• Il y a une dizaine de milliers d'années, la sédenta­ri­sation des groupes humains, l'émergence de l'agriculture et l'établissement des premiers États ont jeté les bases de notre civilisation. Et si cette «révolution néolithique» n'était qu'une parenthèse malheureuse dans le cours de l'histoire humaine, comme le prétendent les primitivistes ? Et si ces événements, loin d'être «civilisateurs», avaient précipité l'humanité dans un processus écocide et autodestructeur dont nous mesurons seulement aujourd'hui toute la gravité? Stimulé par ces questions qui imprègnent les débats écologistes depuis les années 1960, Pierre Madelin examine d'un regard critique les fondements historiques et anthropologiques de cette théorie selon laquelle les multiples formes de domination ne sont pas inhérentes à la vie sociale, mais résultent de cette «catastrophe fondatrice» du Néolithique. Or le primitivisme se révèle une impasse politique, affirme l'auteur: plutôt que de mythifier la vie préhistorique en anticipant l'effondrement de la civilisation industrielle, ne vaudrait-il pas mieux se mobiliser pour une transition vers une société agroécologique?

  • Vanlifers, digital nomads, « tinistes » voici les nouveaux nomades
    : ils parcourent le monde au volant de leurs vans, bâtissent leurs
    maisons sur remorque pour déménager au gré de leurs envies, ou
    traversent la planète sur un coup de tête.
    Fruit d'une minutieuse enquête sur le terrain et du recueil de
    nombreux témoignages, ce livre cherche à découvrir s'ils
    connaissent un bouleversement profond de leurs valeurs. Surtout, il
    tente de deviner ce que leurs parcours racontent, en creux, de nos
    vies sédentaires. En effet, après des décennies de statu quo, notre
    mode de vie traditionnel est aujourd'hui remis en question et notre
    besoin d'évasion est croissant : comme la plupart d'entre nous, les
    nouveaux nomades veulent moins de choses et surtout vivre plus
    d'expériences.
    Des campagnes françaises aux paradis d'Asie du Sud-Est, en
    passant par l'Amérique latine, ce livre dresse le portrait de ces
    voyageurs 2.0 qui réveillent en nous une part de notre humanité
    longtemps enfouie.
    Prêts à prendre la route ?

    Maxime Brousse est journaliste indépendant. Il a écrit pour Slate, Vice, We Demain et Le Journal de Mickey. Il édite la micro-revue Grand Wild, qui interroge les notions d'aventure, de sauvage, de communauté et de société. Les Nouveaux Nomades est son premier livre.

  • Joséphine Bacon, nomade de la toundra, nous fait parcourir, à la lumière du poème, des territoires inconnus. Gaston Miron, Saint-Denys Garneau et Paul
    Chamberland ont nommé Terre Québec ; Joséphine Bacon élargit le pays en nous initiant à la toundra et aux douces chansons de l'infini. L'horizon est offert
    avec tant de grâce et de naturel que nous lui sommes à jamais redevables de nous rappeler à l'essentiel : beauté, simplicité et volupté.

  • Cet ouvrage bilingue (français et innu-aimun) est une invitation au dialogue. Bâtons à message fait référence à un ensemble de repères qui permettent aux nomades de s'orienter à l'intérieur des terres et de retrouver leur voie/voix. Également poétique de la relation, l'ouvrage est fondé sur l'entraide, la solidarité et le partage, nécessaires à la survie du peuple innu. En écho revient la langue de Nutshimit, la langue de la terre, scandée par le tambour. Résonne ainsi l'histoire des Peuples premiers dans leur juste colère et leur lutte pour la dignité, pour le territoire et pour un vivre-ensemble. La poésie de Joséphine Bacon, simple et belle, est hommage au territoire, aux ancêtres et à la langue innu-aimun. Cette poésie-témoignage recoupe l'histoire dans ses zones les plus inédites. Une vision cosmogonique qui nous plonge dans l'intensité de la parole des aînés : l'itinéraire des porteurs de rêves et de visions, les horizons des femmes guides, le courage des hommes chasseurs, les enfants garants de la continuité du voyage et les arbres, infatigables témoins de la route.

  • Assi en innu veut dire Terre.
    Poésie d'utilité publique que ce Manifeste qui crie d'une même voix révolution et amour. Si la parole était donnée aux peuples des Premières Nations, elle
    ressemblerait à Assi, terre rêvée de ces femmes et de ces hommes qui guettent dans leur chant les mots dignité, espoir et liberté.

  • L'Usage du Monde version gitane.
    Ram a passé sa jeunesse sur les routes. Depuis, il s'est sédentarisé et vit avec sa famille à Perpignan. Quand sa fille adolescente lui annonce qu'elle est enceinte, il décide sur un coup de tête d'acheter un camion et de tout quitter en emmenant sa tribu avec lui. Mais comment renouer avec une vie nomade quand on a pratiquement toujours vécu en appartement ? L'apprentissage de l'itinérance ne sera pas de tout repos pour cette famille haut en couleur...


    Sur les routes entre la France et l'Espagne, aux côtés d'une famille gitane pas comme les autres.



    Ram a passé sa jeunesse sur les routes. Mais depuis son mariage, il vit à Perpignan, sédentarisé, avec sa femme, ses enfants et son chien. Quand sa fille adolescente lui annonce qu'elle est enceinte, il décide sur un coup de tête de tout quitter et d'embarquer sa tribu à bord d'un camion bâché, direction Saragosse, où une faiseuse d'ange peut les aider. Passé l'enthousiasme initial pour ces vacances improvisées, la famille va vite déchanter : comment renouer avec une vie nomade quand on a pratiquement toujours vécu en appartement ? L'apprentissage de l'itinérance ne sera pas de tout repos pour cette famille haut en couleur, entre déconvenues, disparitions, arnaques et embûches.
    L'Usage du Monde version gitane.

    Prix Marian Vayreda du roman en 2014.

  • Quel usage faire du monde ? Jean-Claude Charles, errant aux pieds poudrés, propose dans ses récits de voyage un monde sans visa où la liberté de circuler et d'imaginer est le seul guide. Éloge du vagabondage, de l'errance et de la lecture. « Comment se balader... sans donner des nouvelles de l'état du monde, petits romans, petits portraits, choses vues et entendues, traversées d'histoires, se balader n'importe où, le nez en l'air, renifler l'air du temps [...] prendre le pouls d'une humanité qui se débat, mesurer des climats, engranger des fictions minuscules... »

  • Les Sermons radiophoniques (1992) forment un ensemble de onze textes dans lesquels l'auteur développe une théorie de pratique artistique appelée "immédiatisme". Dans la lignée de Dada et du situationnisme, l'immédiatisme se conçoit comme un mouvement basé sur la notion de jeu. En effet, dans nos sociétés high-tech où le capitalisme tardif nous pousse de plus en plus loin dans des formes extrêmes de médiation et donc d'aliénation, où le fossé entre la production et la consommation de l'art ne cesse de s'élargir, l'art véritable ne peut se concevoir que sous la forme d'un jeu car le jeu est la plus immédiate des expériences.

  • Je suis l'Amérindienne
    Et ce fardeau
    Demeure en moi à jamais
    Poèmes narratifs, qui sont des repères sur la vie de l'auteure et sur sa condition de femme et d'amérindienne. On lit Nous sommes les rêveurs comme on lit un journal intime. On a l'impression d'entrer dans la tête de Rita Joe, de souffrir avec elle des injustices, de sentir son bébé grimper sur nous, de toucher la présence des êtres disparus. Et aussi de pouvoir changer les choses. Un livre vrai et émouvant. Rita Joe est une auteure amérindienne à découvrir pour mieux comprendre l'univers autochtone, l'histoire et la vie des Peuples des Premières Nations!

  • Résumé
    Une femme perd sa voix. Elle écrit pour reprendre possession de son corps abîmé. Elle chemine ainsi, s'ancre par l'écriture dans sa voix intime, qui résonne avec d'autres silences et paysages de terre, d'eau... La guérison est amorcée avec cette symphonie de voix. Une multitude de visages, de corps et de voix se tissent et se racontent à travers les routes qui n'en finissent pas. Ce livre est un grand silence, une halte entre nous et le vivant ; un bruissement qui dit la relation, la tendresse, l'existence, d'où la musique des mers, des fleuves et des forêts.

    Extrait
    « Après m'être amarrée à ce lac, après avoir tissé des liens avec autrui sur la base de cet espace partagé, j'ai fini par lui accorder une place privilégiée parmi les lieux du monde. D'où me vient ce désir de retourner au lac Marie-Le Franc chaque année en y amenant à chaque fois des personnes différentes, des gens du Québec, de France, de Belgique ? À l'été ou à l'automne, suivant un rythme régulier, la marée dépose au bord du lac des gens d'ici et d'ailleurs. J'ai la nette impression que tout cela dépasse de loin ma propre volonté et que l'endroit lui-même est désormais soumis au mouvement du ressac. Le lac s'est ouvert au vent du large, il est devenu dans mon esprit un lac transatlantique. »

    Point de vue de l'auteure
    Tisser les voix répond au mouvement général qui traverse le livre. Quand j'ai perdu la voix, je me suis mise à écrire, mais aussi à écouter davantage. J'ai fait plus de place à la parole des autres. Quand je tisse les voix, la mienne se fonde dans un ensemble, elle va à la rencontre des autres, c'est ce mouvement qui me permet d'avancer.
    Quand la voix se brise, quand elle s'absente, il faut tout reconstruire, cela ne peut se faire que dans l'intimité. Apprivoiser le silence.

    L'auteure
    Originaire de Bretagne, Rachel Bouvet a émigré au Québec après un séjour en Égypte. Sa fascination pour le désert, la mer et la forêt l'a poussée vers la géopoétique. Professeure au département d'études littéraires à l'UQÀM, elle a publié des essais et des récits.

  • Chorbacks

    Jean Desy

    Le chorback est une étendue d'eau libre, plus ou moins grande, ouverte dans le glaciel, champ de glaces flottantes. D'inspiration nordique, Jean Désy communique l'immensité et la grandeur de la terre. Transe poétique et traversée du paysage. Le souffle est modulé en plusieurs tons, tantôt cassant et abrupt, tantôt doux et tendre, comme la nature. Chorbacks est un livre qui nomme et exalte la nordicité, cartographie du territoire dans ses principaux éléments (flore et faune). Ouvrage lumineux qui donne à réfléchir sur la meilleure manière d'habiter la terre. Un rythme sauvage et fou.

  • Amériquoisie

    Jean Desy

    C'est au fil de mes pérégrinations dans tout le territoire de la péninsule Québec-Labrador, dans les villes le long du Saint-Laurent, au sud, mais surtout au nord, sur la Côte-Nord / Nitassinan, à la Baie-James / Eeyou Istchee et dans le Grand Nord / Nunavik, que j'ai fini par mieux comprendre les extraordinaires qualités de la vie métisse. À n'en point douter, l'avenir harmonieux de ce pays passe par la métisserie.

    Amériquoisie rassemble des essais portant sur l'autochtonie, le nomadisme, le paysage et la nordicité. Témoin, auteur, promeneur et acteur, Jean Désy court le territoire et nous parle de cette aventure dite métisserie.

  • Ils sont quelque six millions à vivre sur les routes nord-américaines. Certains se déplacent souvent, d'autres ponctuellement, mais tous sont nomades. Les motifs qui les ont poussés à sillonner le continent sont très nombreux, les trajets de vie sont chaque fois particuliers. Célia Forget a passé plusieurs années avec eux, portant une attention particulière à ceux qu'elle appelle les full-timers parce qu'ils vivent en permanence dans leur véhicule récréatif. Le portrait qu'elle brosse de cette population est à la fois dépaysant et familier ce qui traduit sans doute notre propre déchirement entre l'ici et l'ailleurs.
    « Fascinée par l'histoire de la mobilité sur le continent, je découvre une population qui, encore aujourd'hui, poursuit une quête de la mobilité et de liberté si importante dans l'édification de la société nord-américaine. D'autres ont construit leur identité sur la route avant elle : pionniers de la conquête de l'Ouest, hobos comme John Steinbeck, beatniks de Jack Kerouac ou hippies. Mais chez les full-timers, la mobilité devient permanente. Ici, elle n'est plus une simple étape dans le parcours humain, mais un mode de vie. Pourquoi des gens choisissent-ils de quitter la sédentarité pour vivre sur la route ? Comment ce mode de vie peut-il être vécu au quotidien dans un monde où la sédentarité guide la structuration de la société ? Voilà les questions qui m'ont poussée à prendre la route avec eux. » (C. F.)

  • Vivre sa parole
    comme on vit avec ses yeux
    chaque mot attend son heure
    ce que l'on voit revient
    d'un temps collé
    à l'ombre
    le terre n'est jamais loin
    du ciel

    Laure Morali nous dit: Mon grand-père avait perdu son pays et me le rendait chaque matin en me faisant boire le jus de l'orange sanguine. Offrir le monde dans un fruit, tel est le don de la poésie. L'humanité au creux de la main tendue, portée par le poème.

  • J'ai lacé des raquettes
    Sur une terre de babiche
    Ouendake
    J'étais chez moi
    J'ai lu tant de livres
    D'une mission étrange
    J'étais perdu
    Derrière mes raquettes
    J'ai beaucoup ri
    Derrière mon pupitre
    On m'a appris le silence

    Voici un recueil ancré dans un territoire et dans une mémoire pour nous rappeler que nous sommes d'un lieu, d'une histoire. Avec Jean Sioui, nous frappons aux portes de la vérité, la nation wendat recouvre la parole.

  • Robert W. Service: La Piste de l'imaginaire est une biographie romancée, inspirée par une première tranche de l'existence de l'arrière-grand-père de l'auteure Charlotte Service-Longépé. Au cours de sa vie, le poète et écrivain Robert William Service (1874-1958) a rédigé une imposante oeuvre étudiée encore aujourd'hui dans tout le monde anglo-saxon. Après une enfance indisciplinée en Écosse, il décide d'accomplir son rêve de découvrir le Nouveau Monde. Suite à un long voyage en bateau, il débarque à Montréal en 1896 avec quelques dollars en poche, puis traverse le Canada d'est en ouest.

    Service passe plusieurs années sur l'île de Vancouver, avant de vagabonder pendant deux ans sur la côte pacifique. En 1904, il découvre avec émerveillement l'univers sauvage du Grand Nord canadien et s'installe à Dawson, sur les bords de la rivière Yukon. C'est là qu'il publie son premier recueil de poèmes, Songs of a Sourdough, qui sera édité au Canada, aux États-Unis et en Angleterre. Sa rapide renommée en tant qu'auteur n'entrave en rien sa soif de liberté, qui l'entraîne jusqu'en Nouvelle-Orléans, puis à Cuba, avant de le ramener au Yukon, où s'arrête la première partie des aventures racontées sous la plume de son arrière-petite-fille.


    Au cours de son existence, Robert W. Service rédigera plus de 1100 poèmes et ballades, ainsi qu'une dizaine de romans inspirés par des événements de société et les expériences découlant de sa propre existence: des mots empreints d'optimisme, de nature et surtout, de liberté, la valeur la plus fondamentale à ses yeux.

empty