• Le bateau-usine

    Kobayashi Takiji

    • Editions allia
    • 3 Juin 2021

    Le Bateau-usine nous plonge en pleine mer d'Okhotsk, zone de conflit entre la Russie et le Japon. Nous sommes à bord d'un bateau de pêche, où le crabe, produit de luxe, est conditionné en boîtes de conserve. Marins et ouvriers travaillent dans des conditions misérables. Un sentiment de révolte gronde...
    Ce récit bouleversant, inspiré de faits réels, provoque un puissant sentiment d'empathie avec ces hommes et leurs aspirations. L'oralité, le style incisif et le "regard caméra" adopté par le narrateur font de cette identification un appel à la révolte en soi.

    Phénomène de société au Japon, livre culte en France et traduit dans le monde entier, Le Bateau-usine reste une référence pour tous les révoltés et contestataires. Un phare donc, pour naviguer sur les eaux de notre présent tempétueux.

    Kobayashi Takiji est né en 1903. Devant le succès de ses premiers livres, auprès des intellectuels comme des ouvriers et des paysans, il est mis sous surveillance par l'appareil de sécurité de l'État. La publication, en 1929, du Bateau-usine le consacre comme l'un des plus grands romanciers de la classe ouvrière japonaise. Mais, dans un contexte de répression, l'ouvrage est censuré dès sa sortie. Il est soumis à interrogatoire par la police secrète et meurt sous la torture le 20 février 1933.

  • Pourquoi l'Europe ; réflexions d'un sinologue

    Jean-François Billeter

    • Editions allia
    • 2 Janvier 2020

    La Chine et l'Europe relèvent de deux traditions politiques différentes. En retraçant leur histoire et en les comparant, Billeter en arrive à une compréhension profonde de l'une et de l'autre, précisément au moment où celles-ci entrent en conflit. Depuis un siècle en Chine, les forces du progrès se sont continûment inspirées de la tradition européenne. Or, l'ambition du pouvoir actuel est de les vaincre et d'entraver leur action partout ailleurs. Quand le pouvoir se réclame de la grandeur passée de la Chine, il lance un défi à l'Europe, défi que celle-ci se doit de relever, puisqu'elle dispose des ressources nécessaires. Encore faut-il qu'elle tire de son histoire un nouveau projet politique et philosophique. Billeter en pose les principes, ceux d'une véritable... "révolution culturelle".

    Éminent sinologue, Jean François Billeter a dirigé le département de langue et littérature chinoises de l'université de Genève. Il a publié plusieurs ouvrages aux éditions Allia, dont Leçons sur Tchouang-tseu, Contre François Jullien, Un paradigme et Esquisses. En 2013, il a reçu le prix culturel de la Fondation Leenaards. En 2017, il a publié Une rencontre à Pékin et Une autre Aurélia, couronnés du prix Michel-Dentan, du prix Roger Caillois de l'essai et du prix Psychologies magazine.

  • La lutte ou la chute !

    Chomsky/Feroz

    • Lux éditeur
    • 28 Mai 2020

    En 2018, le journaliste allemand Emran Feroz a mené une série d'entretiens avec Noam Chomsky à l'université d'Arizona, près de la frontière avec le Mexique. Ce grand analyste de notre époque y discute notamment de ce qu'on a appelle à tort la «crise des migrants» et de l'impérialisme, du réchauffement planétaire et de la menace nucléaire, de la présidence de Donald Trump, de la responsabilité des intellectuels, des religions et de l'éducation. Le sentiment d'urgence face à la situation qui se détériore aiguise le regard critique de Chomsky sans pour autant lui faire perdre son «optimisme de la volonté». À lire pour faire le point sur l'état du monde.

  • Ce livre regroupe 18 témoignages écrits par des volontaires étrangers du YPG ayant participé au Rojava (nom du Kurdistan syrien) à la guerre contre Daech ou l'armée turque. Le YPG (Unités de protection du peuple) est l'armée des Kurdes syriens. Elle se bat pour un projet révolutionnaire fondé sur la commune, le socialisme, l'égalité entre les femmes et les hommes, la laïcité ainsi que l'égalité entre groupes ethniques et religieux.

    L'ouvrage est présenté et coordonné par André Hébert, auteur de Jusqu'à Raqqa (Belles Lettres, 2019). Il comprend les contributions de 18 combattant·es internationalistes, de 12 nationalités différentes.

  • L'origine du capitalisme ; une étude approfondie

    Ellen Meiksins Wood

    • Lux éditeur
    • 16 Janvier 2020

    Qu'est-ce que le capitalisme? Cette question, l'histoire la pose chaque fois que ce système entre en crise, étalantau grand jour ses absurdités. Pour y répondre, il faut en comprendre les origines. Voilà ce que propose Ellen Meiksins Wood dans cet ouvrage initialement paru en 2009.

    Personne ne niera que le capitalisme a permis à l'humanité d'accomplir des avancées notables sur le plan matériel. Mais il est devenu aujourd'hui manifeste que les lois du marché ne pourront faire prospérer le capital qu'au prix d'une détérioration des conditions de vie d'une multitude d'individus et d'une dégradation de l'environnement partout dans le monde. Il importe donc plus que jamais de savoir que le capitalisme n'est pas la conséquence inévitable des échanges commerciaux et marchands que l'on retrouve dans presque toutes les sociétés humaines. Le capitalisme a une histoire très singulière et un lieu de naissance bien précis: les campagnes anglaises du XVIIe siècle. En rappelant cette origine, essentiellement politique, l'auteure propose une définition limpide des mécanismes et des contraintes qui font la spécificité du capitalisme.

  • Se révolter si necessaire ; textes et discours (1952-2010)

    Howard Zinn

    • Agone
    • 17 Mai 2016


    Ce n'est pas seulement qu'un président soit un politicien. Le pire est qu'il soit entouré de politiciens. Et nous, nous sommes des citoyens. Nous ne devons donc pas voir le monde à travers leurs yeux, en disant : « Bon, il faut faire des compromis, il faut faire ce choix pour des raisons politiques. » C'est la situation dans laquelle se trouvaient les abolitionnistes avant la guerre de Sécession, quand on leur disait : « Écoutez, il faut voir ça du point de vue de Lincoln. » Or Lincoln ne pensait pas que la première des priorités était d'abolir l'esclavage. Pourtant, le mouvement anti-esclavagiste en était convaincu. Alors les abolitionnistes dirent : « Nous allons exprimer notre propre position, et nous le ferons avec une telle force que Lincoln sera obligé de nous écouter. » Telle est notre histoire. Chaque fois qu'un progrès a eu lieu, c'est parce que les gens se sont comportés comme des citoyens, et non comme des politiciens. Ils ne se sont pas contentés de râler. Ils ont travaillé, ils ont agi, ils se sont organisés et se sont révoltés si nécessaire.
    De la désacralisation du New Deal à l'après-11 Septembre, en passant par les premiers sit-in du mouvement noir et la défense des actions de sabotage contre la guerre du Vietnam, ce recueil de textes inédits en français rassemble un demi-siècle d'interventions.


    Auteur d'Une histoire populaire des États-Unis et d'une vingtaine d'ouvrages consacrés à l'incidence des mouvements populaires sur la société américaine, Howard Zinn (1922-2010) a été tour à tour docker, bombardier, cantonnier et manutentionnaire avant d'enseigner à la Boston University. Militant de la première heure pour les droits civiques et contre la guerre du Vietnam, il a conçu son métier d'historien comme indissociable d'un engagement dans les luttes sociales.

  • Faut-il refuser le développement ?

    Serge Latouche

    • Presses universitaires de france (réédition numérique fenixx)
    • 9 Novembre 2018

    L'ouvrage dénonce les mythes de l'industrialisation et du développement pour s'attaquer aux véritables raisons : la destruction des sources de créativité et le surréalisme suicidaire.

  • Afrofem

    Collectif

    • Syllepse
    • 22 Avril 2020

    Les femmes noires en France doivent être sauvées de leur famille, de leur communauté (pères, frères, cousins). Ce sauvetage est proposé gracieusement par l'État au travers de l'école républicaine, appuyée par des allié·es de choix (médias, monde de la culture, associations, intellectuel·les).
    Mwasi est un collectif de femmes qui ne veulent pas être «sauvées» par qui que ce soit et qui prend la parole. Les autrices, des femmes noires et afro-descendantes, désignent l'État français, le «féminisme» blanc dominant, le racisme d'État comme des ennemis politiques.
    Ce livre est un instantané de ce qu'est le collectif Mwasi et de ce qu'il veut:
    «Notre seule préoccupation est d'être à la hauteur des idées, des pratiques et de l'héritage qui sont les nôtres: les combats contre la négrophobie, l'impérialisme, l'hétéro-patriarcat et le capitalisme.
    Nous avons choisi l'afroféminisme pour traduire politiquement nos révoltes en tant que femmes noires; révoltes que nous voulons transformer en révolution pour un changement radical de système. Un système de justice sociale pour tou·tes, sans racisme, débarrassé de la domination masculine et du capitalisme.
    Nous faisons le choix de la lutte collective, de l'organisation politique autonome et de la libération comme horizon.
    Nous voulons que notre lutte soit comprise, reprise et interrogée par les Afro-descendant·es de France et les générations de militant·es noir·es qui nous suivront.
    Que ceci soit pris comme notre contribution afroféministe à la libération noire et panafricaine.»
    Les femmes noires en France doivent être sauvées de leur famille, de leur communauté (pères, frères, cousins). Ce sauvetage est proposé gracieusement par l'État au travers de l'école républicaine, appuyée par des allié·es de choix (médias, monde de la culture, associations, intellectuel·les).
    Mwasi est un collectif de femmes qui ne veulent pas être «sauvées» par qui que ce soit et qui prend la parole. Les autrices, des femmes noires et afro-descendantes, désignent l'État français, le «féminisme» blanc dominant, le racisme d'État comme des ennemis politiques.
    Ce livre est un instantané de ce qu'est le collectif Mwasi et de ce qu'il veut:
    «Notre seule préoccupation est d'être à la hauteur des idées, des pratiques et de l'héritage qui sont les nôtres: les combats contre la négrophobie, l'impérialisme, l'hétéro-patriarcat et le capitalisme.
    Nous avons choisi l'afroféminisme pour traduire politiquement nos révoltes en tant que femmes noires; révoltes que nous voulons transformer en révolution pour un changement radical de système. Un système de justice sociale pour tou·tes, sans racisme, débarrassé de la domination masculine et du capitalisme.
    Nous faisons le choix de la lutte collective, de l'organisation politique autonome et de la libération comme horizon.
    Nous voulons que notre lutte soit comprise, reprise et interrogée par les Afro-descendant·es de France et les générations de militant·es noir·es qui nous suivront.
    Que ceci soit pris comme notre contribution afroféministe à la libération noire et panafricaine.»



  • « Le capitalisme tend à se répandre sur le globe et à détruire toutes les autres formes économiques, n'en supportant aucune à côté de lui. Et pourtant il est en même temps la première forme économique incapable de subsister seule, à l'aide de son seul milieu. Ayant tendance à devenir une forme mondiale, il se brise à sa propre incapacité d'être cette forme mondiale. Il offre l'exemple d'une contradiction historique qui, à un certain degré de développement, ne peut être résolue que par l'application des principes du socialisme, c'est-à-dire par une forme économique qui est par définition une forme mondiale harmonieuse, fondée sur la satisfaction des besoins de l'humanité travailleuse. »
    Ouvrage majeur de Rosa Luxemburg, écrit en 1913, L'Accumulation du capital est le premier texte de l'économie politique marxiste à formuler une théorie d'ensemble de l'impérialisme. En montrant la nécessité inscrite au coeur du mode de production capitaliste de s'étendre à l'échelle du monde en asservissant des territoires non capitalistes et leurs populations, il éclaire les mécanismes qui allaient bientôt déclencher la grande guerre pour le repartage du monde.

  • Tribut : une histoire fiscale de la conquête romaine

    Jérôme France

    • Les belles lettres éditions
    • 9 Avril 2021

    La conquête romaine est un fait majeur de l'Antiquité. Pourtant, la dimension fiscale de cette histoire, bien que tout à fait essentielle, n'a jamais donné lieu à une étude particulière et approfondie. C'est chose faite avec ce livre, appelé à devenir un ouvrage de référence. Comment la cité de Rome a-t-elle utilisé l'arme fiscale pour mobiliser des capacités militaires et financières sans équivalent pour l'époque ? Peut-on mesurer ce que la conquête a rapporté et quel a été son coût ? Les Romains n'ont-ils fait que mener une entreprise de pillage à grande échelle, ou bien se sont-ils efforcés de construire un empire dans lequel le consentement fiscal a eu sa place, dans le droit fil de leur expérience civique ? Par quels moyens, enfin, ont-ils réussi à concilier l'adhésion des populations sujettes avec le maintien de leur rente fiscale ? Ce sont autant de questions, parmi bien d'autres, auxquelles Tribut apporte une réponse. C'est donc dans une enquête captivante que le lecteur est conduit, revenant sur nombre d'idées reçues et débouchant sur une vision inédite de l'Empire romain. Plus largement, ce livre s'adresse aussi à tous ceux qui, à travers l'ensemble des périodes historiques, s'intéressent à l'analyse des grands régimes de domination.

  • Le 19 juillet 1979, les jeunes guérilleras et guérilleros du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) chassaient le dictateur Anastasio Somoza du Nicaragua, mettant ainsi fin à une des plus anciennes tyrannies d'Amérique latine.
    La révolution populaire sandiniste se cherchait une voie à part: respectueuse des libertés religieuses et politiques, elle lançait une campagne d'alphabétisation et encourageait la participation des organisations populaires (jeunes, femmes, paysans, ouvriers, indigènes) aux institutions et à la gestion du pays, à la réforme agraire et à l'«économie mixte».
    Pourtant, Daniel Ortega, qui, au sein du FSLN, l'incarnait à ses débuts, revenu en 2007 à la présidence après avoir perdu le pouvoir dans les urnes, est aujourd'hui considéré comme un tyran.
    Depuis avril 2018, des femmes, des jeunes, des paysans le défient dans la rue malgré la répression.
    Comment en est-on arrivé là? Comment le FSLN, porteur des espoirs de tout un peuple et de tout un continent, est-il devenu un tel repoussoir?
    Cette enquête historique très documentée est nourrie par la connaissance du terrain de Matthias Schindler, qui, depuis plus de quarante ans, a séjourné plusieurs fois au Nicaragua. Il tente de tirer des leçons qui dépassent ce pays et qui interrogent toutes celles et tous ceux qui se battent pour un changement de société.

  • Politiques de l'extrême centre

    Alain Deneault

    • Lux éditeur
    • 10 Novembre 2016

    Tiré à part d'un texte paru en préface de la version poche (en France seulement) de "La médiocratie". Précédé d'un prologue graphique de Clément de Gaulejac.


    Si elle annonçait jadis l'amorce d'une réflexion pour un ordre nouveau, la question "Que faire ?" est désormais rhétorique : "Oui mais qu'est-ce que je peux faire, moi?" Confirmez-moi que je n'y peux rien, car je ne me sens pas la force d'assumer l'acte de résistance que les circonstances exigent. On cherche pitoyablement un de Gaulle à l'appel de qui répondre, un Gandhi à imiter en masse - mais toujours dans son coin.

    À ce stade de la déréliction politique, que faire, en effet ?

    Cesser de s'indigner et passer à la question suivante. Travailler sans fin à une synthèse des causes valables, s'organiser au-delà des esprits de chapelle et des replis sectaires, moquer l'idéologie, réduire à des objets de la pensée les termes que la propagande cherche à inscrire au siège de la subjectivité, transcender les modalités d'organisation hégémoniques, et s'essayer à des formes instituées qui nous ressemblent. Radicalisez-vous ! »

  • Le retour des tigres de Malaisie ; plus anti-impérialistes que jamais

    Paco Ignacio Taibo Ii

    • Métailié
    • 3 Mai 2012

    Sandokan le prince malais et son ami le Portugais Yañez de Gomara, les pirates libertaires, héros de Salgari - qui ont hanté les imaginations adolescentes au même titre que les Trois Mousquetaires -, reviennent sous la plume de Taibo II.
    Ils ont maintenant soixante ans. Leurs amis et leurs biens font l'objet d'une menace suffisante pour qu'ils réarment leurs bateaux et remobilisent leurs anciens compagnons d'armes. Ils se lancent dans une lutte infernale contre l'impérialisme sous toutes ses formes.
    Dans ces pages on croise : Friedrich Engels, le professeur Moriarty, des sous-marins sortis de Jules Verne, des sociétés secrètes chinoises, Rudyard Kipling, un homme au masque d'argent, des trafiquants d'esclaves, une survivante de la Commune de Paris, des aventuriers de la finance internationale, des fondamentalistes musulmans, des philosophes stoïciens, Old Shatterhand, le héros de Karl May, des banquiers philippins amis de José Marti, des espions anti-impérialistes, tous impliqués dans une aventure extraordinaire sur les traces de plants d'hévéa.
    Après avoir été à l'origine du néopolar latino-américain, Paco Taibo II réinvente ici, avec la complicité involontaire d'Emilio Salgari, le roman d'aventures du XIXe siècle, en l'assaisonnant de politique, de sexe et surtout de malice littéraire.

  • La violence nazie : une généalogie européenne

    Enzo Traverso

    • La fabrique éditions
    • 5 Septembre 2015

    La violence nazie ne doit rien au hasard: elle a une généalogie, qui n'est pas spécifiquement allemande, et un laboratoire, l'Europe libérale du XIXe siècle.
    Les camps d'extermination sont l'aboutissement d'un long processus de déshumanisation et d'industrialisation de la mort, amorcé par la guillotine et qui a progressivement intégré la rationalité du monde moderne, celle de l'usine, de la bureaucratie, de la prison. On peut trouver les origines culturelles du nazisme dans le "racisme de classe" qui triomphe après la Commune, dans le discours impérialiste sur l'"extinction des races inférieures" visant à légitimer les génocides coloniaux, enfin dans l'émergence d'une nouvelle image du juif- axée sur la figure de l'intellectuel - comme métaphore d'une maladie du corps social.
    Le nazisme réalisera la convergence entre ces différentes sources matérielles et idéologiques. Auschwitz se révèle ainsi - et c'est là que réside, selon Enzo Traverso, sa singularité - comme la synthèse d'un ensemble de modes de pensée, de domination et d'extermination profondément inscrits dans l'histoire occidentale.

  • Les dessous de la politique de l'Oncle Sam

    Noam Chomsky

    • Écosociété
    • 8 Janvier 2018

    La politique étrangère des États-Unis d'Amérique depuis la Seconde Guerre mondiale expliquée par le professeur et militant Noam Chomsky, exemples à l'appui:
    Au Viêt-nam, les États-Unis n'ont pas perdu la guerre: ils ont laissé un pays en ruine, divisé, qui ne pourra jamais s'en relever. En Amérique latine, les États-Unis se sont affairés à écraser toute esquisse de démocratie ne cadrant pas avec leurs intérêts économiques. L'Europe de l'Est, tombée sous le joug de l'Ouest après la chute de l'Union soviétique, est maintenue dans un état de sous-développement.

    Avec la complicité des médias, Washington manie un double langage constant auprès de sa population peuple afin de justifier sa politique étrangère.

    Court, accessible et très incisif, Les dessous de la politique de l'Oncle Sam est devenu un classique des relations internationales et présente un condensé des analyses géopolitiques, économiques et sociales de Noam Chomsky.
    Le tiers monde doit apprendre que personne ne peut redresser la tête. Le gendarme de la planète poursuivra sans relâche tous ceux qui commettront ce crime inqualifiable.
    - Noam Chomsky

    Certains pourraient assimiler le travail de Chomsky à celui de la recherche d'un complot (les méchants Américains). Or Chomsky amène des faits [...] pour nous rappeler que le pouvoir ne se reproduit pas sans conscience de lui-même.
    - Combats

  • Le succès de l'opération Serval au Nord-Mali en janvier 2013, quarante-neuvième intervention militaire de la France dans son pré carré africain, a dépassé toutes les attentes. Ses soldats y ont été accueillis en libérateurs tandis que des intellectuels africains de renom, jusque-là peu suspects de complai sance à l'égard de la Françafrique, se sont bruyamment réjouis de son action, jugée énergique et courageuse. On peut comprendre ce soulagement, car il était impératif de mettre hors d'état de nuire la coalition des responsables du sanglant chaos malien. Mais la haine envers ces derniers n'a-t-elle pas ramené un conflit complexe à une banale lutte entre le Bien et le Mal ? C'est à cette question que s'efforcent de répondre Aminata Dramane Traoré et Boubacar Boris Diop dans un échange de lettres stimulant et franc... La Gloire des imposteurs met en évidence une reprise en main néo-impériale de l'Afrique subsaharienne par une violente agression militaire se présentant comme une odyssée morale, généreuse et désintéressée. Mais, un an après, il y a lieu de se demander si, comme l'Amérique de Bush en Irak, la France n'a pas pavoisé un peu tôt au Nord-Mali où elle est en train de s'embourber. Au-delà du Mali, véritable cas d'école, les deux auteurs partagent leurs réflexions sur l'énigmatique printemps arabe et sur les guerres de l'Occident hors de ses frontières, en particulier en Afrique – Côte d'Ivoire, Libye... Et chaque conflit leur offre l'occasion de mettre à nu les mécanismes de la même triomphante imposture.

  • Histoire des zoos par les animaux ; contrôle, conservation, impérialisme

    Violette Pouillard

    • Editions champ vallon
    • 28 Novembre 2019

    Ce livre est une histoire du jardin zoologique à travers celle de la ménagerie du Jardin des Plantes de Paris, des zoos de Londres et d'Anvers, depuis leur fondation. Ecrite du côté des animaux, sans perdre des yeux les humains qui font et défont l'institution, il dit le poids de l'emprise dans les cages et au-delà, puisque le zoo dessine des réseaux tentaculaires de capture, puis, à partir du XXe siècle, une mainmise conservationniste, enfermant les animaux au nom de leur protection. Depuis le zoo-microcosme, l'ouvrage dessine l'histoire d'institutions puissantes - zoos, organisations élitaires de protection animale et de conservation de la faune - qui contraignent ceux qu'elles disent protéger, et celle d'animaux et d'humains qui résistent et luttent pour ouvrir d'autres possibles.

    Violette Pouillard, docteure en histoire (Université libre de Bruxelles-Université Jean Moulin-Lyon 3) puis postdoctorante à l'Université d'Oxford (Wiener-Anspach postdoctoral fellowship), est actuellement assistante à l'Université de Gand, où elle poursuit ses recherches sur les dynamiques de pouvoir associant humains et non humains, tout en donnant cours d'histoire de l'environnement.

  • Chine : l'autre superpuissance

    Bernard Duterme

    • Syllepse
    • 11 Mars 2021

    L'essor de la Chine ne date pas d'hier. Les inquiétudes qu'il soulève non plus, surtout dans le camp occidental. Mais l'histoire s'accélère depuis une dizaine d'années.
    Aujourd'hui, les États-Unis n'hésitent plus à faire de la Chine leur principal adversaire stratégique.
    Ailleurs, et en particulier dans les pays du Sud, les réactions sont plus contrastées. En effet, la Chine a beau être devenue une puissance capitaliste de premier plan, elle joue selon des règles qui diffèrent de celles que suivent les Occidentaux. Pour le meilleur... comme pour le pire.
    Analyser l'essor international de la Chine sous le seul angle de la «menace» se révèle donc doublement trompeur.
    D'abord, parce que celle-ci porte sur un ordre mondial dont les bénéfices historiques sont loin d'avoir été équitablement répartis.
    Ensuite parce que ce faisant, on sous-estime la pluralité des intérêts et des contradictions qui existe entre la Chine et les autres régions du monde, mais aussi au sein même de la société chinoise.

  • Au fil des décennies qui ont forgé le récit de la fondation de l'Europe, le mythe s'est peu à peu confondu dans une réalité dont certaines facettes sont encore largement méconnues, ou peut-être savamment occultées.
    Dans son ouvrage, Jean-François Bouchard dévoile une autre histoire de la construction européenne qui se déroule sur fond de luttes d'influence, de tentations hégémoniques, et de projets plus ou moins avouables.
    Tout en démontant les théories complotistes sur la construction européenne, il en dévoile la véritable genèse : une histoire allemande, associée à un passé si sombre que l'on souhaite souvent l'oublier, et une histoire française, et même franco-américaine. Cette construction est-elle un avatar du nazisme ou de l'impérialisme américain ? Un peu tout cela à la fois ?
    Voici une autre genèse de l'Europe où se côtoient nazis, collabos, espions et saints hommes. Elle débute en 1942 à Berlin, au cours d'un hiver de glace, de guerre et de sang.

  • Policiers du monde et protecteurs attentifs de leurs intérêts nationaux, bien que pris dans des logiques d'interdépendance croissante, les États-Unis continuent de déterminer une grande partie de la politique internationale.
    Comme aucun autre président ne l'avait jamais fait avant ni ne le ferait par la suite, Wilson exalta sans retenue la fonction messianique de l'empire américain. La religion, le capitalisme, la démocratie, la paix et la puissance des États-Unis, tout cela ne faisait qu'un. « Voyez loin, disait-il à des représentants de commerce, gardez à l'esprit que vous êtes des Américains, que vous êtes faits pour apporter la liberté, la justice et les principes de l'humanité partout où vous allez, vendez des marchandises qui rendront les gens heureux et convertissez-les aux principes de l'Amérique. » Dans son discours de campagne, il déclarait en 1912 : « Je crois que Dieu a présidé à la création de cette nation. Nous avons été choisis pour montrer à toutes les nations le chemin à suivre pour marcher sur les chemins de la liberté. »
    Au XXe siècle, les États-Unis mènent une politique étrangère qui en a fait la puissance hégémonique mondiale. Mais c'est une hégémonie à double face, qui leur impose à la fois de garantir l'ordre capitaliste et de favoriser les intérêts des entreprises, des banques et des lobbies américains. Une difficulté qu'aggrave leur économie, prise dans l'interdépendance croissante des économies rivales et de plus en plus soumise au développement du crédit.
    Retraçant l'histoire de cette politique étrangère, étudiant ses stratèges et les problèmes auxquels elle est confrontée, Perry Anderson met en garde ceux qui sous-estimeraient la durée de vie de l'empire américain : « Sur le plan politique, son sort n'est pas encore réglé. »

    Historien britannique, Perry Anderson est l'un des fondateurs de la New Left Review, qu'il a dirigée pendant plus de quarante ans. Il a publié, en français aux éditions Agone, Le Nouveau Vieux Monde (2010) et (à paraître) Sur le marxisme occidental puis À la recherche du matérialisme historique.

  • Au tout début du XXe siècle fut inventé ce « Moyen-Orient » qui aujourd'hui semble se défaire dans le sang sous nos yeux. Or, c'est du côté des Indes que l'on doit chercher l'origine de cette construction géographique, du côté des Indes parce que le « Moyen-Orient » est alors conçu comme l'ensemble des territoires gardant l'approche de l'Empire anglo-indien face aux menaces ottomanes, russes, françaises et allemandes. Mais cette invention ne peut se comprendre à la lumière des seuls enjeux politiques et économiques de l'âge des impérialismes. Elle procède d'une lente genèse qui eut, à partir de 1809, pour cadre l'aventure britannique dans le Golfe Arabo-Persique.L'impérialisme britannique et anglo-indien, actif tout au long du XIXe siècle dans les eaux et sur les rivages de la péninsule Arabique, de la Perse et du nord de l'océan Indien, est au coeur de l'ouvrage de Guillemette Crouzet. Par la violence mise en oeuvre contre des « pirates » accusés de perturber la libre circulation des biens et des hommes, par une politique systématique de traités conclus avec les pouvoirs locaux, par des grandes entreprises cartographiques marquant symboliquement une prise de possession spatiale, par une lutte acharnée contre des trafiquants d'esclaves qui légitimait les patrouilles de croiseurs de Sa Majesté, par le grand projet de création d'un route rejoignant par l'Euphrate la Méditerranée, Londres, Bombay et Calcutta imposent leurs règles, avançant peu à peu du détroit d'Ormuz jusqu'au Koweït. Dans ce contexte, les flux commerciaux, licites et illicites, augmentent, et le Golfe participe à une mondialisation croissante de l'économie ; ce sont alors autant de trafics de perles, de dattes, d'armes, autant de réseaux marchands et de connections multiples avec des espaces plus ou moins lointains qui se découvrent.Guillemette Crouzet le souligne, certes l'or noir n'est pas encore exploité mais le Golfe Arabo-Persique a déjà acquis une centralité stratégique minorée jusqu'à présent par les historiens. Il s'ensuit que si le « Moyen-Orient » protège le « joyau de la couronne britannique » que sont les Indes, dans la géopolitique mondiale de la fin du XIXe siècle il est déjà en voie de s'autonomiser...

  • Le XXIe siècle est celui du choc des puissances. L'extension du domaine de la guerre aux nouveaux espaces économiques, virtuels ou cognitifs a ouvert une ère de conflictualité systémique.
    Cette rupture stratégique est encore mal appréhendée en France, où inhibitions et approches idéalistes faussent l'analyse des rapports de force et de leur évolution.
    Spécialiste des problématiques de puissance, Raphaël Chauvancy en définit le concept et le replace au coeur d'une analyse méthodique
    En remontant le fil des causalités, il éclaire l'arrière-plan des cas concrets dont il illustre sa démonstration. Il s'inscrit ainsi dans le temps long pour proposer une grille de lecture globale et accessible.
    Ouvrage de référence, LES NOUVEAUX VISAGES DE LA GUERRE ouvre la voie à une pensée stratégique alternative, adaptée au nouveau monde multipolaire.

  • Une géographie populaire de la Caraïbe

    Romain Cruse

    • Mémoire d'encrier
    • 6 Octobre 2014

    L'ouvrage propose une réflexion critique à la fois sur la géographie et sur la région caribéenne comme elle a trop souvent été enseignée et décrite. Pour ce faire, cet espace est appréhendé à la fois dans sa globalité et dans le détail, au travers de nombreuses études de terrain menées par l'auteur durant les dix dernières années (Suriname, Haïti, Cuba, etc.). Le géographe Romain Cruse rejette ici d'emblée le mythe de la neutralité en sciences humaines, qui amène trop de chercheurs à décrire le monde qu'ils étudient du point de vue des classes moyennes occidentales. Fort des années passées dans les quartiers pauvres et les villages de pêcheurs de Trinidad, de la Dominique ou encore de la Jamaïque, il choisit volontairement d'adopter le regard des classes populaires caribéennes - regard à la fois inspiré des observations sur le terrain et fondé sur un travail de recherche minutieux dans les bibliothèques universitaires de la région. La Caraïbe ainsi décrite n'est donc ni un éden touristique, ni un modèle de libre-échange, ni une région de forte croissance économique. On découvre plutôt des sociétés profondément divisées selon des clivages ethniques et sociaux hérités du colonialisme, des bidonvilles abandonnés derrière des décors de carte postale, la manipulation des masses par les élites locales et les investisseurs étrangers, et un regard différent sur la condition caribéenne contemporaine. Une condition qui se nourrit d'un environnement particulier, d'une histoire singulière et de traits démographiques propres tels que la créolisation et le pluralisme.

  • Le début de la fin ? penser la décadence avec Oswald Spengler

    Gilbert Merlio

    • Presses universitaires de france
    • 13 Février 2019

    Oswald Spengler aura-t-il eu raison ? Tandis que les signes s'accumulent, on assiste au retour de l'auteur du Déclin de l'Occident (1918-1922), ou tout du moins à celui de ce titre-slogan, sa pensée restant largement méconnue en France. Comment Spengler se représentait-il ce déclin, passage d'une culture véritablement créatrice à une civilisation tournée vers des tâches quantitatives et matérielles ? Spengler fait preuve d'un pessimisme culturel profond : à terme, l'Occident et ses valeurs mourront. Sa critique de la rationalisation du monde, celle des moeurs qui s'installent dans les métropoles cosmopolites, du système technicien, du libéralisme politique et économique, sont des symptômes de la crise moderne et doivent nous alerter sur l'évolution du monde occidental. À charge pour nous de lui donner tort en ne succombant pas à son fatalisme historique, ni à l'esthétisme de son « réalisme héroïque ».

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