• Le mont analogue

    René Daumal

    "Toutes les mythologies parlent, soit d'un centre original du monde, soit d'un arbre sorti de terre et qui gagne le ciel, soit d'un mont sacré, en tout cas d'une possibilité de communication avec l'au-delà. Or, il faut que cette possibilité existe, que l'arbre ou la montagne soit là pour de vrai, au même titre que l'Éverest ou le mont Blanc. C'est ce que pense l'auteur du récit et il réunit une expédition pour découvrir le mont Analogue. La description des membres de l'expédition permet à René Daumal d'exprimer sa fantaisie. La base du mont est finalement découverte : c'est la courbure de l'espace qui empêchait de la voir. Le récit est inachevé, mais il est assuré que l'expédition, qui a disparu à nos regards de lecteurs, poursuit son ascension.
    Naturellement, les personnages et les circonstances du Mont Analogue sont symboliques : telle est la littérature quand elle se veut utile à l'homme. Dans la circonstance, elle éveille doublement, car toutes les phrases portent. Cela tient à l'intelligence très personnelle de René Daumal et à ce qu'on pourrait appeler son lyrisme de l'ironie."
    Roger Nimier.

  • La primauté du mot comme origine du sacré prend une importance particulière dans la tradition juive. Dans ce texte lumineux, Gershom Scholem montre comment la mystique juive a relié le nom et la révélation. Ce que d'autres religions accordent à l'image sacrée, représentation du divin, le judaïsme le confie à la parole, à l'invocation. Pour la Kabbale, la Création émane du nom de Dieu, toute chose ayant été créée à partir des 22 lettres de l'alphabet. Ainsi, le travail sur la langue devient la tâche principale de la mystique juive. À l'origine de chaque forme linguistique est, précisément, le nom de Dieu, dont les variations infinies intéressent la science prophétique : un art combinatoire vertigineux à même de faire de la langue de la raison un langage sacré.

    Gershom Scholem (1897-1982) a édité et diffusé les grands textes de la Kabbale et conféré à l'étude du mysticisme juif le statut de discipline à part entière. Il est l'auteur de nombreux ouvrages consacrés à l'histoire et à la philosophie religieuse du judaïsme : Les Grands Courants de la mystique juive, Les Origines de la Kabbale ou encore La Kabbale et sa symbolique. Il fut lié d'une profonde amitié avec Walter Benjamin, qu'il rencontre pour la première fois dans un café de Berlin.

  • Délire d'amour

    Ian Mcewan

    La vie tranquille de Joe Rose, faite de bonheur conjugal et de certitudes scientifiques, bascule le jour où il est impliqué dans un accident mortel. Parce qu'il se sent coupable, mais surtout parce qu'il fait ainsi la connaissance d'un jeune homme, Jed, qui lui voue sur-le-champ un amour aussi total qu'inexplicable, aussi chaste que dévorant. Car Jed, qui veut guérir Joe de son athéisme, est convaincu que leur rencontre a été voulue par Dieu, et que cet amour est forcément réciproque. Débute alors un harcèlement terrifiant, qui bouleverse l'existence de Joe et le confronte à ses propres démons...
    Délire d'amour, sommet d'humour noir et de cruauté, constitue un nouveau tour de force de Ian McEwan, qui nous plonge au coeur d'une obsession destructrice et contagieuse, où l'amour est plus dangereux que la haine.

  • Ce texte d'un poète mystique du Xe siècle, connu en un seul manuscrit, obscur, avait été édité une seule fois et laissé dans l'abandon jusqu'aux années 1960, où le poète Adonis, grand tenant du modernisme en poésie arabe, le découvrit et le fit connaître à un large public. Aujourd'hui, cinquante années plus tard, il en a entrepris la traduction française avec Donatien Grau. Dans ces soixante-dix-sept extases, Dieu s'adresse à l'être humain et lui dévoile les mystères de son existence. Cette traduction, au plus près du texte, en rend les images saisissantes, et permet de découvrir la richesse d'une des plus grandes voix poétiques, dont on ne sait rien. De la mer au ciel, de la robe à l'interstice des mains de Dieu, c'est tout le voyage essentiel de la vie humaine qui s'en trouve révélé. Cette oeuvre, cachée pendant plus de mille ans, composée dans l'Irak actuelle, apparaît comme un des chefs-d'oeuvre du mysticisme, contre toute religion institutionnalisée : les expériences décrites refusent tout cadre, et constituent un manifeste pour la liberté de l'être humain, quand il accepte de se livrer sans doute à l'absolu. Al-Niffari est poète. Adonis est poète. Donatien Grau est philologue.

  • La Voix écrite retrace un cheminement entre médecine et écriture, accompagné par l'amitié d'un vieil homme. Une cartographie intime qui n'est pas sans rappeler les récits autobiographiques des auteurs spirituels. Interrogeant le rôle possible de la littérature dans les temps incertains, ce récit sonde ce qui y résiste et nous soutient, et suit les tâtonnements de cette subjectivité mouvante, sans frontière, que les mots savent si bien façonner et éroder en même temps.

  • La figure de Sabbataï Tsevi, le messie de Smyrne, hante l'histoire juive ainsi que l'histoire des mouvements apocalyptiques, d'autant qu'elle est restée très longtemps totalement inexplorée. Cette grande oeuvre de Gershom Scholem entreprend une évocation détaillée du personnage, qui, dans toute l'Europe et en Orient, apparut comme le messie. C'est le fond même de la vague à la fois insurrectionnelle et religieuse qui est sondé à travers ses manifestations publiques comme à travers ses récits. Comment presque tout un peuple a cru à un moment à la fin du monde et s'y est activement préparé, comment le fol espoir de délivrance bouleversa les données historiques concrètes et l'ordre social ordinaire pour s'effondrer ensuite et jeter dans le désarroi le monde juif abusé, c'est la question à laquelle ce livre tente de répondre. Aborder l'histoire dans l'horizon de ce qu'imaginent les hommes et non sous l'angle étriqué de leurs conditions d'existence matérielle, tel est l'apport de Gershom Scholem à la démarche historique qui la renouvelle en profondeur.

  • Ouvrage le plus lu d'Henri Suso, L'Horloge de la Sagesse a connu un succès analogue à L'imitation de Jésus-Christ. Mais, ce livre, paradoxalement, n'était plus accessible en français, d'où l'intérêt de cette nouvelle traduction.
    Ainsi pourra-t-on voir comment Henri Suso, ce disciple de maître Eckhart, propose un chemin spirituel, axé sur l'imitation du Christ dans sa Passion, dont L'horloge marque les différentes heures dans la journée. Avec cet ouvrage, qui reprend en latin le Petit Livre de la Sagesse éternelle, Suso se présente comme le Serviteur de la Sagesse éternelle et prépare déjà le tournant de la mystique rhénane à la Devotio moderna.
    Pour la première fois, L'Horloge de la Sagesse est publié avec l'essentiel de l'iconographie qui lui a été consacrée, non seulement dans le manuscrit de Bruxelles, mais aussi dans nombre d'autres manuscrits, qui en scandent les différentes étapes.
    Henri Suso (1295-1366) est l'un des mystiques rhénans. Il passe la majeure partie de sa vie à Constance, où il entre au Couvent des Dominicains, avant d'être envoyé à Ulm en 1347/1348. Sa Vie est retracée dans l'Exemplar.

  • Les Mémoires de Daniel Paul Schreber ont donné lieu à tant de commentaires psychiatriques et psychanalytiques que, cent ans après, cette foultitude a fini par frapper les esprits. Chacun voit midi à sa porte, tous reposent sur un a priori qu'un humoriste a su distinguer en notant que l'on dénomme « prière » le fait de s'adresser à Dieu, tandis que lorsque Dieu s'adresse à quelqu'un cela s'appelle « schizophrénie ».Plus récemment, une lecture anthropologisante a vu le jour. Il n'empêche, on n'a toujours pas lu ce texte de la façon dont Schreber souhaitait qu'il soit accueilli : comme l'avènement d'une vérité théologique dont l'importance n'est pas moindre que celle qu'a provoqué la venue du Christ en ce bas monde.Étroitement liée à l'expérience de martyre de son auteur, la théologie schrébérienne reconfigure les rapports de Dieu et de l'érotique en mettant celle-ci au service de celui-là. L'érotique s'en trouve dégagée du carcan hétérosexuel reproductif où elle végétait, ce que Dieu accrédite, car son existence désormais en dépend.Mission accomplie, Schreber sort de dix-huit années d'emprise psychiatrique, reconnu apaisé et libre de mener sa vie comme il l'entend.Béatitude, volupté, jouissance sont ici les termes clés qui, loin de se laisser ranger dans les variétés lacaniennes de la jouissance, lui font concurrence. C'est bien plutôt sur un autre point que Schreber croise Lacan, celui du rapport sexuel qu'il n'y a pas, déclarait Lacan, tandis que, tant par son expérience que dans sa pensée, Schreber atteste le caractère décidément peu assuré de cet « il n'y a pas ».Cet ouvrage est le second volet de L'Ingérence divine.

  • Le discours des sciences humaines décrit, errant parmi les foules normalisées, un homme voué à la solitude, régime contemporain des subjectivités. Mais il n'éclaire en rien le statut, la fonction et la signification de cette solitude. N'est-il pas plus pertinent de parler des solitudes ?

    L'idée d'une solitude contemporaine est problématique du point de vue de la psychanalyse, car elle ne peut être cernée sans la référer à l'Autre. Ce nouage permet de penser des formes possibles de la solitude.

    De la solitude originelle de l'enfant à celle de l'esclave, où la violence subie a produit des effets ravageants toujours actuels, en passant par la solitude radicale de la folie et enfin par la solitude réelle où le sujet est poussé aux limites du langage, la solitude contemporaine plurielle reste corrélative de l'implication du sujet dans le politique et l'histoire, qui scandent sa présence au monde. Des auteurs français et antillais font entendre les différentes variations de leurs voix.


  • Ce livre retrace les origines, les fondements, les figures et les prolongements de l'alchimie, aussi appelée Grand OEuvre. Cette discipline se fonde sur les théories de la matière et recouvre un ensemble de réflexions en rapport avec les métaux. T

  • Trois femmes exceptionnelles, Jeanne Guyon, Simone Weil et Etty Hillesum, trois vies marquées par l'expérience mystique. Chacune emprunte le long chemin du délaissement de soi, du dénuement, du renoncement à toute forme de satisfaction, pour parvenir à une parfaite « indifférence », une disposition à ne pas faire de différence, apprendre à tout accueillir avec la même générosité désintéressée, au-delà du bien et du mal.

    « Ce sont de belles âmes, si l'âme veut dire le courage à supporter l'intolérable de son monde. C'est à leur manière d'y faire tête que les amis se reconnaissent, disait Lacan. Ainsi les ai-je toutes trois choisies : ce sont des âmies. Avec chacune je me suis embarquée comme pour une traversée, me laissant transporter sans savoir vers quel port ou quel naufrage. J'ai connu avec elles de grands bonheurs, mais aussi d'amères déceptions et des chagrins sans consolation. [...] Guyon, Weil, Hillesum, nous serviront-elles de guides vers le pays respirable, le pays du réel dont elles eurent la passion ? » C. M.
    (« La Vie parfaite », Gallimard, 2006)

  • Cet ouvrage est le premier d'une série de trois, conçus comme autant de colis que l'auteur adresse aux prisonniers de Dieu, prenant ainsi le relais d'un père qui, durant la Seconde Guerre mondiale, s'employait à adresser des vivres aux soldats français originaires du village méridional qu'il habitait et captifs de l'armée allemande.
    L'ingérence divine I prend acte de ce qu'en dépit de l'annonce nietzschéenne de sa mort, Dieu, ou plus exactement ses fantômes, hantent encore les esprits, investissent les corps. Plusieurs livres en témoignent, que l'auteur questionne, non sans en retour se laisser enseigner par eux.
    Certains d'entre eux s'emploient à redonner sa place au Dieu du christianisme en faisant fond sur l'annonce de la mort de Dieu comme pour mieux en renverser l'incidence (Jean-Luc Marion, avec L'Idole et la distance, Bernard Sichère avec L'Être et le Divin) ; à l'opposé, d'autres tentent d'en finir avec Dieu et ses ombres (Jean-Christophe Bailly, avec son Adieu. Essai sur la mort des dieux) ; d'autres, enfin, font état d'une tension critique cependant jugée inéliminable dans le rapport de chacun à Dieu (Pier Paolo Pasolini, avec Théorème, le film et le livre, Romeo Castellucci, récemment au théâtre).
    C'est à ce dernier courant que peuvent être rattachés les séminaires et les écrits de Jacques Lacan. Son voisinage avec le catholicisme n'a jusqu'à présent jamais été envisagé en lui-même. Se pourrait-il que certains de ses concepts en soient marqués au point d'en restreindre la portée ? D'être porteurs d'équivoques ? De devoir s'en passer ? Ainsi par exemple, la banalisation actuelle du concept de grand Autre ne tient-elle pas au fait que ce grand Autre reste une figure de Dieu ? Claude Lévi-Strauss et d'autres avec lui le pensaient.
    Optant cette fois pour une démarche différente de celle mise en oeuvre dans L'Amour Lacan (2009), Jean Allouch revisite ces concepts à partir de diverses problématisations contemporaines de la mort de ce Dieu qui, disait Lacan, « n'a pas encore fait son exit ».

  • Avec «Un souffle de fin silence», Jacques Gauthier confie son recueil le plus personnel. L'auteur rappelle l'enfance avec sa part irréductible d'âme, évoque la quête spirituelle qui s'enracine dans le désir de vivre et l'apprentissage de la mort. Tout n'est qu'enfantement et renaissance dans ce texte intime aux émotions complexes où le tragique de la souffrance côtoie la beauté d'un amour qui espère tout. Entre l'enracinement et l'effacement, les mots jaillissent du silence et y retournent avec ceux d'amis-poètes comme Jean de la Croix, Saint-Denys Garneau et Leonard Cohen. L'auteur réussit son pari de rendre signifiante une foi mystique dans le monde contemporain.

  • Sur l'île de Nopalep, les enjeux politiques ont toujours été fort simples : Au Nord la Kurstanie, l'Empire des Trolls lycanthropes, et au sud, le désert sacré des Hommes-Dieux d'Orkaz. Entre les deux, le puissant domaine des reines-prêtresses occupe pour ainsi dire la totalité des terres fertiles. Propice à l'épanouissement d'une civilisation florissante, Nicée, mieux connue sous le nom de Royaume Vert, subit passivement le joug de l'impitoyable culte du Jade qui le pousse à grignoter, pas à pas, le reste de l'île.
    A l'est, l'enclave d'Irah, premier vassal de Nicée, perdure avec ses forêts, ses lacs et sa chevalerie respectée de tous, et s'obstine depuis toujours à maintenir une équité qui n'existe plus que dans son idéal chevaleresque.
    Lorsque Duncan d'Irah est appelé à l'aide par Maryanor, la reine de Nicée, il ne se doute pas encore qu'elle est la cause des invasions qui ravagent leurs royaumes respectifs et vont faire basculer Nopalep dans une ère de terreur...

  • Fort de la grande tradition mystique du catholicisme, Jean-Marc Fréchette offre ici un recueil orienté vers l'Amour, l'Espérance et la Foi. Pour mieux rendre tangible la présence de Dieu à même le concret de notre monde, la voix mène à ces trois vertus par l'image fondamentale du passage des saisons. De métamorphose en métamorphose de la nature, le poète fait apparaître en chacune le visage du divin, si bien qu'il mène son lecteur à l'idée d'une absence des saisons, ramenant, dans la suspension de ces dernières, le monde à son origine atemporelle et sacrée - à sa métaphysique.

  • Claude Gellée (Le Lorrain)
    (Chamagne, 1604 - Rome, 1682)
    Claude Gellée, surnommé Le Lorrain, ne fut ni un grand homme, ni un esprit noble comme Poussin. Toutefois, on ne peut nier son génie et il fut, à l'instar de Poussin, un inventeur profondément original dans les limites imposées par l'idéal classique. Il passa aussi presque toute sa vie à Rome bien que son art ne fût pas spécifiquement italien, mais bien français. En effet, plus de deux siècles plus tard, tous ceux qui, en France, ressentirent le désir de décrire les beautés de la nature, s'inspirèrent du Lorrain et de ses oeuvres, qu'il s'agisse de Joseph Vernet au XVIIIe siècle ou de Corot au XIXe. En dehors de France, ce fut la même chose : d'ailleurs, Le Lorrain ne fut nulle part plus admiré qu'en Angleterre.
    Il reste une part de mystère dans la vocation de cet humble paysan presque illettré. En effet, ses connaissances en français et en italien étaient rudimentaires, et il utilisait, pour faire ses annotations au bas de ses dessins, un étrange sabir franco-italien. Ce mystère est en quelque sorte emblématique de la devise «le mystère dans la lumière », qui allait marquer ses tableaux. Qu'est-ce qui l'attira à Rome et l'y retint ? N'aurait-il pas pu produire ses chefs-d'oeuvre à Nancy, Paris ou ailleurs ? Quoiqu'il en soit, c'est dans ses paysages qu'il réunit beauté, poésie et authenticité. Il réalisa parfois des dessins d'après nature tellement exceptionnels que plusieurs d'entre eux ont été attribués à Poussin. Mais c'est dans ses peintures que l'imagination prédomine, et l'on peut même dire qu'elle s'imposa de plus en plus, tandis que Le Lorrain prenait toute la mesure de son génie. Sans recourir à la raison, sans rien perdre de sa poésie instinctive, il comprit en écoutant Poussin et en le regardant faire, qu'une forme d'académisme aurait pu être un atout pour ses propres visions et rêveries.

  • Sous le choc du décès prematuré de sa soeur, Normand Moffat décide d'entreprendre un voyage qu'il projette depuis longtemps, un voyage qui se veut plus un pèlerinage qu'une excursion touristique. Un voyage solitaire d'introspection plutôt que d'exploration. Destination : le Sud de la France, mais pas les plages ensoleillées de la côte ; plutôt deux monastères de la région.

  • À la recherche d'une sagesse millénaire éprouvée et non dogmatique ? D'un itinéraire spirituel ouvert à tous ? D'une approche plus harmonieuse de la vie ? Ce livre est fait pour vous !
    Redécouvert en 1945 en Égypte, au milieu de textes plus tardifs, l'Évangile selon Thomas, qui date du début de notre Ère, contient des paroles de Jésus déjà présentes dans les évangiles officiels mais aussi bon nombre de paroles inédites. L'auteur va vous aider à découvrir leur sens caché et un tout autre Jésus que celui du catéchisme officiel va apparaître au fil des pages, un maître de sagesse plutôt qu'un messie. On accède alors à un enseignement spirituel puissant, universel et toujours actuel. On en retrouve même des traces dans les évangiles canoniques, mais sous une forme voilée.
    L'auteur nous donne les clés de ce texte et dévoile des techniques permettant d'accéder au bonheur et à la plénitude. Au lieu d'aller chercher Dieu ailleurs ou dans le futur, le postulat de l'Évangile selon Thomas est que nous pouvons le trouver en nous, dans notre « Royaume Intérieur ». Chacun possède en lui cette étincelle divine, cette perle précieuse qu'il s'agit de faire briller au grand jour.
    La grande force de cet enseignement primordial, appelé la Gnose, c'est qu'il est vérifiable. L'auteur nous fait rencontrer des personnes de différentes origines, époques et traditions qui l'ont mis à profit. On y trouve des similitudes frappantes avec l'approche non-dualiste indienne, l'Advaita Vedanta. L'Évangile selon Thomas est le dépositaire d'une sagesse éternelle, à l'image du Dhammapada bouddhiste, des écrits de philosophes grecs comme Platon ou Héraclite d'Éphèse, des oeuvres de Thérèse d'Avila, de poèmes soufis ou de la Bhagavad Gîtâ hindoue.
    Ce n'est pas une approche religieuse qui est proposée dans ce livre mais une démarche individuelle et une philosophie de vie.

  • Le Temple du Coucher du Soleil Nouv.

    Le Temple du Coucher du Soleil

    Geoni

    Ce récit de fiction historique vous expose une histoire du plus grand temple dans l'histoire de l'humanité.
    L'Italie, le 5ème siècle : alors que l'Europe est en train d'adopter une nouvelle religion, le "christianisme", des anciens rites restent toujours d'actualité. Le monde est en train de converger et de se transformer. Mais est-ce que le vrai temple est dressé en pierre ? La réponse, Lucas la trouvera en gardant le feu dans le temple du coucher du soleil. La réponse dont on a besoin en cette période de changement d'époque lorsque le monde est en train de converger et de se transformer de nouveau...

  • Fortifier nos racines, déployer nos ailes : cheminer avec Jean-Yves Leloup Nouv.

    Avec près d'une centaine d'ouvrages dédiés à la spiritualité, Jean-Yves Leloup est l'une des figures majeures de la spiritualité contemporaine. Cet ouvrage, réalisé avec sa complicité, se veut un outil idéal pour pénétrer la pensée du théologien et décrypter son oeuvre.
    Jean-Yves Leloup est l'une des grandes figures actuelles de la spiritualité. Ses très nombreux ouvrages offrent une ressource précieuse pour toute personne en quête de sens. Sébastien Henry analyse cette oeuvre autour de huit thèmes essentiels :
    o Donner du sens à notre vie
    o Grandir au fil des épreuves qui se présentent
    o Se transformer en assumant sa part d'ombre
    o Développer notre capacité à aimer
    o Vivre en conscience l'aventure de la parentalité
    o Trouver un équilibre entre action et contemplation
    o Cultiver un regard à la fois lucide et joyeux sur le monde
    o Se préparer à faire de notre mort un moment essentiel de notre vie Nourri d'échanges avec Jean-Yves Leloup, ce livre, à mi-chemin entre biographie et étude critique, permet d'appréhender la richesse de l'enseignement d'un des penseurs les plus originaux de notre temps.

  • L'éclectisme est cette doctrine philosophique qui ne veut pas s'en tenir à tel ou tel système, nécessairement partiel et donc partial. L'esprit humain, toujours plus complexe qu'on pourrait le croire, ne se satisfait pas de ces pensées mécaniquement engendrées par des systèmes nécessairement unilatéraux. L'histoire a constamment connu des penseurs éclectiques : Leibniz, Diderot ou V. Cousin.

  • Les voix

    Solal Rabinovitch

    Les voix des hallucinés, ces voix que nous n'entendons pas, permettent de saisir en creux, en négatif, ce qu'est la voix dans son essence aphonique, sa place et sa fonction dans la structure du sujet. Se séparent alors dans la voix parole et sonorité, énonciation et pulsion ; la voix comme objet Iacanien disjoint ce que réunissait l'entendu freudien.

    Parce qu'elle ne se survit pas, la voix est de l'irrémédiablement perdu, où se dévoile par là même que la perte découle du signifiant. La voix est donc à la fois l'énonciation où le sujet se perd, et l'objet qui lui manque. Elle est parole du sujet mais aussi désir de l'Autre. Elle est pulsion et altérité. Elle est présence muette, existence.

    La voix est une faille. Les voix la comblent.

    Pure sonorité détachée des mots qu'elle prononce, suspendue parfois à une modulation au bord de l'exténuation, empruntée parfois par le timbre d'une autre, la voix est hors corps dans la névrose, revenant ou fantôme dans la psychose.

    Dans la faille de la voix se superposent le trou dans la parole qu'est l'énonciation, et le trou dans la sonorité qu'est le silence. Et, avec le bruit des énonciations errantes, les voix comblent le silence.

  • An 217 de l'ère chrétienne.
    L'empereur Caracalla vient d'être assassiné en Mésopotamie. Profitant de l'événement, trois princesses syriennes, avides de pouvoir, intriguent pour placer sur le trône de Rome l'héritier mâle de leur dynastie, le jeune Varius. A force de complots, elles parviennent, contre toute attente, à faire proclamer l'adolescent imperator par les légions d'Orient. Le règne le plus décadent de l'histoire romaine commence : durant trois ans et neuf mois, Rome va vivre au rythme des caprices, des extravagances et des provocations de ce jeune homme de quatorze ans, immature et fantasque, que rien ni personne n'a préparé à assumer une telle dignité.
    Adorateur mystique d'une étrange divinité orientale incarnée dans une pierre noire, l'Elagabal solaire, dont il est le grand prêtre, enfant prodigue et imaginatif, homosexuel et travesti, celui que l'Histoire ne connaîtra que sous le sobriquet d'Héliogabale va offrir le spectacle de tous les excès et de toute la démesure que lui inspirent la quête obsessionnelle du plaisir, l'ivresse du pouvoir suprême et la haine de l'ordre établi.
    Surpassant Tibère dans les molles voluptés, Caligula dans la cruauté, Néron dans la folie esthétique et théâtrale, l'enfant-empereur n'aura de cesse de choquer et de scandaliser le vieux monde latin pourtant accoutumé aux excentricités et aux débauches de ses prédécesseurs. Mais derrière lui, s'agitent les ombres inquiétantes de sa grand-mère, de sa mère et de sa tante, qui s'inquiètent de voir la pourpre leur échapper...
    Détesté par le Sénat romain, exécré par l'armée, rejeté par sa famille, l'empereur honni saura-t-il trouver d'autres soutiens que ceux de ses mages et de ses amants ?

  • « Tanoutamon aurait passé le restant de sa vie à cracher sur tout et vomir sur tout, s'il ne s'était pas trouvé un jour à Paris sur la Place de la Concorde. C'était un midi. L'obélisque pointait le bout de ses vingt-trois mètres de haut bien droit sur le soleil rendu au milieu du ciel. Tanoutamon s'avança au plus près. C'est là que Tanoutamon découvrit les hiéroglyphes gravés sur les parois du monument. » Se déroulant entre l'Europe et l'Afrique, « Ma poule pond des pierres » est de ces histoires d'amour littéralement fabuleuses, aux accents oniriques et aux tons merveilleux, qui nous entraînent immédiatement dans leur univers hors norme, le rationnel ayant depuis longtemps abdiqué face à la puissance imaginative de l'auteur. Légendes et cosmogonies, prémonitions, événements quasi fantastiques et curieuses apparitions participent ainsi pleinement à la composition de cette oeuvre inclassable et envoûtante, qui renouvelle à sa façon le mythe des âmes soeurs et prédestinées l'une à l'autre.

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