• La lutte pour la liberté spirituelle donne sa signification à l'humanité, affirmait en 1944 le grand sociologue de la culture Alfred Weber. Approfondissant un tel postulat, cette recherche consacrée à la liberté d'esprit emprunte ses exemples à certains intellectuels humanistes anciens et modernes, de Marsile Ficin à Erwin Panofsky et au-delà, tout en s'interrogeant sur les conditions d'une pensée libre aujourd'hui.

  • Si les sciences ont généré des progrès indiscutables, elles suscitent aussi des inquiétudes. Auraient-elles trahi nos attentes? Seraient-elles responsables, en nous instituant «maîtres et possesseurs de la nature», du dérèglement climatique, de la pollution et de la destruction de la biosphère? L’accusation est trop simpliste, car la science n’est pas indépendante de son contexte socioéconomique et ses applications techniques sont d’abord inscrites dans des choix de société. La science peut tout à fait nous aider à construire un monde où il fait bon vivre, mais l’expérience a montré que le primat du profit la détourne d’un tel objectif.
    En sa qualité de citoyen et d’enseignant-chercheur, Jean-Marie Vigoureux dénonce ainsi le détournement de la science et la marchandisation non régulée de ses applications. Il nous montre comment sciences et techniques servent davantage la finance et la grande industrie que le développement humain, mais aussi pourquoi les valeurs développées par la pratique des sciences sont tout aussi indispensables à notre humanité qu’elles sont essentielles à la démocratie.
    À l’heure où la crise environnementale menace l’humanité dans son existence même, l’émergence d’une réelle science éthique et citoyenne requiert donc la remise en cause du libéralisme et la refondation de nos démocraties autour de l’idée d’un progrès véritable qui ne peut se concevoir que dans la justice et le partage. Comme aimait le rappeler Albert Einstein: «Il est illusoire et dangereux de tout attendre de la science, car la connaissance de ce qui est ne nous renseigne jamais sur ce qui doit être. […] La science peut nous permettre de réaliser les buts que nous nous fixons, mais la détermination de ces buts est en dehors de son domaine. Pour décider du changement, il faut faire appel à des objectifs qui relèvent d’un choix volontaire.»

  • Plus d'un milliard de personnes dans le monde sont membres d'un réseau social sur Internet. À chaque clic, des données personnelles sont enregistrées puis revendues. Pour les exploiter naissent de nouvelles formes de marketing. Au-delà de l'évidente menace sur nos plus élémentaires libertés, cette marchandisation de nos secrets, de nos préférences, de nos déplacements représente un coût exorbitant. Franck Leroy identifie les acteurs de ce nouveau fait social, dévoile leurs stratégies ainsi que leurs moyens actuels et à venir, comme par exemple la dernière génération de logiciels de reconnaissance faciale. Comment les citoyens peuvent-ils réagir ?

  • Dans ce livre, Claude Javeau soutient que l'individu moderne prétendument autonome ne serait que le jouet du règne de la marchandise, qu'il fait partie d'une masse qui l'incite à se comporter comme un mouton de Panurge dans de nombreux domaines. D'où les paradoxes de la modernité entre d'une part les prétentions à l'autonomie individuelle et d'autre part les injonctions de la société de consommation de masse qui rabotent les différences quand la société ne peut les homogénéiser, voire les commercialiser. Une réflexion originale mêlant philosophie et sociologie sur notre monde actuel.

  • Pour comprendre le rôle de l'université aujourd'hui, Bill Readings examine le sens qu'on lui a donné en Occident au fil des siècles. Faisant ressortir les liens existant entre son évolution et le déclin de l'État-nation, il s'attarde sur l'émergence des Cultural Studies, pour lui symptôme de la disparition de la culture nationale comme justification de l'existence de l'université.

  • Une invitation à découvrir les recherches menées en France et en Allemagne sur la thématique du consommateur immigré. Cet ouvrage vise à documenter une série d'échanges scientifiques franco-allemands qui se sont déroulés entre 2015 et 2017 sur la figure du consommateur immigré. À travers cinq rencontres, l'ambition était de faire émerger un nouveau champs de recherche, croisant deux thématiques traditionnellement abordées séparément - celle des migrations d'une part, et celle de la consommation d'autre part - et de faire dialoguer des historiographies qui se connaissent peu ou pas du tout du fait de la barrière de la langue et du manque de réception des travaux existants.

  • Marcus Gilles journaliste free-lance, dilettante et désabusé, envoyé pour une pige alimentaire dans une ville thermale de province, se retrouve plongé malgré lui au coeur d'une sombre affaire politico-mafieuse liée à la marchandisation de l'eau douce. De la bourse de Francfort, en passant par le port de Tanger, jusqu'aux déserts d'Arizona, sans oublier Paris-Barbès, c'est à une impitoyable immersion dans la mondialisation et la politique spectacle que nous convie l'auteur. Une critique drôle et acide de la communication paillette et d'un totalitarisme soft et souriant. Un alter polar pamphlétaire des années 2010.

  • Déclaration introduite par Mgr Pierre d'Ornellas« Au lendemain des États Généraux de la bioéthique, et à la veille des débats parlementaires qui verront la révision possible de la loi bioéthique, les évêques de France rappellent dans un texte fort et complet les enjeux mais aussi les questions posées par la procréation médicalement assistée. Pour permettre à chacun de se faire sereinement une opinion et de respecter la dignité de la procréation. »

  • Dans une vie encombrée de milliards d'images futiles et triviales, comment trouver la force de s'appliquer à voir, à voir derrière, à voir au-dessus des choses, à voir ce qui ne se voit pas du premier coup d'oeil? Comment trouver le courage d'une juste colère, comment entretenir la volonté de s'approcher de la vérité, d'admirer la beauté, et comment, surtout, ne pas renoncer aux obligations qui fondent nos libertés? À ces questions, Bernard Émond offre des réponses qui opposent au vide qui nous menace l'irréductible présence des valeurs fondamentales de notre commune humanité.

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