• En 2018, le journaliste allemand Emran Feroz a mené une série d'entretiens avec Noam Chomsky à l'université d'Arizona, près de la frontière avec le Mexique. Ce grand analyste de notre époque y discute notamment de ce qu'on a appelle à tort la «crise des migrants» et de l'impérialisme, du réchauffement planétaire et de la menace nucléaire, de la présidence de Donald Trump, de la responsabilité des intellectuels, des religions et de l'éducation. Le sentiment d'urgence face à la situation qui se détériore aiguise le regard critique de Chomsky sans pour autant lui faire perdre son «optimisme de la volonté». À lire pour faire le point sur l'état du monde.

  • La Chine et l'Europe relèvent de deux traditions politiques différentes. En retraçant leur histoire et en les comparant, Billeter en arrive à une compréhension profonde de l'une et de l'autre, précisément au moment où celles-ci entrent en conflit. Depuis un siècle en Chine, les forces du progrès se sont continûment inspirées de la tradition européenne. Or, l'ambition du pouvoir actuel est de les vaincre et d'entraver leur action partout ailleurs. Quand le pouvoir se réclame de la grandeur passée de la Chine, il lance un défi à l'Europe, défi que celle-ci se doit de relever, puisqu'elle dispose des ressources nécessaires. Encore faut-il qu'elle tire de son histoire un nouveau projet politique et philosophique. Billeter en pose les principes, ceux d'une véritable... "révolution culturelle".

    Éminent sinologue, Jean François Billeter a dirigé le département de langue et littérature chinoises de l'université de Genève. Il a publié plusieurs ouvrages aux éditions Allia, dont Leçons sur Tchouang-tseu, Contre François Jullien, Un paradigme et Esquisses. En 2013, il a reçu le prix culturel de la Fondation Leenaards. En 2017, il a publié Une rencontre à Pékin et Une autre Aurélia, couronnés du prix Michel-Dentan, du prix Roger Caillois de l'essai et du prix Psychologies magazine.

  • Ce livre regroupe 18 témoignages écrits par des volontaires étrangers du YPG ayant participé au Rojava (nom du Kurdistan syrien) à la guerre contre Daech ou l'armée turque. Le YPG (Unités de protection du peuple) est l'armée des Kurdes syriens. Elle se bat pour un projet révolutionnaire fondé sur la commune, le socialisme, l'égalité entre les femmes et les hommes, la laïcité ainsi que l'égalité entre groupes ethniques et religieux.

    L'ouvrage est présenté et coordonné par André Hébert, auteur de Jusqu'à Raqqa (Belles Lettres, 2019). Il comprend les contributions de 18 combattant·es internationalistes, de 12 nationalités différentes.

  • Qu'est-ce que le capitalisme? Cette question, l'histoire la pose chaque fois que ce système entre en crise, étalantau grand jour ses absurdités. Pour y répondre, il faut en comprendre les origines. Voilà ce que propose Ellen Meiksins Wood dans cet ouvrage initialement paru en 2009.

    Personne ne niera que le capitalisme a permis à l'humanité d'accomplir des avancées notables sur le plan matériel. Mais il est devenu aujourd'hui manifeste que les lois du marché ne pourront faire prospérer le capital qu'au prix d'une détérioration des conditions de vie d'une multitude d'individus et d'une dégradation de l'environnement partout dans le monde. Il importe donc plus que jamais de savoir que le capitalisme n'est pas la conséquence inévitable des échanges commerciaux et marchands que l'on retrouve dans presque toutes les sociétés humaines. Le capitalisme a une histoire très singulière et un lieu de naissance bien précis: les campagnes anglaises du XVIIe siècle. En rappelant cette origine, essentiellement politique, l'auteure propose une définition limpide des mécanismes et des contraintes qui font la spécificité du capitalisme.

  • Tribut - une histoire fiscale de la conquete romaine - illustrations, noir et blanc Nouv.

    La conquête romaine est un fait majeur de l'Antiquité. Pourtant, la dimension fiscale de cette histoire, bien que tout à fait essentielle, n'a jamais donné lieu à une étude particulière et approfondie. C'est chose faite avec ce livre, appelé à devenir un ouvrage de référence. Comment la cité de Rome a-t-elle utilisé l'arme fiscale pour mobiliser des capacités militaires et financières sans équivalent pour l'époque ? Peut-on mesurer ce que la conquête a rapporté et quel a été son coût ? Les Romains n'ont-ils fait que mener une entreprise de pillage à grande échelle, ou bien se sont-ils efforcés de construire un empire dans lequel le consentement fiscal a eu sa place, dans le droit fil de leur expérience civique ? Par quels moyens, enfin, ont-ils réussi à concilier l'adhésion des populations sujettes avec le maintien de leur rente fiscale ? Ce sont autant de questions, parmi bien d'autres, auxquelles Tribut apporte une réponse. C'est donc dans une enquête captivante que le lecteur est conduit, revenant sur nombre d'idées reçues et débouchant sur une vision inédite de l'Empire romain. Plus largement, ce livre s'adresse aussi à tous ceux qui, à travers l'ensemble des périodes historiques, s'intéressent à l'analyse des grands régimes de domination.

  • Si l'expression, « Que faire ? », résonnait jadis de manière exclamative, annonçant l'amorce d'une réflexion stratégique pour un ordre nouveau, l'expression individualiste : « Oui, mais, qu'est-ce que je peux faire, moi... ? » soustrait à son énonciateur de tout espoir d'agir. « Qu'est-ce que je peux faire, moi ? » Cesser de s'indigner et passer à la question suivante, travailler sans fin à une synthèse des causes valables, s'organiser au-delà des esprits de chapelle et des replis sectaires, moquer l'idéologie, réduire à des objets de la pensée les termes que la propagande cherche à inscrire au siège de la subjectivité, transcender les modalités d'organisation hégémoniques, et s'essayer à des formes instituées qui nous ressemblent. Radicalisez-vous !

  • Ce livre est une histoire du jardin zoologique à travers celle de la ménagerie du Jardin des Plantes de Paris, des zoos de Londres et d'Anvers, depuis leur fondation. Ecrite du côté des animaux, sans perdre des yeux les humains qui font et défont l'institution, il dit le poids de l'emprise dans les cages et au-delà, puisque le zoo dessine des réseaux tentaculaires de capture, puis, à partir du XXe siècle, une mainmise conservationniste, enfermant les animaux au nom de leur protection. Depuis le zoo-microcosme, l'ouvrage dessine l'histoire d'institutions puissantes - zoos, organisations élitaires de protection animale et de conservation de la faune - qui contraignent ceux qu'elles disent protéger, et celle d'animaux et d'humains qui résistent et luttent pour ouvrir d'autres possibles.

    Violette Pouillard, docteure en histoire (Université libre de Bruxelles-Université Jean Moulin-Lyon 3) puis postdoctorante à l'Université d'Oxford (Wiener-Anspach postdoctoral fellowship), est actuellement assistante à l'Université de Gand, où elle poursuit ses recherches sur les dynamiques de pouvoir associant humains et non humains, tout en donnant cours d'histoire de l'environnement.

  • La politique étrangère des États-Unis d'Amérique depuis la Seconde Guerre mondiale expliquée par le professeur et militant Noam Chomsky, exemples à l'appui:
    Au Viêt-nam, les États-Unis n'ont pas perdu la guerre: ils ont laissé un pays en ruine, divisé, qui ne pourra jamais s'en relever. En Amérique latine, les États-Unis se sont affairés à écraser toute esquisse de démocratie ne cadrant pas avec leurs intérêts économiques. L'Europe de l'Est, tombée sous le joug de l'Ouest après la chute de l'Union soviétique, est maintenue dans un état de sous-développement.

    Avec la complicité des médias, Washington manie un double langage constant auprès de sa population peuple afin de justifier sa politique étrangère.

    Court, accessible et très incisif, Les dessous de la politique de l'Oncle Sam est devenu un classique des relations internationales et présente un condensé des analyses géopolitiques, économiques et sociales de Noam Chomsky.
    Le tiers monde doit apprendre que personne ne peut redresser la tête. Le gendarme de la planète poursuivra sans relâche tous ceux qui commettront ce crime inqualifiable.
    - Noam Chomsky

    Certains pourraient assimiler le travail de Chomsky à celui de la recherche d'un complot (les méchants Américains). Or Chomsky amène des faits [...] pour nous rappeler que le pouvoir ne se reproduit pas sans conscience de lui-même.
    - Combats

  • « Rangez ces ouvrages compliqués, les livres comptables feront l'affaire. Ne soyez ni fier, ni spirituel, ni même à l'aise, vous risqueriez de paraître arrogant. Atténuez vos passions, elles font peur. Surtout, aucune "bonne idée", la déchiqueteuse en est pleine. Ce regard perçant qui inquiète, dilatez-le, et décontractez vos lèvres - il faut penser mou et le montrer, parler de son moi en le réduisant à peu de chose : on doit pouvoir vous caser. Les temps ont changé. Il n'y a eu aucune prise de la Bastille, rien de comparable à l'incendie du Reichstag, et l'Aurore n'a encore tiré aucun coup de feu. Pourtant, l'assaut a bel et bien été lancé et couronné de succès : les médiocres ont pris le pouvoir. »

  • Le succès de lopération Serval au Nord-Mali en janvier 2013, quarante-neuvième intervention militaire de la France dans son pré carré africain, a dépassé toutes les attentes. Ses soldats y ont été accueillis en libérateurs tandis que des intellectuels africains de renom, jusque-là peu suspects de complai­sance à légard de la Françafrique, se sont bruyamment réjouis de son action, jugée énergique et courageuse.
    On peut comprendre ce soulagement, car il était impératif de mettre hors détat de nuire la coalition des responsables du sanglant chaos malien. Mais la haine envers ces derniers na-t-elle pas ramené un conflit complexe à une banale lutte entre le Bien et le Mal ?
    Cest à cette question que sefforcent de répondre Aminata Dramane Traoré et Boubacar Boris Diop dans un échange de lettres stimulant et franc La Gloire des imposteurs met en évidence une reprise en main néo-impériale de lAfrique subsaharienne par une violente agression militaire se présentant comme une odyssée morale, généreuse et désintéressée. Mais, un an après, il y a lieu de se demander si, comme lAmérique de Bush en Irak, la France na pas pavoisé un peu tôt au Nord-Mali où elle est en train de sembourber.
    Au-delà du Mali, véritable cas décole, les deux auteurs partagent leurs réflexions sur lénigmatique printemps arabe et sur les guerres de lOccident hors de ses frontières, en particulier en Afrique Côte dIvoire, Libye... Et chaque conflit leur offre loccasion de mettre à nu les mécanismes de la même triomphante imposture.

  • L'An 501

    Noam Chomsky

    L'An 501 tente de jeter un regard clairvoyant sur les 500 ans de la conquête européenne du monde, depuis l'arrivée de Christophe Colomb en Amérique le 12 octobre 1492. Dans cet ouvrage publié initialement en 1993, Chomsky expose les mécanismes et principes au fondement de cet envahissement et ce que celui-ci laisse entrevoir pour l'avenir. Car en l'an 501, alors que les États-Unis d'Amérique ont pris le relais de l'hégémonie mondiale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale en développant le plus puissant et implacable empire que le monde ait connu, force est de constater que la conquête continue.
    Vingt-cinq ans après sa parution, L'an 501 demeure un incontournable pour comprendre les dynamiques géopolitiques actuelles et pour s'initier à la pensée politique de Noam Chomsky. Dans un style tout imprégné d'une âpre ironie qui n'est pas sans rappeler Voltaire, le célèbre linguistique et intellectuel analyse la situation en Haïti, en Amérique latine, à Cuba, en Indonésie et ailleurs, tout en décrivant la constitution d'un tiers-monde au coeur même des États-Unis. Chomsky dresse des parallèles entre les génocides de l'époque coloniale et l'exploitation et les meurtres associés à l'impérialisme contemporain.
    Véritable cours d'histoire des cinq derniers siècles dont le propos est encore criant d'actualité, cette nouvelle édition est bonifiée d'une préface inédite de l'auteur dans laquelle il rappelle que la conquête se poursuit toujours.

  • Au tout début du XXe siècle fut inventé ce « Moyen-Orient » qui aujourd'hui semble se défaire dans le sang sous nos yeux. Or, c'est du côté des Indes que l'on doit chercher l'origine de cette construction géographique, du côté des Indes parce que le « Moyen-Orient » est alors conçu comme l'ensemble des territoires gardant l'approche de l'Empire anglo-indien face aux menaces ottomanes, russes, françaises et allemandes. Mais cette invention ne peut se comprendre à la lumière des seuls enjeux politiques et économiques de l'âge des impérialismes. Elle procède d'une lente genèse qui eut, à partir de 1809, pour cadre l'aventure britannique dans le Golfe Arabo-Persique.L'impérialisme britannique et anglo-indien, actif tout au long du XIXe siècle dans les eaux et sur les rivages de la péninsule Arabique, de la Perse et du nord de l'océan Indien, est au coeur de l'ouvrage de Guillemette Crouzet. Par la violence mise en oeuvre contre des « pirates » accusés de perturber la libre circulation des biens et des hommes, par une politique systématique de traités conclus avec les pouvoirs locaux, par des grandes entreprises cartographiques marquant symboliquement une prise de possession spatiale, par une lutte acharnée contre des trafiquants d'esclaves qui légitimait les patrouilles de croiseurs de Sa Majesté, par le grand projet de création d'un route rejoignant par l'Euphrate la Méditerranée, Londres, Bombay et Calcutta imposent leurs règles, avançant peu à peu du détroit d'Ormuz jusqu'au Koweït. Dans ce contexte, les flux commerciaux, licites et illicites, augmentent, et le Golfe participe à une mondialisation croissante de l'économie ; ce sont alors autant de trafics de perles, de dattes, d'armes, autant de réseaux marchands et de connections multiples avec des espaces plus ou moins lointains qui se découvrent.Guillemette Crouzet le souligne, certes l'or noir n'est pas encore exploité mais le Golfe Arabo-Persique a déjà acquis une centralité stratégique minorée jusqu'à présent par les historiens. Il s'ensuit que si le « Moyen-Orient » protège le « joyau de la couronne britannique » que sont les Indes, dans la géopolitique mondiale de la fin du XIXe siècle il est déjà en voie de s'autonomiser...

  • Ni fous, ni ignares, les « soldats de Dieu » n'en sont que plus dangereux.
    Cet ouvrage présente les cadres cognitifs (idéologies, doctrines, visions du monde, valeurs) développés par des acteurs islamistes djihadistes. Ceux qui opèrent en France au nom d'Al-Qaida ou de l'« État » islamique. Alors que beaucoup a été dit sur les trajectoires de ces militants islamistes, sur leurs fêlures ou leurs réseaux, on sait finalement peu de choses des discours qui les animent, des haines qui les habitent et de leur rapport à la France, à la démocratie, à la politique, au monde qui les entoure, mais aussi à la violence qu'ils défendent et justifient, ou à la religion qu'ils disent adorer.
    Sans aucune complaisance, mais en prenant au sérieux les propos et les références qui légitiment leurs actes les plus violents, ce livre donne à voir l'état d'esprit d'un islamiste.

    Xavier Crettiez est professeur de sciences politiques, directeur adjoint de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye et chercheur au Cesdip (CNRS).
    Bilel Ainine est docteur en sciences politiques, chercheur au Cesdip (CNRS) et chargé de mission à la MIVILUDES.
    Ils sont tous deux membres de l'Observa­toire des radicalités politiques (ORAP) de la Fondation Jean-Jaurès.

  • Ali Cherri - Somniculus

    Osei Bonsu

    Dans son nouveau film, Somniculus (« sommeil léger »), Ali Cherri approfondit la question du rapport entre, d'une part, les processus qui permettent la mise au jour, la collecte et la classification des objets d'art et, d'autre part, la manière dont notre compréhension de ces objets est orientée par nos systèmes de représentation. Saisissant la vie secrète des musées français d'ethnographie et d'anthropologie, Somniculus nous présente un monde dans lequel quelques fragments de civilisations passées en sont venus à incarner l'universalité de l'expérience humaine. Préservés et exposés dans l'enceinte muséale, les objets survivent en tant que réceptacles de leur propre époque et histoire. Leur circulation matérielle, leur possible influence sur la formation du discours des Lumières, de l'impérialisme ou du colonialisme ne peuvent être retracées. Seuls subsistent des fragments du passé définis par des récits construits et compris à travers le prisme de régimes de représentation idéologiques. Les objets n'ont rien de vivant, mais ils continuent de nous parler et de nous hanter. Nous les regardons, comme eux-mêmes nous regardent et nous surveillent. Ici, regarder dépasse l'acte politique consistant à mettre en doute la réalité qui est sous nos yeux : il s'agit d'imaginer ce qui est au-delà du visible. Entrer dans une phase de « sommeil léger », c'est solliciter l'imagination à l'état de veille. À l'instar des objets suspendus hors du temps, qui n'ont pas de poids, le corps n'est ni mort ni vivant, mais en attente d'être réveillé. Accompagnant l'exposition d'Ali Cherri présentée dans le cadre de la programmation Satellite 10, le présent livre comprend des textes d'Osei Bonsu, de Fabien Danesi et de l'artiste. Ali Cherri est vidéaste et artiste visuel. Son travail porte actuellement sur la place de l'objet archéologique dans la construction des récits historiques. La programmation Satellite Initiée en 2007, la programmation Satellite du Jeu de Paume est dédiée à la création contemporaine. Depuis 2015, le Jeu de Paume et le CAPC musée d'art contemporain de Bordeaux organisent conjointement ce programme d'expositions, assuré dès sa création par des commissaires d'envergure internationale (Fabienne Fulchéri, María Inés Rodríguez, Elena Filipovic, Raimundas Malasauskas, Filipa Oliveira, Mathieu Copeland, Natasa Petresin-Bachelez, Erin Gleeson et Heidi Ballet). Intitulé « L'économie du vivant », la dixième édition confiée à Osei Bonsu a pour propos la constante mobilité, par-delà les frontières réelles ou imaginaires, des corps, des plantes, des animaux, des oeuvres d'art, ainsi que d'un certain nombre d'autres produits culturels. Ce projet en quatre temps procède de l'idée qu'une des façons de comprendre l'état du progrès humain de nos jours est de consigner visuellement l'expérience vécue. Dans un paysage géopolitique en constante expansion, nous pouvons voir comment les grands axes imposent conflit et agitation à la circulation des peuples, des marchandises et des processus. Se projetant au-delà de la simple idée d'une cartographie de l'histoire, les oeuvres d'Ali Cherri, d'Oscar Murillo, de Steffani Jemison et de Jumana Manna - toutes spécialement commanditées pour l'occasion - parcourent les espaces étrangers et familiers afin de rendre visible la secrète migration des choses vivantes. Chaque exposition est accompagnée d'une publication imaginée comme une carte blanche au commissaire et aux artistes. Conçue dans un dialogue étroit avec un studio graphique renouvelé à l'occasion de chaque édition, cette série d'ouvrages s'offre comme un espace de création autonome au sein de la programmation Satellite.

  • La question de l'« antisémitisme à gauche » est un problème tenace et persistant. Les débats à ce sujet ont augmenté avec la diffusion croissante de l'antisionisme à l'intérieur de la gauche, et les controverses au sein du monde anglophone secouent les principaux partis, les hommes politiques et les mouvements sociaux.Bien que la droite exagère à la fois l'ampleur et la portée de ce problème, la gauche refuse catégoriquement de l'affronter alors même qu'elle est de plus en plus empêtrée dans des scandales. Ce refus est hégémonique dans la gauche, y compris celui d'entamer un processus qui déconstruirait l'intersection complexe entre l'antisionisme et l'antisémitisme réellement existants.L'identité et la présence juives perturbent constamment les catégories et les concepts de la gauche. Si celle-ci voulait vraiment s'attaquer à ces questions, elle devrait repenser non seulement les formes actuelles qu'a prises l'antisionisme, mais aussi la façon dont elle aborde l'anti-impérialisme, le nationalisme des opprimés, les politiques de l'identité, le populisme, les théories conspirationnistes et la critique du capital financier. Ce livre analyse chacun de ces différents sujets, en fournissant aux lecteurs et lectrices des exemples concrets.

  • Le nouvel ordre colonial qui s'installe à la fin du XlXe siècle, et qui sera fondamental dans l'histoire de la France contemporaine, est dominé par le Parti colonial français, ce parti «pas comme les autres». L'interaction, l'interpénétration et l'interdépendance des milieux politiques et des milieux d'affaires se révèlent dans les pratiques politiques du Parti colonial. Celui-ci imposera la présence de la France dans le monde et mettra le développement économique de l'Empire au coeur de la puissance française mondiale... jusqu'à la décolonisation.

  • La Rome antique ne cesse de nous interpeller sur notre présent. Comment l'histoire de la fin de la République romaine, marquée par la violence politique et la montée du populisme à l'époque des Gracques et de César, peut-elle nous aider à réfléchir aux problèmes des démocraties libérales? Comment l'extension de la citoyenneté romaine à des dizaines de millions de personnes peut-elle nous aider à réfléchir aux défis contemporains de la mondialisation? Quel rôle ont joué les changements climatiques et les épidémies dans la chute de l'Empire?
    Le rapport complexe qu'entretient l'Occident avec son passé gréco-romain ne doit cependant pas faire illusion : Rome ne cesse de nous fasciner et d'alimenter notre imaginaire collectif, au moyen de la littérature, de la télévision ou du cinéma, parce qu'elle est à la fois familière et loin de nous. Étudier l'histoire de la Rome antique, c'est étudier une civilisation qui est autre. Loin d'être figée dans le marbre des monuments antiques, cette histoire est constamment réinterprétée et enrichie par les avancées scientifiques récentes (de l'archéologie, de la climatologie, de l'épidémiologie, etc.) et par les contextes nouveaux dans lesquels évoluent les historiens et les historiennes.
    Ce petit ouvrage offre aux lecteurs curieux et aux étudiants une courte introduction à l'histoire de la civilisation romaine, qui fait la part belle aux sources anciennes, mais également aux découvertes et aux études récentes menées dans le monde francophone et anglo-saxon.

  • Analysant l'attitude de Washington à la suite de l'attaque du 11 septembre, cet ouvrage s'interroge sur la pertinence des mesures adoptées et sur les risques qui pourraient affecter l'empire.

  • Hier le Japon, aujourd'hui la Chine, demain l'Inde : l'Occident s'est inquiété, s'inquiète et s'inquiétera à mesure que les géants asiatiques prennent une place de plus en plus importante dans le monde. Mais ce monde, comment le voient-ils ? Comment leurs cultures l'ont-elles imaginé au long de l'histoire, et comment y conçoivent-ils leur place aujourd'hui ? Comment leur très ancienne identité a-t-elle réagi au contact de l'Occident et que pensent-ils de nous ? Habitués à placer le centre du monde en Occident, nous peinons à concevoir que, aux yeux des grandes civilisations d'Asie, c'est nous qui sommes les « barbares », les « autres ». Ce livre nous invite à nous placer du point de vue de ces Asiatiques.

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