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  • Un séminaire de deux années consacrées à l'exploration des paranoïas. Alors que les relations, sociales et/ou privées, sont marquées par des interprétations suspicieuses et malveillantes, que l'ère du soupçon semble dominer, Charles Melman a choisi de parler des paranoïas. Avant que ce type de relations ne paraisse faire partie de la norme et de l'usage, l'auteur s'attache à isoler, à illustrer, les diverses formes existantes de paranoïas dont certaines n'ont pas encore été reconnues.

  • Quelle relation y a-t-il entre la psychanalyse, dont la pratique est fondée sur le langage, et la musique, qu'on dit asémantique parce qu'elle nous bouleverse sans jamais articuler de signification précise ? Pourrait-il y avoir quelque chose de musical dans les phénomènes auxquels la psychanalyse a à faire, et spécialement, dans le cas de la mélancolie ?

    En suivant le dernier enseignement de Lacan, influencé par les théories de Jakobson et de Levi-Strauss, Silvia Lippi construit un parallèle entre psychanalyse et free jazz fondés tous deux sur l'improvisation. La notion de rythme permet d'envisager une modalité de la cure qui n'oppose pas le discours maniaque aux exigences d'un ordre symbolique extrinsèque et forcément répressif. Il ne s'agit plus d'interpréter, mais de rythmer : le jazz a montré que des rythmes et des tempos différents n'empêchent pas l'émergence d'un discours commun entre les éléments du groupe.

    L'auteure propose une approche psychanalytique des psychoses, qui repose plus sur l'invention que sur la réparation et rompt avec une conception déficitaire de cette structure clinique. La psychose devient le paradigme de la lutte contre tout pouvoir centralisé, incarné par les différentes figures paternelles et paternalistes de notre société. Avec le rythme, la psychanalyse redevient clairement ce qu'elle n'a jamais cessé d'être : une force d'émancipation.

  • « La clinique étonne et contraint le praticien. Son délaissement dans le champ de la psychiatrie et de la recherche va de pair avec la primauté actuelle accordée à l'image, où l'entendu ne peut être que négligé.
    Cet ouvrage montre que c'est la psychanalyse qui retrouve le fil des discours psychotiques, au cas par cas. Cette clinique n'est pas celle des symptômes assourdissants, mais celle d'une articulation incessante à la théorie qui la sous-entend et s'en trouve modifiée.

    L'entreprise a pour objet - à partir d'une remise sur ces bases légitimes de ce qui est en jeu dans les psychoses - d'oeuvrer pour l'appréciation des déterminants, des circonstances de déclenchement, de déploiement, et des conditions d'une action thérapeutique raisonnée. On entendra, dans ce qui est écrit, le souci de l'auteur de transmettre cette attitude en faisant appel à son tour au transfert du lecteur - 'qu'il y mette du sien'', comme l'y incitait Jacques Lacan. Il sera alors, à chaque détour du texte, plongé dans l'étonnement d'une nouvelle et authentique clinique. » Jean Bergès

    Par rapport à l'édition originale, cette nouvelle parution comporte quelques ajouts. Un accent particulier a été porté sur la question du transsexualisme, de la manie, de la mélancolie, ainsi qu'à la problématique des pulsions. Trois entretiens présentés en annexe viennent compléter ces considérations cliniques sur les psychoses.

    Marcel Czermak est psychiatre des hôpitaux, psychanalyste, membre de l'Association lacanienne internationale.

     Mise en vente le 16 février 2012

  • Le discours des sciences humaines décrit, errant parmi les foules normalisées, un homme voué à la solitude, régime contemporain des subjectivités. Mais il n'éclaire en rien le statut, la fonction et la signification de cette solitude. N'est-il pas plus pertinent de parler des solitudes ?

    L'idée d'une solitude contemporaine est problématique du point de vue de la psychanalyse, car elle ne peut être cernée sans la référer à l'Autre. Ce nouage permet de penser des formes possibles de la solitude.

    De la solitude originelle de l'enfant à celle de l'esclave, où la violence subie a produit des effets ravageants toujours actuels, en passant par la solitude radicale de la folie et enfin par la solitude réelle où le sujet est poussé aux limites du langage, la solitude contemporaine plurielle reste corrélative de l'implication du sujet dans le politique et l'histoire, qui scandent sa présence au monde. Des auteurs français et antillais font entendre les différentes variations de leurs voix.

  • Préface de Marcel Ritter Jean-Richard Freymann nous invite à un retour aux sources, aux fondements de la clinique psychanalytique. Cet ouvrage, profondément ancré dans un travail de recherche à partir de la théorie lacanienne, redéfinit la portée de la clinique psychanalytique par rapport à toutes les psychopathologies, donne des voies thérapeutiques. Il constitue un outil de formation incontournable pour tous les psys, quelle que soit leur obédience technique.  

  • La douleur

    Catherine Chabert

    Dans la traversée de la vie, de ses tout-débuts jusqu'à son extrême fin, dans ses liaisons possibles avec le plaisir ou dans ses dérives mélancoliques, la douleur reste la compagne fidèle du corps et de la psyché.

    La douleur relève de l'effraction, par rupture des barrières, par excès d'excitation, une implosion violente qui déborde les limites du moi-corps. Si le privilège est accordé à l'expérience de satisfaction dans la construction du psychisme, du moi et de ses objets, dans la création des fantasmes et des représentations, la douleur fait toujours retour, comme expérience humaine inéluctable et sans doute indispensable parce que toujours liée à la perte d'objet.

    La douleur ne se confond ni avec la détresse ni avec la souffrance. Elle en désigne l'au-delà dans une radicalité qui défait les liaisons trop convenues entre les affects et les représentations. Comme éprouvé pur, elle peut exclure la part de l'autre et, en particulier, sa fonction consolatrice. Elle peut aussi et ce sont là son essence et son destin en psychanalyse comme dans la littérature constituer un point d'appel pour les mots et donc pour celui qui les dit ou les écrit.

    Mise en vente le 15 octobre 2015.

  • Star wars et ses héros font partie de l'inconscient collectif juvénile depuis deux générations. Les auteurs, psychanalystes et passionnés de cinéma, analysent ce phénomène et questionnent la connaissance intime et singulière qu'en ont leurs patients surtout adolescents. En quoi peut-on parler de mythe moderne pour cette oeuvre ? Qu'est-ce que l'adolescent vient chercher dans cet univers : projection de ses fantasmes agressifs, oedipiens, identification à un héros traversé comme lui par la violence et l'ambivalence de son âge ? En quoi le destin du personnage principal de cette saga, le sombre Dark Vador, parle-t-il de mélancolie ?

    Star wars a dépassé son créateur. À l'aide de la psychanalyse, nous pouvons y lire le miroir d'une époque qui change de millénaire, dans sa singularité et dans ses invariants, y entendre les questions et les angoisses inconscientes du sujet en devenir adulte, dévoiler aussi les fantasmes étonnants sous-tendus par l'oeuvre de Georges Lucas : le passage de questions sur le père mythique à la lutte contre une mère omnipotente, du conte au tragique, jusqu'à l'évitement final du féminin, et donc du sexuel.

    Dans cet essai vif à l'adresse d'un public cultivé et curieux, Dark Vador, le méchant le plus célèbre du cinéma, passe sur le divan et dévoile sa mélancolie adolescente, cause et raison de sa bascule du « côté obscur de la Force ».

    Hugues Paris est psychiatre, psychanalyste, médecin responsable de la Maison des adolescents de Strasbourg.

    Hubert Stoecklin est psychiatre, psychanalyste, chargé de cours à la faculté de médecine de Toulouse.

    Mise en vente le 22 mars 2012

  • La plainte occupe une place prépondérante dans tout discours de souffrance, elle constitue naturellement Yordinaire de toute pratique clinique. Evidence de cette présence pourrait en faire un point aveugle pour une conceptualisation.

    La plainte se fonde initialement sur la reconnaissance d'un objet : la mère et le constat, toujours récusé, de sa nécessaire distance. Avec cette hypothèse, cet essai voudrait la penser sans forcément la panser.

    La pratique de la psychanalyse met en évidence le recours répété aux mots pour dire la plainte, sans toujours préjuger des maux qui semblent la susciter. Sans jamais prétencire l'abolir, cet ouvrage ne se résigne pas à l'inéluctable de la plainte.

    Conçu à partir d'une clinique psychanalytique, il évoque régulièrement et concrètement des paroles de plainte pour en situer la valeur ajoutée subjectivement et les significations portées dans le lien intersubjectif.

    Pour autant, la réflexion proposée n"est pas repliée entre divan et fauteuil, tout praticien (médecin, travailleur social, psychologue, soignant...) à l'épreuve quotidienne de plaintes réitérées y trouvera l'occasion de les revisiter sans peut-être sien plaindre.

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