• L'histoire japonaise, son histoire intellectuelle en particulier, sont trop souvent coupées de l'histoire mondiale. Parfois un nom fait recette, le temps d'une mode : Mishima, Nishida, le haiku, le « MA », le Zen, mais on ne discerne aucune continuité, aucune évolution. Maruyama Masao montre ici magistralement que la pensée japonaise ne constitue pas un domaine à part. Loin des habituels discours sur une quelconque spécificité japonaise, il cherche au contraire à faire entrer l'histoire intellectuelle de son pays en résonance avec celle de l'Europe. Avec lui, « l'esprit oriental » renoue avec la modernité. Il montre en effet comment le Japon a connu depuis le XVIIe siècle un itinéraire intellectuel qui l'a mené à une conscience historique du monde, même si cette modernité japonaise déboucha un temps sur les drames que l'on connaît. La fresque de Maruyama, où sociologues allemands et philosophes néokantiens côtoient les grands noms du néoconfucianisme, où Hegel voisine avec Ogyû Sorai et Motoori Norinaga, aide à comprendre pourquoi, en plein XXe siècle, « coexistaient activement une technologie capable de construire des navires de guerre parmi les meilleurs du monde, et le mythe national voulant que les souverains suprêmes du Japon fussent choisis pour l'éternité des temps par un oracle de la déesse Amaterasu ».

  • Un Proudhon certes foncièrement anarchiste, fédéraliste, anti-étatiste pour tout dire, mais parfois plus proche d'être un libéral anticapitaliste et antibourgeois qu'un socialiste et dont le combat constant pour l'émancipation de la classe ouvrière va de pair avec une rude opposition au communisme. Voici le Proudhon (1809-1865) que ce volume dévoile en bousculant nombre d'idées convenues à son sujet: entre autres, que la propriété est loin d'être forcément un « vol ». Ces textes sélectionnés, ordonnés et présentés par Vincent Valentin, maître de conférences à l'université Paris-I, soulignent le caractère complexe, souvent paradoxal et évolutif, d'une oeuvre foisonnante à laquelle le lecteur contemporain n'a plus directement accès depuis longtemps. Et dont la conception vive de la liberté individuelle qui l'irrigue donne toujours à penser.

  • Cette première synthèse intégrale de la pensée politique d'Émile Chartier (1868-1951, plus connu sous le pseudonyme d'Alain) se propose, à nouveaux frais et de manière soigneusement contextualisée, de redonner à Alain la place majeure et singulière qui lui revient dans l'histoire récente des idées : celle d'un penseur citoyen, d'un libéral de gauche compagnon de route du radicalisme, dont l'anti-étatisme, l'individualisme démocratique et le rationalisme laïque entrent en résonance profonde avec les préoccupations contemporaines.
    Jérôme Perrier entend ainsi rendre justice à cet insatiable chroniqueur, dont l'oeuvre a pâti d'avoir été disséminée en plusieurs milliers de « Propos » dans la presse de son époque. Contre le cliché de « philosophe pour classes terminales » qu'on a parfois cru devoir lui accoler en raison de son style sans jargon, il campe un Alain à la fois clair et profond, soucieux d'être compréhensible par tous, qui s'inscrit aussi dans la tradition des moralistes français allant de Montaigne à Camus.
    Jérôme Perrier, agrégé et docteur en histoire, a enseigné à Sciences Po Paris et à l'université de Versailles-Saint-Quentin- en-Yvelines.

  • Bibliophile exceptionnel, polygraphe, précurseur du romantisme, l'écrivain Charles Nodier (1780-1844) a publié à la fois des romans, des contes, des récits, des allégories et des articles pleins d'ironie. Il lui arrivait de ne pas signer ses livres, de prendre des pseudonymes et de multiplier les masques au point que s'impose assez vite la question de son rapport aux divers régimes politiques qui, depuis la Révolution jusqu'à la Monarchie de Juillet, ont constitué le temps historique dans lequel il écrivait. L'hypothèse d'Anne Kupiec est d'emblée politique : Nodier a éprouvé d'une manière suraiguë le moment révolutionnaire, en dépit du fait qu'il l'a vécu en étant encore un enfant. Le fil conducteur politique qui ouvre la lecture de l'oeuvre se confronte alors à des difficultés irréductibles, celle des formes changeantes de l'expression littéraire de Nodier, celle des masques multiples de l'écrivain et, enfin, celle d'une ambiguïté des positions politiques. En effet, Nodier fait à la fois l'éloge de Bonald et de Saint-Simon, de Madame de Staël et de Babeuf ou de Buonarroti, il critique le despotisme de l'Empire et se trouve déçu par la Monarchie de Juillet. L'analyse doit ainsi s'élever à la saisie du sens profond de l'ambiguïté, après en avoir traversé toutes les formes et toutes les variations. Ainsi s'éclaire peu à peu la nature d'un scepticisme politique qui doute de tout sans renoncer à rien, qui use des formes multiples de l'écriture pour éveiller son lecteur à l'interrogation, sinon à la critique, du présent et des éléments de positivité de ce présent. La pensée politique fait le détour du fantastique, du rêve animalier, de l'éloge paradoxal, de la « monomanie réflective », de la fiction pour conjurer le désenchantement et ménager des perspectives d'écart, de recul, d'exil par rapport aux déceptions que la période post-révolutionnaire a suscitées. De manière étonnante Nodier est celui qui, en 1835, au moment de l'édition du Discours de la servitude volontaire par Lamennais, propose d'éditer les oeuvres complètes de La Boétie. Cette proposition est d'autant plus significative que Nodier a été l'éditeur des Institutions républicaines de Saint-Just... Le penseur politique n'est pas démasqué, mais son masque d'écritures découvre ses vrais enjeux.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Au travers d'une présentation générale de la Pologne d'aujourd'hui, une analyse de tous les problèmes politiques, économiques, et sociaux posés à ce pays par son passage du système socialiste au monde libéral ainsi qu'à l'Union européenne, en insistant sur les données géopolitiques et économiques actuelles et à venir.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • L'importance de ces partis ne réside pas uniquement dans le rôle crucial qu'ils jouent dans le système politique israélien mais dans leur rôle comme point de convergence entre religion et politique, entre judaïsme et Israël.

  • Depuis près de trente ans, aussi bien à travers ses écrits que ses actions, Jean-Marie Muller tente de relever le défi de la non-violence. En préambule de ce recueil, Alain Refalo a questionné l'auteur sur les principaux aspects de la philosophie de la non-violence qui peut être la pierre d'angle de la paix.

  • S'adresse à ceux qui veulent s'initier à la sociologie et à la science politique contemporaines, mais aussi aux responsables politiques et administratifs.

  • Une synthèse sur les fondements, les aspects juridiques et économiques du fédéralisme en Europe.

  • En montrant l'unité et la cohérence de la pensée de R. Aron, cet ouvrage en dégage aussi la logique. R. Aron s'est interrogé sur les limites de l'objectivité des sciences sociales. Les relations internationales ont une place prépondérante dans sa réflexion. Aron a élaboré une phénoménologie de la guerre qui culmine dans son dialogue avec Clausewitz.

  • De sa pacification par les Britanniques à son épopée pétrolière, le Golfe, ensemble de royaumes de l'or noir, est devenu l'épicentre des conflits du tiers-monde.

  • Une analyse de la notion de vocabulaire politique suivie d'un lexique de ses principaux exemples.

  • Au-delà de l'information historique sur une époque essentielle de l'histoire de la pensée, cet ouvrage vise à définir l'une des directions fondamentales de la pensée britannique : la définition d'un idéal républicain où le pouvoir politique est lié aux principes de consentement, de gouvernement mixte et de liberté.

  • Conçu de manière originale, l'ouvrage d'Édouard Balladur apporte une vision singulière des événements qui, au printemps 68, menacèrent de faire sombrer la France dans le désordre et le chaos. Cette originalité tient sans doute, d'abord, à la personnalité du témoin qui sait toujours raison et humour garder. En aucun moment, il ne s'érige en censeur, ne se veut exemplaire. Elle tient aussi au poste qu'il occupait à Matignon, où il était tout proche de Georges Pompidou. Nous avons affaire ici à un reportage de première main. Elle tient, enfin, à la composition même du récit, au choix délibéré, et de prime abord insolite, d'une chronique alternée. Placé au centre du régime, et de ses appareils de défense, Édouard Balladur aurait pu se contenter de nous faire revivre, heure par heure, la révolte étudiante, les grèves ouvrières, les défilés et les meetings, le tout avec l'oeil du gouvernement. Il n'y manque d'ailleurs pas, et le fait avec le recul nécessaire ; la gravité des nouvelles ne lui cache pas la couleur du soir, ou les ibis des tapisseries. En outre, il mêle aux personnages vrais des personnages inventés, dont on devine qu'ils sont parfois quelqu'un. L'auteur en a imaginé toute une galerie : un étudiant et sa famille, un journaliste, un ancien syndicaliste... attachants et complexes, qui apportent le vent de la rue, le souffle de l'espérance - bientôt détrompée - le flux et le reflux des autres. Ainsi, a-t-on l'impression d'être partout à la fois. Cette démarche de mémorialiste permet, sans déroger au devoir de réserve, de dire davantage, et surtout de dire plus profondément les choses essentielles. On n'oubliera plus le portrait qu'Édouard Balladur trace de Georges Pompidou, sans doute le meilleur qu'il nous ait été jusqu'ici donné de lire. L'arbre de mai avait-il des racines très profondes et, sans ramage, bruissant, multiple ; n'a-t-il pas contribué à nous masquer la forêt ? Au bout d'un mois, tout était rentré dans l'ordre et, cependant, tout avait changé.

  • Les temps sont durs, les idées sont molles. La guerre des looks remplace l'affrontement des projets de société. Droite et gauche se divisent sur les moyens de réaliser les mérites valeurs. Alors fin des révoltes, des utopies et des systèmes ? Fin des idéologies ? Ou, au contraire, triomphe de la soft-idéologie ? La soft-idéologie, c'est le business et les droits de l'homme, le reaganisme et la génération morale, le socialisme libéral et le libéralisme social, la Bourse et la tolérance, l'individualisme et la charité-rock, Tapie et Coluche, le minitel et le contrat social... Bricolée avec les restes intellectuels des décennies précédentes, la soft-idéologie mêle gestion conservatrice et rêves soixante-huitards, idées confuses et moralisme vague, odes à la modernité et retour aux idéaux du XVIIIe siècle. Elle assure un consensus apathique sur l'essentiel. Elle prône la résignation à la force des choses et exalte les petits bonheurs. C'est la pensée sénile d'une époque fatiguée du vacarme de l'histoire. C'est l'entracte... Pour combien de temps ?

  • Ce document clef nous ouvre les portes secrètes du pays qui fascine et inquiète le monde entier : le Japon. L'Archipel écartelé est un reportage essentiel sur le passé et le présent du japon et donc l'avenir du monde moderne. Mutation sans précédent pour le japon millénaire. La bombe atomique. Sept ans d'occupation américaine. La reconstruction du pays. La course à la réussite. Le goût de l'argent. Les événements se suivent et ressemblent à un miracle. Aujourd'hui, cet immense petit pays a gagné la guerre technologique. Malgré ce succès, la journaliste Keiko Yamanaka a perçu un malaise profond. Salariés réduits en esclavage par les sociétés qui les emploient, femmes et enfants à l'abandon, logements exigus, transports épuisants, l'art de vivre paie le prix de la prospérité collective. Si le Japon domine l'échiquier moderne, les hommes y sont traités comme des pions. En conflit à l'intérieur, le japon l'est aussi avec l'extérieur en infiltrant notre sphère économique. Faut-il avoir peur de lui ? Va-t-il conquérir le monde ? Sommes-nous condamnés à devenir une colonie ou une banlieue du Japon ? Réponse dans ce livre.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Ce livre d'images tente, autant que faire se peut, de comprendre le personnage et de dire le roman.

  • L'histoire du règne de Gorbatchev est aussi celle de la fin de l'Union soviétique. Comment et pourquoi cet effondrement? Quelles forces se sont opposées à la volonté réformiste de Gorbatchev? Quel a été le rôle de Boris Eltsine?

  • Alain Cubertafond présente en une synthèse large, claire et précise, les rouages de la vie politique en France. Il montre comment l'État s'est développé pour devenir, au stade actuel de l'histoire, le plus puissant des appareils de pouvoir et analyse la triple combinaison de la politique, du pouvoir et de l'État autour des conditions de l'accès au pouvoir, des moyens mis par la société à la disposition de l'État et des règles du jeu politique. Chemin faisant, le livre désigne qui fait quoi dans les affaires publiques et diagnostique avec lucidité le mal dont souffre la vie politique française : un déficit de légitimité qui se creuse dangereusement à mesure que sont verrouillés les accès au pouvoir, hypertrophiés ses moyens et que sa crédibilité est ridiculisée par les médias.

  • En interrogeant les rapports entre philosophie et politique de la fin du XVIe siècle à la fin du XVIIIe siècle, cette démarche entend réactiver une interrogation sur les présuppositions et les implications métaphysiques de ces concepts. Ce parcours mène du renouvellement de l'idée de république à la philosophie de la liberté, en passant par la fondation philosophique de la notion de tolérance.

  • Nous avions cru acheter le meilleur des mondes. Des courbes de production et de niveau de vie décidément ascendantes ; l'État ou le marché prenant en charge l'organisation des rapports sociaux ; l'intégrisme économique discountant sans fin l'avenir : nous tenions là, à n'en pas douter, tous les ingrédients du bonheur. Et puis le système s'est grippé, progressivement bloqué jusqu'à la décomposition dans laquelle nous pataugeons aujourd'hui. Le chômage, l'exclusion, le retour en masse de la pauvreté, l'insoutenable arrogance de l'enrichissement sans cause, la Bosnie après des douzaines de Rwanda, le poids croissant de l'impérium américain, les ratés de la construction européenne, enfin.. La morosité puis le doute, le désarroi désormais, ont rouvert toutes les plaies et fractures de notre vieux pays. Les Français sont désarmés parce que désunis. La rancoeur suit l'excès de crédulité. Le moment est venu de redéfinir, conjointement, l'individuel et le collectif, comme de reconstruire nos communautés. Le repositionnement de l'action politique, la refondation de l'éthique républicaine, la réaffirmation de l'efficacité des utopies, autant de réflexions et d'expériences à mener si nous voulons, un jour, retrouver le goût d'entreprendre et jouer à nouveau notre rôle dans les grands équilibres internationaux. Bien entendu, il faudra, aussi, du courage.

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