• « C'était la seule à Nyala et sans doute même dans tout le Soudan à s'appeler Abderahman. » Avec son prénom d'homme et sa cicatrice à la joue, terrible signe de beauté, Abderahman est la fille de fortune de tante Kharifiyya, sans enfant et le coeur grand, qui l'a recueillie en lui demandant de ne plus jamais parler de la guerre. De la guerre, pourtant, Abderahman sait tout, absolument tout. C'est un jour de marché qu'elle rencontre Shikiri, enrôlé de force dans l'armée avec son ami Ibrahim. Ni une, ni deux, Abderahman en fait joyeusement son mari. Et lui demande de l'aider à se venger des terribles milices janjawids en en tuant au moins dix. Formidable épopée d'une amazone de circonstance dans un monde en plein chaos, le Messie du Darfour est une histoire d'aventure et de guerre, une histoire d'amitié et de vengeance qui donne la part belle à l'humour et à la magie du roman.

  • Abandon

    Joanna Pocock

    Traduit de l'anglais par Véronique Lessard et Marc Charron

    Résumé
    Alliant chronique, récit de soi et de la nature, Abandon raconte l'Amérique indomptée et ses paysages sauvages. À l'aube de la cinquantaine, Joanna Pocock quitte sa vie londonienne pour le Montana. Elle observe le territoire, découvre l'imaginaire frontalier de l'Ouest américain et ses extrêmes. Elle traverse les forêts et les montagnes, dialogue avec les rivières, les loups et les bisons, relate ses expériences : maternité, deuil, crise climatique, réensauvagement, écosexe... Consciente de ce que l'humanité perd dans sa relation avec la terre, elle se met à l'écoute de ces communautés qui disent la fragilité de ce que c'est que vivre. En restituant l'Amérique dans sa démesure, Abandonaide à respirer.

    Extrait
    Parfois, tout ce que nous pouvons faire, c'est nous abandonner à nos circonstances, à nos désirs et à nos peurs, à notre besoin d'évasion, à nos échecs, à notre douleur, à notre état sauvage intérieur, à notre domestication et, de ce fait même, à l'essence qui est au centre de notre être.

    Échos de presse
    Il a fallu une femme pour écrire ce livre. Une écriture qui dit : Je suis ici, à l'intérieur d'un corps, un corps qui change, en interaction avec le monde qui change.
    Irish Times

    Envoûtant et profondément émouvant, Abandon nous oblige à considérer notre place dans un monde qui a plus de passé que d'avenir.
    The Spectator

    Abandon est une contribution importante à la bibliothèque de la nature
    Chloe Aridjis

    L'auteure
    Née à Ottawa, Joanna Pocock vit à Londres, où elle enseigne la création littéraire. Abandon, son premier livre, est acclamé par la critique.

  • Blanche est l'histoire d'une femme qui découvre un jour qu'elle est blanche dans le regard des autres. Comme elle sait très bien qu'on ne saurait réduire un être humain à la couleur de sa peau, elle s'interroge. Que signifie être Blanche dans le monde tel qu'il va? Elle arpente l'univers des penseurs et artistes du monde noir. Elle écrit, hésitante et fragile, son chemin d'humanité.

    Point de vue de l'auteure
    Blanche est dédié à « toutes celles qui se reconnaitront ». Je crois que ce livre s'adresse d'abord aux femmes blanches, celles qui ont fait la même expérience que moi et ne savent pas que faire de cette chose qui leur est arrivée. J'aimerais que Blanche les aide à sortir de la culpabilité ou de l'empathie tapageuse où cette prise de conscience a pu les enfermer. Blanche s'adresse aussi à toutes celles et ceux (et ils.elles sont nombreux.ses) qui ne sont jamais posé la question de leur blancheur. J'aimerais les surprendre, leur faire découvrir un pan de l'expérience humaine dont ils ignorent tout (ce que ça fait de ne pas être blanc, ce que ça fait de vivre avec les autres quand on sait qu'on est blanc) et les inciter à s'interroger avec moi sur leur place dans le monde. Par extension, Blanche s'adresse à toutes celles et tous ceux que la question raciale intéresse, mais aussi à toutes celles et ceux qu'elle hérisse, puisque le livre aborde le sujet d'un point de vue blanc, mais sans intention défensive, et qu'il tente honnêtement, par le récit et par le dialogue, de contribuer au débat sur la possibilité d'un universel humain.

    L'auteure
    Catherine Blondeau vit à Nantes où elle dirige le théâtre Le Grand T. En 2019, elle a publié chez Mémoire d'encrier son premier roman Débutants.

  • Nouvelles de Norma Dunning
    Traduit de l'anglais par Daniel Grenier

    Annie Muktuk, les hommes la désirent et se l'arrachent. Elle règne avec sa beauté légendaire et sa gloire chimérique sur le petit monde d'Igloolik. Des visages hauts en couleur prennent aux tripes. Josephee, se fiant à la ruse des Esprits, amène sa femme Elipsee sur le territoire dans l'Arctique pour la guérir du cancer. Husky, agent de la Compagnie de la Baie d'Hudson, vit rondement avec ses trois épouses, Tetuk, Alaq et Keenaq jusqu'au jour où ils partent ensemble en vacances dans le sud. Ces récits drôles et crus disent le racisme, l'aliénation, mais aussi la tendresse, le sexe et l'humour. Annie Muktuk touche au coeur de ce que signifie être inuit.

    Extrait
    J'ai appris quelques trucs importants au cours de mes trente et quelques années de vie. Ne tombe pas en amour. Baise-les lentement. Baise-les fort. Et ne les baise jamais deux fois. Le sexe, c'est ma matière forte. Ça me donne de la puissance. Ça m'apporte un étrange réconfort.

    Prix et distinctions
    o Prix littéraire Danuta Gleed 2017-2018 ;
    o Livre de l'année INDIEFAB 2018 (nouvelles) ;
    o Prix Howard O'Hagan 2018 pour la nouvelle ;
    o Classé 7e parmi les 99 meilleurs livres de 2017 du quotidien National Post.

    L'auteure
    Romancière inuit, Norma Dunning écrit les légendes de ses ancêtres et creuse les chemins de son identité. Elle vit à Edmonton où elle enseigne les savoirs autochtones. Acclamé par la critique, Annie Muktuk est son premier livre.

  • Gerda Cadostin, femme d'origine paysanne, raconte grandeurs et malheurs d'Haïti, avec un premier roman percutant, qui relate avec force et dans une langue flamboyante, la vie de trois générations de femmes au village de Guérot.

    Résumé
    Écriture du corps. Humour corrosif. Narration nouvelle. Mémoire ancrée dans l'imaginaire créole. Gerda Cadostin campe avec brio une galerie de personnages hauts en couleur : la vieille Sang Cochon, le clan des Estimé, les Esprits du vaudou, les pères invisibles, et les soeurs jumelles, Joséphine et Aline, qui prennent pour époux le même homme. Laisse folie courir fait entendre les crépitements et odeurs du pays d'enfance. Ces visages et univers singuliers sont servis par une langue belle et audacieuse.

    Extrait
    Ses yeux épiant l'entourage et les clôtures. Bien en chair dans sa vieille dodine sur la galerie, tante Mézine admet sans surprise l'impossibilité des jumelles à dormir séparées et la possibilité de se placer toutes les deux ensemble avec le même homme.
    - Oui, le même homme ! s'enflamment les jumelles habillées en nuances de rose dedans dehors de la tête aux pieds du devant-jour à l'angélus.
    - En 60 ans de vie religieuse dans le département de l'Artibonite, chuchote-t-elle, tant de vies s'échinent entre impossible et surnaturel.
    Les deux soeurs réconfortées par tante Mézine se hasardent. De bébés en gestation à ceux dans les bras des femmes. Célibat avancé. La trentaine devant leur porte. Joséphine et Aline ont envie d'accoucher elles aussi. Sans rien changer dans leurs habitudes. Sans autre souffle dans leur souffle. Un accroc aux usages. Un seul mari pour deux soeurs. Un mari chez elles. Dans leur maison à elles. Héritée de leurs parents Sidieu et Mirasia.

    L'auteure
    Née en Haïti en 1958, Gerda Cadostin vit en France. Laisse folie courir est son premier roman.

  • Tisser

    Raharimanana

    L'art de tisser l'humanité

    Résumé
    Récit de l'auteur malgache Raharimanana qui entremêle légendes, mythes fondateurs et réalités contemporaines. Soucieux de restituer la mémoire trop souvent trahie par les récits, l'auteur revisite les luttes de libération, les formes de résistance et d'utopie. Il met en place une cosmogonie où tout se tisse dans une diversité de voix, de perspectives poétiques et politiques, rassemblant des formes singulières d'écriture et de transmission de la parole.

    Un enfant mort-né raconte la genèse du monde. Il fait appel aux mythes pour dire les dérives totalitaires et la quête de liberté. Fable contemporaine qui rétablit la relation entre les temps, passé et présent, les ancêtres et le monde contemporain, l'Esprit et le réel, le récit se donne à lire comme fibres à tisser l'humanité.

    Extrait
    Je vous viens d'un récit violent, de nombre de pays, d'un récit traversé et clivé par l'esclavage, la colonisation et la mondialisation. Vous qui vivez maintenant, vous qui me devinez là, en vous, semblant déjà familier car chuchotant en vos veines le tumulte des époques, celles passées, et celle dite actuelle - l'époque n'a aucun sens pour moi, l'actualité, le présent, moi qui serpente à travers les cours de la vie comme on serpente à travers les ruisseaux, la source est la finalité, la mer retourne dans les entrailles de la montagne, je confirme, une époque des idéaux mis à terre au profit des armes et de l'argent, sous le cynisme du monde qui se proclame développé, dans le rire des accapareurs de pouvoir qui se drapent de morgue et se proclament maîtres de la cité, maîtres de la Bourse, maîtres du culte ou de tout autre maillage collectif.

    Point de vue de l'auteur
    Tisser, c'est le récit de la vie. La vie faite de plusieurs fibres, chaque fibre ayant sa nature, sa force, mais unie à d'autres, forme le tout, le motif, le sens, la force, la délicatesse. Tisser, c'est se connaître comme fibre, et accepter de se lier à d'autres pour une existence plus vaste. Tisser pour moi, c'est avoir cette hauteur de vue, prendre soin de chaque fibre, chaque fil tout en se projetant sur le tissu à réaliser.

    L'auteur
    Raharimanana est né en 1967 à Antananarivo, Madagascar. Il y réside jusqu'à l'âge de 22 ans. Poète, romancier et homme de théâtre, il vit en France où il s'engage dans cette écriture de la mémoire qui met en récit légende et réalité.

  • Centré sur la vie d'une famille de colons dont la plantation est frappée par une malédiction naturelle, Balai de sorcière est un roman foisonnant où la réalité tragique est travaillée par la magie du carnaval.

    Traduit de l'anglais par Christine Pagnoulle

    Résumé
    Balai de sorcière Balai de sorcière retrace l'histoire de la malédiction coloniale d'une île des Caraïbes. Le roman raconte les traversées, dévoile mémoires et archives, chemine entre grandeurs, misères et mythes. Puisant dans la tradition du carnaval, Lawrence Scott brouille les pistes, renverse perspectives et hiérarchies. Le dernier représentant de la dynastie des Monagas de los Macajuelos, Lavren, merveilleux conteur, « lévite entre les siècles, les races, les genres, dans les interstices du temps, à l'écoute du désir des femmes et du silence des hommes ».

    « Balai de sorcière » désigne une malédiction naturelle frappant les planteurs. En effet, ce balai de sorcière est le nom du foisonnement bleu-vert provoqué par un parasite qui donne aux rameaux des arbres attaqués, en l'occurrence les cacaoyers, l'aspect hirsute d'un balai et dont les conséquences pour le planteur (la stérilité de l'arbre) sont suffisamment sinistres pour évoquer la sorcière.

    Extrait
    Lavren Monagas de los Macajuelos, le dernier des Monagas, qui lévite entre les siècles, les races, les genres, dans les interstices du temps, à l'écoute du désir des femmes et du silence des hommes

    Point de vue de la traductrice
    Dans ce récit échevelé, la réalité tragique est travaillée par la magie du carnaval. Le résultat est un texte croustillant comme du bon pain, un texte léger qui appelle la gelée de goyaves, mais aussi un texte qui continuera longtemps, bien mieux que n'importe quelle enquête, n'importe quel traité historique, à nous faire vivre les failles et déchirures sur l'île de Trinidad / Kairi, et l'espoir indomptable de mains qui se tendent.

    L'auteur
    Fils d'un père allemand et d'une mère française appartenant à l'aristocratie terrienne de Trinidad, Lawrence Scott est un auteur incontournable de la Caraïbe anglophone.

  • Ce livre est un outil précieux pour comprendre les cultures
    et traditions noires et pour combattre les discriminations et le racisme.

    Ainsi parla l'Oncle, premier manifeste de la condition noire, a inspiré les auteurs du mouvement de la négritude. Jean Price-Mars y explore les traditions, les légendes du vaudou et l'héritage africain qui fondent les cultures noires.

    Rééditée dans un nouveau format, cette oeuvre monumentale a servi de bréviaire aux intellectuels des peuples noirs. Pour penser le monde, pour comprendre les mécanismes de l'aliénation, soit du « bovarysme culturel », Jean Price-Mars a mis en avant les traditions, les légendes populaires, le vaudou et tout l'héritage africain qui fondent les cultures noires.

    Ce qu'on en a dit:
    « Le plus célèbre essai de la littérature haïtienne. », Dany Laferrière

    « Au bout de ma quête, je devais trouver Alain Locke et Jean Price-Mars. Et je lus Ainsi parla l'Oncle d'un trait comme l'eau de la citerne, au soir, après une longue étape dans le désert, j'étais comblé... », Léopold Sédar Senghor

    « Ainsi parla l'Oncle (...) illumine de manière magistrale les efforts que nos pères ont dû accomplir pour entrer (et nous après eux) dans le cercle interdit de l'humanité. », Maryse Condé

    L'auteur
    Jean Price-Mars (1876-1969), médecin, ethnographe, diplomate, homme d'État, pédagogue et écrivain, est considéré comme le principal maître à penser haïtien du XXe siècle.

  • « Dits d'insoumission afin de déboulonner assises et nations. »

    Résumé
    "Je veux écrire à marée basse."

    Rien du tout, c'est l'espace où tout s'effondre, la forme, le genre, l'être. S'ouvre le trou noir, auquel il faut revenir pour naître. Ces fragments frôlent l'extinction, débordent, fuient, rejoignent la chute, les limites. Se mêlent et se contaminent générations, itinéraires, désirs. Dits d'insoumission afin de déboulonner assises et nations. L'écrit revendique sa survie, irrécupérable, jusqu'à la fin.

    Extrait
    Écoute : je ne cherche pas à rétablir, à déterrer les preuves, je ne cherche pas à me refaire une histoire pour revenir à quelconque origine. Je chante les mémoires minées, une dislocation désirante, je chante le coeur effondré des étoiles, l'horizon absolu d'un trou noir qui défigure l'espace-temps, je chante l'orgasme et la dépossession. Les glaciers fondent, relâchent des bactéries millénaires. À marée basse, on découvre les corps des noyés. Je veux écrire à marée basse.

    Point de vue de l'auteure
    Ce livre marque un autre rapport au genre, à la forme, à l'écriture. Il y a quelque chose de beaucoup plus vulnérable, mais aussi de beaucoup plus risqué. Je ne me mesure pas à la certitude des formes. Je ne suis plus intéressée par les prothèses narratives, les personnages, les événements. Je veux retracer autre chose. Le mouvement d'effritement de la vie même. Je veux que mon écriture veille les nombreuses extinctions dont nous sommes témoins.

    L'auteure
    Née à Montréal, Olivia Tapiero fait partie des voix les plus assumées de sa génération. Écrivaine et traductrice, elle a publié chez Mémoire d'encrier en 2017 Phototaxie.

  • Une poésie profondément humaniste

    2e édition revue et augmentée

    Résumé
    En se laissant guider par la main chaude des ancêtres, Laure Morali suit les formes et les rêves de la terre, du Brésil au Québec en passant par les Andes, le Chiapas et le Nouveau-Mexique. Ses poèmes recueillent l'humilité des êtres et des choses.

    Extrait
    La terre
    cet animal
    quand elle respire
    nous marchons
    dans son rêve

    L'auteure
    Laure Morali, poète et auteure de récits, vit à Montréal. Aux éditions Mémoire d'encrier, elle a publié Orange sanguine (poésie, 2014), Traversée de l'Amérique dans les yeux d'un papillon (roman, 2010) et La terre cet animal (poésie, 2003; 2021). Elle a également dirigé l'anthologie de correspondances entre écrivains des Premières Nations et écrivains québécois Aimititau ! Parlons-nous ! (chronique, 2008) et co-dirigé avec Rodney Saint-Éloi le livre-disque Les bruits du monde (chronique, 2012). Elle anime des ateliers d'écriture au Québec, en France, en Haïti.

  • Résumé
    Retranchées dans des cités qui tirent leur nom de la légende biblique - Puissance Divine, Bethléem - des gangs de bandits pillent, violent et assassinent, en toute impunité. Celia, adolescente, cherche à survivre, tantôt en se prostituant, tantôt en faisant la chronique des femmes de la cité sur les réseaux sociaux, où elle devient influenceuse. Les villages de Dieu dit l'effondrement et la banalité du mal dans cette ville de Port-au-Prince livrée à ses démons.

    Extrait
    Je n'avais pas peur. J'étais habituée au bruit des armes. J'ai grandi dans cette cité où jamais il n'y avait eu de trêves, où la mort circulait à midi comme à minuit. Grand Ma était morte il y a neuf mois, de peur. C'était un soir particulièrement difficile d'un dimanche qui avait calmement commencé, jusqu'à ce que la rumeur circule que des gars du gang de Makenson avaient sifflé sur le passage de la copine d'un des membres influents de celui de Freddy alors qu'elle revenait de l'église. Les deux gangs qui faisaient la loi dans la Cité n'étaient jamais à court de provocations mutuelles, mais il n'y avait jamais eu, jusqu'à ce dimanche soir, d'affrontement direct. Je me rappellerai toujours les yeux exorbités de ma grand-mère, ses mains qui serraient fort mon poignet, et moi qui criais : « Grand Ma, tu me fais mal ! » Elle avait dit dans un râle : « Cécé, Célia, mon enfant, pitit mwen, Cécé, je sens que mon coeur va exploser, je vais mourir. »

    L'auteure
    Née à Port-au-Prince, Emmelie Prophète est romancière poète, et journaliste. Son oeuvre est publiée aux éditions Mémoire d'encrier.

  • La métrique de la poésie arabe a longtemps été considérée sous son seul aspect théorique et les recherches qui lui ont été consacrées ont presque exclusivement consisté en une réinterprétation des principes de la théorie classique attribuée à al-Halil. Ah

  • Décoloniser la décolonisation québécoise

    Résumé
    L'oeil du maître interroge le mythe du maître chez nous qui définit les luttes souverainistes au Québec, la relation au territoire et aux Premières Nations. Contre la conquête, la domination, la surveillance, Dalie Giroux revendique une autre idée de l'indépendance, à rebours de la violence fondatrice de l'État. Elle évoque le rendez-vous manqué avec un passé-futur décolonial du Québec et la possibilité d'une chaîne de solidarités qui mobiliseraient les forces vives de la pensée autochtone, des luttes antiracistes, écologiques et féministes afin d'habiter ensemble le territoire. Autrement. Ici. Maintenant.

    Extrait
    La tâche décoloniale locale serait de rassembler les moyens symboliques et matériels pour déserter la domus de Champlain, sortir de la maison du maître, cesser de dire que nous sommes « hydro-québécois », détraquer la machine de capture impériale.

    L'auteure
    Née à Lévis, Dalie Giroux, essayiste, renouvelle la tradition pamphlétaire québécoise. Elle enseigne les théories politiques et féministes à l'Université d'Ottawa. Elle a publié chez Mémoire d'encrier Parler en Amérique. Oralité, colonialisme, territoire en 2019.

  • Le livre
    Deux amoureuses se séparent. Seule dans son appartement, entre les livres et les souvenirs, une jeune femme apprivoise la vie, au fil des jours. Écrit sous forme de journal, Coeur yoyo, tel un rite de passage, est à la fois une traversée de l'amour et du deuil.

    Extrait
    coeur yoyo
    oublié au fond d'une poche
    celle de la veste
    que je ne te rendrai pas
    et qui porte encore ton odeur

    on s'aime à crédit depuis
    longtemps déjà

    Point de vue de l'auteur.e
    Ceci n'est pas l'histoire d'une peine d'amour, ni même l'histoire de ma survie. Ceci est l'histoire d'un apprentissage.

    L'auteur.e
    Laura Doyle Péan a 20 ans. Libraire, poète et activiste, elle étudie en droit à l'Université McGill. Coeur Yoyo est son premier livre.

  • Voix de femmes insoumises

    Traduit de l'anglais par Jonathan Lamy

    Résumé
    Ces poèmes bilingues (anglais-français) se déplacent, multipliant voix, corps, paysages. Chez soi ne cesse de bouger. Chaque poème est un mouvement. Cri de ralliement et de solidarité, Le premier coup de clairon pour réveiller les femmes immorales est un manifeste où retentit une parole résolument engagée.

    Extrait
    Donnez-moi des femmes-lois
    des femmes-gueules

    des femmes qui ne la ferment pas
    des femmes qui n'ont pas peur

    Donnez-moi des femmes monstrueuses

    L'auteure
    Poète, artiste de la parole et animatrice, Rachel McCrum est née en Irlande du Nord. Elle vit à Montréal depuis 2017 et codirige le Mile End Poets' Festival.

  • « Un voyage d'amour sous les eaux.
    Fluidité et célébration pour invoquer l'être aimé. »

    Résumé
    Nuit des anses pleines dit le voyage sous les eaux, là où se croisent les mystères de l'amour. Fluidité. Célébration de l'être aimé. Le poème invoque corps et présence. Le désir remonte lacs, rivières, fleuves, mers. L'univers liquide donne à voir et à rêver. La seule espérance : plonger au coeur du sentiment.

    Extrait
    Je marche campé entre deux eaux
    jusqu'à tes yeux
    il n'y a pas de miracle
    renouvelé de promesses
    femme de mes dix doigts

    L'auteur
    Poète, Franz Benjamin célèbre la vie à travers ses livres. Il est député de la circonscription de Viau à l'Assemblée nationale du Québec depuis octobre 2018.

  • L'avenir des relations entre Autochtones et Québécois et le sens même de la nation du Québec dépendent intimement de ce que sera ou ne sera pas la réécriture à parts égales de notre histoire.

    Résumé
    Les Autochtones, la part effacée du Québec retrace les premiers contacts entre les colons français et les Autochtones. Cette rencontre fondatrice a modelé l'identité québécoise et le regard sur l'Autre. Les récits des voyageurs-explorateurs et colons dialoguent avec les récits oraux, les mythes, les légendes et les écrits autochtones contemporains. Émerge un portrait riche où se confrontent et s'enchevêtrent représentations et impensé colonial. En replaçant les Autochtones au coeur de l'histoire du Québec, Les Autochtones, la part effacée du Québec propose une éthique qui rompt avec la vision unique, et rétablit l'égale dignité des peuples en présence..

    Extrait
    Nous avons appris à penser que l'histoire est quelque chose qui s'est passé dans le temps d'hier et qui est arrivé à d'autres que nous. Pourtant on ne peut pas vraiment comprendre les réalités d'aujourd'hui sans plonger dans les racines de notre présent et sans décortiquer ce qui s'est passé dans les temps anciens pour en montrer l'impact sur le temps qui est le nôtre. Il est vrai que nos racines françaises nous définissent mais nous sommes aussi métissés de sang amérindien ; nous avons été à l'origine des coureurs des bois tout en devenant plus tard des paysans prisonniers de quelques arpents de terres ; d'immigrants venus de France, nos ancêtres ont émigré massivement aux États-Unis au XIXe siècle. Ces polarités nous ont servi tantôt comme des figures d'identification, tantôt comme des repoussoirs qui nous ont fait retenir un seul des termes des polarités qui nous constituent. Or, ce n'est qu'en retournant à l'ensemble de ces tensions bipolaires inscrites au coeur de l'identité québécoise qu'on pourra peut-être ouvrir une voie qui permettra d'accueillir la diversité apportée dès les débuts par les populations autochtones, ensuite par les Britanniques et plus tard par plusieurs vagues d'immigrants, les premiers proches par la culture et la religion, et les plus récentes apportant des langues, des cultures et des religions qui nous étaient étrangères.

    L'auteur
    Gilles Bibeau est anthropologue et professeur émérite à l'Université de Montréal. Il est l'auteur de nombreux essais. Il a publié chez Mémoire d'encrier Généalogie de la violence. Le terrorisme : piège pour la pensée (2015) et Andalucía, l'histoire à rebours (2017).

  • Une méditation sur la mort, la vie et l'amour.

    Résumé
    Mourir. Malgré la vie. Malgré la joie. Mourir. Peut-être renaître un jour. Conte-poème au pays des Inuits et des coureurs de froid. Accueilli et soigné au Nunavik, l'aventurier blessé médite sur la mort, la vie et l'amour. C'est dans la toundra que le rescapé retrouvera la force de vivre.

    Extrait
    Je vous connais gens du Nord
    Bien-aimés nomades depuis des lustres
    Qui parcourez cette terre
    De loups-marins et d'eaux
    Je vous connais mes courageux
    Et même si je ne vous connaissais pas
    Vous me recueilleriez en disant
    Bienvenue à toi le pauvret
    Celui dont la jambe traîne comme une peau
    Entre qu'on te serve un thé brûlant
    /> Viens dans la chaleur de notre abri

    L'auteur
    Poète, médecin, nomade, voyageur et vagabond, Jean Désy vit autour de Québec, il est toujours en partance entre les îles, les toundras et les taïgas. Il est l'auteur d'une oeuvre profondément humaine. Il a publié chez Mémoire d'encrier Uashtessiu / Lumière d'automne (en collaboration avec Rita Mestokosho, 2010), Chez les ours (2012), Isuma, anthologie de poésie nordique (2013), Bras-du-Nord (en collaboration avec Normand Génois, 2015), Amériquoisie (2016), Chorbacks (2017) et Hymne à l'amoune (2019).

  • Prix Giller 2020
    L'un des livres incontournables de 2020, selon la revue Time Magazine, le
    New York Times et les revues Salon, The Millions et Vogue.

    Résumé
    Un jeune homme peint des clous au salon de coiffure du quartier. Une femme plume des poules dans une usine de transformation alimentaire. Un père emballe des meubles destinés à des maisons qu'il n'aura jamais les moyens d'habiter. Une femme au foyer apprend l'anglais en écoutant des téléromans.

    Souvankham Thammavongsa donne voix à des personnages qui luttent pour gagner leur vie, fait résonner leurs espoirs, leurs déceptions, leurs amours, leurs actes de résistance et surtout leur quête d'appartenance. Écrites avec compassion et ponctuées d'humour et d'ironie, ces nouvelles célèbrent ceux et celles qui tentent de trouver leurs repères loin de chez eux, ces ouvriers essentiels qui travaillent dans le bas ventre du monde. Avec une prose libre et intime d'une puissance inouïe, l'auteure dresse un portrait inoubliable d'enfants bienveillants, d'hommes blessés et de femmes fébriles pris entre cultures, langues et valeurs. Des personnages qui désirent la vie. Et dans ces nouvelles, ils vivent brillamment. Férocement.

    Tendre et farouchement vivant, le livre Le K ne se prononce pas présente Souvankham Thammavongsa comme l'une des voix les plus innovatrices de sa génération.

    Extrait
    L'enfant se mit à lire. Tout alla bien jusqu'à ce qu'elle arrive à ce mot. Il n'avait que cinq lettres, mais il aurait tout aussi bien pu en avoir vingt. Elle le prononça comme l'avait fait son père, mais elle sut qu'elle avait faux car Miss Choi ne tourna pas la page. Au lieu de cela, elle pointait le mot en tapant sur la page comme si par magie la bonne prononciation se ferait entendre. Mais l'enfant ne savait pas comment le prononcer.

    Tap. Tap. Tap. Une fille aux cheveux jaunes finit par s'écrier : « C'est knife ! Le k ne se prononce pas », levant les yeux au ciel comme s'il n'y avait rien de plus facile au monde.

    L'auteure
    Née dans un camp de réfugiés laotien à Nong Khai, en Thaïlande, et établie à Toronto, où elle a grandi, Souvankham Thammavongsa est l'auteure de trois livres de poésie. Lauréate du Prix d'O. Henry, elle a été artiste en résidence à la résidence Yaddo aux États-Unis. Elle a présenté son oeuvre au Musée Guggenheim de New York. Le K ne se prononce pas lui a valu le Prix Giller en 2020.

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