• Dans une approche psychanalytique du processus créateur, l'auteure confronte la création artistique à la clinique des médiations thérapeutiques par l'art. Elle explore l'infigurable, transformé en oeuvre par l'artiste ainsi que la résonance universelle des différentes figures du processus créateur.

    Elle s'appuie sur l'histoire de la psychanalyse et sur des artistes contemporains comme Artaud, Michaux ou Almodóvar qui mettent en scène des corps extrêmes ou encore sur l'oeuvre autobiographique de Michel Leiris, Thomas Bernhard, Hervé Guibert. Le processus créateur révèle le lien passionnel de l'artiste à son oeuvre, ainsi que des liens entre maladie et création.

    Selon le fil d'une écriture personnelle, Anne Brun met l'accent sur l'importance de la sensorialité. « Tout se passe comme si l'oeuvre créait son créateur et permettait à l'auteur de se produire lui-même. La création dans cette perspective ne saurait être que création de soi et appropriation des expériences en souffrance, tant pour le créateur que pour le récepteur de l'oeuvre, tout comme pour les patients accueillis dans un cadre référé à la théorie et à la pratique psychanalytique. »

  • La psychanalyse se définit traditionnellement en tant que « cure de parole ». Toutefois, même si les mots, témoins de la réalité psychique des deux protagonistes de la relation analytique, restent les agents essentiels des transformations attendues de la cure, le corps s'exprime également dans l'espace analytique. Émotions, sensations, agirs tissent eux aussi l'échange entre analyste et analysant. L'ouvrage interroge la participation de telles manifestations dans le travail analytique.

    L'intérêt accordé au langage du corps dépasse la seule situation analytique. Il concerne tout psychothérapeute soucieux de questionner la relation qui fonde sa pratique. 

  • Un séminaire de deux années consacrées à l'exploration des paranoïas.

    Alors que les relations, sociales et/ou privées, sont marquées par des interprétations suspicieuses et malveillantes, que l'ère du soupçon semble dominer, Charles Melman a choisi de parler des paranoïas. Avant que ce type de relations ne paraisse faire partie de la norme et de l'usage, l'auteur s'attache à isoler, à illustrer, les diverses formes existantes de paranoïas dont certaines n'ont pas encore été reconnues.

  • Comme le montre la lecture de l'Hommage de Lacan à Marguerite Duras, la transmission de la clinique de l'analyste fait partie de la dynamique de la sublimation de celui-ci.

    L'hommage fait par Lacan à Marguerite Duras pour Le  Ravissement de Lol V. Stein garde son actualité 50 ans après. Il noue la problématique de la sublimation (destin d'une pulsion sans refoulement) à celle d'une fiction clinique faisant cas ; en l'occurrence, une folie féminine qui s'inscrit dans la suite de celles de Marguerite Anzieu (cas Aimée) et des soeurs Papin.

  • Si l'interprétation psychanalytique relève bien de l'action du psychanalyste et de la responsabilité qui lui incombe quant à son savoir-faire, elle n'est pourtant pas réductible à un énoncé (ou à un silence) de l'analyste. Lacan l'a plutôt définie comme un « dire de l'analyse » et n'a jamais cessé d'en interroger le sens.

    Nicolas Guérin suit l'évolution des propos de Lacan relatifs à la catégorie du sens, au carrefour d'autres disciplines comme la logique et la poésie. Il aborde ainsi des problématiques tangentielles comme la place de l'athéisme en psychanalyse et la reliogiosité de l'idéologie en vogue dans la communauté analytique sur les « nouveaux sujets ». Mais c'est en approfondissant ce que Lacan entend finalement par « sens blanc » (notion furtive qui n'apparaît que deux fois à la fin de son enseignement) qu'une conception spécifiquement lacanienne de l'interprétation peut être mise au jour et, avec elle, une reconsidération du champ de la parole et du langage en psychanalyse. 

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    Les psychanalystes savent depuis l'enseignement de Freud que les carences, les blessures narcissiques peuvent s'harmoniser au sein d'une société. Ce « rééquilibrage narcissique » a permis à Jésus, privé de père, d'en trouver un qu'il propose en partage à tous. Parce qu'elles servaient les politiques en place, les bases de la religion chrétienne sont ainsi posées. Siècle après siècle, elles ont conforté une structure familiale qui, pour tout croyant, est une référence, un guide, mais aussi une astreinte.

    La religion, par ses constructions artificielles, telle la notion de Dieu-Père, détourne à son avantage les questions que chacun, chacune tente d'aborder. Pour l'auteur, il ne s'agit pas de vêtir l'Humain de concepts, mais de l'aider à se dévêtir de ses fictions afin de lui permettre de retrouver le « goût du manque » d'où part un désir infini qui ne rencontre jamais un Dieu qui le comble. Il propose dans cet essai une voie disruptive qui délaisse la spiritualité verticale avec le Dieu-Père-Créateur pour une spiritualité horizontale à vivre dans le compagnonnage.

  • Dans ce livre très personnel, Roger Perron transmet le plaisir de jouer qui anime un groupe bien rodé d'acteurs-thérapeutes, un plaisir qui gagne progressivement le patient lorsqu'il découvre que la vie, sa vie, l'image qu'il se donne de lui-même et de ses relations avec ses proches... tout cela est beaucoup plus riche qu'il ne le croyait, qu'un horizon qui semblait bouché et noir se rouvre et s'éclaire.

    Dans une écriture alerte et vivante, il décrit les ressorts du psychodrame qu'il a pratiqué pendant de nombreuses années. Il s'appuie sur son expérience personnelle et de multiples exemples pour analyser les intérêts, les limites, les difficultés de cet exercice de mise en scènes qui engage les patients mais aussi les psychanalystes au-delà même des paroles prononcées. Théorie et clinique psychanalytiques s'articulent dans un récit où l'auteur nous entraîne à sa suite et nous fait partager ses interrogations, ses inventions mais surtout son enthousiasme de psychodramatiste.

  • La parole oubliée

    Karima Lazali

    Cet ouvrage explore les différentes modalités d'un nouage, entre corps, parole et inconscient, dans la cure analytique mais aussi dans le champ social.

    Une même question insiste tout au long de l'ouvrage : comment et surtout à quelles conditions opère une cure analytique ? En d'autres termes, qu'est-ce que parler pour la psychanalyse (et en psychanalyse) et par quels tours et détours dans le trajet du parlant se produit la transmission du savoir inconscient vers le réel du corps ? Et, partant de là, comment penser le potentiel politique de la parole et ses effets au un par un et dans le lieu social ? Pour y répondre, l'auteur visite l'envers de ce décor, à savoir les lieux de panne de la parole qui ouvrent à différentes formes de ravages, meurtres et autres destructions à l'échelle du psychisme singulier et du collectif.

  • Pierre Bruno examine point par point les différentes dimensions de l'expérience de la cure analytique. Une psychanalyse, soit l'expérience d'une cure, suit la trajectoire d'un déchiffrement, celui de l'inconscient, jusqu'à faire l'épreuve du bord au-delà duquel cet inconscient devient réel, c'est-à-dire  ininterprétable. À ces confins, l'analysant (celui qui fait une analyse) se retrouve rebut de ce déchiffrement et c'est dans cette position qu'il trouve une satisfaction, impossible à imaginer avant d'être atteinte. Ce bord, l'expérience nous en instruit, est la coupure advenant de la castration de l'Autre maternel, en tant qu'elle nous soulage définitivement de l'imminence menaçante d'un rapport incestueux, et du même coup, ouvre le sujet à la contingence d'un amour en rien condamnable.

  • « Le titre de ce livre pourrait faire croire que la psychanalyse tend à devenir une langue étrangère, à traduire donc. Pourquoi pas ? Car il est bien vrai qu'à chaque nouvelle génération, son savoir s'obnubile, refoulé qu'il se voit par la banalisation de ce qu'avaient de plus vif ses trouvailles les plus bouleversantes.

    Nestor Braunstein s'emploie justement à sortir la langue de la psychanalyse du confinement dans les cabinets de ceux qui la pratiquent. Il la confronte à celle qui se profère sur la place publique où confluent les savoirs et où se déchaînent les mises en question. Son discours en ressort renouvelé et ragaillardi.

    La question du sens occupe une place centrale dans la recherche ici déployée, qu'il s'agisse de celui à retrouver lors du passage de la langue des fondateurs, Freud et Lacan, à celle de leurs épigones, ou de celle des procès mis en jeu dans la compréhension des énoncés : ceux convoqués dans le transfert ou ceux qui sous-tendent la croyance en l'effectivité de la Science ou au Dieu de la religion, surtout quand on lui prête l'interdit de toute représentation.

    On le verra, cet essai, qui pourrait devenir un classique, travaille donc le même thème en six variations qui donnent l'impression de parvenir à l'épuiser, mais qui ne font que le reprendre pour en aiguiser les arêtes et le relancer jusqu'à rendre la psychanalyse elle-même aussi limpide qu'insubmersible. À traduire donc et retraduire sans trêve.»

    Jacques Nassif

  • « Si les récits de mes analysants m'ont appris à créer ce silence en moi qui me permet d'écouter et d'interpréter, ce sont les tableaux de David Malkin qui m'ont poussé à penser et à écrire. Des images ont inspiré ce livre, m'invitant à traverser, d'une façon nouvelle, certains territoires de la psychanalyse. Les formes et les couleurs ouvrent, par un étrange effet de lumière, sur d'autres dimensions qui amènent l'observateur au-delà des apparences vers une expérience visuelle et en même temps spirituelle. »

    En dix chapitres qui sont autant de passages où se croisent l'art, la philosophie et la politique, l'auteur propose un voyage littéraire et une réflexion herméneutique et poétique. D'un discours à l'autre, l'auteur « passe » entre les disciplines et, en revenant à la racine des mots, approche certains concepts psychanalytiques.  Il nous fait rencontrer la dialectique souple de l'inconscient, ses passages qui deviennent forces de subversion analytique du sujet, de la cité (polis) et aussi de la pensée, puisqu'ils opèrent des retournements constants du discours. 

  • La psychanalyse et le cinéma, dont les naissances sont simultanées, peuvent se rejoindre dans cette interrogation commune sur le féminin et ses représentations, dont la folie fait partie : comment montrer, mettre en scène, les arcanes de la position féminine ? L'image de la féminité, qui trouve une expression particulièrement saisissante dans le cinéma, se construit à partir de représentations évoluant au cours de l'histoire, et se modifie au fil du temps et des époques. Mais la permanence et la multiplicité des représentations de cette figure du féminin avec ses interrogations, voire ses débordements quand il s'agit de la folie, n'est peut-être pas qu'un simple produit de l'histoire, ou du contexte social et culturel du moment. Derrière les évolutions et les mutations qui semblent contraindre les corps à se plier à des contingences sociales ou artistiques, il subsiste des permanences qui échappent à la mode et à ses processus, comme elles échappent également à ses supports ou à ses destinataires.

  • Les épreuves projectives constituent un apport au bilan psychologique à des fins d'investigation de la personnalité. Dans le champ de la clinique, l'évaluation a une visée diagnostique et pronostique. Dans le champ de la recherche, l'exploration affinée de manifestations psychopathologiques rend compte des traductions nouvelles du malaise et de la souffrance psychique.

    Même si les tests projectifs eux-mêmes sont par construction athéoriques, leur interprétation nécessite de se référer à une théorie du fonctionnement psychique pour appréhender les variations de la normale et les registres psychopathologiques. L'École française de psychologie projective, ou École de Paris, appuie ses travaux sur la théorie psychanalytique. Cet ouvrage en regroupe les plus emblématiques et les plus originaux, afin de baliser, en partant des figures fondatrices, ses positions théoriques et épistémologiques ainsi que ses développements contemporains.

    S'intéressant à tous les âges de la vie et à de nombreux champs cliniques et psychopathologiques, l'approche de l'École de Paris se révèle essentielle dans la pratique du bilan psychologique et dans la recherche. Elle est diffusée dans de nombreuses manifestations scientifiques nationales et internationales et autres formations universitaires.

  • Les épreuves projectives constituent un apport au bilan psychologique à des fins d'investigation de la personnalité. Dans le champ de la clinique, l'évaluation a une visée diagnostique et pronostique. Dans le champ de la recherche, l'exploration affinée de manifestations psychopathologiques rend compte des traductions nouvelles du malaise et de la souffrance psychique.

    Même si les tests projectifs eux-mêmes sont par construction athéoriques, leur interprétation nécessite de se référer à une théorie du fonctionnement psychique pour appréhender les variations de la normale et les registres psychopathologiques. L'École française de psychologie projective, ou École de Paris, appuie ses travaux sur la théorie psychanalytique. Cet ouvrage en regroupe les plus emblématiques et les plus originaux, afin de baliser, en partant des figures fondatrices, ses positions théoriques et épistémologiques ainsi que ses développements contemporains.

    S'intéressant à tous les âges de la vie et à de nombreux champs cliniques et psychopathologiques, l'approche de l'École de Paris se révèle essentielle dans la pratique du bilan psychologique et dans la recherche. Elle est diffusée dans de nombreuses manifestations scientifiques nationales et internationales et autres formations universitaires.

  • Cet ouvrage interroge la fréquence comme la diversité des événements subjectifs mettant en jeu ou en scène souffrance et/ou dimension douloureuse.

    Qu'est-ce qui cause la souffrance de l'être parlant dont il est aisé de constater la présence quels que soient les temps, les civilisations ? Le contexte d'une époque influence-t-il la subjectivité des sujets qui l'habitent ? La souffrance s'impose de nos jours comme objet de réflexion et de recherche en tant qu'elle vient conjoindre en une expérience intime toute l'actualité du rapport entre corps et social.

  • Revitaliser la recherche psychanalytique en mettant à l'épreuve de l'élaboration collective le savoir du psychanalyste toujours à renouveler. Les différents textes, courts, resserrés autour d'une question précise, rendent compte des débats sur les problèmes cruciaux de la psychanalyse contemporaine tant dans leur dimension épistémique que dans leurs conséquences sur la pratique analytique.

  • Le cas Schreber occupe une place particulière dans l'oeuvre de Freud. En le reliant aux relations personnelles dans lesquelles celui-ci était pris à ce moment-là avec ses disciples, l'auteur mêle élaboration de la théorie et histoire de l'institution analytique.

    J'ai réussi là où le paranoïaque échoue  reprend une phrase de Freud dans une lettre à Ferenczi de 1910 contemporaine de son analyse du cas Schreber. Azouri lui donne une place centrale dans la théorie de Freud sur le cas Schreber, dans la poursuite - avec Jung et Ferenczi - de son analyse originelle avec Fliess, enfin dans la question de la fin de l'analyse et de l'organisation institutionnelle qu'elle induit.

  • Les consultations d'oncogénétique sont proposées à des personnes, souvent asymptomatiques, mais qui peuvent avoir des antécédents personnels et/ou familiaux de maladies tumorales suggérant des prédispositions génétiques au cancer. Être confronté à son résultat génétique et à son arbre généalogique induit toujours des répercussions psychiques. Comment aider ces sujets qui ne sont pas malades et ne le seront peut-être jamais, à intégrer ces nouvelles réalités dans leur vie psychique ? Comment faire en sorte que la prédiction ne s'inscrive pas pour eux comme un destin ?

    Cet ouvrage vous propose d'assister aux consultations d'oncogénétique auxquelles l'auteur a participé en tant que psychologue, à partir du compte rendu détaillé des productions verbales échangées, matériel incroyablement dense et riche. Les contextes singuliers révèlent souvent des effets traumatiques inattendus : ainsi, l'absence de mutation génétique ne produit pas toujours une réaction de soulagement, tout comme sa présence ne suscite pas forcément des sentiments d'angoisse. Des éléments inconscients, explorés ici grâce à la psychanalyse, interviennent dans le cadre de ces nouvelles approches de génétique médicale qui nécessitent de prendre en compte la dimension imprévisible du sujet.

    Cet ouvrage contribuera à aider les professionnels dans l'accompagnement des sujets engagés dans un dépistage génétique afin que la prédiction en oncogénétique ne soit pas considérée comme une forme contemporaine de l'oracle.

  • Réédition augmentée d'une préface de Pierre Delion

    Il n'est pas sans signification que François Tosquelles conclue son oeuvre écrite par un ouvrage traitant des équipes de soins. Toute sa vie, il n'aura cessé d'insister sur l'importance de l'équipe de soins, structure essentielle à toute pratique clinique, toujours menacée de disparition du fait de la spécialisation et de la technicisation des rôles soignants, toujours susceptible de s'homogénéiser, de se structurer en îlots de résistance. La réédition du dernier ouvrage paru peu de temps après la mort de son auteur est accompagnée par la préface de Pierre Delion qui témoigne de l'actualité de la pensée de ce maître de la psychiatrie institutionnelle.

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