Langue française

  • Edition enrichie (Introduction, notes, dossier sur l'oeuvre et bibliographie)«Au centre de la pièce, fixé à un chevalet droit, se dressait le portrait en pied d'un jeune homme d'une extraordinaire beauté physique, devant lequel, à peu de distance, se tenait assis le peintre lui-même, Basil Hallward, celui dont, il y a quelques années, la disparition soudaine a, sur le moment, tant ému le public et donné lieu à d'étranges conjectures.»
    Or Dorian Gray, jeune dandy séducteur et mondain, a fait ce voeu insensé : garder toujours l'éclat de sa beauté, tandis que le visage peint sur la toile assumerait le fardeau de ses passions et de ses péchés. Et de fait, seul vieillit le portrait où se peint l'âme noire de Dorian qui, bien plus tard, dira au peintre : «Chacun de nous porte en soi le ciel et l'enfer.»
    Et ce livre lui-même est double : il nous conduit dans un Londres lugubre et louche, noyé dans le brouillard et les vapeurs d'opium, mais nous ouvre également la comédie de salon des beaux quartiers. Lorsqu'il parut, en 1890, il fut considéré comme immoral. Mais sa singularité, bien plutôt, est d'être un roman réaliste, tout ensemble, et un roman d'esthète - fascinants, l'un et l'autre, d'une étrangeté qui touche au fantastique. 

  • Rappeler Roland

    Frédéric Boyer

    Le thème de la bataille et de ses représentations dans notre culture est au coeur de la proposition de Frédéric Boyer.Il s'est intéressé à l'écriture de cette épopée, la Chanson de Roland, la première en langue française, le premier grand texte français qui s'éprend de la défaite pour chanter la gloire d'un empire fantasmé (celui de Charlemagne), 350 ans après les faits, et au moment où l'Europe médiévale se lance dans les croisades. Frédéric Boyer va jusqu'à interroger la lente déformation de la légende médiévale dans l'Europe de la Renaissance. Le fantôme de Roland est partout présent. Il semble gêner jusqu'au merveilleux Don Quichotte qui en fait un de ses modèles certes, mais avec difficulté devant la folie, la fureur qu'on lui prête alors.Quelles blessures, quel trauma cherche-t-on à exorciser avec une telle création ?Raconter la bataille (ou la représenter), au-delà de ses fonctions politiques, religieuses, idéologiques, a d'autres effets et sans doute d'autres origines.Rappeler Roland est un triptyque composé d'un texte original, « Rappeler Roland », monologue écrit pour la scène dont la création se fera en deux temps, à l'auditorium du musée du Louvre le 19 janvier 2012 et à la Comédie de Reims en mars 2013 ; d'une nouvelle traduction intégrale de la Chanson de Roland (version du manuscrit d'Oxford qui date du XIIe siècle) qui tente d'offrir en français contemporain une version en décasyllabes avec respect de la césure épique (4 + 6) ; et d'un essai, « Cahier Roland » (se battre est une fête), consacré au thème de la bataille et du combat dans notre culture, à partir de l'histoire mystérieuse de la Chanson de Roland.Aujourd'hui Frédéric Boyer veut rappeler Roland... Dans les mots et dans les défaites contemporaines. Dans les guerres que nous n'avons pas connues et les batailles que d'autres livrent pour nous aux confins d'un monde déchiré.

  • « Gargantua » est un roman parodique de François Rabelais publié en 1534 sous le pseudonyme d'Alcofribas Nasier. Il fait suite à Pantagruel, c'est le plus célèbre et le second livre de la geste rabelaisienne. Suivront le Tiers livre, le Quart livre et le Cinquième livre. Inspiré par les Grandes et inestimables chroniques de l'énorme géant Gargantua dont il avait été « vendu plus par les imprimeurs en deux mois qu'on a acheté de Bibles en neuf ans », Gargantua est l'une des oeuvres les plus célèbres de la littérature française. Et pourtant, comme le dirait Céline, le Dix Neuvième siècle avec son relatif conformisme littéraire est passé par là, et pour certains, Gargantua, paillard, outrancier, excessif, est avant tout un objet de curiosité dont on veut bien pardonner les excès. Certainement pas. Gargantua, phare d'un humanisme littéraire, ouvre la voie à une toute autre littérature, gaie et sombre, comique et sérieuse, et surtout caractérisée par un langage complètement débridé, à l'opposé de cette littérature où il faut s'identifier aux personnages, avoir une histoire vraisemblable et un langage tenu. Aux tenants d'une littérature moderne et recroquevillée, Gargantua est le symbole d'une littérature ouverte, pleine d'excès et éprise de liberté. Notre édition est unique : elle comprend une traduction inédite et originale en français moderne qui s'appuie sur l'édition de François Juste de 1542, ainsi que le texte original du Seizième siècle, le texte de référence. Notre traduction est fidèle au rythme de la phrase de Rabelais, modernise l'orthographe (lorsque c'est judicieux), traduit les mots devenus incompréhensibles, conserve les néologismes, maintient les annotations de Le Duchat et Motteux. Enfin, on peut aisément passer de la version de 1542 à notre traduction en français moderne grâce à notre navigation paragraphe par paragraphe. Découvrez cet inédit numérique unique !

  • «Pantagruel» est un roman parodique de François Rabelais publié en 1532 sous le pseudonyme d'Alcofribas Nasier. Bien qu'il suive Gargantua dans la chronologie des personnages (Pantagruel est son fils comme Gargantua est le fils de Grandgousier), Pantagruel est le premier roman de Rabelais. Suivront Gargantua, le Tiers livre, le Quart livre et le Cinquième livre. Avec Pantagruel, Rabelais invente-t-il la littérature française ? Impossible de répondre. En revanche, ce que l'on peut dire, c'est que Rabelais créée l'une des oeuvres les plus originales et les plus influentes de la littérature, et qu'il invente le langage créatif. Avec Pantagruel, la France est entrée dans l'humanisme de la Renaissance. Notre édition est unique : elle comprend une traduction inédite et originale en français moderne qui s'appuie sur l'édition de François Juste de 1542, ainsi que le texte original du Seizième siècle. Notre traduction est fidèle au rythme de la phrase de Rabelais, modernise l'orthographe (lorsque c'est judicieux), traduit les mots devenus incompréhensibles, conserve les néologismes, maintient les annotations de Le Duchat et Motteux. Enfin, on peut aisément passer de la version de 1542 à notre traduction en français moderne grâce à notre navigation paragraphe par paragraphe. Découvrez cet inédit numérique unique, et entrez dans le monde de Rabelais.

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