• Le crime de Lord Arthur Saville

    Oscar Wilde

    • Ska
    • 1 Décembre 2017


    Un crédule doublé d'un imbécile va commettre un crime pour honorer la prédiction d'un charlatan...

    « ...quand M. Podgers vit la main de lord Arthur, il devint étrangement pâle et ne souffla mot. Un frisson sembla passer sur lui. Ses grands sourcils broussailleux furent saisis d'un tremblement convulsif d'un tic bizarre, irritant, qui le dominait quand il était embarrassé. Alors, quelques grosses gouttes de sueur perlèrent sur son front jaune, comme une rosée empoisonnée, et ses doigts gras devinrent froids et visqueux. Lord Arthur ne manqua pas de remarquer ces étranges signes d'agitation et, pour la première fois de sa vie, il éprouva de la peur. Son mouvement naturel fut de se sauver du salon, mais il se contint. Il valait mieux connaître le pire, quel qu'il fût, que de demeurer dans cette affreuse incertitude.
    - J'attends, monsieur Podgers, dit-il. »
    Cette farce à retournement est servie par le style d'Oscar Wilde, fait d'esprit et de malice. Parfois de cruauté sous des dehors plaisants. Wilde s'empare d'un personnage de chiromancien qui, - c'est bêta, n'est-il pas ? - n'a pas prévu son propre sort. Il le place au centre d'un décor et d'une société aristocratique qui raffole de ces personnages so crasy mais qu'elle méprise néanmoins copieusement. Nous sommes à la fin du XIX° siècle, dans une Angleterre marquée par le long règne de la Reine Victoria qui pèse de tout son poids sur le couvercle des moeurs. (extrait de l'avant-propos de Nigel Greyman)

  • Première apparition dans la littérature d'un serial killer, par un auteur belge. En un transport, nos corps se nouèrent plus étroitement que si de tardives fiançailles enfin consommaient la souffrance d'un désir toujours insatisfait. Et quand, aux chaleurs et aux frissons de sa gorge, je conjecturai qu'un même spasme allait joindre éperdument nos haleines, - en cet instant précis, et avant qu'elle eût seulement soupçonné le geste qui éterniserait jusque dans les enfers et paradis sa volupté, - je pressai sur le rasoir et d'une fois lui tranchai les carotides ! Sur ses lèvres tôt violettes, décloses aux immortelles délices, - tandis que, jaillissant en torrentielles gerbes vermeilles, le sang arrosait les aréoles de son sein et fluait entre nos ceintures confondues, - je cueillis ensuite, avec le froid soupir où s'évagua son être, le souffle encore ardent de la minute qui de ses passives entrailles, peut-être pour la première fois, avait fait crier l'amour. Cette novella est une bonne occasion de se glisser le temps de la lecture dans la peau d'un serial killer ; elle permet aussi d'entrer dans l'oeuvre de Camille Lemonnier, qu'il n'est pas futile de comparer avec beaucoup d'ouvrages actuels, pâles copies délayées de ce qu'il a été le premier à proposer. (Extrait de la préface de Jan Thirion) Des confidences au ton délicieusement suranné et à l'écriture bourrée de talent... À découvrir sans délai ! EXTRAIT Que ceci soit ma suprême et mortuaire volonté, s'il est possible que celui qui si cruellement transgressa la Loi, - immuable symbole de l'omnipotente volonté des hommes, - ose invoquer, par-delà les jours, cette part de lui que dès l'instant du crime, il abrogea sous l'irrémissible et occulte ingérence d'une volonté à jamais maîtresse de ses destinées ! Je lègue à la science, - comme à la seule puissance humaine capable de m'absoudre, - avec ma cervelle, arsenal des ruses funestes et des diaboliques machinations, l'être pervers et compliqué qui pour moi-même demeura un insondable problème. À PROPOS DE L'AUTEUR Camille Lemonnier, né à Ixelles (Belgique) le 24 mars 1844 et mort dans sa ville natale le 13 juin 1913, est un écrivain belge. « Avec la débauche de couleurs de son auguste ancêtre Rubens, dont la sensualité joyeuse faisait de la moindre chose une fête perpétuelle et jouissait de la vie comme d'une éternelle nouveauté, Camille Lemonnier a su peindre en prodigue toute vitalité, toute ardeur, toute abondance. » Stefan Zweig.

  • Le seigneur des mouches

    Patrick Eris

    • Ska
    • 1 Mars 2016

    Refusant de se soumettre à l'initiation imposée par son entreprise, le jeune cadre dynamique sera « mouché ». Pourquoi est-ce que, de deux entrepreneurs, artistes ou créateurs ayant les mêmes dons, le même talent, les mêmes possibilités, l'un réussit là où l'autre est condamné à l'obscurité ? Si Van Gogh avait été initié, croyez-vous qu'il serait mort dans la misère et la maladie, incompris de tous ? Ce déchet (il désigna le malheureux) n'est rien, une loque à peine humaine, un rebut. Personne ne remarquera sa disparition, personne ne le pleurera, ce sera comme s'il n'avait jamais existé. Et qu'importe si cent, mille comme lui doivent disparaître pour donner naissance à l'élite, au sel de la nation et du monde ? Dans ce Noir de suiTe, Patrick Eris tire la série vers le fantastique noir avec lequel il joue de ses prédilections, la compétition à mort des cadres dans les entreprises, le jeu des forces obscures... Une structure romanesque originale et un style efficace autant qu'évocateur EXTRAIT Chaleur. C'est la première chose que lui transmettent ses sens. Une chaleur écrasante, étouffante, qui baigne tout son corps d'une pellicule de sueur. Son corps ? Douleur. Sourde, comme engourdie, comme si elle ne parvenait pas à décider d'un emplacement où planter son poignard et, donc, se contentait d'investir ses chairs en masse pour les faire vibrer de sa pulsation. Pourquoi a-t-il mal partout ? Où est-il ? A PROPOS DE L'AUTEUR Patrick Eris est le pseudonyme d'un traducteur multi-récidiviste. Il est l'auteur d'une trentaine de romans et d'autant de nouvelles rassemblées dans le recueil "Docteur Jeep" (Rivière Blanche). Il aime les giallo italiens, les trois-cylindres anglais, les bières belges, les sushis japonais, les motos américaines, les plats méditerranéens, mais est bien content d'habiter en France (Créteil), lorsqu'il ne sillonne pas l'Europe à moto pour des festivals d'obscures musiques gotho-électro-industrielle.

  • Marionnettes

    Patrick Bent

    Le commissaire Francis Duval rit jaune dans Chinatown sur Seine.




    Le commissaire Francis Duval, ex-cador de la Crim´, se traîne sans enthousiasme dans les couloirs au 36, quai des Orfèvres. Le soir, après le service, sa vie s´illumine enfin ! La présence de Minh Tuyêt agit sur lui comme un catalyseur. Francis se réveille. Avec elle, il irait jusqu´en enfer - en passant toutefois par le septième ciel. Lorsque les mafias de Paris 13e s´en prennent à Minh Tu, Francis voit rouge-sang. La Teigne refait surface. Désormais, là où Duval passe, les malfrats trépassent.

    Le divisionnaire Monteil assiste goguenard à ce jeu de massacre...



    /> Tombé tout petit dans la marmite de l´imaginaire Patrick Bent a publié une douzaine de romans noirs et de polars. Marin, physicien, pataphysicien aussi, inlassable bourlingueur, il s´est établi en Bretagne après de longues années consacrées aux lasers. Avec Marionnettes, il apporte une contribution pimentée à la saga Noir de suiTe.

    5eme de la série

  • Frangines

    Manon Torielli

    Les apparences sont trompeuses. Planter, percer la mauvaise viande, il savait faire. En revanche, il avait oublié que les plaies ouvertes ne se referment jamais...




    IL COMPTAIT FRAPPER DEUX FOIS. Deux armes pour percer sa viande à deux endroits bien précis, toujours les mêmes. Il les dégustait d´avance, ces deux boutonnières qu´il allait lui faire, et ensuite la trachée, là-haut, à lui décoller le colbac de sa fiole moche.

    « Ça, c´est pour Gio´, pour son palpitant tout chaud qui ne savait que vouloir du bien à tout le monde ! Ça, c´est pour Adda, pour sa gorge qui savait si bien pousser des goualantes à faire bicher les anges ! Et ça, c´est pour elles deux, qui en avaient avalé des couleuvres dans leur chienne de vie, et à qui on venait encore de voler leur voix, leur air et leur âme de gosses. » Les choses s´étaient passées comme ça, à peu de chose près.



    Voici « Frangines », Noir de SuiTe n°2. Manon Torielli, c´est tout le sulfureux, tout l´improbable de cette collection, et quelque chose qui n´appartient qu´à elle. Sans doute une manière très particulière de faire saillir les ambiances, de cercler les personnages suivant une mécanique implacable.

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