• Tout va bien pour Selim : il est le meilleur de sa classe de 5ème et ses parents, certes très occupés par leurs brillantes carrières, le gâtent. Jusqu'au jour où Mme Dupin, la prof d'histoire-
    géo, se met en tête de parler du Maghreb et en particulier de l'Algérie. Malheureusement, elle le fait vite et mal aux yeux de Selim. Déçu, il se range du côté de son camarade Redouane, le cancre de la classe. C'est le début d'un parcours fait de questions et de péripéties drolatiques qui permettra à Selim de se réconcilier avec ses racines et qui, accessoirement, incitera ses parents à travailler un peu moins et à passer plus de temps avec lui.

  • « Casimir, le constipé » ; « Moi, je ne dis pas Pétain, mais putain », « Général rebelle, bradeur de l'Empire, paranoïaque à délire intermittent » : ces diverses apostrophes adressées au chef de l'État furent poursuivies par le Parquet et leurs divers auteurs - citoyens ou journalistes - condamnés par les juridictions pénales. Délit méconnu, le délit de presse a protégé le président de la République en France de 1875 à 2013 et a souvent été présenté comme un délit d'opinion. Or, cet ouvrage entend réfuter ce lieu commun en se fondant sur une étude des procès à partir de documents d'archives. Il met notamment à jour l'épisode méconnu des paroles publiques injurieuses adressées par l'homme de la rue au maréchal Pétain et la sévérité des sanctions pénales. Il retrace la lutte judiciaire menée par le général de Gaulle à partir de 1959 contre les opposants d'extrême droite, « ennemis » du régime. Il permet, en étudiant cette face cachée de la République - la République injuriée -, de révéler la permanence d'une guerre civile larvée dans l'histoire politique française contemporaine.

  • Le présent ouvrage explore ce qui arrive aux sciences humaines et sociales lorsqu'elles se déplacent ou se « dépaysent » et analyse la façon dont elles sont affectées et transformées en retour, aux plans méthodologique, théorique et conceptuel, par leur extension au-delà de l'aire géographique de leur naissance. Concrètement, il se propose d'examiner les mutations qu'elles subissent - ou dont elles profitent - dans deux cas de figure distincts mais également importants : lorsque des disciplines formées au nord étendent leur validité au-delà de leur aire géographique d'origine pour s'appliquer à des terrains lointains et « exotiques » ; et lorsque ces mêmes disciplines sont enseignées, pratiquées, appropriées et développées dans des aires géographiques autres et des contextes historiques différents. Dans les deux cas, la production « dépaysée » des savoirs peut différer de la pratique « originale », « primitive » ou « domestique », dans laquelle le chercheur et l'objet de sa recherche appartiennent tous deux au contexte historique de formation des sciences sociales. Outre les contenus, il s'interroge aussi sur les pratiques et ceux qui en sont les porteurs, chercheurs ou institutions qui participent au transfert des savoirs ou contribuent à les recombiner et les reformuler. Pour des raisons de compétence et loin de tout présupposé essentialiste, orientaliste ou culturaliste, l'analyse se borne aux savoirs produits sur les pays arabes et la Turquie. Ne pouvant prétendre à l'exhaustivité, l'ouvrage privilégie les évolutions ayant marqué les dernières décennies et, pour des raisons tout aussi pratiques et pragmatiques, il s'intéresse à quatre disciplines en particulier : l'histoire, la sociologie, la science politique et l'économie.

  • Alger 1962. La présence française touche à sa fin. Trois conscrits décident de fêter leur retour en métropole en soulageant un riche négociant de ses lingots d'or. Le casse ne se déroule pas comme prévu... Avignon aujourd'hui. Un jeune clerc de notaire, d'origine algérienne, tente de liquider une mystérieuse succession.

  • Les premières années de la ve République ont vu dans le domaine de l'armement une série de réorganisations et de décisions qui ont commandé pendant des années la situation de ce secteur, souvent jusqu'à aujourd'hui. Cet ouvrage, auquel participent aussi bien des historiens que des acteurs majeurs de l'époque, replace cette question complexe dans ses différents cadres : institutionnel (création de la Délégation ministérielle pour l'armement), économique et financier (premières lois de programmation militaire, exportation d'armes), innovation technique (Mirage IV, circuits intégrés). Le contexte international et les politiques publiques ont ici un fort impact et sont étudiés en détail : que ce soit les rapports avec l'OTAN pour l'armée de l'air, la genèse de la force de dissuasion nucléaire avec le choix de ses différents vecteurs ou l'industrie de l'hélicoptère lors de la guerre d'Algérie, la coopération industrielle avec l'Angleterre ou l'Allemagne. Cet ouvrage de synthèse qui est pionnier en la matière ouvre de larges perspectives tant sur les relations internationales que sur l'histoire économique et industrielle de la France gaullienne.

  • Les égarés

    Aline Baudu

    • Ska
    • 1 Septembre 2016

    Les traumas de la guerre ont la vie dure, des bombes à retardement mentales... La mère prit son couteau, l'enfonça dans l'oeil de la bête. Elles attendirent en silence que le sang ait coulé alors qu'arrivaient, attirées par l'odeur, les poules prêtes à picorer les restes. Elle incisa la fourrure par les pattes arrière. Elle découpa délicatement la peau autour des chevilles sans abîmer les tendons pour préserver les muscles. Elle continua d'entailler et tira la fourrure d'un coup sec. C'était ce moment-là que préférait Francette : c'était comme si on enlevait son pyjama au lapin. L'écriture de ces nouvelles n'élude jamais ce qui pourrait nous détourner de notre condition d'humain. L'humain, Aline Baudu le regarde droit dans les yeux. C'est là, et nulle part ailleurs, qu'on décèle la signature d'un écrivain. (préface de Fabienne Jacob) Le Sable de Djerrah et Déraillement, deux nouvelles noires à dévorer au plus vite ! EXTRAIT Je bouge machinalement la tête pour qu'elle pense que je l'écoute. Elle porte délicatement sa salade à ses lèvres, qu'elle prend bien soin de fermer à chaque bouchée. Contrairement à moi, elle m'en a suffisamment fait la remarque. Et mes yeux qui ne peuvent se détourner du sang. Ce liquide qui creuse des sillons dans la purée. Je découpe minutieusement chaque morceau. En petits dés. Mes doigts serrent le couteau si fort que j'en tremble. Je ne suis plus là. Happé par ce rouge. À PROPOS DE L'AUTEUR Aline Baudu est curieuse des personnes qu'elle peut rencontrer. Elle aime surtout leurs aspérités. Dans ses écrits, elle évoque le quotidien, les gens et leurs failles. Son premier texte court, elle l'a rédigé en cours d'Anglais à 16 ans. Peu inspirée par les sujets de dissertation, elle a imaginé une histoire. N'excellant guère dans la langue de Shakespeare, elle se contenta de la formule « sujet-verbe-complément », d'une conjugaison au présent et d'un vocabulaire sans fioriture. Style qui finalement caractérise ses nouvelles. Résultat : elle a eu la meilleure note de la classe. Ce qui inconsciemment a dû l'encourager... Elle pratique également la photographie. Seule activité avec l'écriture qu'elle peut réaliser avec ses mains anormalement petites pour une adulte. Elle écrit quand elle a envie, quand c'est le moment, quand elle peut. Bref, n'attendez pas de ses nouvelles!

  • Akli

    Francis Pornon



    Les guerres ne finissent jamais vraiment. A preuve, les plaies de la guerre d'Algérie sont encore ouvertes...

    Un jeune s'est approché de moi. Akli, d'origine algérienne, pas du tout le genre loulou de banlieue, avocat de formation, conseiller au cabinet du procureur au tribunal pénal international à La Haye. J'écoutais d'abord d'une oreille distraite. Les jeunes mecs, tout dans la tchatche et rien ailleurs ! Il faisait étouffant. On sortit sur le balcon. En bas, la ville couvait, obscure vers la zone de l'usine explosée, poudrée de lucioles et d'étoiles sur les coteaux. Le vent avait tourné à l'ouest d'une caresse frigide pas nette. Je refermai mon blouson sur mon décolleté. L'air d'un regret, il laissa perdre ses yeux au loin. Des yeux vert agate.

    Francis Pornon, puisant dans son vécu la matière de ses nombreux romans, expose comment les séquelles de la guerre, entre vengeance et amour, conduisent parfois à renoncer à ses principes.

  • Une sorte de « Lettre au père » originale où l'auteur évoque les figures paternelles de substitution qu'il s'est choisies et retrouve l'irremplaçable qui l'a marqué, bien qu'il lui ait fait cruellement défaut au quotidien. Est-ce parce que ce drôle de père a su être présent dans les moments décisifs ? Michel Contat se veut lucide sur leur petite histoire au sein de la grande Histoire dans un pays, la Suisse, qui semble vivre à l'écart. Tenant la part égale entre l'humour et la tendresse, le texte offre une évocation de ce personnage hautement romanesque.

  • Le 5 juillet 1962, l'Algérie devient officiellement indépendante. Ce jour-là, à Oran, un massacre, expéditif, fulgurant même, a lieu. Pendant plusieurs heures, des Européens sont pourchassés à travers la ville par des soldats algériens et des civils en armes. Les forces de l'ordre françaises, fortes de 18 000 hommes, restent consignées dans leurs casernes, obéissant aux ordres du général Katz. Assassinats et enlèvements : près de 700 Européens sont victimes des tueurs. Les morts musulmans, victimes d'une épuration aussi sauvage que hâtive, n'ont jamais été décomptés avec rigueur.

    S'appuyant sur une somme considérable de documents et de témoignages, Guillaume Zeller remet en perspective ce drame oublié qui permet de comprendre ce que fut la guerre d'Algérie dans sa complexité.
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