Les Impressions nouvelles

  • Les chefs opérateurs traduisent le récit en images. Ils contrôlent le cadre et les mouvements de caméra. Ils inventent ou domestiquent la lumière et s'en servent moins comme un pinceau que comme un stylo : c'est l'étymologie même du mot « photographie ». Leur statut est paradoxal. Ce sont des créateurs, mais pas des auteurs. Ce sont des artistes, mais pas des interprètes. Ce sont des « chefs » qui souvent prennent leurs décisions en toute autonomie sur le plateau, mais aussi les « serviteurs » d'un projet derrière lequel leur ego doit s'effacer.

    Cet ouvrage explore les secrets d'une profession et révèle la diversité des parcours.

    Coordonné par N. T. Binh et Jean-Paul Figasso, ce volume rassemble des entretiens avec Lubomir Bakchev, Yves Cape, Caroline Champetier, Pierre William Glenn, Éric Gautier, Agnès Godard, Jeanne Lapoirie, Charlie Van Damme

  • La sociologie visuelle connaît depuis quelques années un regain d'intérêt au sein de la communauté sociologique : les documentaires de Robert Flaherty, de Jean Rouch, de Raymond Depardon ou de Frederick Wiseman, les films de Dziga Vertov, de William Klein, de Jacques Tati ou de Ken Loach, les photos d'August Sanders, de Walker Evans, de Nan Goldin ou de Martin Parr font désormais partie intégrante de la culture sociologique. Il serait donc regrettable qu'ils échappent à la formation en sociologie à l'université sous prétexte qu'il s'agit là de cinéma ou de photographie, d'autant que la photographie et la vidéo sont des outils dont le chercheur doit se saisir pour comprendre ce que regarder veut dire. C'est en partie à quoi s'emploie cet ouvrage qui se présente autant comme un plaidoyer pour l'usage étendu de l'image en sociologie que comme un manuel destiné à s'exercer à la sociologie visuelle en développant des compétences propres au « regard sociologique ». La sociologie visuelle s'avère à cet égard un merveilleux instrument d'investigation sociologique qui se double d'une pédagogie du regard. Daniel Vander Gucht est docteur en sociologie, chef de travaux à l'ULB où il dirige le groupe de recherche en sociologie de l'art et de la culture ainsi que la Revue de l'Institut de sociologie. Il a fait paraître sous sa direction Art et société (Les Éperonniers, 1989), avec Nathalie Heinich et André Ducret La Mise en scène de l'art contemporain (Les Éperonniers, 1990) et avec Frédéric Varone Le Paysage à la croisée des regards (La Lettre Volée, 2006). Il est par ailleurs l'auteur de L'Art contemporain au miroir du musée (La Lettre Volée, 1999) ; Art et politique (Labor, 2004) ; La Jalousie débarbouillée (Labor, 2005) ; Ecce homo touristicus (Labor, 2006) et L'An passé à Jérusalem (La Lettre Volée, 2009) ; L'expérience politique de l'art. Retour sur la définition de l'art engagé (Les Impressions Nouvelles, 2014).

  • Un écrivain part rejoindre au Caire un ami photographe et découvre la fièvre puis le désastre du printemps arabe. Visitant des familles de jeunes gens morts au cours de la révolution, il retrouve le goût de l'engagement.Gilles Sebhan nous replonge ici dans l'enthousiasme de la révolution égyptienne qui a donné l'espoir d'un avènement démocratique. Nous conduisant dans les quartiers les plus populaires du Caire, il offre la parole aux anonymes qui deviennent des figures emblématiques d'un soulèvement mêlant violence et beauté. Cinq ans après ce printemps avorté, alors que les consciences ont déjà enterré ce mouvement d'espoir et oublié que le sol arabe pouvait être le lieu d'un renouveau, Sebhan vient rappeler que le feu couve peut-être encore sous les cendres.

empty