• Qu'est-ce que l'amitié ? L'imagination ? L'égalité ? Le racisme ?

    Parce qu'il n'est jamais trop tôt pour apprendre à penser, Tahar Ben Jelloun invite le lecteur à s'initier dès le collège aux notions clefs de la philosophie. Une leçon de sagesse lumineuse et nécessaire qui, dans un monde toujours plus complexe, nous aide à mieux comprendre notre rapport à nous-même, à l'Autre et à notre planète.

  • Gros-câlin

    Romain Gary

    Lorsqu'on a besoin d'étreinte pour être comblé dans ses lacunes, autour des épaules surtout, et dans le creux des reins, et que vous prenez trop conscience des deux bras qui vous manquent, un python de deux mètres vingt fait merveille. Gros-Câlin est capable de m'étreindre ainsi pendant des heures et des heures.

    Gros-Câlin paraît au Mercure de France en 1974. Il met en scène un employé de bureau qui, à défaut de trouver l'amour chez ses contemporains, s'éprend d'un python. L'auteur de ce premier roman, fable émouvante sur la solitude de l'homme moderne, est un certain Émile Ajar. La version publiée à l'époque ne correspond pas tout à fait au projet initial de son auteur qui avait en effet accepté d'en modifier la fin.
    On apprendra plus tard que derrière Émile Ajar se cache le célèbre Romain Gary. Dans son ouvrage posthume, Vie et mort d'Émile Ajar, il explique l'importance que revêt, à ses yeux et au regard de son oeuvre, la fin initiale de Gros-Câlin. Il suggère qu'elle puisse un jour être publiée séparément...
    Réalisant le souhait de l'auteur, cette nouvelle édition reprend le roman Gros-Câlin dans la version de 1974, et donne en supplément toute la fin 'écologique', retranscrite à partir du manuscrit original.

  • "Nous faisons partie d'un écosystème qui nous est indispensable. On a longtemps pensé que l'homme pouvait dominer la nature, en profiter, en faire son esclave. On retrouve cette injonction dans la Bible, dans la Genèse et également chez Descartes. Mais c'est une très mauvaise solution car notre domination sur la nature nous amène à des catastrophes. Il faut abandonner l'idée de profit pour tenter d'appréhender nos interactions avec tous les éléments de la nature, et comprendre que ces interactions nous sont fondamentales et qu'elle sont menacées."

    Hubert Reeves est un astrophysicien québécois, auteur de nombreux ouvrages.
    Pascal Lemaître est un illustrateur belge, collaborateur régulier des éditions de l'Aube.

  • - Venez voir ! hurle mon père, à peine rentré du travail.

    Nous l'entourons. Il a les yeux rouges, ses mains jointes tremblent. Ma mère arrive en s'essuyant sur un torchon. Il pose sur la toile cirée un morceau de papier journal enroulé. Comme fou, il n'a même pas pris la peine de se laver les mains.


    - J'ai trouvé, j'ai trouvé !


    Il défroisse délicatement le morceau de papier dont l'encre a bavé, en tremblant.

    - Regardez !

    Il ouvre ses mains... Une pépite ! Elle étincelle dans le reflet de nos prunelles d'enfants, clignote dans les yeux de ma mère.

    Il est beau, ce rêve. C'est mon plus beau.


    Auteur notamment du Thé au harem d'Archi Ahmed (1983), Mehdi Charef, qui a publié trois autres romans et réalisé onze films, retrouve l'écriture après treize ans d'interruption. Rue des Pâquerettes revient sur son arrivée en France en 1962, à 10 ans, dans le bidonville de Nanterre : il y raconte sa difficulté à comprendre son père, qui les a arrachés, lui, sa mère et sa soeur, à leurs montagnes pour les faire venir en France ; l'humiliation, la boue et le froid du bidonville ; mais aussi l'enthousiasme de son instituteur, l'amitié des camarades, la douceur d'Halima ; et sa grand-mère, persuadée que la vie d'un enfant qui pose autant de questions ne pourra être que trop pleine.

    Né en Algérie en 1952, romancier, scénariste et cinéaste, Mehdi Charef est arrivé en France en 1962. Il a connu les bidonvilles, les cités de transit et l'usine avant de publier quatre romans, tous au Mercure de France, et de réaliser onze films, dont Le Thé au harem d'Archimède (1984) et Graziella (2005).

  • Dans ce dialogue empli de sagesse, Caton est désigné comme l'avocat de la vieillesse contre quatre chefs d'accusation : elle empêcherait de briller dans la vie publique, affaiblirait le corps, interdirait les plaisirs et ferait sentir l'approche de la mort. Pour Caton au contraire, la vieillesse est l'âge le plus propice aux oeuvres accomplies de l'esprit, le corps étant délivré de la servitude des sens. Elle prépare l'âme à la libération totale procurée par la mort. Caton suggère une attitude exemplaire et loue l'expérience. Celui qui n'attend que de lui-même n'a rien à craindre des lois de la nature : "La faiblesse convient à l'enfance ; la fierté à la jeunesse ; la gravité à l'âge mûr ; la maturité à la vieillesse : ce sont autant de fruits naturels qu'il faut cueillir avec le temps."

    Né en 106 av. J.-C., mort en l'an 43, Cicéron put très jeune démontrer ses talents d'orateur, devenir grand avocat de Rome et connaître la gloire, lors du procès qui conduisit à la condamnation de Caius Verrès, gouverneur concussionnaire de la Sicile. Consul, il écrivit des oeuvres de philosphie politique (De oratore, De re publica et De legibus) et un Brutus. Défenseur d'un idéal de formation universelle, il est souvent placé à l'origine de l'humanisme tel que conçu à la Renaissance.

  • Dans le climat de l'Ère des réformes, l'utopie technologique imaginée par John A. Etzler n'est pas vraiment extravagante : tant d'autres, au milieu du XIXe siècle, ont imaginé des projets saugrenus pour refaire le monde. Fort réticent à l'égard de ces communautés chimériques, Emerson suggère au jeune Thoreau de rédiger une critique de l'ouvrage d'Etzler. Dans la fantaisie irréalisable qu'il commente, Thoreau apprécie la suggestion d'une relation apaisée avec la nature mais n'accepte pas une société idéale dont le but serait le confort matériel et la recherche du plaisir. Surtout, l'utopie d'Etzler manque l'essentiel : elle ne fait pas confiance à l'homme. Or, s'il doit y avoir progrès, il sera individuel.

    Américain dissident, Henry D. Thoreau (1817-1862) est un réfractaire qui se plaît à résister, à suivre son chemin absolu en dépit de tout. Par ses écrits, il met la force tonifiante de sa résistance au service de tous ceux qui veulent garder l'esprit en éveil et maintenir une position critique peut-être plus nécessaire que jamais à notre époque de contrôle soft de l'opinion par les divers moyens d'information ou les « produits culturels ».

  • Nos aventuriers sont les humanistes. Leur quête : retrouver la culture antique perdue. En restaurant sa mémoire, ils fondèrent - souvent au péril de leur vie - une civilisation de la libre pensée, la nôtre. Ils s'engagèrent dans tous les domaines de la vie sociale, depuis la peinture jusqu'aux droits des colonisés, en passant par le théâtre, l'astronomie et la religion. Nous avons beaucoup à apprendre d'eux, en un temps où la liberté d'expression est à nouveau menacée. Jean-Christophe Saladin raconte les aventures de ces hommes et de ces femmes de la Renaissance qui surent puiser dans les immenses richesses occultées du passé pour construire leur avenir.

  • Contre la pestilence ; sommes-nous encore humains ? Nouv.

    Sous nos propres yeux notre société matérialiste, frappée de pestilence, s'est décomposée en quelques semaines. Ce que d'aucuns appellent d'un mot approprié le « darwino-capitalisme », ce pouvoir économique hostile aux faibles et impitoyable aux inutiles, a trouvé plus fort que lui.Cet essai n'est pas un livre de plus sur la pandémie mais sur ce que nous avons consenti à perdre. Et si la nouvelle peste affectait nos sensibilités et nos valeurs humanistes depuis longtemps ? Ce drame attente à notre vérité profonde, à notre dignité, et telle est bien la seule question qui vaille la peine d'être posée : sommes-nous restés humains ? À moins que dans le culte de la performance et son progressisme militant, le fanatisme propre aux utopies, nous ayons progressivement perdu notre humanité.

    Stéphane Toussaint est directeur de recherches au CNRS. Philosophe, spécialiste de la Renaissance italienne et historien de l'humanisme, il est l'auteur de La Liberté d'esprit (Les Belles Lettres, prix Idées Les Influences 2019).

  • Quest-ce que lhomme ? Quest-ce que lautre ? Comment être sage ? Comment vivre heureux ? Le XVIe siècle ne parvient plus à répondre à ces questions avec assurance. Le traumatisme des guerres de Religion et, avant lui, la découverte du Nouveau Monde ont ébranlé les certitudes. Cest dans ce contexte que Michel de Montaigne sattelle à un projet singulier : dessiner son propre portrait pour mieux « peindre lhumaine condition ».
    Jour après jour, pendant vingt ans, il note ses réflexions dans ses Essais, une uvre aux frontières de lautoportrait, du recueil de morceaux choisis et du traité de morale.
    Ce volume rassemble les passages des Essais les plus représentatifs de la pensée de lauteur sur lêtre humain, le monde et la société.

  • Essais

    Montaigne

    • Lizzie
    • 14 Mars 2019

    Sélection d'Essais de Jean-Yves Tadié.Montaigne se lance dans la rédaction des
    Essais avec un objectif : se connaître soi-même.
    Philosophie, nature, justice, lecture, histoire... Les réflexions qui nourrissent l'oeuvre de cet humaniste curieux et érudit sont le résultat d'une vaste introspection.
    Le génie de Montaigne est de donner à cette découverte du
    moi une portée universelle.
    Le plaisir de lecture qu'offrent les
    Essais ne serait rien sans la saveur d'une langue si singulière. L'ancien français -; parfois difficile d'accès -; a été ici " rajeuni ", donnant ainsi une nouvelle vitalité à la finesse de style et à l'acuité de jugement de Montaigne.
    La lecture d'une sélection d'essais par Didier Sandre offre une nouvelle porte d'entrée dans cette oeuvre fondatrice des lettres françaises, dont Montaigne est l'un des pères.

  • Pierre Rabhi l'affirme avec humour : Je suis un milliardaire. Milliardaire lorsqu'il observe cette expérience agroécologique qu'il a initiée sur la terre aride d'Ardèche et qui, aujourd'hui, fait la démonstration de ses vertus. Milliardaire, aussi, des trésors d'humanité qu'il a patiemment cultivés et tout au long de sa vie s'est inlassablement employé à partager. Ce dialogue est l'invitation à une insurrection des consciences, plus encore, pour chaque conscience qui s'en empare, à faire son aggiornamento. Au profit d'une humanité humaine, c'est-à-dire respectueuse, généreuse, harmonieuse, en communion avec les autres espèces vivantes, qui mette fin à l'humanité inhumaine dominante que caractérisent une vanité, une cupidité, un égoïsme, un anthropocentrisme mortifères et suicidaires.

    Pierre Rabhi, écologiste convaincu, expert international, est également philosophe et écrivain.
    Denis Lafay est journaliste à La Tribune.

    Pascal Lemaître est illustrateur dans l'édition et la presse internationale.

  • Le code de conduite du parfait homme de cour est au coeur des conversations de gentilshommes lettrés à la cour d'Urbino. Traduit dès le XVIesiècle dans toute l'Europe, ce manuel de bonnes manières a marqué la culture occidentale. Or, le présent volume s'attache au livre III, le plus original et le plus délicieusement digressif. Cinq hommes et, fait exceptionnel, deux femmes, dont la duchesse d'Urbino, participent à la joute verbale. Le sujet se révèle épineux : les usages qu'une dame de palais se doit d'observer. Tous se disputent in fine sur les mérites prêtés à la femme en général. Quand les misogynes s'opposent aux défenseurs de la gent féminine, l'un prône une égalité entre l'homme et la femme. Mais le champion de ces dames ne s'en forgerait-il pas une image conforme à ses désirs ?

    L'écrivain Baldassare Castiglione (1478-1529) fut ambassadeur auprès de Louis XII puis de Léon X. Il se lia d'amitié avec Raphaël et rencontra les personnalités réunies autour de la duchesse Élisabeth de Gonzague et sa belle-soeur Emilia Pia : Pietro Bembo, Julien de Médicis, Ottaviano, Federigo Fregoso et autres lettrés qui figureront dans sa grande oeuvre Il Cortegiano, parue en 1528. Après la mort de sa femme en 1520, il entre dans le clergé et gagne la cour de Charles-Quint. Il meurt à Tolède.

  • Cet ouvrage met en pleine lumière un moment décisif mais relativement méconnu de la naissance du mouvement humaniste dans l'Italie du début du Quattrocento : ce n'est pas à Florence, mais à la cour des papes revenue à Rome que s'épanouit et s'affirme une nouvelle génération d'intellectuels, au sein d'un milieu cosmopolite, travaillant dans l'administration pontificale et au service des élites ecclésiastiques. Et c'est dans un contexte de crise profonde, le Grand Schisme d'Occident, que la papauté s'ouvre à l'idéal d'une Renaissance. Au fil d'une enquête croisant sources d'archives et oeuvres littéraires, l'histoire de ce tournant est retracée, de l'afflux de jeunes lettrés en quête de fortune dans une institution divisée, aux débuts d'une révolution rhétorique et idéologique.

    Agrégée, docteure en histoire médiévale et ancienne membre de l'École française de Rome, Clémence Revest est aujourd'hui chargée de recherche au CNRS (Centre Roland Mousnier, Sorbonne Université).

  • Qui sauver ? l'homme ou le chien ? sur la dissolution des frontières entre l'homme et l'animal Nouv.

    Voici enfin le livre accessible et complet que l'on attendait sur la question animale. Clair et bien informé, écrit par un spécialiste de l'éthique, il évite les écueils tant de la propagande que des caricatures journalistiques pour proposer un état des lieux impartial et équilibré sur le problème du statut à accorder aux animaux. Non, tous les défenseurs de la cause animale ne préféreront pas sauver un chien plutôt qu'une personne handicapée. Oui, l'homme se rattache sans contestation possible au règne animal. Mais non, ce n'est pas parce qu'il partage 99 % de ses gènes avec le chimpanzé qu'on peut en déduire qu'il est un singe comme les autres. Et non, considérer qu'il se distingue des autres animaux n'est pas un blanc-seing pour qu'il les maltraite.Mettant au jour les véritables enjeux, parfois vertigineux, de ces questions qui hantent désormais notre actualité, cet ouvrage, tout en faisant montre d'un authentique humanisme, offre au lecteur un bien des plus rares : le moyen de se forger son propre jugement loin des excès manichéens.

  • La science moderne a dû se libérer de l'héritage antique pour prendre son essor. Les mathématiques s'occupent d'entités abstraites, sans rapport avec le monde qui nous entoure, alors que la physique manipule des objets réels. En cette époque de boom technologique, la science bat le haut du pavé et le niveau de culture générale scientifique n'a jamais été aussi élevé. Autant d'idées reçues que le mathématicien et historien des sciences Lucio Russo dément avec brio dans cet essai court et incisif. Textes à l'appui, l'auteur montre combien la dette des sciences modernes à l'égard de l'Antiquité est importante. Il rappelle le rôle essentiel des phénomènes observables dans la genèse des théories scientifiques, aspect dangereusement occulté par les processus d'abstraction complexes des sciences modernes et par l'évolution des programmes scolaires. Il souligne que la science même la plus contemporaine implique une méthode qui, en l'occurrence, est directement héritée des travaux d'Euclide et de ses successeurs hellénistiques. Synthèse des recherches de toute une vie, Notre culture scientifique convoque les différents domaines de la connaissance (cosmologie, chimie, mathématiques, théorie des marées...) et nous invite à comprendre notre passé scientifique en profondeur, seul moyen de s'en affranchir pour bâtir notre futur.

  • Le coeur contenté ; 50 histoires de bonté Nouv.

    La bonté existe et est essentielle en notre monde. Elle a le pouvoir de guérir, de stimuler, de réjouir, d'ouvrir à plus grand que soi. En ces temps où les mauvaises nouvelles font la manchette, nous avons grand besoin de la voir à l'oeuvre, sans quoi nou

  • Résumé

    L'ancêtre parle, invoque terre, ciel, océan. De multiples voix résonnent; le poème se joue, tambour, espérance et acte de foi. Rien n'est trahison dans cette traversée. Tout porte vers l'incandescence, lumière de nos humanités.

    Extrait
    pour ma défense
    je dirai que je suis poète
    les mots m'ont précédé
    je n'ai pas tété ma mère
    je n'ai pas connu mon père
    j'habite loin de mon île
    mon ventre n'est pas mon ventre
    je n'étais pas convié à ma naissance

    L'auteur
    Poète, écrivain, essayiste, éditeur, né à Cavaillon (Haïti), Rodney Saint-Éloi est l'auteur d'une quinzaine de livres de poésie, dont Je suis la fille du baobab brûlé (2015, finaliste au prix des Libraires, finaliste au Prix du Gouverneur général), Jacques Roche, je t'écris cette lettre (2013, finaliste au Prix du Gouverneur général). Il est l'auteur de l'essai Passion Haïti (Septentrion, 2016). Le prestigieux prix Charles-Biddle lui a été décerné en 2012. Il a été reçu en 2015 à l'Académie des lettres du Québec et en 2019 à l'Ordre des arts et des lettres du Québec. Il dirige la maison d'édition Mémoire d'encrier qu'il a fondée en 2003 à Montréal.

  • Chiens de paille est une charge radicale contre notre humanisme libéral. Mettant à mal nos certitudes les plus chères et nos croyances les plus salvatrices, John Gray y dissèque la façon dont nous portons un regard inepte sur un monde que nous ne pouvons sauver et qui n'a nul besoin de l'être.

  • La biographie du fils illégitime de Christophe Colomb, qui chercha à égaler les prouesses de son père en créant la première bibliothèque universelle. Grand voyageur et collectionneur, il atteignit le Nouveau Monde avec son père et parcourut l'Europe de la Renaissance.
    Son père a exploré les frontières connues du monde. Lui a parcouru l'Europe à la recherche d'imprimés de toutes sortes pour rassembler la connaissance universelle en un lieu : sa bibliothèque à Séville. Hernando Colomb, fils naturel de Christophe, fut un visionnaire qui, dès le début du XVIe siècle, comprit que la masse d'informations, désormais accessibles grâce à l'imprimerie, bouleverserait le monde.
    Sa vie est une aventure, un long voyage depuis son Espagne natale, qu'il sillonne avec la cour d'Isabelle et Ferdinand, les Rois Catholiques, jusqu'aux Amériques où il survit un an avec son père après leur naufrage au large de la Jamaïque, en passant par l'Europe de la Renaissance où tant d'idées nouvelles sont brassées. Hernando y fréquente Érasme, Thomas More ou encore Albrecht Dürer. Mais l'héritier spirituel de Christophe Colomb a aussi dirigé une encyclopédie géographique, créé les premières cartes modernes. Il a rédigé la première biographie de son père qui ancra définitivement le mythe, créé le premier jardin botanique et réuni la plus grande bibliothèque privée que l'Europe ait jamais vue et dont une partie fut engloutie...

  • En 1849, Dostoïevski est condamné au bagne pour ses idées. Déporté au sud-ouest de la Sibérie, dans la forteresse d'Omsk, où il passe cinq ans, il y côtoie des criminels et des hommes du peuple, des voleurs aussi bien que des condamnés politiques. De cette expérience douloureuse, où l'impossibilité d'être seul rivalise en cruauté avec les sévices et le travail forcé, l'auteur tire les Récits de la maison des morts.
    Dans ce roman largement autobiographique, qu'il fait passer pour des notes retrouvées chez un ancien forçat, Goriantchikov, Dostoïevski déploie une galerie de portraits où sont anticipés les personnages les plus marquants de ses oeuvres majeures. Son humanisme et son sens de l'observation font de ces récits consacrés au système pénitentiaire du temps des tsars un témoignage de première importance sur l'expérience concentrationnaire.

  • Jean Pic de la Mirandole (1463-1494) symbolise l'intellectuel de la renaissance par excellence et incarne l'un des figures les plus significatives du XVe siècle. Jeune homme surdoué, il entre à l'Académie de Bologne à seulement 14 ans. Sa culture, son éloquence et la pertinence de son jugement en font très rapidement l'un des penseurs les plus influents de son époque. Il se lie d'amitié avec Marcile Ficin et au contact d'Averroès conçoit l'incroyable projet de rédiger une oeuvre monumentale qui réunirait l'ensemble des traditions culturelles depuis leur origine jusqu'à son époque, une gigantesque encyclopédie de tous les savoirs. Suspectées d'hérésie, les 900 conclusions, rendues publiques en 1486, valurent à leur auteur une fuite à Paris et un emprisonnement à Vincennes.
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    Les Neuf cents Conclusions constituent l'un des textes les plus fondamentaux, controversés, et finalement mythiques de l'humanisme. Condamné pour hérésie, arraché aux mains de son premier éditeur et brûlé en public, ce livre fut l'oeuvre d'un jeune homme de 23 ans. Se prononçant sur des questions logiques, morales ou métaphysiques, puis établissant des règles d'interprétation philologique, magique et cabalistique, cette oeuvre opère un véritable bouleversement dans l'histoire de la philosophie.

  • « Que puis-je encore faire ? J'ai presque tout tenté et nulle part je n'ai trouvé la paix ». Le lecteur, pour qui Pétrarque est d'abord le chantre de Laure, découvrira ici le passionnant portrait d'un infatigable voyageur (peregrinus ubique) amoureux et théoricien de la vie solitaire (le Val clos, la petite maison d'Arquà), les aléas d'une vie faite d'éclatants succès (le couronnement au Capitole) et de profonds chagrins (la perte des amis lors de la grande peste de 1348), l'homme de l'examen de conscience et celui des délicates missions auprès des puissants de ce monde, enfin le grand lettré qui, sans renier le message évangélique, fonde sur la redécouverte des Anciens l'espoir de jeter les fondements d'un monde meilleur. Pétrarque gardait copie de ses lettres depuis environ sa seizième année. Mais la décision de les réunir en un monument est liée à sa découverte, à Vérone en 1345, des Lettres à Atticus de Cicéron, qui, alternative aux Lettres à Lucilius de Sénèque, lui offraient le modèle d'une oeuvre promise à la durée à partir des contingences de la vie et de l'histoire. Il la réalisera avec un premier ensemble (Lettres familières, 24 livres), achevé en 1366, et un deuxième, de lettres écrites à un âge plus avancé (Lettres de la vieillesse, 18 livres), devenant à son tour le modèle des grandes correspondances humanistes, de Marsile Ficin, de Pic de la Mirandole, d'Érasme, et, à travers elles, des Lettres de Voltaire, de Rousseau, de Claudel et de Gide, dont nous sommes si friands. Dans le large choix de lettres présentées ici, traduction française et intégralité des notes sont celles des onze volumes de la collection des « Classiques de l'Humanisme », parus entre 2002 et 2015.

  • La permaculture est l'art de concevoir des espaces de vie, des territoires fonctionnels, des métiers et des vies riches de sens, inspirés de la nature. Le réchauffement climatique, l'agriculture intensive et la déforestation ne sont pas des fatalités. En réinventant nos habitudes de vie, de consommation et de production, nous pouvons reprendre en main nos existences pour bâtir un futur viable et heureux.Gildas Véret nous invite à identifier les enjeux d'une prise de conscience et à concevoir des solutions en respectant l'éthique de la permaculture : prendre soin des humains, prendre soin de la Terre et partager équitablement. Principes permaculturels, méthodes de conception, savoirs ancestraux, symbiose et résilience, il est temps d'adopter de nouveaux outils et de devenir architectes de nos vies.Appliquons dès aujourd'hui les principes de la permaculture : à l'écoute de la Terre, construisons un monde plus respectueux !

  • La sagesse ancienne irrigue la philosophie de la Renaissance, melting-pot d'idées issues de divers courants de pensée de l'Antiquité. Des théologiens antiques ont, croit-on, préfiguré la révélation chrétienne. Nombre d'apologistes chrétiens citent des textes d'auteurs préchrétiens pour inscrire leur doctrine dans une continuité. Idée qui se généralise aux XVe et XVIe siècles. Et particulièrement en France où l'on se réclame, entre autres, de l'héritage des druides. La prisca theologia (ancienne théologie) vise en somme une conciliation entre les mondes chrétien et juif, la Grèce et Rome, la Renaissance et le Moyen Âge. Évitant de s'en tenir à l'orthodoxie d'une seule doctrine, elle a permis la survivance des idées antiques à la Renaissance et contribué à forger la philosophie humaniste.

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