• Les réflexions politiques d'Antonio Gramsci, qui sont contenues dans une trentaine de cahiers rédigés dans les geôles de Mussolini de 1929 à 1935, révèlent une pensée complexe, originale et profonde. En centrant son analyse sur la notion d'intellectuel, Jean-Marc Piotte donne une interprétation cohérente de l'ensemble de cette oeuvre et explique l'apport important de ce penseur, qui renouvelle la théorie marxiste en soulignant le rôle crucial des luttes culturelles dans les luttes politiques.

    Ce livre, paru pour la première fois en 1970, est précurseur de l'intérêt croissant pour un penseur politique du début du xxe siècle dont la pensée est d'une actualité flagrante, notamment pour ce qu'il dit du rôle politique de l'intellectuel en temps de crise.

  • La problématique principale déroulée dans cet essai ne manquera pas d'apparaître illégitime, et même révoltante, à plus d'un lecteur. Elle sera d'emblée récusée par nombre de laïcs déterminés à se définir comme juifs. Pour d'autres, je ne serai qu'un traître infâme, rongé par la haine de soi. Des judéophobes conséquents ont déjà qualifié d'impossible, voire d'absurde, une telle question, parce qu'ils considèrent qu'un juif sera toujours d'une autre race. La judéité est perçue comme une essence immuable et compacte, qui ne saurait être modifiée.L'État dont je suis citoyen définit ma nationalité comme « juif ». Pourtant, j'aurais pu être enregistré sous la nationalité autrichienne ; en effet, je suis né, fortuitement, dans un camp de personnes déplacées, dans la ville de Linz, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.Le problème est que je ne crois pas en un être suprême. Si l'on excepte une brève crise mystique, à l'âge de douze ans, j'ai toujours pensé que l'homme a créé Dieu et non pas l'inverse ; et cette invention m'est toujours apparue comme l'une des plus problématiques, des plus fascinantes et des plus meurtrières de l'humaine société. Par conséquent, je me retrouve, pieds et poings liés, pris au piège de mon identité démente.

  • Votre enfant comprend tout et très vite ? Il vous semble particulièrement éveillé pour son âge? Précis, concret et outillé, ce guide commence par définir la précocité en indiquant comment la reconnaître. Il s'intéresse ensuite à la question délicate de l'enfant précoce à l'école : quelles sont ses difficultés ? À qui faire appel ? Que peut-on mettre en place? Enfin, il vous donne des pistes pour aider votre enfant à renforcer son estime de soi, gérer son stress, reconnaître et exprimer ses émotions, faire ses devoirs...
    Un questionnaire de dépistage et une liste des dispositifs d'aide complètent l'ouvrage pour lutter contre le harcèlement scolaire le cas échéant.

    Cette nouvelle édition est enrichie d'un cahier d'exercices, pour vous permettre d'accompagner au quotidien le développement de votre enfant.

    Des définitions claires - Des solutions adaptées - Des exercices pratiques

  • Tu as peut-être déjà eu l'occasion d'en parler, tu sais déjà beaucoup de choses sur l'amour, les sentiments, la sexualité, la transmission de la vie, la communication entre les sexes... Ou alors tu regrettes de n'avoir pas avoir encore réfléchi à ces sujets, tu te sens seul avec tes questions... Tu t'interroges sur ce que tu voies autour de toi. Ce livre est là pour t'informer, élargir ta réflexion et te permettre de faire des choix. Chaque vie est unique et plus tu seras « toi-même », libre, plus elle sera riche. Quelles que soient tes expériences, tu peux choisir le beau, le bon, le vrai.

  • Choses dites

    Pierre Bourdieu

    • Minuit
    • 25 Février 2016

    À travers de très longs entretiens avec des chercheurs français et surtout étrangers, et des confrontations scientifiques avec des groupes de spécialistes, ethnologues, économistes et sociologues - de l'art, de la religion, de la littérature, etc. -, Pierre Bourdieu, dont l'oeuvre a fait l'objet, au cours des dernières années, de nombreuses interpellations, s'explique : il éclaire certains aspects mal compris de son travail, explicite les présupposés philosophiques de ses recherches, évoque la logique concrète de ses investigations, en même temps qu'il discute ou réfute les objections qui lui sont le plus souvent opposées. La vivacité du discours improvisé permet de voir à l'oeuvre un mode de pensée qui, comme le montrent bien certaines interventions, peut être aussi un instrument, libérateur, de socioanalyse. En s'appliquant à lui-même la méthode d'analyse des oeuvres culturelles qu'il défend, ce qui le conduit à évoquer l'espace des possibles théoriques tel qu'il se présentait à différents moments de son itinéraire intellectuel, Pierre Bourdieu offre les moyens de se donner une connaissance à la fois objective et compréhensive de son travail. Et du même coup, c'est tout le débat entre les sciences de l'homme et la philosophie qui, échappant aux insinuations obscures de la dénonciation sournoise ou aux faux éclats de la polémique publique, se trouve placé sur son véritable terrain, celui de la confrontation rigoureuse et loyale.

    Ce recueil est paru en 1987.

  • Gonçalo M. Tavares a imaginé un quartier drôle, poétique et original, où déambulent des " messieurs " portant les noms d'écrivains célèbres.
    " - Il y a probablement une fuite, dit l'homme.

    Walser se pencha au-dessus du lavabo. Il s'efforçait d'afficher pour la question l'intérêt le plus vif, mais en réalité il pensait à autre chose.

    À vrai dire, il attendait avec impatience le moment où il pourrait de nouveau s'asseoir dans son salon neuf, pour jouir de cette inoubliable odeur de peinture et de vernis qui semble avoir un sens bien précis, un sens non matériel mais historique, odeur qui d'une certaine manière semblait être le pendant, dans le monde physique, de l'expression par laquelle on débute classiquement un récit : l'infantile "il était une fois'. Il voulait commencer quelque chose mais c'était comme si cet homme s'interposait. Avec de bonnes intentions, sans aucun doute, il n'empêche qu'entre une nouvelle vie et Walser se trouvait désormais un obstacle concret : le plombier. "

    Monsieur Walser fait son entrée dans le fameux
    Bairro peuplé de personnages aux noms d'artistes célèbres, dont on visite le quotidien. Cette nouvelle figure, solitaire en apparence, a fait bâtir sa maison au milieu de la forêt. Fruit d'acharnement et d'exigence, elle est le symbole même de la victoire de la civilisation sur la nature. Seulement, le jour de l'inauguration la situation se complique à mesure que l'on sonne à la porte...

  • La biographie d'Offenbach est avant tout celle d'une époque : telle est la conviction qui sous-tend le propos de Siegfried Kracauer dans un ouvrage devenu classique depuis sa première parution en 1937. Protagoniste de ces pages admirables, autant que le musicien et son cercle, autant que l'opérette elle-même, forme clef d'une nouvelle sensibilité et phénomène culturel unique : la société du Second Empire dans son ensemble, avec sa noblesse divisée, son aristocratie financière, sa population d'artistes, de bohémiens, de journalistes et de lorettes, l'émergence des masses, l'importance prise par les salons, théâtres, cafés et passages, la célébration mercantile des expositions universelles. Sur ce fond, vient se détacher la personnalité d'Offenbach, personnage humoral et contradictoire, dont Kracauer analyse, en même temps que les espoirs et les triomphes, la conscience malheureuse d'intellectuel en exil : reflet de bien d'autres anxiétés que l'histoire ne devait que trop vérifier. Précédant les textes et les projets de Walter Benjamin, Jacques Offenbach ou le secret du Second Empire fut l'un des premiers ouvrages à explorer la typologie du flâneur et de l'homme des boulevards, amorçant une réflexion dont nous n'avons pas fini d'épuiser les richesses.

  • Il n'avait rien demandé de tout ça. Les signes, les oiseaux, et cette femme qui le suit depuis sa naissance. Il n'avait rien exigé de la société que la possibilité de vivre en paix, lui, l'enfant muet. Il n'espérait rien d'autre des hommes que leur confiance et leur amitié, lui qui se débat dans cette camisole. Et ce prénom, Moanam, qui ne veut rien dire... Moana, c'est l'océan, alors pourquoi ce « m » de trop, comme une mauvaise fin annoncée à l'histoire de sa vie.
    L'autre n'avait pas prévu que la rencontre de ce gamin allait l'éloigner autant de lui-même, ou de l'idée qu'il pouvait en avoir. Il aurait dû pouvoir maîtriser la folie qui emplit tout l'espace, tel un fluide. Mais il n'est pas fou ! Non, il ne peut pas être fou. Pas lui...
    Alors comment expliquer ? Accepter la vérité, c'est prendre le risque d'inviter la folie. Faites attention. Car cet « autre », cela pourrait être vous...

    Moetai Brotherson inscrit les histoires dans l'Histoire, et tresse les fils du réel à ceux des légendes. Passionné par son pays et sa culture, il s'exile pourtant à New York. Là, il vivra directement les événements du 11 septembre 2001. Paradoxalement, il écrit par amour de l'oralité, le livre n'étant que la partition d'une mélodie que chaque lecteur est libre d'interpréter. En 2017, il est élu député à l'Assemblée nationale, et en 2018 représentant à l'Assemblée de Polynésie.

  • L'héritier

    Josst de Vries

    Un tour de force littéraire éblouissant. Peut-on se jouer de l'identité ? La frontière avec l'imposture est-elle si éloignée ?
    Quand il apprend le décès de son mentor Josip Brik, le philosophe spécialiste du métadiscours sur Hitler, Friso de Vos est anéanti. Profitant de sa détresse, un certain Philip de Vries, inconnu total, occupe alors le devant de la scène, multiplie les apparitions télévisées et devient le successeur de Brik aux yeux du monde entier.
    Refusant de se laisser reléguer au second plan, Friso se rend à Vienne pour un colloque, bien décidé à montrer qu'il est le seul vrai connaisseur de l'oeuvre de Brik et son unique dauphin. Mais quand on le confond avec l'imposteur, Friso décide de se prêter au jeu.
    Se jouant de la culture universitaire, mêlant références littéraires et culture pop, le roman nous entraîne dans l'univers de l'intelligentsia internationale où la réalité compte moins que ce qu'on en dit. Une satire universitaire cinglante, un conte absurde extrêmement érudit.
    Joost de Vries nous offre un grand roman, avec des scènes en miroir ou en poupées russes, des jeux d'identité en cascade, un nombre incroyable de références historiques et littéraires. Un conte absurde extrêmement érudit, fin, intelligent et maîtrisé.
    " Quand le plus grand talent se trouve chez le plus jeune des auteurs... Ironique, postmoderne, raffiné et intellectuel comme seule la bonne littérature peut l'être. Un écrivain qui peut tout emporter sur son passage. "

    NRC Handelsblad

    " Un roman de classe internationale. "

    Le jury du Golden Book Owl
    " La force de ce roman réside dans le naturel avec lequel Joost de Vries nous entraîne dans un conte absurde où sa plume frivole et imagée nous porte jusqu'à une conclusion réussie. "

    8 Weekly

    Salué par le Golden Book Owl 2014 (plus grand prix de littérature flamande)

  • Le jeune Émile s'interroge : mais au fait, qu'est-ce que la poésie ? Que fait-on quand on est poète ? Julos Beaucarne lui répond : «

  • De Londres à Paris, en passant par la Provence, fiction et réalité ne cessent de s'entrecroiser au fil de ce recueil dans lequel Angelica Garnett, nièce de Virginia Woolf, convoque les souvenirs de son enfance au sein du groupe de Bloomsbury. Si l'on croise divers membres de sa famille, c'est bien Angelica elle-même que l'on reconnaît alternativement sous les traits de Bettina, Agnès, Emily puis Helen. Observatrice clairvoyante, Angelica Garnett dévoile des histoires de famille, d'amitié et de petites trahisons, instillant une atmosphère empreinte de fraîcheur et de cruauté.

    « Une écriture d'une grande subtilité : les images et les observations, traduites avec précision, sont aussi surprenantes que réjouissantes. » (William Palmer, The Independant)

  • L'amour est-il pensable ? D'où vient la violence ? Qu'est-ce que la complexité ? Y a-t-il une culture européenne ? Quelle place pour Dieu ? Ce livre d'entretiens offre des clés forgées par cinq des plus grands intellectuels contemporains pour comprendre notre monde. Au fil des entretiens, le lecteur découvrira en des termes simples et lumineux des concepts fondamentaux pour entrer dans une meilleure intelligence de notre condition humaine et dégager librement un chemin de vie et - pourquoi pas ? - de bonheur.Un véritable "manuel de l'honnête homme" du XXIe siècle qui certes alerte sur les menaces qui pèsent sur notre société mais délivre aussi et surtout un formidable message d'espoir pour les temps à venir.

  • Rien de plus éloigné de la complaisance narcissique de l'autobiographie que ce livre de souvenirs, puisque le propos de Françoise Giroud est de payer ses dettes. A l'âge où l'on se dit: " Qu'ai-je fait de ma vie? ", on s'aperçoit que ce sont les Autres qui vous ont formé et parfois déformé, qu'on leur doit qui l'on est, pour le meilleur et pour le pire, qu'une existence, ce sont des rencontres avant d'être des événements. Une série de " leçons particulières " que l'on reçoit malgré soi." Qui m'a donné quoi? " Ainsi s'est-elle interrogée. " Qui m'a fourni des modèles et des contre-modèles, des enseignements et des contre-enseignements, qui m'a laissé son empreinte et quelquefois sa cicatrice, que m'a-t-on donné, que m'a-t-on transmis que j'aimerais transmettre à mon tour selon la loi de la vie? "Paradoxalement, ce livre tourné vers autrui, écrit à mi-voix, est aussi le plus personnel des récits de Françoise Giroud, comme si elle s'autorisait, cette fois, l'émotion, le regret, la blessure.

  • « "Mon père était ouvrier agricole, ma mère femme de ménage. Il y avait deux livres dans la maison de deux pièces de dix-sept mètres carrés qu'avec mes parents et mon frère nous habitions : un dictionnaire, le livre masculin, un livre de cuisine, le livre féminin. [...] Il n'y avait pas de bibliothèque dans mon village et l'achat d'un livre n'était pas envisageable quand, à la moitié du mois, l'argent faisait défaut pour acheter de la viande."
    En quelques lignes, Michel Onfray dit ce qu'il doit aux livres, et à l'école qui les lui a mis entre les mains. Qu'il évoque son éducation, le décès de sa compagne, le corps des travailleurs ou le mensonge en politique, c'est toujours la même voix qui parle, tissée de savoirs et de révoltes, à fleur de peau et de conscience. Une voix engagée dont la spontanéité ne va jamais sans l'étude approfondie des textes, des idées, sans concession ni facilité.

  • Notre pays, chacun le ressent, est à la croisée des chemins. Dette publique, mondialisation, désindustrialisation, avenir de l'Europe et de l'euro : sur tous ces sujets brûlants, les analyses et les controverses fleurissent. Dans la manière inquiète et souvent défaitiste qu'a la France d'entrer dans le monde ouvert qui est désormais le nôtre, notre histoire pèse très lourd - le deuil de la « Grande nation » et de notre prétention singulière à l'universalisme n'est pas chose facile. L'ambition de ce livre est d'illustrer cette relation qui détermine les trajectoires économiques, sociologiques et intellectuelles du pays. Pierre Veltz apporte ici une vision humaniste et offensive d'un autre développement possible.

  • L'identification d'une génération ne se réduit pas à un événement dateur - si ample soit-il - ni à un ensemble de cohortes démographiques. Il faut aussi tenir compte d'un nouveau "senti commun" difficile à cerner, car une génération intellectuelle n'est pas composée seulement de gens qui sentent et pensent la même chose : des divergences, voire des oppositions furieuses peuvent la traverser.
    Comme le montre Michel Winock, ce qui appartient en propre à tous les membres d'une même génération est la question dominante (la guerre, la crise, le communisme, la décolonisation, Internet, l'écologie, etc.) qui a hanté leur jeunesse; les réponses philosophiques et les positions politiques qu'elle induit peuvent être divergentes ou contradictoires : elles font système.
    /> La clé générationnelle n'ouvre certainement pas toutes les portes de l'histoire, mais c'est un outil précieux lorsqu'on veut avoir une vue d'ensemble du XXe siècle et mieux comprendre les grandes tendances et tensions idéologiques qui travaillent notre temps.

  • Un pupitre, un poste de radio, un livre de bord, des cartes et quelques ouvrages : le décor est planté. Dans la chambre de veille, petite pièce située au centre des phares, le gardien prend son quart. C'est ici, dans cet espace aveugle mais ouvert, que s'élabore son savoir sur le monde. Historien et amoureux de la mer, François Hartog est un veilleur à sa façon : un guetteur du temps. Pour la première fois, il revient ici sur son parcours et ses choix intellectuels. Il évoque ses parents, ses années de lycée en pleine guerre d'Algérie, Normale Sup' et sa troupe de théâtre, puis la rencontre avec ses maîtres : Jean-Pierre Vernant, Pierre Vidal-Naquet, Michel de Certeau... Il se souvient de sa traversée de l'océan Indien sur un vieux cargo, de Mai 68 et des désillusions qui ont suivi, des amis qui se sont engagés. Que signifiait alors le choix de l'étude de la Grèce ancienne ? Pourquoi n'a-t-il cessé de franchir des frontières, entre l'histoire et l'anthropologie, entre l'Antiquité et le contemporain, entre des espaces et des temps différents ? Comment l'Histoire, enfin, est-elle devenue la question d'une vie ? Réflexion au long cours sur le temps et regard distancié sur le monde actuel, ces entretiens révèlent le parcours singulier d'un historien majeur de notre époque.

  • Qui connaît vraiment les intellectuel.les hors du cercle restreint des historiens et des littéraires? Quelle mémoire avons-nous de celles et ceux qui, au Québec, eurent recours à la parole comme « mode d'action »? Qui, comme Hubert Aquin, entreprirent et entreprennent encore de « comprendre dangereusement » la culture et la société de leur époque, remuant idées et images, bousculant pouvoirs et doxa?

    Ce dictionnaire est conçu pour combler les lacunes d'une mémoire collective quelque peu défaillante, mais aussi pour donner envie de lire ou de relire les textes de ces femmes et hommes passionnés par les idées, qui ont contribué - et qui contribuent toujours - à bâtir la société québécoise. On y trouvera les noms de celles et ceux qui, depuis trois siècles, interviennent sur la place publique et soulèvent des questions d'intérêt civique et politique à propos d'enjeux collectifs importants; de celles et ceux qui promeuvent ou incarnent la liberté de parole et la défendent contre différents pouvoirs et structures organisationnelles.

    Ce dictionnaire comprend 137 entrées exhaustives sur des femmes, des hommes, des publications et des institutions du XVIIIe au XXIe siècle, écrites par plus de 80 spécialistes, ainsi qu'un index.

  • La pensée d'Edgar Morin est inclassable. Ni science ni philosophie, enjambant la science et la philosophie, les sciences humaines et les sciences naturelles, sa pensée échappe aux classements disciplinaires et aux modes de connaissance compartimentée. Edgar Morin a abordé des disciplines aussi différentes que la biologie, la sociologie, l'anthropologie, la philosophie et l'épistémologie des sciences.
    Comment résumer une oeuvre qui couvre plus de soixante années de vie intellectuelle? Comment en dégager un esprit général qui ne soit pas une réduction caricaturale?
    En passant par La Méthode dont la publication s'est étalée sur presque trente ans (1977-2004). Déjà en gestation dans les premiers travaux d'Edgar Morin (L'Homme et la Mort, Le Vif du sujet, Le Paradigme perdu), La Méthode est le creuset d'où sont sorties de nombreuses ramifications, sociologiques, politiques, éducatives (Terre-Patrie, La Voie, Les Sept savoirs nécessaires à l'éducation du futur), ramifications distinctes mais inséparables de la source qui les a fait naître.
    Ancien résistant et témoin privilégié de notre époque, Edgar Morin a traversé le XXe siècle en acteur de l'histoire. Il est l'auteur d'une oeuvre transdisciplinaire abondamment commentée et traduite dans plusieurs langues. Son oeuvre nous oblige à rompre avec la disjonction et la compartimentation des savoirs. Elle a pour dénominateur commun la recherche d'une connaissance non mutilée et le souci d'une pensée capable d'affronter la complexité du réel.

  • Profondément affaiblie et divisée, apparemment réduite à l'impuissance et à l'insignifiance politiques, la gauche québécoise serait-elle en voie de disparition ?
    Cette question s'impose d'emblée compte tenu du décalage ahurissant existant entre la réalité socio-économique désastreuse de notre société et sa traduction, totalement déformée, sur le plan politique institutionnel. Comment expliquer cette contradiction et surtout comment la dépasser ?
    Cette question sert de fil conducteur à la réflexion de Jacques Pelletier dans le premier chapitre de cet essai qui traite également de quelques enjeux majeurs dans la conjoncture intellectuelle du Québec actuel : le « révisionnisme » dans l'interprétation de cette société et de son évolution depuis l'après-guerre, le statut et la fonction de l'intellectuel dans le monde moderne, le rôle de la recherche dans la nouvelle « économie du savoir ».
    Ces problèmes sont abordés à travers la figure de quelques auteurs marquants de notre temps, dont Hermann Broch, André Laurendeau et Pierre Vallières. Chacun à sa manière, ces écrivains et intellectuels se sont confrontés à l'époque, tentant de la comprendre, mais aussi et surtout de la transformer.

  • L'intégration des handicapés : mentaux; auditifs; visuels; physiques - L'intégration des enfants ayant des troubles légers d'apprentissage - Le ratio maître/élèves et l'intégration.

  • Une sorte de « Lettre au père » originale où l'auteur évoque les figures paternelles de substitution qu'il s'est choisies et retrouve l'irremplaçable qui l'a marqué, bien qu'il lui ait fait cruellement défaut au quotidien. Est-ce parce que ce drôle de père a su être présent dans les moments décisifs ? Michel Contat se veut lucide sur leur petite histoire au sein de la grande Histoire dans un pays, la Suisse, qui semble vivre à l'écart. Tenant la part égale entre l'humour et la tendresse, le texte offre une évocation de ce personnage hautement romanesque.

  • Dans l'entre-deux-guerres, malgré sa domination politique et électorale écrasante, le parti conservateur britannique vit dans la hantise d'un échec électoral et la crainte d'une hégémonie intellectuelle, culturelle et artistique de la gauche, amplifiée par l'élargissement du suffrage universel. Ashridge Bonar Law Memorial College, fondé en 1929 en réponse au succès de la Fabian Society, a pour objectif de créer une pépinière d'intellectuels conservateurs capables de lutter à armes égales avec la gauche et d'enseigner les principes du conservatisme.Think tank avant la lettre, lieu de recherche et d'enseignement, centre de formation à la citoyenneté, Ashridge College va jouer dès lors un rôle essentiel dans la transformation de l'identité conservatrice ; il contribue notamment à donner forme et sens politiques à la notion de classe moyenne. Ce nouveau conservatisme, associé aux valeurs de la méritocratie, marque la fin de l'exclusivité du paternalisme aristocratique et fournit un contenu intellectuel à l'identité politique conservatrice, même si l'anti-intellectualisme est encore un trait revendiqué par de nombreux dirigeants du parti conservateur actuel.Ashridge College, devenu aujourd'hui l'une des premières écoles de commerce britanniques, témoigne de la faculté des dirigeants conservateurs à trouver des solutions adaptées aux nouvelles règles du jeu de la représentation politique ; à enregistrer et à accompagner les transformations profondes de la société tout en leur donnant une forme et un langage politiques qui se traduise par une adhésion de masse.

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