clichés binaires qui opposent la migrante-victime à la migrante-héroïne pour adopter le point de vue de l'expérience des femmes : non sans tensions, l'autonomie qu'elles mettent à l'épreuve apparaît à la fois comme le support et l'horizon de leur projet migratoire.

  • « Quel rapport entre le patriarcat et une entrecôte ? Où se cachent les cheffes ? L'agriculture est-elle une affaire de mecs ? » Dans une époque devenue si sensible au slow food, si attentive aux tendances culinaires, nous nous voilons trop souvent la face sur la place de la femme dans l'organisation de cet acte essentiel qui est celui de (se) nourrir. Rapports ambigus ou destructeurs entre chair et chère, domestication et émancipation, genre et gastronomie... Faiminisme vous les expose (et les explose) par le menu !

    Passée par France TV info et le site web La Blogothèque, Nora Bouazzouni est traductrice et journaliste (spécialiste des séries, entre autres) pourCanal +, Libération et Slate. Elle aime cuisiner, prendre son assiette en photo et convaincre des inconnu-e-s que le féminisme est toujours aussi nécessaire en 2019.

  • Dans une épigramme adressée à sa femme, Martial écrivait : « Je veux bien que tu sois une Lucrèce pendant le jour tout entier, mais cest une Laïs quil me faut la nuit. » Ce vers décrit tout le paradoxe de lérotisme féminin dans lAntiquité romaine.

    Comme une même femme ne pouvait pas être tout à la fois le parangon de la chasteté et une amante dépravée, Virginie Girod montre que les femmes furent classées en catégories et comment leur statut social encadrait leur vie sexuelle en fonction de règles morales établies par les mythes politiques romains et par la religion. La femme mariée, la matrone, se trouvait cantonnée dans un rôle reproducteur dénué de sensualité. Cétait aux prostituées (esclaves, affranchies ou plus rarement libres) quil incombait de distraire sexuellement les hommes.
    Alors, le corps féminin érotique et le corps féminin reproducteur étaient-ils deux choses résolument différentes ? Comment les femmes vivaient-elles la sexualité au quotidien ? Quelles pratiques étaient autorisées ou non et pour qui ? Les grandes figures féminines de lEmpire telles que Messaline ou Agrippine la Jeune étaient-elles représentatives de la vie quotidienne de toutes les Romaines ? Finalement, les Romains étaient-ils des débauchés prêts à toutes les transgressions pour leur plaisir ou ont-ils posé les jalons des normes qui ont régi, des siècles durant, la sexualité occidentale ?
    À laide dune documentation considérable, Virginie Girod répond à ces questions pour apporter une nouvelle réflexion sur la condition de la femme romaine.

  • 85 % des métiers de 2030 n'existent pas encore. Et ils seront digitaux. Nouveaux besoins, nouveaux outils, tout est à inventer: un potentiel qui fait rêver et une formidable opportunité pour tous et pour toutes ! Car les femmes - le saviez-vous ? - ont été pionnières dans le domaine de l'informatique. Venez découvrir les possibilités illimitées de ces métiers grâce aux témoignages de celles qui les ont choisis et qui les aiment, et grâce aux dessins irrésistibles de drôlerie de Fabienne Legrand.

  • Le 26 mai 1828, Kaspar Hauser fit son apparition sur une place de Nuremberg. Ce jeune homme, qui semblait avoir 16 ou 17 ans, savait à peine marcher. Il n'avait pas cinquante mots en bouche et ne pouvait dire d'où il venait, ni où il allait. On l'aurait dit échappé de la Caverne de Platon. Il demeure à ce jour l'un des plus célèbres " enfants sauvages ".
    Ayant grandi séquestré, coupé de tout contact humain, il fut arraché à une nuit insondable pour naître au monde une seconde fois. Rien ne le rattachait à son époque, pas même à un groupe social ou une génération. Kaspar ignorait jusqu'à la différence homme-femme. Il habitait un corps étrange et dissonant, vierge de toute socialisation. On découvrit bientôt sa sensorialité inouïe, sa vie émotionnelle intense. Du moins jusqu'à ce qu'il apprenne, douloureusement, les moeurs et usages de son temps, non sans être devenu, la rumeur enflant, l'orphelin de l'Europe.
    Le plus probable est que Kaspar Hauser ait été un prince héritier, écarté d'une succession par une sombre intrigue de cour. Son assassinat, cinq ans plus tard, semble le corroborer. Le plus intéressant, toutefois, ne réside pas tant dans le mystère de ses origines ou l'énigme de sa mort que dans la capacité de cette histoire tragique, aux accents oedipiens, à en dire long sur la culture, sur nos façons d'arraisonner le monde. L'examen approfondi de cette trajectoire aberrante révèle aussi, par son anomalie même, jusqu'à quelles secrètes profondeurs le social et l'histoire s'inscrivent d'ordinaire en chacun de nous. Ce qui laisse soupçonner derrière cette vie minuscule un cas
    majuscule des sciences humaines et sociales.

  • Née dans les bas-fonds de Byzance, Théodora devint la plus grande impératrice de son temps. Sensuelle et déterminée, rien ne résista à son incroyable ascension.

    Courtisane assumant sa sexualité vénale, Théodora s'affranchit des règles que lui fixe une société intraitable. Sa vie change lorsqu'elle rencontre Justinien, qui fait d'elle son épouse et l'impératrice de l'Empire romain d'Orient. Désormais parée de pourpre et de perles, elle est le véritable « Premier ministre » de l'empereur. Elle fait et défait les carrières des hauts fonctionnaires, crée des réseaux d'espionnage et bouleverse les rituels de cour : on la salue, avec la même déférence que l'empereur, elle, femme et ancienne prostituée.

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