• Pierre Bruno compte pour la psychanalyse. Il n'a cessé d'explorer cette aventure singulière qui devrait être toujours « autre » pour perdurer. Des analystes d'horizons différents débattent de ses contributions relatives à la place que le discours analytique doit faire à la politique (la Cité).

    En effet, le Discours analytique progresse grâce au travail des psychanalystes qui s'en laissent enseigner. D'où l'intérêt de se lire entre psychanalystes, ou avec d'autres qui s'y intéressent, et d'initier des controverses comme il n'en existe plus dans cette discipline, parfois sclérosée par les pentes institutionnelles et l'entre soi.

    A partir de cinq ouvrages de Pierre Bruno organisés autour de l'élucidation des problèmes cruciaux de la psychanalyse - fin de l'analyse, passe, père réel,... -, les auteurs extraient une méthode qui s'appuie sur les ressources théoriques de Freud et Lacan et sur la clinique. Se vérifie alors, au-delà des divergences institutionnelles, que la psychanalyse s'adresse à tout un chacun et présente un enjeu politique pour notre temps.

  • André Meynard développe comment, bien au-delà de la seule vocalisation, nous venons au monde grâce à la rencontre avec un tissu langagier désirant, multimodal, qui nous préexiste. Un tel tissu, avec ses divers brins sonores, gestuels, tactiles et visuels, oriente souvent étrangement le cours de notre vie.  À partir de quelques traces de son propre roman familial, il évoque ainsi les voies singulières qui ont rendu possible sa rencontre avec les Sourds, ceux donc qui parlent avec les mains et entendent avec les yeux.

    Prendre langue avec de tels sujets, trop vite qualifiés de handicapés de la parole, n'est en effet pas si simple. À l'épreuve de cette rencontre qui dérange et met en tension nos repères coutumiers, l'auteur s'est notamment attaché à entendre ce que les enfants Sourds transmettent, à travers ces langues gestuelles animées de ces lueurs du pulsionnel qui seules nous humanisent...

    Dans ce travail référencé, il s'appuie sur sa pratique analytique et sur de nombreuses oeuvres artistiques qui se révèlent attentives à ces modalités gestuelles langagières d'ordinaire si négligées, pour montrer que nous pouvons être enseignés par l'altérité et la dissemblance. 

  •  « Qu'y a-t-il de vif, de libre, d'intransigeant dans la transmission de la psychanalyse ? Voici, de la part de Charles Melman, une suite de séminaires qui s'empare sans ambages de cette question. Face au déclinisme pompeux qui met du pathétique à la place de la recherche, ces paroles d'enseignement ont presque un caractère allègre et ne jouent pas la profondeur facile d'un choix de thèmes étiquetés importants et graves. La gravité est perceptible après coup, au détour d'un éclair de pertinence clinique, un peu comme dans la psychopathologie de la vie quotidienne de Freud. Le comique abyssal de l'inconscient éclaire d'un jour nouveau et exact nos symptômes les plus désespérants, et propose ici, à la place de la commémoration névrotique, un lieu possible d'invention. » Christiane Lacôte-Destribats

  • Alors que l'écriture d'une oeuvre peut protéger son auteur de la folie comme Lacan l'a montré pour Joyce, certains au contraire en meurent. C'est à résoudre cette contradiction que s'attache Franz Kaltenbeck en lisant des écrivains célèbres des XIXe, XXe et XXIe siècles, diagnostiqués comme mélancoliques. Il les considère comme des puits de savoir sur leur mélancolie, longuement décrite à travers leurs fictions. S'appuyant sur sa solide connaissance du texte freudien, il en tire des idées nouvelles grâce à un récit de Kafka.

    On comprend, à le suivre, que ce qui a d'abord résisté à la mélancolie chez ces auteurs a subi par la suite une défaite mortelle. L'écrivain américain David Foster Wallace met particulièrement ce phénomène en évidence : il dit qu'une catastrophe, qu'il identifie de loin sans pouvoir la maîtriser et la transformer par l'écriture, l'attend au tournant comme les tornades sauvages de son enfance dans le Midwest.  À l'instar de Kleist, Stifter, Nerval, Celan avant lui, il s'est suicidé au sommet de son art.

  • Repenser l'amour aujourd'hui est-ce un anachronisme ? Le rapport entre l'Amour et le Transfert reste une des questions centrales de la psychanalyse qui concerne aussi bien sa pratique que sa théorie. Sait-on que c'est par le biais du transfert analytique que résident la plupart des guérisons psychiques ? En effet, continuer à vivre c'est souvent la gageure d'un transfert dont les composantes mettent en lumière, « mehr Licht », l'inconscient et les mécanismes psychiques.

    Dans ce troisième volet de son triptyque clinique - après L'inconscient pour quoi faire (érès, 2018), Les mécanismes psychiques de l'insconscient (érès, 2019) -, Jean-Richard  Freymann met en chantier les rapports entre les différentes formes de l'amour et les portées inouïes du transfert sur le plan thérapeutique et sur le plan analytique. Dans le monde contemporain, la dialectique Amour et Transfert prend de nouvelles formes singulières. Que peut-on faire aujourd'hui de la bisexualité fondamentale de l'être parlant ? Et comment comprendre chez les « psys » cet amour des formes de transfert ?

  • Le réel est dépourvu de sens, ce qui ne veut pas dire qu'il est sans représentation. Très tôt, Lacan l'énoncera dans son oeuvre. Et c'est par le biais du symptôme que l'analysant donne au psychanalyste les moyens d'appréhender ce qui se passe pour lui dans le réel. Cet ouvrage met au travail cette notion, que Lacan reprend et élabore tout au long de son enseignement, comme une recherche en lien avec la clinique.

    Pour les sciences, voire pour « la Science », cette notion de réel, tout aussi importante, se révèle indispensable à son élaboration.

    Des psychanalystes et des scientifiques de renom montrent en quoi le réel compte dans leur discipline et dans leurs recherches. En toute intelligence, les différences étant évidemment marquées, les exposés des deux approches viennent alimenter un débat d'une brûlante actualité. Ce dialogue vigoureux ouvre des perspectives passionnantes pour un travail encore en chantier.

  • En écho aux Mythologiques de Claude Lévi-Strauss, Markos Zafiropoulos analyse le Lacan mythologue qui revisite dans une logique purement structuraliste un corpus de mythes qu'il construit comme objet de recherche : pour ce 2e tome OEdipe roi, OEdipe à Colone, Antigone.

    Freud, déchiffrant dans la Vienne fin de siècle le territoire de l'inconscient, croit avoir découvert que le désir incestueux explique les tragédies grecques. Lacan renverse cette logique en affirmant que ce n'est pas tant le désir universel des fils qui explique OEdipe roi mais plutôt OEdipe roi qui explique le désir inconscient des fils en Occident, de même qu'Antigone rend compte du désir inconscient des filles. Reprenant les chemins de Lévi-Strauss, Lacan s'engagea dans le déchiffrement de la mythologie occidentale au motif qu'il y fut contraint, du fait que son objet de recherche était le désir inconscient en Occident. Sa lecture a débouché sur un ensemble d'opérateurs théoriques à partir duquel il revisita toute la découverte freudienne. L'auteur s'attache à en mettre au jour les conséquences cliniques et anthropologiques.

  • Dans ce nouveau séminaire, Jean-Richard Freymann poursuit son exploration subversive de la clinique analytique, à partir de l'idée que les praxis avec l'inconscient renouvellent toutes les pratiques du colloque singulier.  À regarder de près dans la cure analytique, il montre que l'inconscient est bâti sur un tissu complexe de mécanismes : le refoulement, la sublimation, l'idéalisation, la forclusion, le déni, la conversion... Il développe l'hypothèse personnelle que « chaque sujet est porteur de tous les mécanismes psychiques même s'il existe chez chaque être parlant un mécanisme prépondérant ». Les frontières entre les tableaux cliniques sont ainsi questionnées dans un retour à Freud pour interroger Freud avec Lacan mais aussi Lacan avec Freud.

    Témoignant de la vitalité de « l'école de Strasbourg », Jean Richard Freymann propose au lecteur un cheminement dans l'histoire de la psychanalyse, à la fois classique et moderne, pour découvrir une sorte de tresse de dynamiques psychiques qui traversent chaque être parlant.

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    La régression fait partie des processus psychiques qui peuvent se déployer dans des directions différentes, s'entremêlent et se condensent pour se lier, se délier, construire ou détruire. Moteur puissant du fonctionnement psychique, elle est quotidiennement présente dans la simplicité de la vie, inquiétante et énigmatique dans les dérives de la maladie grave, attractive et dangereuse dans les traitements psychiques où règnent le transfert, ses menaces et ses espérances.

    Splendeurs et mise?res, exaltation ou de?re?liction, mais toujours exce?s et de?mesure : la re?gression s'ancre définitivement au corps et à la psyché. Elle ne pourrait e?tre absente de l'appareillage psychique le plus habituel sauf a? entrai?ner des troubles graves : ne plus dormir, ne plus re?ver ? Vivre en étant totalement prive?s de sensorialite? ? Sans l'expe?rience de ce qui ne passe pas par les mots ?

    À partir de leur pratique, les auteurs explorent les diverses formes de cette notion complexe au caractère trompeusement banal et connu. Leurs contributions témoignent d'une mise à l'épreuve de la régression à différentes périodes de la vie (enfance, adolescence, âge adulte) et dans différents champs de la clinique psychanalytique contemporaine.

     

  • Comment aborder le « symptôme » non pas simplement pour le faire disparaître ou le camoufler, mais pour y trouver la matière à développer toute la richesse et la complexité de l'humain ? Voilà le « SINTHOME » et toute la fécondité du dernier Lacan.

    Le « sinthome » n'est pas le symptôme de telle maladie spécifique, c'est le déploiement de la pensée clinique.  Chaque figure de pensée clinique ne vaut en effet que par les erreurs, échecs et réparations qui la mettent en mouvement. Toute faute, toute lacune peut ainsi devenir le lieu d'une invention vivifiante. Tel est le vrai sens de la topologie lacanienne. L'explicitation précise et détaillée du séminaire XXIII de Lacan que propose Christian Fierens en donne un éclairage nouveau.

  • Quelle relation y a-t-il entre la psychanalyse, dont la pratique est fondée sur le langage, et la musique, qu'on dit asémantique parce qu'elle nous bouleverse sans jamais articuler de signification précise ? Pourrait-il y avoir quelque chose de musical dans les phénomènes auxquels la psychanalyse a à faire, et spécialement, dans le cas de la mélancolie ?

    En suivant le dernier enseignement de Lacan, influencé par les théories de Jakobson et de Levi-Strauss, Silvia Lippi construit un parallèle entre psychanalyse et free jazz fondés tous deux sur l'improvisation. La notion de rythme permet d'envisager une modalité de la cure qui n'oppose pas le discours maniaque aux exigences d'un ordre symbolique extrinsèque et forcément répressif. Il ne s'agit plus d'interpréter, mais de rythmer : le jazz a montré que des rythmes et des tempos différents n'empêchent pas l'émergence d'un discours commun entre les éléments du groupe.

    L'auteure propose une approche psychanalytique des psychoses, qui repose plus sur l'invention que sur la réparation et rompt avec une conception déficitaire de cette structure clinique. La psychose devient le paradigme de la lutte contre tout pouvoir centralisé, incarné par les différentes figures paternelles et paternalistes de notre société. Avec le rythme, la psychanalyse redevient clairement ce qu'elle n'a jamais cessé d'être : une force d'émancipation.

  • Peut-on se passer de la notion de sublimation en psychanalyse ? En clarifiant les apports freudiens et lacaniens, l'auteur contribue à étoffer cette notion et en révèle toute l'actualité pour les psychanalystes. 

    Dans son retour à Freud, Lacan a fourni à la sublimation les bases structurales d'une approche qui l'inscrit dans le cadre de « l'avènement exigé d'une érotique pour la psychanalyse », résolvant ainsi certaines contradictions qui pouvaient être engendrées à partir de Freud.

    En se demandant pourquoi cet apport lacanien reste méconnu, Erik Porge s'attache à montrer comment Lacan a pris appui sur la sublimation pour redéfinir la pulsion à partir de repères structuraux nouveaux (la Chose, la satisfaction de la répétition de la mêmeté de la différence, l'incommensurabilité de l'objet cause du désir...).

    La sublimation est au carrefour de points fondamentaux de la théorie analytique. Elle révèle le caractère propre de la pulsion sexuelle. Dans le prolongement des perspectives ouvertes par Lacan, l'auteur en propose une écriture borroméenne qui associe amour, désir et jouissance.

  • La différence freudienne : ce titre s'impose de lui-même. Il marque le franchissement d'une frontière qui ne serait réversible qu'au prix d'une régression obscurantiste - malheureusement toujours menaçante.

    Tout en se tenant à l'abri des risques d'une vulgarisation contaminée par un idéal pédagogique, ce livre, en s'appuyant d'une part sur l'oeuvre de Freud et l'enseignement de Lacan, d'autre part sur la pratique psychanalytique des auteurs, propose des solutions précises et claires à une série de questions fondamentales au coeur de la psychanalyse contemporaine : le désir crée-t-il sa cause ? Le symptôme est-il insurrectionnel ? La jouissance est-elle à éradiquer ou à dévaloriser ? Le savoir psychanalytique peut-il se savoir lui-même? Qu'est-ce que la fonction phallique ? Peut-on et doit-on distinguer sexuation du côté femme et féminisation ?

  • « La condition du parlêtre » signifie que l'être humain est organisé par la parole et le langage et non par le fonctionnement exclusivement neuronal de son cerveau, ce qu'affirment les neurosciences.

    Quelle est l'importance du langage et de la parole dans la vie de l'homme ? Cette interrogation n'est pas seulement celle de la psychanalyse mais bien celle vitale de l'être humain qui ne saurait se développer en dehors de ce champ de parole. L'auteur propose une lecture ouverte de ce que Freud, puis Lacan et d'autres (notamment ses patients) nous apprennent de la condition humaine. Il part à la rencontre, non de l'homme psychologique, de l'homme philosophique ou de la religion, mais de l'homme du défaut et du symptôme, ce qui anthropologiquement se définit avec Lacan comme un parlêtre, un être de parole qui échoue et produit des symptômes.

  • Les ados, ça cause !

    Marie Springer

    • Eres
    • 26 Septembre 2019

    Si le titre de cet ouvrage précise que « les ados, ça cause », disons plus précisément que « ça peut causer » si nous - adultes - nous les réinscrivons dans un bain de paroles.

    Cet ouvrage part de l'expérience de l'auteure au sein d'une maison pour enfants à caractère social. L'auteur y parle de rencontres : rencontres avec des adolescents pour la plupart déscolarisés, désengagés dans leur vie mais aussi avec des éducateurs, qui eux-mêmes parlent de leur propre rencontre avec ces adolescents. Le livre témoigne de la portée des effets du signifiant et nous rappelle que notre condition humaine quotidienne est d'être des êtres parlants. Son objectif est de faire entendre aux éducateurs que dans leur quotidien il y a une nécessité « à faire parler un adolescent » dans un espace qui met en scène des mots, une parole où l'équivocité de la langue fait loi.

  • Entre passage à l'acte et acting out, le ménage n'a jamais été fait malgré les efforts de Jacques Lacan. Pourtant les incidences thérapeutiques, juridiques et sociales sont considérables. Il s'agit ici de contribuer à une clarification nécessaire.

    On passe notre temps à agir avec des conséquences tantôt mineures, tantôt graves ; des actes médico-légaux aux conflits les plus ordinaires. La question de l'acte constitue une des questions cliniques les plus difficiles, les plus délicates, les plus énigmatiques que les praticiens ont à affronter. Ce séminaire inédit de Marcel Czermak propose un certain nombre d'apports aux thèses qui ont pu être celles de Jacques Lacan sur cette question. Son objectif est d'aider les médecins, les juristes, les psychanalystes à avoir un coup d'oeil plus éclairé devant ce qu'on appelle un acte, c que ce soit au quotidien ou dans les conjonctures les plus graves de la vie sociale.

  • À partir de sa position de psychanalyste, Jean-Pierre Lebrun interroge l'évolution de la médecine depuis qu'elle est devenue - pour le bonheur de tous - « scientifique », depuis qu'elle est passée, selon Claude Bernard, d'un « art » de guérir » à une « science » de guérir. Et l'auteur d'ajouter : d'un art de guérir les « malades » à la science de guérir les « maladies ».

    Au cours de ces dernières années, le fossé entre une médecine de la maladie et une médecine du malade s'est incontestablement encore creusé, ce qui n'est peut-être pas sans conséquence sur l'inflation coûteuse de notre science de guérir : à force d'entendre dans le registre du besoin ce qui relève des champs de la demande et du désir, l'organisation de la santé ne peut que s'emballer.

    Paru quelques années avant Un monde sans limite (érès, 1997) qui a marqué un tournant dans le monde analytique lacanien, De la maladie au malade constitue le socle à partir duquel Jean-Pierre Lebrun a développé sa pensée sur l'importance du lien social pour la subjectivité. Dans son importante postface inédite, il propose de nouvelles avancées pour saisir les enjeux du malaise du monde médical dont la logique de rationalité scientifique tend à ne plus laisser de place au sujet singulier.

  • Cet ouvrage répond à une nécessité contemporaine : à la dominance techno-scientiste de la médecine et au dogmatisme de nombre d'Écoles de psychanalyse, l'auteur oppose la subversion de la clinique psychanalytique.
    Jean-Richard Freymann reprend tous les tableaux cliniques à l'aune de la conflictualité du discours, pour essayer de rendre compte des enseignements de la pratique. En suivant l'ancienne nosographie, il saisit l'occasion d'un débat avec la psychiatrie d'aujourd'hui pour interroger les limites de nos classifications et ce qu'elles peuvent avoir de précaire.

    Chaque chapitre est organisé autour d'une question à partir de laquelle il revient aux fondamentaux en s'appuyant sur la clinique contemporaine. Il s'interroge sur la place de l'inconscient freudien aujourd'hui, malmenée par le discours dominant des DSM, et les conséquences que cela provoque méthodologiquement, culturellement, et dans la formation des nouveaux « cliniciens ».

  • Si l'interprétation psychanalytique relève bien de l'action du psychanalyste et de la responsabilité qui lui incombe quant à son savoir-faire, elle n'est pourtant pas réductible à un énoncé (ou à un silence) de l'analyste. Lacan l'a plutôt définie comme un « dire de l'analyse » et n'a jamais cessé d'en interroger le sens.

    Nicolas Guérin suit l'évolution des propos de Lacan relatifs à la catégorie du sens, au carrefour d'autres disciplines comme la logique et la poésie. Il aborde ainsi des problématiques tangentielles comme la place de l'athéisme en psychanalyse et la reliogiosité de l'idéologie en vogue dans la communauté analytique sur les « nouveaux sujets ». Mais c'est en approfondissant ce que Lacan entend finalement par « sens blanc » (notion furtive qui n'apparaît que deux fois à la fin de son enseignement) qu'une conception spécifiquement lacanienne de l'interprétation peut être mise au jour et, avec elle, une reconsidération du champ de la parole et du langage en psychanalyse. 

  • Faut-il théoriser pour s'occuper des toxicomanes ? L'auteur s'y est efforcé à partir de sa clinique dans les premiers centres d'accueil et en référence à la psychanalyse.

    À partir de ses lectures, de discussions avec ses collègues, avec Charles Melman et Claude Olievenstein, auprès de qui il a exercé ses fonctions de thérapeute à Marmottan, Patrick Petit dégage une théorie psychanalytique serrée et sérieuse fortement liée à son expérience clinique.

    Ce livre donne des bases fondamentales, toujours clairement amenées, d'une pratique raisonnée et vivante auprès des toxicomanes. Elle engage à poursuivre aujourd'hui l'élaboration de cette clinique difficile, quitte à la transformer au gré des actualités, selon la contemporanéité.

    Textes établis et réunis par Alain Dufour avec Jean-Louis Chassaing et le concours de Jean-Michel Hervieu, Albert Fontaine et Charles Melman.

  • L'influence des religions, en particulier sous une forme intégriste voire sectaire, et les limites des athéismes associés à des sociétés totalitaires relancent la question de Dieu dans le monde contemporain. Depuis Freud, « juif infidèle », comme il se définit, jusqu'à Lacan, pour qui la « religion vraie », c'est la catholique, la question de la religion, de la religiosité mais aussi de la fonction psychique et sociale de Dieu traverse la psychanalyse à partir du fondement de la relation à l'Autre, qu'il soit représenté par la Mère, le Père ou le Maître.

    Jean-Jacques Rassial associe cette figure de l'Autre, restée énigmatique chez Lacan, au Dieu paradoxal des juifs, conçu comme irrémédiablement à la fois immanent et retiré du monde. Dieu serait alors le nom de l'Autre en tant qu'il n'a pas besoin d'existence ni de présence et sans incarnation possible.

    En suivant la tradition juive en particulier selon l'approche de la Kabbale et certains penseurs juifs de Spinoza à Hans Jonas, en passant par Adolphe-Isaac Crémieux et Mordecaï Kaplan, l'auteur développe une conception déiste, donc ni religieuse ni athée, issue du judaïsme qui serait pertinente pour penser le statut de l'Autre et de l'altérité dans la psychanalyse. Loin d'un athéisme totalitaire autant que d'une supposée religiosité, elle permettrait de concevoir une laïcité proposée aussi aux héritiers d'autres traditions.

  • Une pratique de la parole dans le champ de l'aide sociale : quels concepts, quels actes, quelles conséquences, quel pronostic ?

    L'auteur donne une légitimité, conceptuelle et historique, aux pratiques d'aide des services sociaux, dans le respect de l'histoire des « usagers ». La parole est le vecteur fondamental des échanges et des entretiens, et la psychanalyse, comme science fondamentale, reste indépassable pour comprendre les mécanismes en jeu dans la manière dont peut être vécue toute aide sociale.

    En effet, il y a un savoir, une compétence, dans la manière d'user de la parole qui peut rendre un don - matériel, en argent, en démarches administratives - bénéfique ou maléfique ! Cette réédition s'avère salutaire au regard du succès actuel des sciences comportementales et des neurosciences, qui pensent se passer d'une analyse approfondie des effets de la parole, et font fi des effets d'aliénation que toute « aide » produit (qu'elle soit légitime, autorisée par la loi, voulue par un État) ainsi que du malaise que peut rencontrer un acteur social dans sa mission.

  • N'en déplaise à ses contempteurs, la psychanalyse contemporaine fait preuve de vivacité ! Ces fantaisies de divan en témoignent en nous invitant à un vagabondage littéraire autant que psychanalytique. L'ouvrage se découpe en petits chapitres, chacun introduit par d'improbables pensées consignées par un narrateur au cours de sa psychanalyse. Devenu depuis lui-même analyste, il commente ensuite ces notes en procédant de l'association libre pour lier ensemble des éléments culturels, artistiques, littéraires ou scientifiques sur un thème donné. Au final, ce recueil illustrera la clinique actuelle, ses enjeux narcissiques, ses accointances privilégiées avec le pouvoir et son désir insatiable de soumission.

    Marcel Sanguet est psychologue clinicien, psychanalyste

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