• « Un élargissement des frontières herméneutiques de la spatialité littéraire et
    cinématographique en francophonie constitue un important et nécessaire moment de réflexion que les études réunies dans ce volume veulent marquer. »

    Cet ouvrage est l'un des premiers travaux scientifiques consacrés aux littératures et aux cinémas francophones sous l'angle d'une géocritique postcoloniale. Développée au début des années 2000 autour des travaux de Bertrand Westphal, la géocritique est un nouveau champ d'étude de la représentation des espaces référentiels dans les narrations littéraires et non littéraires. Cet ouvrage en analyse les potentialités
    sémantiques dans les textes et les films francophones contemporains et montre comment des villes comme Dakar, Bizerte, Paris, Port-au-Prince, Libreville, Cyrthe ou le Cap révèlent de nouvelles topographies
    urbaines dont les formes architecturales et les histoires humaines sont reconstruites de manière surprenante dans les romans et les films francophones.

    Collaborateurs : Françoise Naudillon, Mbaye Diouf, Sihem Sidaoui, Obed Nkunzimana, Sada Niang, Whitney Bevill, Mouhamadou Cissé, Morgan Faulkner, Srilata Ravi, Josias Semujanga, Vincent Simédoh, Désiré Nyela, Kodjo Attikpoé, Lamia Mecheri.

  • L'irruption des postcolonial studies dans le débat français, sur fond de malaise dans les banlieues, s'accompagne de malentendus. Cette approche, venue des universités anglophones, est tantôt évoquée pour dénoncer la lenteur de la France prendre en considération les réalités postcoloniales, tantôt repoussée comme une mise en accusation du passé, dangereuse pour la cohésion nationale. Mais rares sont ceux qui, en France, connaissent vraiment ces écrits, leur gense et leur évolution.
    Cet ouvrage sans équivalent présente de façon contradictoire mais dépassionnée les principaux auteurs, concepts et problématiques des postcolonial studies. Il en fait l'examen critique et discute plusieurs voix leur pertinence pour la situation française actuelle.
    Penser en termes postcoloniaux ne signifie pas se crisper avec amertume sur le passé et creuser des oppositions négatives. Cela conduit au contraire penser la diversité de la société française dans la Relation et la convergence des histoires. L'exercice est nécessaire, et il y a urgence.

  • La plupart des études consacrées aux systmes politiques africains étaient trop générales pour ne pas éviter de surévaluer, tantôt la dimension de l'intégration nationale, tantôt les phénomnes de domination sociale. La prégnance de la tradition, l'exigence de la modernisation et du consensus, le poids de la coercition et de la dépendance étaient alors censés représenter des facteurs explicatifs suffisants. Mais, ainsi, la réalité politique en Afrique noire, en particulier dans ce qu'elle avait de dynamique et de conflictuel, n'était pas reconnue. S'appuyant sur une large documentation primaire, et notamment sur certaines archives du parti unique, jusqu' présent inexploitées, l'auteur démontait les étapes de la construction du régime camerounais, ses modes de fonctionnement, son rapport aux groupes sociaux. Dissipant les simplifications abusives dont a fait l'objet le gouvernement Ahidjo, l'un des plus controversés de l'Afrique francophone, il parvenait cette conclusion qu'il existait au Cameroun une vie politique singulirement complexe et lourde de sens : l'Etat postcolonial, s'il s'inscrivait bien évidemment au coeur du systme économique mondial, n'était cependant intelligible que mis en relation avec les sociétés précoloniales. En d'autres termes, la colonisation et la dépendance n'étaient que des rebondissements dans l'historicité propre des sociétés noires. Par-del l'analyse d'un régime, c'était une réflexion sur l'Etat et la politique en Afrique qui s'esquissait et que l'auteur a prolongée depuis.

empty