• Lacan disait à ses élèves : « Moi, je suis freudien, si vous voulez être lacaniens, à vous de le montrer. » C'est précisément ce que ce séminaire tente de faire : comment être lacanien avec Freud, tout contre Freud.

    Lacan est certainement un élève de Freud puisque l'oeuvre de celui-ci a intégralement inspiré la sienne. Il avait pour Freud la plus grande admiration du fait de son courage intellectuel, de la solitude, malgré le nombre de ses disciples, qu'il a assumée au sein d'une capitale, d'un milieu, d'une culture qui lui étaient fondamentalement hostiles.

    Il reste que ce que Lacan a introduit et que Freud a manqué, c'est le rôle du langage en tant qu'il est constitutif de notre vie psychique et bien sûr corporelle, et de cette instance incroyable qui s'appelle l'inconscient et qui, à notre insu - insu de mauvais gré -, dirige nos pensées, nos désirs et notre existence.

  • Si Lacan a su de manière magistrale lire dans l'inconscient freudien la grammaire signifiante qui y est à l'oeuvre, il s'est attaché à chercher, tout au long de son travail, des voies d'accès logique, topologique, poétique à un mystère plus lointain qui a trait à la jouissance, et tout particulièrement à celle en jeu dans l'énigme du féminin sur laquelle Freud avait buté.

    En chemin, Lacan a rencontré des figures féminines devant lesquelles il se montre ému, épris, ravi. L'inaccessibilité de la dame de l'amour courtois, le silence de la blanche Ophélie, l'entre-deux-morts d'Antigone, le dire non de Sygne de Coûfontaines, les extases de Marie-Marguerite Alacoque, la folie d'amour d'Aimée, l'ont mené sur les rivages d'un continent qui s'approche plus facilement par l'art que par les outils de la pensée. Qu'elles soient issues de sa pratique clinique ou rencontrées dans la littérature, empruntées à la mythologie, au théâtre ou à la philosophie, ces femmes l'ont précédé et enseigné sur les voies de la jouissance et de l'amour. Lacan s'est mis à leur école.

    Dans un style clair et au plus près du texte du séminaire, Marie Pesenti-Irmann reprend une par une ces figures féminines en dévoilant ce qu'elles esquissent d'un ternaire inédit Jouissance/Amour/Femme en contrepoint du ternaire Désir/Phallus/Nom du père, longuement déplié par Lacan.

  • Un séminaire de deux années consacrées à l'exploration des paranoïas.

    Alors que les relations, sociales et/ou privées, sont marquées par des interprétations suspicieuses et malveillantes, que l'ère du soupçon semble dominer, Charles Melman a choisi de parler des paranoïas. Avant que ce type de relations ne paraisse faire partie de la norme et de l'usage, l'auteur s'attache à isoler, à illustrer, les diverses formes existantes de paranoïas dont certaines n'ont pas encore été reconnues.

  • Cet ouvrage répond à une nécessité contemporaine : à la dominance techno-scientiste de la médecine et au dogmatisme de nombre d'Écoles de psychanalyse, l'auteur oppose la subversion de la clinique psychanalytique.
    Jean-Richard Freymann reprend tous les tableaux cliniques à l'aune de la conflictualité du discours, pour essayer de rendre compte des enseignements de la pratique. En suivant l'ancienne nosographie, il saisit l'occasion d'un débat avec la psychiatrie d'aujourd'hui pour interroger les limites de nos classifications et ce qu'elles peuvent avoir de précaire.

    Chaque chapitre est organisé autour d'une question à partir de laquelle il revient aux fondamentaux en s'appuyant sur la clinique contemporaine. Il s'interroge sur la place de l'inconscient freudien aujourd'hui, malmenée par le discours dominant des DSM, et les conséquences que cela provoque méthodologiquement, culturellement, et dans la formation des nouveaux « cliniciens ».

  • L'ouverture que Joyce McDougall a instillée dans la psychanalyse ne cesse de se confirmer dans les pratiques psychanalytiques contemporaines. Ce livre rassemble six visions actuelles qui témoignent de son apport quant au savoir-faire, mais aussi au savoir-être de praticiens engagés. Pendant plus de cinquante ans, Joyce McDougall a pris le risque de parler intimement, non seulement de ses patients, mais aussi de son propre contre-transfert. Elle a légué un héritage exceptionnel en donnant à la génération qui l'a suivie le droit de pratiquer un travail psychanalytique plus personnel, plus émotionnel et plus corporel, sans jamais se noyer dans des abstractions métapsychologiques. Sont rassemblés dans cet ouvrage, en plus d'un article inédit de Joyce concernant le corps de thérapeute, les écrits de cinq auteurs ayant tous noué avec elle une relation intense et singulière. C'est leur expérience unique ainsi que l'impact de cette rencontre sur leur clinique et leur théorisation qu'ils décrivent ici de manière toute personnelle.  

  • Pierre Bruno examine point par point les différentes dimensions de l'expérience de la cure analytique. Une psychanalyse, soit l'expérience d'une cure, suit la trajectoire d'un déchiffrement, celui de l'inconscient, jusqu'à faire l'épreuve du bord au-delà duquel cet inconscient devient réel, c'est-à-dire  ininterprétable. À ces confins, l'analysant (celui qui fait une analyse) se retrouve rebut de ce déchiffrement et c'est dans cette position qu'il trouve une satisfaction, impossible à imaginer avant d'être atteinte. Ce bord, l'expérience nous en instruit, est la coupure advenant de la castration de l'Autre maternel, en tant qu'elle nous soulage définitivement de l'imminence menaçante d'un rapport incestueux, et du même coup, ouvre le sujet à la contingence d'un amour en rien condamnable.

  • Préface de Marcel Ritter Jean-Richard Freymann nous invite à un retour aux sources, aux fondements de la clinique psychanalytique. Cet ouvrage, profondément ancré dans un travail de recherche à partir de la théorie lacanienne, redéfinit la portée de la clinique psychanalytique par rapport à toutes les psychopathologies, donne des voies thérapeutiques. Il constitue un outil de formation incontournable pour tous les psys, quelle que soit leur obédience technique.  

  • Préface de Patrick Faugeras

    « Même si Gaetano Benedetti est surtout connu pour ses travaux sur la thérapeutique des psychoses, il revisite ici les principales conceptions freudiennes touchant à l'hystérie, cette névrose si étroitement liée à la psychanalyse, à partir de ce cheminement difficile et risqué où analysant et analyste se trouvent engagés et dont aucun manuel ou traité ne saurait prévoir les aléas. Ce cheminement l'amène quelquefois à accentuer différemment le mouvement de la découverte freudienne, non pour la contredire mais pour l'ouvrir à certaines perspectives liées à son expérience clinique des psychoses.
    Nous avons la chance, grâce au dévouement de certains de
    ses élèves, de voir ici Gaetano Benedetti au travail, en maître attentif et respectueux, toujours soucieux, y compris lorsque son désaccord est patent, de ne point laisser dans la perplexité, l'embarras, voire l'inquiétude, celui qui s'expose à travers la présentation d'un cas. Il sait combien il importe d'accompagner le clinicien engagé dans une relation complexe, de relever ce qui peut s'avérer positif dans toute démarche, de sorte qu'elle puisse continuer à être créative. Mais connaissant les méandres transférentiels, Benedetti s'évertue à transformer le doute en possibilité, usant aussi bien de sa grande culture, qu'il expose avec rigueur et clarté, que de son expérience et de son autorité, faite de modestie, de droiture et de feinte froideur. » Patrick Faugeras

    Mise en vente le 17 janvier 2013

  • Art du cinéma et psychanalyse se regardent et s'écoutent, nouant l'intime, le social et le politique.

    Images de cinéma et paroles en séances gardent leur part de mystère grâce à la surprise et à la beauté des mots et des images, quelle que soit la génération à laquelle on appartient. Art du cinéma et intelligence de l'approche psychanalytique enrichissent notre regard et notre écoute et laissent espérer quelque apaisement relatif à notre histoire intime, familiale et/ou collective en lien avec la grande Histoire. Psychanalyse et cinéma font oeuvre émancipatrice pour le sujet et la société.

  •  « Je ne l'ai plus vue depuis des semaines.

    Un jour, elle est venue, croyant avoir rendez-vous avec moi. Elle s'était trompée de jour, d'heure, de semaine.

    Je n'étais pas là ce jour-là.

    Elle est repartie.

    Elle m'a sonné, longtemps après.

    Elle est là devant moi, à quelques mètres, et sa détresse m'affecte.

    Ça a recommencé. Ça recommence.

    Elle le sent. Elle le sait. 

    Moi aussi je le sais, puisque je suis à ses côtés depuis des années.

    Elle sait que je le sens. Et elle a raison. Je vois se rouvrir les abîmes sous ses pas. Le moment où ça bascule, ça dérape. Elle ne veut pas retrouver l'angoisse qui donne envie de mourir. Elle me scrute et elle pleure. Elle essaye de s'accrocher à mon regard et moi je sens qu'elle glisse. Je ne dis pas grand-chose. Mais c'est déjà trop. Est-ce que je serais comme ses collègues, à penser qu'elle devrait arrêter de travailler ? Elle me soupçonne tout à coup.

    Je lui propose qu'on se revoie demain.

    Elle accepte. » D. B.

    Dans des récits, sortes de croquis de séances, ou d'entre-séances, Danielle Bastien rend compte de son travail quotidien de psychanalyste. Elle restitue une atmosphère, donne du relief au désespoir, à la douleur, aux questions sans réponses des humains, femmes et/ou hommes qui s'adressent à elle. Avec Kate, Bill, Carmen et les autres, l'ouvrage nous fait découvrir les dimensions du féminin, du maternel et des couples qui sont au coeur de sa pratique psychanalytique.

    Mise en vente le 10 septembre 2015.

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