• André Malraux déclarait qu'après les grandes affres politiques du XXe siècle, le XXIe siècle serait spirituel ou ne serait pas. Tout en analysant la situation historique à sa manière, Kenneth White propose autre chose : une ouverture au monde, un renouvellement de l'expression sous toutes ses formes : un nouveau fondement culturel, pour lequel il a inventé le concept et le terme de géopoétique. Cet essai examine ce concept des points de vue scientifique, philosophique et littéraire, suit quelques itinéraires individuels (La Pérouse, Humboldt), salut l'oeuvre de quelques grands compagnons de route (Thoreau, Cendrars, Kazantzakis...) et déploie la première cartographie d'un (nouveau) monde, tout en situant les idées et les pratiques de la géopoétique dans notre contexte sociopolitique actuel.

    /> Kenneth White, né en Écosse, vit en France depuis 1967. Il est l'auteur d'une oeuvre féconde écrite pour une part en anglais pour une autre en français et a obtenu le prix Médicis étranger en 1983. Il est à l'origine du concept de nomadisme intellectuel et fonde l'Institut international de géopoétique en 1989. Au Mot et le reste il a publié La Route bleue, Les Cygnes sauvages, Les Vents de Vancouver, La Mer des lumières, Dérives, La Traversée des territoires, Au large de l'histoire, etc.

  • Résumé
    Une femme perd sa voix. Elle écrit pour reprendre possession de son corps abîmé. Elle chemine ainsi, s'ancre par l'écriture dans sa voix intime, qui résonne avec d'autres silences et paysages de terre, d'eau... La guérison est amorcée avec cette symphonie de voix. Une multitude de visages, de corps et de voix se tissent et se racontent à travers les routes qui n'en finissent pas. Ce livre est un grand silence, une halte entre nous et le vivant ; un bruissement qui dit la relation, la tendresse, l'existence, d'où la musique des mers, des fleuves et des forêts.

    Extrait
    « Après m'être amarrée à ce lac, après avoir tissé des liens avec autrui sur la base de cet espace partagé, j'ai fini par lui accorder une place privilégiée parmi les lieux du monde. D'où me vient ce désir de retourner au lac Marie-Le Franc chaque année en y amenant à chaque fois des personnes différentes, des gens du Québec, de France, de Belgique ? À l'été ou à l'automne, suivant un rythme régulier, la marée dépose au bord du lac des gens d'ici et d'ailleurs. J'ai la nette impression que tout cela dépasse de loin ma propre volonté et que l'endroit lui-même est désormais soumis au mouvement du ressac. Le lac s'est ouvert au vent du large, il est devenu dans mon esprit un lac transatlantique. »

    Point de vue de l'auteure
    Tisser les voix répond au mouvement général qui traverse le livre. Quand j'ai perdu la voix, je me suis mise à écrire, mais aussi à écouter davantage. J'ai fait plus de place à la parole des autres. Quand je tisse les voix, la mienne se fonde dans un ensemble, elle va à la rencontre des autres, c'est ce mouvement qui me permet d'avancer.
    Quand la voix se brise, quand elle s'absente, il faut tout reconstruire, cela ne peut se faire que dans l'intimité. Apprivoiser le silence.

    L'auteure
    Originaire de Bretagne, Rachel Bouvet a émigré au Québec après un séjour en Égypte. Sa fascination pour le désert, la mer et la forêt l'a poussée vers la géopoétique. Professeure au département d'études littéraires à l'UQÀM, elle a publié des essais et des récits.

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