• Les Contemplations, que Hugo fait paraître en 1856, sont à un double titre marquées par la distance et la séparation : parce quele proscrit qui, dans Châtiments, vient defustiger Napoléon III, est en exil à Guernesey ;mais aussi parce que le recueil, en son centre, porte la brisure du deuil, et ses deux parties - « Autrefois », «Aujourd´hui» -sont séparées par la césure tragique de l´année 1843 où Léopoldine, la fille de Hugo, disparut noyée. La parole poétique prend naissance dans la mort, et « ce livre », nous dit l´écrivain, « doit être lu comme on lirait le livre d´un mort ».
    Mais Les Contemplations construisent aussi une destinée. Il se peut qu´elle emprunte à la biographie de l´écrivain ; on se tromperait pourtant à la confondre avec la sienne. Car si le lyrisme de Hugo touche à l´universel, c´est que le poète précisément dépouille ici l´écorce individuelle pour atteindre à l´intime : le sien propre et celui du lecteur qui saura ainsi se retrouver dans le miroir que lui tendent ces Mémoires d´une âme.

  • Écrit peu avant sa mort, cet essai de Simone Weil condense les réflexions d'une vie. Premier constat : nulle personne n'est sacrée, mais le sacré est à chercher en l'Homme. À l'heure où la notion de personne est au centre des discours politiques, du marketing et des réflexions morales, ce renversement est salvateur. De cette affirmation, la philosophe nous entraîne dans une réflexion passionnante sur les droits de l'homme. Le terme de "droit" y est jugé opposé à la quête ultime de l'homme : l'attente qu'on lui fasse du bien. Pour la combler, il est urgent d'inventer des institutions qui aboliront ce qui oppresse les humains, cause l'injustice et qui ne se limiteraient pas à protéger leurs droits. Quelles sont-elles ? Vous le découvrirez au fil de cette pensée extraordinairement lucide.

    Nommée professeur de philosophie, Simone Weil (1909-1943) devient en 1934 ouvrière d'usine chez Renault, condition indispensable à l'action militante (La Condition ouvrière). À peine repris son enseignement, elle rejoint en 1936 les anarchistes à Barcelone. Réfugiée en 1940 à Marseille, elle rédige les Cahiers, d'où est extrait La Pesanteur et la Grâce. Elle gagne les États-Unis puis désire rallier la "France libre". Malgré sa santé défaillante, c'est à Londres qu'elle écrit L'Enracinement.

  • Jeûne perpétuel, stigmates hebdomadaires, conversations mystiques et dictées divines : quel miracle n'a pas connu Marthe Robin (+1981) ? Tout était faux, cependant, car tout était simulé. Cette investigation renversante d'un grand expert catholique ne fait pas que dévoiler une fraude. Elle démasque la " bonne foi " qui l'a permise. Un document brûlant.
    Il est des livres d'investigation dont les révélations provoquent un avant et un après. Parce qu'ils dévoilent un mensonge établi, en démontant chaque raison secrète, chaque rouage caché, en démasquant les auteurs, les complices et les victimes.
    Tel est cet ouvrage, appelé à causer un séisme au sein de l'univers catholique.
    C'est en odeur de sainteté que meurt Marthe Robin en 1981. La paralysée de la Drôme a passé des décennies à se nourrir seulement de la communion, à connaître des visions surnaturelles, à éprouver les stigmates du Christ et à transmettre ses dialogues avec Dieu. Elle a reçu des milliers de visiteurs et inspiré le mouvement international des Foyers de Charité. Ses disciples voulaient qu'elle soit béatifiée et canonisée. Pensant en faire l'avocat de leur cause, ils confièrent ses archives au carme Conrad De Meester.
    Mais le spécialiste de la mystique féminine, va se faire le procureur de Marthe Robin. Le rapport circonstancié qu'il adresse à Rome, dans lequel il démontre et dénonce une fraude systématiquement organisée, est enterré. Au soir de sa vie, il reprend son réquisitoire, entraînant le lecteur dans la reconstitution de son enquête, déroulant une à une les pièces à conviction, enchaînant les découvertes graphologiques, textuelles, chronologiques, factuelles, médicales qui démontrent la construction de l'imposture.
    C'est le manuscrit retrouvé dans la cellule de Conrad De Meester à sa mort, le 6 décembre 2019, que publie les Éditions du Cerf, son éditeur historique. Afin que, selon son voeu, triomphe l'exigence évangélique de la vérité.

  • L'histoire de "La Retrouvée" raconte une conquête à double sens. Car cette maison, initialement parée de toutes les disgrâces, a dû conquérir le coeur de sa propriétaire, tandis que celle-ci s'acharnait à faire sien un lieu « qui n'était pas son genre ».Comment s'approprie-t-on une maison, un jardin ? Comment devient-on finalement habité par le lieu qu'on habite, réparé par le lieu qu'on répare ?L'exploration de ce kaléidoscope d'expériences, à la fois bien particulières et familières à beaucoup d'entre nous, fait l'objet de cet atypique récit par fragments, allant de l'anecdote drolatique à l'exploration psychanalytique, du traité de décoration à la philosophie et de la botanique à la mystique.Nathalie HEINICH est sociologue au CNRS. Elle a publié une quarantaine d'ouvrages, parmi lesquels Maisons perdues (Thierry Marchaisse 2013) et Une histoire de France (Les Impressions nouvelles, 2018), qui appartiennent à la même veine autobiographique.

    Nathalie HEINICH est sociologue au CNRS. Elle a publié près d'une quarantaine d'ouvrages, traduits en quinze langues, portant sur le statut d'auteur, les identités en crise, la sociologie et les valeurs. Elle a publié aux mêmes éditions Maisons perdues (2013) et Le Pont-Neuf de Christo (2020).

  • Dans la crypte de la cathédrale de Chartres, une jeune femme s'apprête à percer un mystère dont la révélation fera entrer l'humanité dans un âge nouveau... L'auteur de La Petite Fille du phare (60 000 ex vendus) livre un nouveau thriller nimbé d'ésotérisme, haletant et érudit." Il n'y a de Dieu qu'Allah l'Unique. " Par quel mystère la profession de foi de l'islam figure-t-elle sur un vitrail de la cathédrale de Chartres retraçant la vie du Christ ? Lors de fouilles dans la crypte de cette cathédrale, Mary, jeune et brillante étudiante, est sur le point de mettre au jour une découverte archéologique majeure. Mais cette révélation risque de bouleverser l'équilibre du monde. Un rempart de haine et de sang se dresse alors pour empêcher la jeune femme d'accéder à cette vérité qui dérange. Quelle est l'étrange congrégation prête à supprimer tous ceux qui s'approchent trop près du secret ? Quel est ce secret ? Une prophétie vieille de plusieurs siècles est-elle en train de s'accomplir ?

  • Il y avait deux ans que l'Agence régionale de santé cherchait à effacer le canton de Theyllise de la carte des déserts médicaux, jusqu'à l'arrivée de Jeanne Ambarel pour remplacer feu le docteur Malbosc au village de Malabre. Bien décidée à s'intégrer rapidement à la population pour son premier poste, elle découvre petit à petit la communuté qui compose le village, un peu rustre mais bienveillante, avec ses coutumes intriguantes. Abondonnée à son nouveau cabinet, sans une seule visite, elle tente de comprendre le passé médical du secteur et les réticences des habitants à la consulter. Entre processions païennes, éducation et us d'un autre temps, elle comprend rapidement que tout le village partage un secret et qu'il lui faudra fouiller le passé pour le percer et y être peut-être associée.

    Marc Trillard est l'auteur de romans et de récits de voyage. Son travail s'intéresse au déracinement, à l'autre, à l'altérité, ainsi qu'à la pensée magique, la survivance de la superstition dans le monde contemporain. En 1994 il obtient le prix Interallié avec son livre Eldorado 51. Aux éditions Le mot et le reste il a déjà publié Aéroplanes.

  • Une formidable histoire de départs, de traversées et de légendes, le tout porté par l'écriture poétique et mélodieuse d'Emma Hooper.
    Du haut de ses onze ans, à travers le brouillard, le vent et la pluie, Finn compte les bateaux de pêche, de moins en moins nombreux à Big Running, son village natal situé sur une île du fin fond du Canada. Il n'y a plus de poissons à pêcher, donc plus de travail. Peu à peu, les maisons se vident et les habitants quittent l'île.
    Le jour où ses parents se retrouvent obligés de travailler un mois sur deux, chacun leur tour, dans l'Alberta, Finn est inquiet. Sa vie, telle qu'il l'a toujours connue, risque d'être à jamais bouleversée. Alors quand sa soeur elle-même, après avoir repeint toutes les maisons abandonnées de l'île aux couleurs de différents pays, finit par partir, il décide que c'en est trop. Avec les caribous, le lichen et le vent comme seuls compagnons, il échafaude un plan fabuleux pour sauver à la fois sa famille et son île.
    Une histoire tendre et fantasque, d'une incroyable beauté, portée par l'écriture poétique d'Emma Hooper.

  • Toutes les religions, les cultes et les clergés en ont fait leur première ennemie et le christianisme n'a pas échappé à cette malédiction : la chair serait le mal. Mais tel n'est l'avis de Dieu, prévient le plus iconoclaste et flamboyant spirituel contemporain. C'est en elle, libre et libérée, que se tient le salut. Un " laissez vivre la chair " appelé à faire grand bruit.
    L'aventure de notre propre incarnation, à laquelle nous convoque l'évangile, est un chemin spirituel heureux et libérateur, mais en même temps exigeant et compliqué. Celui qui cherche Dieu erre dans l'obscur de sa chair, gêné par les morales et embarrassé par les religions. Cependant, c'est seulement quand il consent à s'immerger dans sa réalité la plus concrète, triviale et discordante, qu'il se trouve et rejoint Dieu.
    Jean Pierre Brice Olivier interroge nos questions fondamentales -; peur, désir, solitude, péché, foi -; avec le texte biblique, pour tenter d'en éclairer les mystères de l'un comme de l'autre et de l'un avec l'autre. Il récapitule et déchiffre ici cinquante années de sa quête.
    Un texte inouï, bienfaisant et contemporain. Un chant de libération.

  • Toute la vie de sainte Thérèse d'Avila, en 164 vignettes illustrées pour les enfants.

  • Sophie et Godefroy sont un couple heureux. Profondément amoureux l'un de l'autre, parents de quatre enfants, chrétiens pratiquants et engagés, rien ne semblait devoir troubler leur existence.
    L'annonce du cancer de Sophie les foudroie. Commence alors, avec cette maladie, et avec l'entrée dans leur vie d'un prêtre ami, un extraordinaire cheminement de foi: non pas l'un à côté de l'autre, mais l'un avec l'autre, et l'un par l'autre. Ce témoignage, rédigé par Sophie, Godefroy et le père Paul Habsburg au moment même où Sophie vivait ses dernières semaines, n'est pas un récit sur la souffrance et la mort -même si rien des tourments traversés n'y est occulté. C'est un livre lumineux sur l'amour d'un homme et d'une femme, sur la présence quotidienne du Christ à leurs côtés, sur la beauté du mariage, sur la profondeur de la spiritualité conjugale.Un livre bouleversant que tous les couples et les prêtres devraient lire.

  • Voici un texte révolutionnaire qui démontre que Newton, figure majeure des grandes mutations scientifiques du XVIIe siècle, tenait en haute estime la philosophie hermétique de la Renaissance. Plus encore, il révèle qu'il a trouvé, dans la pensée des Anciens, une confirmation de ses propres découvertes scientifiques. D'après le mathématicien, principe de gravité et mécanique classique étaient déjà pleinement contenus dans les textes des Pythagoriciens. Au moment où il expose la théorie de la gravitation universelle, Newton annotait ses manuscrits des Principia de citations. Par exemple, il écrit : "Les Anciens savaient même que tous les corps qui tournent autour de la terre - l'air et le feu comme les autres éléments - sont attirés vers la terre par la gravité, et que cette gravité est proportionnelle à la quantité de matière dont ils sont formés. C'est ainsi que Lucrèce argumente en faveur de l'existence du vide." Newton fait même remonter l'origine de l'atomisme à la philosophie mystique, déjà enseignée en Égypte et en Phénicie et reprise par les philosophes grecs. D'après lui, les Égyptiens connaissaient déjà le système copernicien et l'exprimaient dans leur religion, leurs écrits et leur art. Pour Newton, le mystère des nombres, comme celui des hiéroglyphes, entretient un rapport étroit avec la philosophie mystique. C'est dans le mythe et dans l'alchimie que Newton redécouvre le véritable ordonnancement de la matière.

  • Qui est l'Eternel ? En quoi est-il un et unique ? Pourquoi parle-t-il et que nous dit-il ? A la croisée des cultes et de la culture.
    Comment définir l'essence du monothéisme dans un monde où les religions paraissent désuètes, dangereuses, voire évanouies et absentes ? Qu'en est-il réellement du judaïsme ? Et que nous dit-il aujourd'hui ?
    C'est à une relecture des sources de l'expérience et de l'existence juive qu'invite ce livre, témoignant combien la tradition peut être créatrice. Alors que la Bible et le Talmud, ainsi que les autres grands corpus juridiques ou mystiques, visent à en garantir la pratique afin d'en assurer la transmission et la pérennité, le coeur du projet n'en ressort pas moins opaque pour beaucoup. Ce sont donc les véritables enjeux qui l'animent qu'il s'agit d'éclaircir.
    Entrant en dialogue avec des siècles de commentaire, des Maîtres du Talmud à Maïmonide, de Rashi à Rabbi 'Haïm de Volozhin, Aaron Eliacheff et Frank Alvarez-Pereyre interrogent des expressions dont on croyait tout comprendre, comme " se faire un nom ", des notions dont on croyait tout savoir, comme le " monothéisme ", des concepts à propos desquels on croyait avoir tout lu, comme le tsimtsoum.
    Un ouvrage indispensable pour saisir les fondements du judaïsme, le pourquoi de son apparente complexité, le comment de sa simple proximité.

  • Symbole de la culture amérindienne, l'attrape-rêves est un objet aux propriétés symboliques puissantes. Son tissage central emprisonnerait les mauvais rêves, les bons glissant le long des plumes jusqu'à la personne endormie... En déco ou en bijou, il se décline sous de multiples formes et se fabrique à partir de nombreux matériaux : dentelle, tissage de fil de coton, bois flotté, plumes, pompons, perles... Les possibilités sont infinies ! Découvrez 16 attrape-rêves, mobiles, suspensions et bijoux et plus de 250 photos en pas à pas pour créer facilement vos modèles préférés.

  • Les larmes ne sont pas que de malheurs. Elles sont aussi une transparence sur l'invisible et une porte sur l'émerveillement. De Jésus à Thérèse de Lisieux en passant par Marie-Madeleine, ce traité explore la voie de la " douloureuse joie ".
    Au fond, sait-on jamais pourquoi on pleure ? Il y a bien des larmes qui sont sans raison, des larmes qui, en somme, nous échappent. N'est-ce pas celles-ci, justement, qui ont le plus de sens ?
    Dans la tradition chrétienne, ces larmes permettent la révélation de ce qu'est l'homme, en vérité, devant Dieu. Elles ne viennent pas de nous : elles nous sont données, gratuitement, par pure grâce.
    Quelles sont les premières et les dernières larmes de la Bible ? Quand et pourquoi le Christ pleure-t-il ? Comment les larmes de saint Pierre et de sainte Marie-Madeleine doiventelles être comprises ? Pourquoi la Vierge pleure-t-elle à la Salette en 1854 ? Est-ce un don spirituel ? Des textes bibliques aux auteurs médiévaux et modernes - Thomas d'Aquin, Catherine de Sienne, Thérèse de Lisieux -, en passant par la littérature et même la bande dessinée, se dévoile peu à peu le sens théologique de ce sujet qu'on croyait commun.
    Qu'on pleure beaucoup ou peu, voire jamais, voici des clés pour comprendre les larmes et ce qu'elles nous disent du mystère de notre existence.

  • Le journal de bord d'un témoin radical de la conversion et de la foi. Sous les événements de l'actualité, un éveil à la manière dont oeuvre l'Esprit dans l'homme. Renversant !
    Carnet de l'âme et chronique de l'actualité, voici le journal de bord, puissant et impétueux, prophétique surtout, qu'a tenu Véronique Lévy de l'été 2016 à l'automne 2018. La ferveur de la prière y illumine les drames et les conflits ravageant le monde. La convocation de l'Évangile et des saints y dévoile les affres du nihilisme contemporain. Le visage du Christ y recouvre l'abîme d'une humanité livrée aux maîtres de la robotique, aux sorciers de la génétique et aux idolâtres de la nouvelle Babel.
    Mais ce décryptage sans tabou et sans concession, où l'aphorisme alterne avec le commentaire, est aussi une épreuve incarnée de la compassion. Paradoxe de la foi vivante, c'est en toute liberté que Véronique Lévy entre en dialogue avec les Femen, les rappeurs ou les djihadistes, en interrogeant la signification ultime de leurs provocations ou de leurs dérives.
    Sommes-nous condamnés au narcissisme d'une autodéification qui tuera l'amour ? Le Dieu qui s'est fait chair n'a-t-il pas visité les enfers ? L'éclipse que nous traversons est-elle définitive ? Révélant les signes cachés de la transcendance, réveillant l'espérance d'une authentique délivrance, Véronique Lévy s'inscrit ici dans la tradition de la littérature catholique portée par un Bloy, un Claudel, un Bernanos, un Mauriac.
    Un ouvrage d'adoration et de combat. Un traité de révolution mystique.

  • Être chrétien, ce n'est pas simplement adhérer à une croyance, à un mode de vie, mais c'est avoir l'âme « génétiquement modifiée » par l'action de Dieu.Le baptême n'est donc pas qu'un rite d'appartenance à un groupe religieux, social ou culturel : il opère en nous une transformation radicale. Quelles possibilités nouvelles nous offre-t-il ?Avec le baptême ont été téléchargés en nous les dons du Saint Esprit. Où et comment cliquer pour les installer et apprendre à en vivre ?Comment passer de l'effusion de l'Esprit à l'infusion de l'Esprit Saint et ne pas en rester aux premiers émois ? Autant de questions, et bien d'autres encore - rarement abordées et pourtant essentielles -, qui trouveront réponses dans ce livre vif et percutant inspiré de la spiritualité carmélitaine.

  • Le Comte de Maistre fait partie de ces auteurs dont, longtemps, l'oligarchie des vulgaires et la poix des dominants ont désiré d'exterminer non seulement la race mais jusqu'au souvenir. Toutefois, par la vertu de sa propre force, la pensée de Joseph de Maistre a écarté les dandins et les forfaiteurs qui ont tout essayé afin que ses pages fussent réduites au silence, et l'oeuvre règne désormais imperturbablement sur les arts véritables et la littérature essentielle.
    Demeurait une embarrassante contradiction : si la plupart des ouvrages du grand homme sont aujourd'hui disponibles, sa Correspondance était introuvable depuis plus d'un siècle. Or cette Correspondance n'est assurément pas un pan facultatif de son univers : elle occupe en effet à elle seule quasiment la moitié des volumes dont sont constituées les OEuvres complètes de l'auteur. Négliger cet impressionnant et somptueux massif serait donc non seulement déraisonnable, mais irrationnel. Toute la riche aventure maistrienne s'y déroule : de l'arrière-plan de ses relations rompues avec la franc-maçonnerie jusqu'à celles, finales, avec le Saint-Siège en passant par les divers exils, les entretiens avec les monarques, les dialogues avec les célébrités de l'Europe, etc. Ici, en contexte, toute sa pensée se précise. En une époque où l'on écrivait des lettres soit comme de brefs essais officieusement publics afin de rendre limpide à différents cercles tel point d'une discussion de fond, soit tout au contraire afin de faire certaines confidences à tel membre de sa famille ou tel ami fidèle, cette Correspondance dit tout : sur l'homme, sur l'oeuvre, sur la formation de l'homme et de l'oeuvre ainsi que sur la relation entre le monde et le penseur - tout en déroulant la chronique et le commentaire perpétuel d'événements qui, de 1786 à 1821, sont ceux de l'une des périodes les plus bouillantes de l'Histoire.
    Les choses sont claires : se trouvant parmi les grands ensembles épistolaires légués par la littérature et la philosophie, la Correspondance de J. de Maistre est indispensable à la compréhension de son oeuvre. Au coeur même de celle-ci, ces lettres constituent la meilleure des introductions à son sens, à sa visée, à sa force et sa portée. En présence de la parole privée de ce grand homme, chacun devient le témoin d'une générosité créatrice attachée à une majestueuse noblesse de coeur tandis qu'une pensée puissante se déploie dans un style parfait : et le lecteur voit vivre l'âme prophétique de celui qui fut l'auteur de chevet de Baudelaire et de Balzac.

  • Le grand mystique et théologien du XVe siècle fait dans ce traité, le De ludo globi, la démonstration qu'il est aussi un grand logicien. Un hymne à l'intelligence divine.
    L e philosophe Nicolas de Cues a écrit le De ludo globi vers la fin de l'année 1463, à Rome. La métaphore plaisante du jeu de la boule lui permet d'illustrer et de clarifier sa pensée. L'exemple du jeu s'inscrit dans le cadre de la recherche de Dieu. Celle-ci, illustrée à son tour par la métaphore de la chasse dans le De venatione sapientiae, exprime la tension entre l'homme et l'absolu, entre la créature qui est image et le Créateur dont elle est l'image. L'homo viator est homo ludens. La vie est un jeu, comme la recherche de Dieu est une course.
    Maurice de Gandillac avait traduit des passages de cette oeuvre essentielle et surprenante. Hervé Pasqua en offre une traduction intégrale, précédée d'une introduction éclairante.

  • Les raisons du coeur que la raison ignore ne seraient-elles pas les meilleures ? Levant notre amnésie sur le plus humain de nos organes, ce livre nous ré-enfante comme des êtres d'abord d'intuition et de sensibilité. Le testament vivant d'un grand philosophe.
    On déplore le manque d'éducation du coeur. Qu'attend-on pour en préciser la logique et la rhétorique ? Notre éducation est trop informative, pas assez transformative. Trop centrée sur l'acquisition et l'échange des informations, pas assez sur les valeurs de tendresse et de fraternité.
    On n'admire les marques de la présence du Christ que par les yeux du coeur.
    Mais faut-il vraiment en appeler au tiers d'un véritable Ordre du coeur, comme
    ordre de vérité ?
    /> Pourquoi un ordre de vérité ? Il y a trois ordres de choses : la chair, l'esprit, la volonté ; et trois ordres de discours : philosophique (qui s'adresse à l'intelligence), théologique (à l'intelligence éclairée par la foi), mystique (adressé au coeur).
    Le réalisme biblique veut qu'il existe dans le réel une autre dimension entée sur les
    questions qui engagent l'homme dans l'existence et peuvent la transformer. Au lieu de s'installer sur le terrain métaphysique de l'Être, adoptons une théorie du
    being dont les éléments ne s'écarteront pas de leur mode d'interroger et de catégoriser. Une philosophie néo-critique de l'interrogation en prend acte.

  • Il était une fois le Maghreb qui réinventait l'islam sur le mode de la liberté. Une étude riche et surprenante. Une vision décapante de notre plus proche Orient.
    Parmi les figures de sainteté, le " fou " en Dieu reste un modèle anthropologique commun à plusieurs religions, au-delà même de la variété de ses postures et de ses expressions. Mais " fou " ou saint, partout où les majdhûbs, ces " ravis " en Dieu, se sont manifestés dans le monde musulman, leurs contemporains, partagés entre fascination et scepticisme, ont remis en cause leur parole et leur pratique - allant parfois jusqu'à les rejeter.
    Alors, vraie ou fausse sainteté ?
    Partant d'une réflexion sur les rapports qu'entretiennent, dans le Maghreb des XIVe et XVe siècles, aussi bien les intellectuels que la foi populaire avec la sainteté, Nelly Amri interroge la croyance à l'oeuvre dans l'islam médiéval et les différentes modalités du faire croire, en posant un regard comparatif sur le christianisme.

  • Essentiellement célébré pour son merveilleux Stabat mater et sa fortune musicale connue de tous, Jacopone da Todi fut longtemps considéré comme un mystique exalté, un fou de Dieu. Or, dans les Laudes, textes destinés à être lus ou chantés et circulant dans tous les couvents franciscains dès le XIIIe siècle, Jacopone da Todi déploie une puissance créatrice et un registre de tons qui marqueront son temps et en particulier un jeune poète, Dante Alighieri, dont la Divine Comédie restera influencée par Jacopone. Le laudario représente une voix originale associant le mysticisme et le réalisme le plus cru, le lyrisme hérité de la poésie courtoise et l'âpreté de l'invective, le raisonnement et le cri, la tradition littéraire et l'expérimentation stylistique.

  • Tout savoir sur la musique mondiale à travers les siècles !

    Qu'appelle-t-on précisément musique classique ? Quelle notation musicale emploie-t-on pour le chant géorgien ? Où joue-t-on de la sanza ? De quels instruments est composé un orchestre de gamelan ? Les Musiques de L'Humanité répondent à toutes ces questions, et à bien d'autres encore.
    Michel Malherbe et Amaury Rosa de Poullois nous invitent à découvrir la musique dans son extraordinaire diversité d'un bout à l'autre de la planète. Le lecteur puisera également de précieux renseignements sur les genres musicaux, les instruments et la façon d'en jouer. Il découvrira tous les aspects méconnus de la musique, de la musicothérapie à la technologie de pointe, Les différents métiers de la musique et leur poids économique dans la société.
    Des annexes permettront enfin un accès facile à l'analyse musicale, l'étude des sons, l'écriture des signes, l'harmonie, le rythme et La mélodie, du chant grégorien à la musique tibétaine. Un rappel des noms des instruments en usage dans le monde et une courte biographie des musiciens les plus connus compléteront cet ouvrage passionnant. Publié pour la première fois en 1997, ce livre original est devenu un classique incontournable.
    Il est ici proposé dans une version entièrement réactualisée.

  • Le bahir

    Anonyme

    Cet ouvrage dont on ne connaît ni l'auteur ni la date de parution (sans doute la première partie du XIIe siècle en France) est le tout premier écrit appartenant à la littérature de la cabale. Composé à partir de sources orientales encore peu connues, il en développe cependant la plupart des grands thèmes : mystique des lettres, migration des âmes, système des sephirot, combinaisons de Noms divins, procédure de prières, méditations sur la création du monde et sur le mystère de la Mercabah (Char céleste). Il constitue à ce titre un complément précieux pour une bonne intelligence du Zohar. Les fragments pleins de secrets du Bahir abordent également la question du mal, et ce de manière si originale qu'un savant comme Gershom Scholem a pu dire que c'était un livre gnostique. En fait, loin de croire en la réalité de deux principes souverains antagonistes, il considère que le mal autant que le bien sont l'oeuvre du Dieu unique lui-même. Les pages les plus remarquables sont celles qui contiennent les énoncés sur le masculin et le féminin. Selon ce texte, le monde a été créé par leur union, et la rédemption des âges messianiques ne s'obtiendra que par elle.


  • Nous rencontrons tous la souffrance au cours de notre vie. ce problème n'est pas nouveau. ce qui est nouveau c'est notre incapacité à y répondre.

    Pourquoi tant de gens souffrent-ils de dépression ?

    Comment sortir du mal-être, du déses

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