• Édition enrichie de Jean Starobinski comportant une préface et un dossier sur l'oeuvre.

    "Rien n'a plu davantage dans les lettres persanes, que d'y trouver, sans y penser, une espèce de roman. On en voit le commencement, le progrès, la fin : les divers personnages sont placés dans une chaîne qui les lie. À mesure qu'ils font un plus long séjour en Europe, les moeurs de cette partie du monde prennent, dans leur tête, un air moins merveilleux et moins bizarre : et ils sont plus ou moins frappés de ce bizarre et de ce merveilleux, suivant la différence de leurs caractères. Dans la forme de lettres, l'auteur s'est donné l'avantage de pouvoir joindre de la philosophie, de la politique et de la morale, à un roman ; et de lier le tout par une chaîne secrète et, en quelque façon, inconnue."
    Montesquieu.

  • Quel touriste étranger n'associe pas La Vie en rose à la France, qui ne s'est pas imaginé à Rome en écoutant Ti amo ou en Espagne avec La Macarena ? Ces mélodies populaires sont tellement ancrées dans l'imaginaire collectif qu'elles ne sont plus les icônes du répertoire de leur interprète, celui-ci se dissolvant au profit d'une voix nationale, mais deviennent le symboles de la nation, son porte-parole. À travers trois chansons issues de la folk américaine, Greil Marcus lève le voile sur trois facettes d'une seule nation. Selon lui, elles permettent de définir la mentalité américaine. Par ces trois morceaux on découvre non seulement trois manières de parler des USA, mais aussi trois nations à l'intérieur de ceux-ci, chacune avec son histoire secrète, ses traditions et sa culture oubliées.

    Greil Marcus est le plus célèbre rock critic américain. Spécialiste de la pop culture outre-atlantique, il est l'auteur d'ouvrages qui mettent au jour les liens souterrains unissant les mouvements artistiques et musicaux et les événements, parfois séparés de plusieurs siècles. Collaborateur régulier à Rolling Stone Magazine et Creem, cet intellectuel mélomane est également un conférencier aux quatre coins du monde. Il est l'auteur de Lipstick Traces (Allia, 1998) et de Dead Elvis (Allia, 2003).

  • La réflexion politique sur l'école en général et l'enseignement de l'histoire en particulier aurait intérêt à délaisser quelque temps le domaine de la controverse stérile alimentée par quelques astrologues de la catastrophe pérorant dans Le Figaro, Marianne, ou Causeur.
    En redonnant la parole au terrain, elle pourrait se targuer d'une forme d'intelligence des choses susceptible de formuler plus sereinement les questions urgentes que l'école pose aujourd'hui à la société.
    C'est ce qu'ambitionne de faire cet ouvrage en proposant un retour historique sur l'enseignement de l'histoire du point de vue de ceux qui l'écrivent, l'enseignent ou l'apprennent. Il s'agit donc de donner la parole aux praticiens et usagers depuis le moment où l'histoire s'est constituée comme une discipline scolaire à la fin du XIXe siècle.
    Nous y faisons ressortir la configuration des tensions et débats dont la plupart existent encore aujourd'hui sous des formes qui ne sont que recyclées ; nous y rappelons les expériences pédagogiques oubliées, les tentatives plus ou moins temporaires de bouleverser les paradigmes dominants de l'histoire scolaire ; mais nous y éclairons aussi les raisons des pesanteurs dans lesquelles s'englue souvent l'histoire scolaire, assignée à la délicate mission de garantir une identité nationale et un comportement politique codifié dans les coulisses feutrées de la République.
    C'est ce jeu de miroir entre une discipline tiraillée dans ses finalités, objet de multiples récupérations et confiscations politiques, et des enseignants en prise avec des réalités autrement plus concrètes qui nous intéresse ici. Sans basculer dans la mystique de l'âge d'or d'une résistance enseignante, il s'agit de montrer qu'entre la norme et le terrain, des bribes de ruses, de contournement, d'accommodements ont toujours existé, plus ou moins silencieuses ou ostensibles, et que dans ces interstices réside la possibilité d'une réflexion sur l'enseignement de l'histoire autre que le commentaire médiatique ou la confiscation politique.
    Ce livre pose quelques jalons d'une histoire populaire de l'enseignement de l'histoire depuis le XIXe siècle jusqu'à aujourd'hui. Il donne aussi à voir différentes expériences, temporalités, géographies d'une pratique scolaire de l'histoire à l'école primaire comme dans l'enseignement secondaire.

    Laurence De Cock est enseignante et historienne. Elle anime le collectif "Aggiornamento histoire". Avec Mathilde Larrère, elle anime "Les Détricoteuses" sur Médiapart. Figure charismatique et médiatique, influente sur les réseaux sociaux, elle a dirigé plusieurs ouvrages, dont La Fabrique scolaire de l'histoire (Agone) ou Paniques identitaires (Le Croquant). C'est une spécialiste des questions pédagogiques.

  • Une conviction cheville cet atlas : la nation française n'est pas un peuple mais cent, et ils ont décidé de vivre ensemble. Du nord au sud, de l'est à l'ouest de l'Hexagone les moeurs varient aujourd'hui comme en 1850. Chacun des pays de France a sa façon de naître, de vivre et de mourir.
    L'invention de la France cartographie cette diversité en révélant le sens caché de l'histoire nationale : hétérogène, la France avait besoin pour exister de l'idée d'homme universel, qui nie les enracinements et les cloisonnements ethniques. Produit d'une cohabitation réussie, la Déclaration des droits de l'homme jaillit d'une conscience aiguë mais refoulée de la différence.
    La culture est mouvement, progrès, diffusion, homogénéisation bien sûr, mais de nouvelles différences apparaissent sans cesse - aujourd'hui maghrébines, africaines ou chinoises. Il ne saurait donc y avoir de retour à une homogénéité perdue, parce que cette homogénéité n'a jamais existé. Les défenseurs autoproclamés de l'identité nationale ne comprennent pas l'histoire de leur propre pays. Ils sont aveugles à la subtilité et à la vérité du génie national.
    L'effondrement du catholicisme puis celui du communisme ont engendré un vide religieux et idéologique qui a fini par couvrir tout l'Hexagone. Cette nouvelle homogénéité par le vide explique l'apparition, parmi bien d'autres choses, dans un pays où les Français classés comme musulmans ne pratiquent pas plus leur religion que ceux d'origine catholique, protestante ou juive, d'une islamophobie laïco-chrétienne, qui prétend que la seule bonne façon de ne pas croire en Dieu est d'origine catholique. L'abysse métaphysique de notre actuel moment politique trouve ici sa source.

  • Dans ce petit texte percutant, Patrick Weil définit les quatre piliers de la nationalité française : le principe d'égalité, la mémoire positive de la Révolution française, la langue française et la laïcité. Il doit être lu tant par ceux qui veulent devenir Français que par ceux qui le sont et qui trop souvent oublient ces quatre piliers insécables. Aujourd'hui en France, les principes qui nous paraissaient essentiels hier semblent devoir être défendus demain... Il est grand temps de se retrouver sur nos valeurs communes, de les identifier et de les faire rayonner.« À lire pour retrouver ses repères. » Le Nouvel ObservateurPatrick Weil est historien, politologue et directeur de recherche CNRS au Centre d'histoire sociale du XXe siècle de l'université Paris-I.

  • Mort en 2009, à plus de cent ans, Claude Lévi-Strauss a laissé une oeuvre immense et protéiforme. Présenté comme le fondateur d'un des courants des sciences sociales les plus féconds de l'après-guerre, le structuralisme, on retient de lui l'image d'un savant professeur du Collège de France ou celle d'un élégant académicien. Son parcours, celui d'un militant politique passé du socialisme à l'anthropologie, reste donc très peu connu. Pourtant, la pensée de Lévi-Strauss, sa réussite universitaire, le rayonnement de son oeuvre bien au-delà des cercles de spécialistes, sont les produits d'un cheminement ininterrompu depuis son premier engagement socialiste. En établissant le lien entre les années 1930 et les années 1950, "Lévi-Strauss politique, de la SFIO à l'Unesco" retrace l'importance de l'engagement politique de ce formidable intellectuel du XXe siècle et met en lumière aussi bien l'univers esthétique que les visées morales qui ont nourri son oeuvre.


  • Les Lacustres ont-ils existé? Ce livre répond à cette question en présentant l'essentiel des recherches les plus récentes. Il éclaire tout à la fois la préhistoire et la construction idéologique de l'Etat fédéral suisse. Dès 1854, des découvertes

  • Langue. Identité. Souveraineté. Indépendance. Pays. 

    Voilà des mots gommés du vocabulaire alors que les partis s'affrontent pour le pouvoir et l'avenir du Québec.

    Pourquoi l'idée de l'indépendance du Québec a-t-elle été
    progressivement rejetée de notre vie politique ?

    Les Québécois se sont-ils réellement affranchis de la question nationale afin de s'attacher à d'autres thèmes de la vie en société pour devenir davantage des usagers que des citoyens, transformant au passage l'État en succursale rendant des services ? Le Québec ne rêve plus et ne prend plus de risques.

    Le détachement face à la question nationale ne serait-il pas plutôt le symptôme de l'engourdissement/l'affaissement/l'endormissement global de la société québécoise ou de son anesthésie générale ? Désormais incapable d'imaginer son destin, l'État québécois est condamné à la gestion efficace de l'existence quotidienne. Est-ce le prélude à une triste dissolution tranquille ?

    Voilà l'hypothèse que formule l'auteur David Leroux dans ANESTHÉSIE GÉNÉRALE, un premier essai aussi courageux que percutant, qui vient briser mille tabous, en nous proposant de réfléchir plus librement que jamais sur le Québec.

    L'essayiste inscrit sa pensée sur la question nationale dans une exploration plus large des grands courants qui traversent la vie occidentale et qui partout suscitent un malaise démocratique croissant et un désir de révolte.

    La mondialisation libérale-libertaire, qui agit comme un agent paralysant lorsqu'il est question de réfléchir autrement, est en crise. C'est en misant sur le pouvoir de désobéissance des peuples et des nations qu'il sera possible de donner un nouveau souffle à la démocratie.

    À l'ère de l'ultramondialisme, l'expérience du Québec au sein des nations est inédite. Se pourrait-il que le combat des Québécois devienne le symbole de la capacité des peuples à résister à l'esprit du temps et à se dresser contre les forces qui les écrasent ?

  • Un pays divisé : identité, fédéralisme et régionalisme au Canada Nouv.

    Le Canada est un pays divisé... mais à quel point? Et surtout, comment expliquer et interpréter ce phénomène ? À l'aide de données de sondage originales issues de l'enquête La Confédération de demain 2.0 / The Confederation of Tomorrow 2.0, ce livre brosse un portrait contemporain des tensions à l'oeuvre au sein de la fédération canadienne.
    Nous avons sondé les Canadiens pour mieux saisir le rapport qu'ils entretiennent avec leurs pôles identitaires ainsi qu'avec le fédéralisme et le régionalisme. Divisé, le Canada l'est en effet d'abord sur le plan des équations identitaires que ses citoyens mettent de l'avant pour s'autoreprésenter. Ce livre fait ressortir l'influence de certains noeuds dans cette toile identitaire sur les préférences institutionnelles à l'échelle provinciale et régionale. De même, il analyse la manière dont les diverses catégories de population au pays se représentent les avantages et les inconvénients du système fédéral, ainsi que les rapports qu'elles entretiennent avec certaines politiques publiques clés pour leur province ou leur région, comme le programme de la péréquation, la protection de l'environnement, le processus de réconciliation, etc.
    Un pays divisé : identité, fédéralisme et régionalisme au Canada est destiné autant aux chercheurs qu'aux étudiants, aux citoyens qu'aux fonctionnaires et décideurs politiques. Il précise les tenants et aboutissants des divers événements historiques et sociopolitiques qui ponctuent le narratif de son argumentaire, tout en suivant un protocole rigoureux et détaillé dans l'analyse scientifique des données recueillies.

  • Le Canada à la recherche d'une identité internationale Nouv.

    Écrits entre 2004 et 2020, les textes de ce livre se concentrent sur la politique étrangère des gouvernements canadiens de Paul Martin, de Stephen Harper et de Justin Trudeau confrontés chaque fois à de grands changements, que ce soit au lendemain de la guerre froide, après les attentats du 11 septembre 2001 ou, depuis quelques années, à la soudaine émergence de la Chine comme puissance mondiale.

    À première vue, il semble difficile de faire un rapprochement entre les gouvernements libéraux de Martin et de Trudeau et le gouvernement conservateur de Harper. Pourtant, une trame commune les unit en ce qu'ils se sont, chacun à leur façon, détachés du consensus traditionnel libéral-conservateur sur les grandes orientations internationalistes de la politique étrangère canadienne, établies au lendemain de 1945. Petit à petit, ils se sont centrés sur la construction d'une forteresse nord-américaine. Dès lors, sur la scène internationale, le Canada voit sa forte identité de naguère s'étioler irrémédiablement, sans pour autant en façonner une nouvelle.

    Témoin privilégié des transformations de la politique étrangère canadienne depuis plus de trente ans, l'auteur est à la fois un fin observateur, un analyste nuancé, mais aussi un praticien qui a participé à l'élaboration de la politique étrangère canadienne sous le gouvernement de Justin Trudeau.

  • Analyse sociopolitique, ces essais étudient l'identité et son rapport à la modernité à partir de deux perspectives : la première, de longue durée, évalue le processus de modernisation qui s'est imposé en Occident depuis le début des « Temps modernes » (XVIe et XVIIe siècles) ; la deuxième, perspective plus contemporaine, analyse l'hypermodernité qui traverse nos sociétés au cours des années récentes. Plus concrètement, les essais tentent de comprendre les transformations identitaires de nos sociétés à l'approche XXIe siècle, à la lumière des conséquences du processus de modernisation sur l'identité.

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