• Au coeur d'Esquisses musicales se trouve un personnage paradoxal : un peintre que l'on n'a jamais vu peindre, et dont aucune oeuvre n'a jamais pu être admirée. C'est pourtant à lui que l'on a confié la tâche de décorer les murs de la mairie de Coronel Pringles, une ville d'Argentine. Cet homme est-il vraiment l'artiste qu'il prétend être ? Et plus largement, qu'est-ce qui fait de quelqu'un un artiste ?

    Pour tenter de dissiper son mystère, le narrateur suit le parcours de ce curieux individu. Un chemin où l'on croisera d'autres personnes tout aussi étranges, et rythmé par des événements qui ne le sont pas moins. Jusqu'à, peut-être, trouver l'origine de l'art.
    Avec humour et un sens aigu de l'absurde, César Aira nous livre un singulier portrait d'artiste - un roman partagé entre logique pervertie et réalisme magique.

  • L'Europe ne sait plus où elle va. Les Européens ne se reconnaissent plus dans l'Union, au point que la plupart d'entre eux se replient sur leurs nations respectives. S'ils veulent un avenir, ils doivent se proclamer citoyens d'une République européenne. Qu'ils fassent comme les Français en 1789 : une révolution, non au sens d'un renversement du pouvoir établi au profit d'un autre, ni de la victoire d'une classe sociale sur une autre, mais un acte "politique", né de la décision des uns et des autres d'exercer leur liberté en commun, ce dont le capitalisme les prive.Avec la primauté du politique sur l'économique, sera aboli "l'assujettissement de la vie sociale à l'accroissement sans fin du capital", tandis que la République pourra satisfaire les besoins et désirs essentiels de chacun.

    Éminent sinologue, Jean François Billeter a dirigé le département de langue et littérature chinoises de l'université de Genève. Il a publié plusieurs ouvrages aux éditions Allia, dont Leçons sur Tchouang-tseu, Contre François Jullien, Un paradigme et Esquisses. En 2013, il a reçu le prix culturel de la Fondation Leenaards. En 2017, il a publié Une rencontre à Pékin et Une autre Aurélia, couronnés du prix Michel-Dentan, du prix Roger Caillois de l'essai et du prix Psychologies magazine.

  • Aussi importante et symbolique aux États-Unis que les notions de liberté et d'égalité en France, la self-reliance renvoie non seulement à la confiance en soi mais aussi à l'autonomie de l'individu. L'âme est active : elle recourt à son propre jugement et dévoile un non-conformisme, aussi farouche que vital. Emerson invite à se fier au présent, "de toujours vivre dans un jour neuf". Cette confiance active en soi opère aussi bien sur le plan affectif que sur le plan pratique. Pétri de formules vivifiantes, cet ouvrage inclassable est une invitation salutaire à compter sur soi. Non par pur individualisme, bien au contraire. Et c'est là que la philosophie peut encore agir.

    Ralph Waldo Emerson (1803-1882) a été l'une des premières grandes figures intellectuelles des États-Unis et a exercé une influence profonde sur la littérature et la philosophie américaines. Son oeuvre offre une synthèse parfaite des besoins, espérances, aspirations et idéaux de l'Amérique du XIXe siècle. Ses conférences et ses essais ont aussi bien marqué ses compatriotes, de Thoreau à Obama, que des esprits aussi différents que Nietzsche, Bergson ou Proust, qui le lisait "avec ivresse".

  • Il n'est pas question ici des grandes vertus héroïques qui demandent de l'abnégation et qui participent du sublime. Les « vertus communes » concernent notre vie quotidienne, et leur vocabulaire est minime : ne pas peser sur la terre, s'en tenir à la discrétion de ne pas apparaître, à cette retenue pleine d'empressement qui est le centre de la vie sociale. Carlo Ossola nous invite à parcourir un chemin de sagesse en faisant halte auprès de douze petites vertus : l'affabilité, la discrétion, la bonhomie, la franchise, la loyauté, la gratitude, la prévenance, l'urbanité, la mesure, la placidité, la constance, la générosité, qu'il est bon d'exercer chaque jour, au travail, dans la vie familiale, et avec nous-mêmes. Pour guider chacun à faire de sa vie ordinaire une vie heureuse.

  • La menace d'expulsion qui plane sur les squatteurs de l'Immeuble Taureau n'est rien en comparaison de l'imminence du cyclone Kaïn. Ce dernier fulmine au large de La Ville (laquelle ressemble à s'y méprendre à Nouméa en Nouvelle-Calédonie). L'édifice, plus que centenaire, a perdu de sa superbe d'antan. Les derniers occupants peuplent le « clapier » dans une ignorance mutuelle entretenue, eux qui ont tous déjà connu l'exil. Bien mal partis, semble-t-il, face au monstre qui hurle et cogne à leur porte.Mais quand l'état de la jeune Céleste, sur le point d'accoucher, requiert un médecin de toute urgence, les habitants se métamorphosent. Un miracle. Pris d'un courage et d'une empathie inconnus jusqu'alors, les voilà, solidaires, qui se dressent face à la tourmente. Vont-ils réussir à rallier l'hôpital ? Pour cela, ils devront lutter ensemble contre vents et marées. Vents à décorner le Diable et marées tempétueuses.En nous conviant au chaos annoncé, Joël Simon nous livre une épopée, aussi tragique que drôle, un récit rempli d'humanité et... d'optimisme : Kaïn fédère l'épopée mythique contemporaine d'une arche des communautés de la société calédonienne.

    Joël Simon arrive en Nouvelle-Calédonie dans les années 70 et revient s'y installer en 2018, après plus de trente ans de bourlingue. Une nouvelle aventure commence, qui consiste à puiser dans le magnifique entrepôt des souvenirs pour reprendre l'écriture. Ainsi nait Kaïn.Joël Simon a déjà publié Indolents Compagnons de Voyage chez Au Vent des îles, roman qui obtient le prix Albatros 2010 du meilleur livre de mer, décerné chaque année au Nautique de Paris par l'association Sail The World.

  • "Disciple d'Adorno dont il a suivi l'enseignement à Francfort dans les années 1960, Detlev Claussen trace le portrait de son maître sous les traits inattendus d'« un des derniers génies ». Il n'ignore pas le paradoxe selon lequel pour être génial il faut croire à son absolue singularité, quand il faut en douter pour être philosophe. Il n'ignore pas non plus qu'Adorno est le philosophe chez lequel le doute augmente la singularité. Aussi s'emploie-t-il à faire apparaître toute l'exigence d'après laquelle Adorno a déployé sa réflexion et composé son oeuvre, non pas en suivant le mouvement d'une visée idéale, mais en s'efforçant avec tout son être de se frayer une voie étonnamment vivante à travers les doutes et les objections. Cette vie philosophique comprise comme frayage ouvert aux contingences des rencontres et des lectures conjure d'emblée l'entreprise pieuse ou antiquaire. Il ne s'agit pas de suivre la trajectoire solitaire d'une vie illustre, ni de lire une oeuvre insulaire. Nul théâtre d'un seul cerveau. Aucun ecce homo.
    Detlev Claussen compose la biographie intellectuelle d'Adorno (1903-1969) en veillant à rendre indissociables les thèmes de sa pensée, les variations des problèmes posés et l'ensemble des chocs historiques, des bouleversements sociaux et politiques, propres au XXe siècle. La force incomparablement instructive de cette biographie est de nous introduire à une cohérence qui n'est pas systématique, ni close sur elle-même, mais qui, sans s'atomiser ni se perdre, montre Adorno exposé à tout ce qui s'apparentait à sa pensée, à tout ce qui y ressemblait en différant. L'extraordinaire richesse de ses échanges épistolaires avec Max Horkheimer, Siegfried Kracauer, Hanns Eisler, Walter Benjamin, Bertolt Brecht, Ernst Bloch, Thomas Mann, Herbert Marcuse et Fritz Lang en a gardé la trace. Celui qui pense est traversé autant qu'il traverse. Aussi cette biographie est-elle irréductiblement une histoire de la singularité philosophique d'Adorno et une introduction inédite au « cercle » ou au « mouvement » de Francfort.
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  • En rappelant les fondements de la liberté religieuse et sa dimension sociale et communautaire, ce texte fondamental veut promouvoir une authentique culture du bien commun et du dialogue dans les sociétés démocratiques et pluri-religieuses. Un document nécessaire à l'heure des fondamentalismes.
    La Commission théologique internationale a pour tâche d'étudier les questions doctrinales importantes, surtout celles qui revêtent un aspect nouveau, et d'apporter une assistance au magistère de l'Église.
    Dans cette perspective, ce nouveau document propose d'utiles éléments de discernement pour réfléchir sur l'évolution qu'a connue la problématique de la liberté religieuse. En effet, depuis la déclaration conciliaire Dignitatis humanae, plusieurs nouveaux défis ont surgi : recrudescence du fondamentalisme, tentations communautaristes, inflation des droits individuels déconnectés de la vérité de la nature humaine, dérives de l'État éthiquement neutre vers des formes douces de totalitarisme... En rappelant les fondements du droit naturel à la liberté religieuse et sa dimension sociale et communautaire, le texte insiste sur la valeur de la liberté religieuse pour promouvoir une authentique culture du bien commun et du dialogue dans les sociétés démocratiques et pluri-religieuses.
    Dans la préface à l'édition française, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, Président de la Conférence des évêques de France, souligne combien le thème de la liberté religieuse interpelle à la fois chacune des religions et les sociétés politiques. Un guide de lecture, propre à l'édition française, donne quelques clés pour entrer de façon fructueuse dans le document.

  • Grâce au vivant fourmillement des archives judiciaires, l'auteur étudie comment les catégories populaires du XVIIIe siècle français se sont pensées elles-mêmes comme groupes et comment les individus jusque dans leur rapport le plus intime à leur corps ont construit une image d'eux-mêmes. Mais la manière dont les classes populaires se pensent et se vivent dépend de la manière dont elles sont pensées et parlées par ceux qui ont le pouvoir de définir les places et les parts, par les élites.La Nature du peuple est donc également une histoire intellectuelle des types de discours (académiques, moralisants, discours de l'économie politique naissante...) et des types de porteurs du discours sur les catégories sociales ?

  • Loin des représentations ordinaires qui font de l'individu une catégorie qui va de soi, les sciences sociales s'efforcent de mettre en évidence un processus relativement continu d'individualisation. L'individu est d'abord une construction façonnée par les institutions les plus diverses (État, Église, école...).
    Cette genèse de l'individu est explorée à travers l'histoire sociale et économique, l'histoire religieuse, l'histoire politique, l'histoire littéraire et artistique, et à travers les figures les plus diverses de l'individualisation : artiste, électeur, entrepreneur, croyant, élève.
    Synthèse sur la sociologie de l'individualisation, cet ouvrage permet de réfléchir à la façon dont la question de l'individu se pose. Qu'est-ce qu'être soi aujourd'hui alors que nos sociétés ne cessent de formuler des injonctions à l'authenticité individuelle, et que les identités collectives s'effacent ?
    À chacun de produire désormais son identité singulière. Mais cette individualisation émancipatrice quand les individus échappent aux identités prescrites, peut générer de nouvelles formes d'inégalités dans l'accès aux ressources identitaires. Selon leur position sociale, les individus sont en effet inégalement en mesure de réussir le travail toujours inabouti de construction de soi.

  • Votre bien-être est le reflet de votre alimentation ! Science millénaire préventive et curative, l'ayurvéda a pour but d'améliorer notre qualité de vie. En ayurvéda, les aliments ont une influence directe sur notre santé, notre bien-être, mais aussi sur notre mental et notre tempérament ! Éloïse Figgé, spécialiste en ayurvéda, et Sandra Salmandjee, chef d'origine indienne, nous font découvrir les secrets de l'équilibre ayurvédique à travers un programme et des recettes. Découvrez les aliments à favoriser, toutes les bases et des recettes par saison.

  • Quelles sont les frontières entre la biographie et l'histoire, la fiction littéraire et la vérité des faits ?
    L'historienne Sabina Loriga a choisi d'examiner l'œuvre de penseurs qui, tout au long du XIXe siècle, ont cherché à restituer la dimension individuelle de l'histoire : des historiens (Thomas Carlyle, Wilhelm von Humboldt, Friedrich Meinecke), un historien de l'art (Jakob Burckhardt), un philosophe (Wilhelm Dilthey) et un romancier (Léon Tolstoï).
    Mais Le Petit x, de quoi s'agit-il ? La formule est du grand historien Droysen qui, en 1863, écrit que si l'on appelle A le génie individuel (ce que quelqu'un est, possède et fait), alors on peut dire que A est la somme de a + x : a désigne ici ce qui vient des circonstances extérieures (pays, époque, etc.), x résulte du talent personnel, œuvre de la libre volonté.
    Nombreux depuis ont exploré ce petit x. Comment se forme-t-il ? est-il inné ? quel rôle joue la personne singulière dans l'histoire ? Comment faut-il saisir le rapport entre l'individu, son génie, et le mouvement général de l'histoire ?
    Le livre de Sabina Loriga signe le retour de la biographie, longtemps délaissée, dans le champ des recherches historiques.
    Sabina Loriga est Directrice d'études à l'École des hautes études en sciences sociales.

  • Marie Bellehumeur a reçu des messages de l'Archange Uriel par canalisation, avec la collaboration de Madeleine Olivier. Marie nous dit : « J'ai accepté cette grande mission de canaliser les énergies de l'Archange Uriel afin de vous transmettre ses messages d'Espoir et d'Amour inconditionnel. »

    Dans ce livre, la pureté a une grande place et pour ce faire, les humains doivent avant tout s'épurer. Le livre L'ESPOIR EST AU RENDEZ-VOUS invite chacun à s'arrêter d'abord sur sa personne. Toute démarche commence par faire des choix individuels afin de s'épurer. Ensuite, un regard se pose vers l'humanité. Quels gestes chaque humain peut-il accomplir afin d'accompagner ses frères et soeurs, et cela, dans l'Amour et le détachement? N'oublions pas que les enfants de l'espoir sont venus pour ouvrir le chemin et apporter la paix sur cette planète. Enfin, par la lumière des peuples de la Terre, la planète s'embellira.

    L'Archange Uriel nous dit clairement qu'il est nécessaire de se purifier. La planète passe à un niveau de vibrations supérieures et l'on doit s'attendre à des catastrophes. Mais est-ce vraiment des catastrophes? L'Archange Uriel nous éclaire à ce sujet et nous amène à réfléchir sur le respect de la planète.

    Il nous dit avec simplicité : « Nul n'est besoin de connaître la science exacte pour comprendre l'évolution de votre planète. Il s'agit de s'arrêter et d'en prendre conscience. Nul n'est besoin de vous dire des mots élaborés pour regarder et écouter la Vie, ce que votre planète s'apprête à vivre à chaque instant. Ce que vous avez besoin de savoir se trouve dans votre coeur. Moi, l'Archange Uriel, désire vous apporter, ici dans ce livre, la facilité de comprendre ce qu'est la Vie. Nous voulons par le biais de ce livre communiquer avec vous tous sans exception, si cela est votre choix; que vous preniez connaissance d'unir la petite goutte d'eau à votre coeur. Votre peuple se doit de réagir. »

    Dans ses entretiens remplis d'Espoir et d'Amour inconditionnel, voici les messages de l'Archange Uriel aux peuples de la Terre...

  • Cette 10e édition du Choc des générations a été mise à jour et achevée en pleine pandémie de COVID-19, un événement qui a ravivé toute la pertinence de cet ouvrage sur les générations.

    La crise sanitaire du printemps 2020 a ébranlé des certitudes, fragilisé des structures et restreint des libertés. Elle a mis en lumière des forces, en plus d'interpeller les consciences. Ses répercussions sur les générations actuelles, tout comme sur les aspects économiques, technologiques, sociaux, politiques, culturels se dessinent déjà clairement, nous enjoignant à revoir et à changer nos façons de faire afin de mieux se préparer à l'après-coronavirus.

    À travers cette passionnante enquête sociologique, Carol Allain convie à une profonde et nécessaire réflexion sur les relations entre les générations. Il partage ses questionnements, cerne les écueils et les obstacles, explore des pistes de solution, en s'adressant au citoyen, à l'enseignant, à l'employé, au dirigeant, de tous âges et de tous milieux confondus.

    Dans un monde où le temps s'accélère, où l'individualisme et l'instantanéité priment, où les rapports sociaux se « virtualisent », l'auteur rappelle l'importance de préserver nos valeurs humanistes. Plus que jamais, il est nécessaire de rapprocher les générations, d'unir le passé au présent pour progresser vers le futur. Le défi est complexe, certes, mais l'auteur entretient l'espoir de le relever, pourvu que toutes les générations prennent conscience du rôle essentiel qu'elles ont à jouer : entretenir la bienveillance et le respect entre elles. Il en va de notre avenir individuel et collectif.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Reflet esthétique d'une aventure langagière, Mon univers est un lapsus, de Gilles Latour, repose sur la perception d'un univers - social et culturel, voire cosmique -, en mouvance constante, soumis à des forces essentiellement aléatoires qui déterminent des répercussions, tant chez les individus que dans les collectivités : conflagrations psychologiques, mutations des structures affectives, intimes et linguistiques, catastrophes dites naturelles.

  • Ce livre, qui regroupe des théories élaborées autant dans le monde anglophone que dans le monde francophone, s'adresse à tous ceux et celles qui s'intéressent au fonctionnement et à la transformation des organisations. En plus de présenter un tableau complet de l'évolution des diverses théories, il pose un regard averti sur les apports et les limites de chacune, et fournit un aperçu des derniers développements qui caractérisent ce champ d'études.

  • Vers 1880, le "mauvais pauvre" a bien du mal à survivre: on s'est occupé de lui.Charcot invente alors pour qualifier le vagabond, sa métamorphose ultime, la notion d'automatisme ambulatoire appliquée à l'objet privilégié d'une médecine mentale qui attend encore son Freud. Le terme "automate" maintient une intéressante ambiguïté: il désigne aussi bien le dernier déchet humain à éliminer que la norme la mieux intégrée d'une civilisation qui pétrit ses hommes au feu des cadences et des réglements rationnels. Plus généralement, depuis ce temps, quel sens concret peut prendre pour nous l'idée d'individu ? La fatalité posée de la mort, de l'hérédité mauvaise, de la dégénérescence, maintenue et entretenue par certaine science, a-t-elle dit son dernier mot? La mort du vagabond, c'est un peu la mort des rêves de liberté du XVIIIe siècle, passée au moule de l'industrie souveraine.

  • Dans ce livre bouleversant, Gilles Simard raconte son parcours d'ex-psychiatrisé, d'alcoolique, de pharmacodépendant et de codépendant. De la clinique Roy-Rousseau, où les électrochocs, l'insulinothérapie et la camisole chimique sont la norme pour soigner les maux de l'âme, en passant par Domrémy et la maison de thérapie l'Arc-en-ciel, monsieur Simard connaît son lot d'aventures tantôt tristes, tantôt heureuses, qui mettent en relief certaines carences du système de santé mentale de l'époque. C'est finalement sa thérapie à l'Arc-en-ciel, une maison située dans le quartier Saint-Roch, qui l'amène vers une période d'abstinence qui dure depuis 1999. À l'aube de la soixantaine, monsieur Simard peut enfin vivre sobre, heureux, libre et en pleine possession de ses moyens : « toutes choses que je faisais très mal avant. »

  • Conrad, mécanicien de génie pouvant « démancher » et « ramancher » une voiture en une journée, peut aussi réciter moult passages de l'Évangile. Car comme le souhaitait son père sur son lit de mort, il l'a apprise par coeur, la Bible - bien que parfois le sens de certains mots lui échappe. Venant de quitter son emploi de réparateur de machines à Coke, il se retrouve au Gun Club en compagnie de son ami Simon, là où travaille Véronica, serveuse et chanteuse country avec qui il a déjà eu une relation. En cette soirée d'ivresse et de délivrance, s'il faut l'en croire, le Christ apparaîtra bel et bien au Gun Club.

    « Conrad a appris par coeur et il veut appliquer par coeur ce qu'il a lu. La réalité lui résiste, il la niera, lui surimposant sa vision du monde avec une telle force qu'elle sera sa réalité. Quête d'un individu à la recherche d'une spiritualité qui compensera sa maigre emprise sur le réel, la démarche de Conrad est d'autant plus tragique qu'elle ne se fonde que sur des mots déconnectés de leur portée symbolique. » Préface, David Lonergan

    « Le Christ est apparu au Gun Club » a été créée le 23 octobre 2003 par le théâtre l'Escaouette, en coproduction avec le Théâtre français du Centre national des Arts.

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