• Les sondeurs et la télévision ne sont pas deux acteurs de plus dans le jeu politique. Ils contribuent à mettre en place un système politico-médiatico-sondagier dans lequel ils jouent un rôle de premier plan. Omniprésents, les sondeurs revendiquent officiellement le monopole de la connaissance scientifique de la « volonté populaire » et proposent officieusement aux partis politiques les moyens pour la manipuler. Par ailleurs, la médiatisation de la politique et notamment des manifestations de rue, et leur accompagnement par les sondages et les baromètres de notoriété, ont contribué à redéfinir ce qu'on met aujourd'hui sous l'expression « faire de la politique ».

    Faire l'opinion est initialement paru en 1990. Cette nouvelle édition est augmentée d'une nouvelle préface et d'une annexe.

    /> « Pour dire la richesse de ce livre passionnant, il faudrait aussi évoquer les pages sur les manifestations de rue et la façon dont elles se sont transformées pour se plier aux règles du nouveau pouvoir journalistique sans lequel aucun événement ne saurait exister comme tel. Ou encore mentionner l'art et la manière avec lesquels le sociologue décrit l'ignorance de la réalité du monde politique, tant il est fermé sur lui-même. » (Didier Eribon, Le Nouvel Observateur)

  • L'opinion a toujours été un enjeu politique. Elle est devenue un enjeu économique majeur : le succès ou l'échec d'un projet, d'un produit, d'une marque se joue bien au-delà du seul marché. Les priorités de la société font aujourd'hui pression sur les intérêts des marchés : le citoyen prend le pas sur le consommateur après une période où l'on a craint la marchandisation du monde. La tertiarisation de l'économie, avec le poids croissant de la valeur des marques et de la réputation dans la valeur des entreprises, combinée avec l'explosion de l'internet comme réseau de communication et de commerce, donnent à cette opinion publique une force qui va continuer de s'accroître. Mais qui est « l'opinion » ? Comment fonctionnent ses ressorts ? Quelles évolutions attendre dans les années qui viennent ? Pour les décideurs, il est essentiel de saisir ces tendances et comprendre ces mécanismes de l'opinion. Au moyen d'exemples concrets et en mobilisant de nombreuses sources internationales, Jean-Pierre Beaudoin met en lumière dans ce livre les grandes tendances qui, depuis la fin de l'après-guerre et à l'horizon du milieu du XXIe siècle, structurent les « pouvoirs de l'opinion ». Il apporte aux décideurs tant publics que privés bien des clefs leur permettant d'éviter des crises à répétition.

  • Le spectator

    Addison

    Swift, Defoe, Addison et Steele composèrent à l'orée du XVIIIe siècle des feuilles volantes, pamphlets, essais, qui furent à l'origine de notre journal. A partir de 1711 parut le Spectator qui fit partie de cette effervescence de Londres qui comptait rien de moins que cinq cents cafés où s'échangeaient lectures de journaux, propos politiques, discussions religieuses, controverses. Terreau de ce phénomène moderne : l'opinion publique. Nous republions pour la première fois en français depuis le XVIIIe siècle les bonnes feuilles d'un des deux ou trois plus célèbres journaux du temps.

  • Des manifestants rémunérés ? Un groupe d'intérêt prétendument « citoyen », mais fondé et financé par une entreprise privée ? Une lettre d'opinion, autogénérée à votre insu, portant votre signature ? Voilà des exemples d'astroturfing, une stratégie de communication dont la source réelle est occultée et qui prétend à tort être d'origine citoyenne. La parole citoyenne, symbolisant l'opinion publique aux yeux de plusieurs, bénéficie d'une grande crédibilité au sein des sociétés. Plusieurs acteurs décident ainsi de se l'arroger, espérant atteindre plus facilement leurs objectifs communicationnels. Ce type de fraude, sans être nouveau, connaît une recrudescence grâce au Web et à l'appropriation du 2.0. Cet ouvrage révèle 99 cas d'astroturfing qui ont été dénoncés au cours des 25 dernières années. Leur analyse permet de dresser un portrait de ces stratégies, de leurs initiateurs, de leurs objectifs, de leurs cibles et des moyens de communication employés. Utilisé autant par les entreprises privées que par les partis politiques et les gouvernements, l'astroturfing influence les agendas public, médiatique et politique, ce qui lui octroie un rôle de premier plan dans la gouvernance des sociétés. Parce que l'astroturfing corrompt l'espace public et mine le processus de délibération inhérent à la création de l'opinion publique, il importe de le connaître, de le reconnaître et de le dénoncer.

  • Du Moyen Âge jusqu'au siècle dernier, en Europe comme au Canada, les liens entre la justice et l'espace public sont explorés : usages politiques de la justice, enjeux sociaux révélés par l'intervention judiciaire, échos médiatiques du palais et mobilisation de l'opinion publique, rôle de la presse dans les représentations du crime et des criminels, critiques du pouvoir judiciaire et des forces policières, etc.

  • Après une série sans fin de tragédies survenues depuis son adolescence, Marie-Paule McInnis subit en 1996 une épreuve que peu d'êtres humains ont connue, c'est-à-dire la mort de ses deux fils, assassinés par leur père, lequel s'est ensuite suicidé. Bien décidée à s'en sortir, madame McInnis se donne trois objectifs qui deviendront autant de raisons de continuer à vivre : étudier à l'université, écrire son histoire et surtout faire inhumer de nouveau ses enfants loin de leur père, afin qu'elle puisse se recueillir en paix sur leur tombe.

  • Un leader démocratique ne saurait avoir pour seul programme d'être compris, encore moins d'être aimé.

  • Printemps 2012. Ce qui n'était à l'origine qu'une nouvelle grève étudiante s'est rapidement transformé en une crise sociale comme le Québec n'en avait pas connu depuis longtemps.

    Six mois de grève et des dizaines de milliers de personnes dans les rues plus tard, une question reste sur toutes les lèvres : comment ont-ils fait?

    Mêlant l'anecdote et l'analyse, les auteurs tentent d'y répondre, dans ce premier récit militant de la grève étudiante de 2012, en nous plongeant au coeur du mouvement.
    Rapports entre la CLASSE et l'État, planification depuis 2010, organisation et mobilisation, démocratie directe, discours, stratégie médiatique et offensive 2.0, voilà autant de facettes abordées qui nous transportent dans les coulisses de la plus importante grève étudiante du Québec.

    Mais c'est au bénéfice des mouvements sociaux en général que les auteurs nous invitent à tirer des leçons. Car comme ils le soulignent avec justesse, « puisque nous savons maintenant nous soulever, il ne nous reste plus qu'à recommencer ».

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