• Masi

    Gary Victor

    On chuchote que, grâce à La flûte enchantée de Mozart, le citoyen Dieuseul Lapénuri est nommé ministre aux Valeurs morales et citoyennes, avec le mandat d'arrêter la dégradation des moeurs et l'abomination qui gangrènent la République. L'île sombre dans la luxure. Le président se croise les bras et s'amuse à jouir, en criant Whitman, Rimbaud et Baudelaire. Entretemps, la première édition du festival gay et lesbien Festi Masi est annoncée. Les autorités s'y opposent de toutes leurs forces. Le festival, devenu affaire d'État, prend des proportions inimaginables. Cette ruée vers la vertu, on le sait bien, n'est que chimères et effronteries. Un roman qui nous propulse dans les bas-fonds de l'âme humaine.

  • Dans cet essai au ton personnel, Paul Audi tente de dégager et d'éclaircir, parmi toutes les idées que le romancier Romain Gary a cherché à mettre en valeur, celles qu'il lui paraît urgent que nous entendions dans le contexte présent de la culture, qui fait désormais le moins de place possible à une éthique de la réjouissance. En prenant pour fil conducteur la phrase énigmatique de Gros-Câlin, le roman de Gary signé Émile Ajar : " J'attends la fin de l'impossible ", il s'interroge en priorité sur cette étrange utopie qui se dissimule à l'arrière-plan de tous les écrits de Gary et que cet idéaliste désenchanté, ce " clown lyrique ", disait vouloir poursuivre dans la vie envers et contre tout. Ce faisant, il parvient à mettre en perspective - comme pour mieux se la réapproprier - l'espérance qui fut celle de Gary, comme elle est au fond celle de tout un chacun, de voir l'homme, cet être profondément inhumain, naître un jour à son humanité, qui n'est autre que la reconnaissance de son essentielle fragilité.
    Dans cette nouvelle édition, complétée de trois essais, inédits pour deux d'entre eux, Paul Audi, tout en réfléchissant sur le sens de ses partis pris philosophiques, approfondit les raisons de l'importance qu'il convient selon lui d'accorder à cette " attente ", à cette vive espérance, déjà en elle-même impossible, qui soutient de part en part l'oeuvre de Gary comme elle soutient peut-être aussi l'existence même de l'être humain. Il tâche aussi de dégager, parmi toutes les idées que Gary a cherché à défendre, celles qui lui paraissent urgent d'entendre dans le contexte actuel de la culture dominante, qui fait désormais le moins de place possible à une éthique de la " réjouissance ".

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