• La loi sur le foulard à l'école, les émeutes de novembre 2005 dans les banlieues françaises, l'Appel des Indigènes de la République : autant d'événements qui ont fait ressortir des clivages graves à l'intérieur même de ce qu'on appelle "la gauche".
    Le Parti communiste, l'ex-LCR devenue NPA, les Verts, les anarchistes, tous ont vu leurs propres rangs se scinder sur ces sujets : les fondamentalistes de la laïcité, les républicains intégristes, les féministes institutionnelles se sont regroupés dans chacun de ces partis au nom des valeurs bafouées et de la lutte contre le communautarisme. Laurent Lévy montre combien de racisme, quelle haine de l'islam sont dissimulés derrière chacun de ces discours.
    Il décrit le combat que mènent la jeunesse populaire "postcoloniale" et ses alliés contre le versant national-républicain de "la gauche". Un livre de nature à faire grincer quelques dents mais qui défend l'égalité de n'importe qui avec n'importe qui - une valeur républicaine somme toute.
    Laurent Lévy a longtemps exercé la profession d'avocat à Paris. Il a publié en 2005 Le Spectre du communautarisme.

  • Les missions d'évangélisation catholiques auprès des populations autochtones nord-amérindiennes de l'Ouest canadien, au XIXe siècle et au XXe siècle, s'offrent à la recherche en sciences sociales comme un laboratoire d'expériences de la rencontre interculturelle propice à l'étude des processus d'adaptation à l'altérité. Missionnaires et missionnés s'observent, interagissent et construisent une histoire commune. Sur une toile de fond teintée de post-colonialisme, les protagonistes s'expriment au sujet de cette période de cohabitation forcée. Entre individualités et collectivités, entre mémoire et renouveau, la rencontre entre religieuses et autochtones se donne à voir. La fabrique de cet espace commun est ici abordée sous l'angle du féminin, par l'intermédiaire des mémoires féminines des missions. Cet ouvrage propose une mise en confrontation de deux cultures en contexte de missions d'évangélisation et ce, à travers les mécanismes de rencontre dans lesquels les constructions culturelles du masculin, du féminin et de la relation entre les sexes ne sont pas étrangères.

  • À l´heure où les enjeux de mémoire investissent l´espace public, l´histoire de l´Algérie coloniale devient très souvent le modèle des tensions entre histoire et mémoire, et l´école se trouve au centre des débats. Fruit d´une partie des réflexions engagées à l´occasion d´un colloque organisé à Lyon en juin 2006 par l´ENS-LSH, en partenariat avec l´INRP et l´IUFM de l´académie de Lyon, cet ouvrage entend faire l´état des travaux sur les questions scolaires au coeur de l´histoire des relations franco-algériennes de 1830 à nos jours. L´itinéraire historique retenu se propose d´accompagner le lecteur de l´enseignement en situation coloniale à l´enseignement de la colonisation. Quel enseignement et quelles modalités éducatives prévalaient dans l´Algérie coloniale ? Quels enjeux de mémoire pèsent sur l´écriture de l´histoire des relations algéro-françaises ? Quels sont les contenus scolaires et les pratiques de classe actuelles concernant cette question d´histoire encore vive ? C´est ce dont veulent rendre compte les textes réunis dans ce volume, loin des enjeux de mémoire et des polémiques idéologiques.

  • Le présent ouvrage s'attache à souligner la diversité et la richesse des mouvements de femmes de par le monde, qui se sont organisés autour d'enjeux variés, que ce soit autour du droit de vote des femmes, du droit des filles à l'éducation, des luttes anticoloniales, des discriminations racistes envers des femmes ou de divers autres droits. Il explore aussi les débats sur l'articulation des différentes appartenances de classe, race, caste, genre et comment ces catégories se croisent, se renforcent. Ce débat est déjà ancien, puisqu'il a été abordé dès le xixe siècle, par exemple avec les textes de Flora Tristan, en Chine dans les années 1920, ou dans les années 1960 aux États-Unis avec les femmes du mouvement Black Feminism. À partir des années 1980, se développe une démarche critique de l'hégémonie d'une certaine pensée féministe, blanche, occidentale, qui n'avait pas suffisamment reconnu les tensions dans les débats et luttes féministes, pourtant âpres, autour des questions de classe, de race ou de nation. Cette démarche de décolonisation du féminisme est inspirée par des militantes et théoriciennes issues de la migration, des minorités, et surtout par des militantes et théoriciennes dans les pays du Sud. La réflexion sur l'intersectionnalité des catégories de genre, classe, race, caste, a permis de construire de nouveaux champs théoriques qui ont souvent précédé l'institutionnalisation du champ d'études postcoloniales. Cet ouvrage permet aussi que s'expriment et soient rapportés les expériences concrètes des femmes et des mouvements de femmes, dans toute leur diversité, et les savoirs qui sont élaborés par et avec elles. Ce travail correspond à une reconnaissance, non seulement des capacités d'agir mais aussi des capacités de penser, de manière critique, des femmes de différentes appartenances et de divers horizons culturels, et dont les théories féministes sont redevables.

  • Le présent essai propose une étude critique inédite de plusieurs oeuvres littéraires de langue anglaise, issues du contact entre l'empire britannique et l'une de ses colonies, l'Inde. Le postcolonialisme en question a pour point de départ la mise en évidence d'une tendance caractéristique du pouvoir colonial à amalgamer biologie et culture. Les différents acteurs de l'entreprise coloniale, dont les scientifiques, ont émis des thèses sur la supériorité biologique, et donc culturelle, d'une certaine partie du monde sur l'autre, et ont fait preuve d'une méfiance, voire d'une hostilité certaine au contact, quelle que fut sa forme. Dans leur sillage, un nombre considérable d'écrivains britanniques ont articulé ces discours à leurs oeuvres fictionnelles, et de ce fait, ont consolidé clichés et stéréotypes par un phénomène de transmission similaire à celle de la génétique. S'ajoute à la mythologie de l'homme blanc, seul détenteur du pouvoir, du savoir et de la civilisation, la notion de pureté. Pureté du sang, pureté intellectuelle, des jugements et des croyances, pureté linguistique et, par voie de conséquence, pureté morale. Discours de la biologie et biologie des discours constituent ainsi le fil rouge de la première ligne argumentaire de cet essai. Dans un deuxième temps, il est question de la façon dont les oeuvres littéraires, dites postcoloniales, envoient à l'Occident un message radicalement opposé où l'impur devient la règle. C'est par la symbiose, le métissage ou la fusion des influences que l'activité créatrice prend tout son sens. La vision du monde n'est plus un cliché en noir et blanc, mais des séquences d'images bigarrées, miroirs d'une époque où le contact est désormais la règle. Ces oeuvres postcoloniales prennent, par conséquent dans cet ouvrage, l'appellation d'oeuvres transcoloniales.

  • Comment penser la sociabilité en Afrique aujourd'hui ? La formule toponymique choisie - côté jardin, côté cour - comme emblème thématique de ce Cahier fait explicitement référence au passage d'un roman de Tchicaya U Tam'Si. Cet extrait renvoie à la métaphore de la maison, lieu où l'on reste, lieu où l'on revient. Le côté jardin, c'est non seulement la science, mais aussi la civilisation occidentale importée avec la colonisation et la réalité apparente des hommes et des choses dans le monde visible des vivants, alors que le côté cour, c'est le fétiche, c'est-à-dire la magie, la sorcellerie et le monde invisible des esprits et des morts. Comment peut-on être à la fois magicien et magistrat, sorcier et président de la République dans une même peau humaine ?...

  • « Un élargissement des frontières herméneutiques de la spatialité littéraire et
    cinématographique en francophonie constitue un important et nécessaire moment de réflexion que les études réunies dans ce volume veulent marquer. »

    Cet ouvrage est l'un des premiers travaux scientifiques consacrés aux littératures et aux cinémas francophones sous l'angle d'une géocritique postcoloniale. Développée au début des années 2000 autour des travaux de Bertrand Westphal, la géocritique est un nouveau champ d'étude de la représentation des espaces référentiels dans les narrations littéraires et non littéraires. Cet ouvrage en analyse les potentialités
    sémantiques dans les textes et les films francophones contemporains et montre comment des villes comme Dakar, Bizerte, Paris, Port-au-Prince, Libreville, Cyrthe ou le Cap révèlent de nouvelles topographies
    urbaines dont les formes architecturales et les histoires humaines sont reconstruites de manière surprenante dans les romans et les films francophones.

    Collaborateurs : Françoise Naudillon, Mbaye Diouf, Sihem Sidaoui, Obed Nkunzimana, Sada Niang, Whitney Bevill, Mouhamadou Cissé, Morgan Faulkner, Srilata Ravi, Josias Semujanga, Vincent Simédoh, Désiré Nyela, Kodjo Attikpoé, Lamia Mecheri.

  • Colonialité et ruptures ; écrits sur la figure du Juif-arabe Nouv.

    Il est courant aujourd'hui d'opposer les Arabes aux Juifs et les musulmans aux juifs. Depuis des décennies, Ella Shohat déplace les paradigmes, et notamment cette opposition trop souvent commodément naturalisée et instrumentalisée qui nie les stratifications de l'histoire.

    Shohat déplie tout ce qui relie les « deux 1492 » (la Reconquista et la « découverte » des Amériques), les petites et grandes ruptures coloniales et la mise en récit des passés juifs dans les espaces musulmans après la partition de 1948 en Israël/Palestine. Elle élabore une pensée des figures juives arabes, notamment à partir du fait constitué par les descendants juifs des sujets colonisés dans les espaces arabo-musulmans. Penser les juifs arabes, c'est dire la perte de mondes, mais aussi la traversée des frontières. Shohat montre ce qui rapproche des géographies humaines et des champs de recherche habituellement maintenus séparés.

    Contextualisés par une introduction et une préface, les quatre textes de ce recueil illustrent le rôle fondateur de Shohat dans le champ des études juives arabes/mizrahies. L'autrice y redéfinit l'exil, la diaspora et le retour dans une perspective qui révèle des paysages complexes d'appartenance.

  • The papers in this volume were presented at a conference organized by the Institut Français de Recherche en Afrique (IFRA) at the University of Ibadan on the 26th and 27th of October 1998, as part of the 50 anniversary celebrations of the University. This conference brought together scholars from anglophone and francophone countries who have been collaborating on a research programme which is concerned with elite formation and the restructuring of higher education in sub-Saharan Africa. The project was originally conceived in 1996 by IFRA and the Centre d'Etude d'Afrique Noire (Bordeaux, France). Nigeria, with more than 50 per cent of the continent's university student population and 40 universities, constitutes the major thrust of the study; nevertheless the reports on Kenya, Senegal and Niger are equally informative and demonstrate that survival strategies and student unrest and 'cults' are not exclusive to Nigeria.

  • Peu de personnes savent que Montréal a déjà été, du moins pour un bref instant, l'épicentre du Black Power et des autres mouvements de la gauche antiraciste et anticolonialiste. Pourtant, en octobre 1968, le Congrès des écrivains noirs a rassemblé à l'Université McGill intellectuels et militants venus d'ailleurs au Canada, des États-Unis, des Caraïbes et du continent africain. C.L.R. James, Stokely Carmichael, Miriam Makeba, Rocky Jones et Walter Rodney, pour ne nommer que certains des plus connus, ont ainsi inspiré nombre de militants québécois. Quelques mois plus tard, d'ailleurs, un puissant mouvement d'occupation mené par des étudiants noirs s'emparait de l'Université Sir George Williams. Dans l'atmosphère explosive de l'époque, il n'en fallait pas plus pour que les médias et les services de sécurité du pays voient Montréal comme un foyer de la contestation noire dont le discours anticolonialiste avait aussi le potentiel d'enflammer le mouvement pour l'émancipation nationale du peuple québécois.

    Méticuleusement documenté, Nègres noirs, Nègres blancs ébranle la vision traditionnelle de l'histoire de l'internationalisme noir et offre une analyse approfondie des enjeux politiques de l'époque entourant les questions de pouvoir, de genre et de race.

    Le Canada - pas plus que le reste du monde - ne s'est toujours pas libéré du racisme. Cet ouvrage éclaire de la lumière du passé de nouvelles pistes pour arriver à une réelle émancipation.

  • Expression du sentiment de solidarité parmi les Noirs d'ascendance africaine victimes de l'esclavage et de la discrimination, la pensée panafricaniste attire l'attention dès les années 1920. Cette idéologie qui vise à libérer l'Afrique de la domination coloniale est surveil­lée de près par des autorités qui y voient la source d'une pensée séditieuse. Après la décolonisation, dans un contexte international marqué par la Guerre froide, l'unification continentale devient alors pour ses promoteurs la voie idéale pour assurer la survie et le renouveau de l'Afrique. Bien que l'écrasante majorité des chefs d'État soit convaincue de la nécessité de l'union, les désaccords sur la périodisation et la forme de l'intégration à bâtir conduisent dès 1963 à la primauté de l'Afrique des États-nations au détriment de l'union continentale.

    Après des décennies de désaffection, la pensée panafricaniste renaît dans les années 2000, notamment avec le Nouveau parte­nariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) et le lancement de l'Agenda 2063 comme réponses aux défis de la mondialisation. L'auteur expose ici la complexité des enjeux de cette quête de réin­vention et de renaissance dans l'Afrique postcoloniale, tout en soulignant ses divergences ainsi que son inéluctable constance.

  • Aujourd'hui, l'Europe et l'Afrique peuvent-elles envisager une nouvelle relation sur des bases saines ? Peut-on changer leur rapport, en ayant à l'esprit l'immigration et le co-développement ? S'agissant de la France, oserait-on encourager la suppression de la cellule africaine de l'Élysée au profit de l'intervention parlementaire en amont dans certaines missions, notamment les actions militaires dans les pays du « pré carré » ? S'agissant de l'Union européenne, doit-elle systématiquement financer l'Union africaine dans le but de maintenir ses États membres dans la dépendance ? Multilatéralisme ou bilatéralisme dans les relations entre les pays africains et ceux d'Europe ? Aurait-on enfin l'intelligence, compte tenu du poids colonial, de dépasser le paternalisme et le bilatéralisme pour mettre l'être humain au coeur de la politique africaine de l'Europe ? Que faire pour que le destin commun profite réellement aux peuples ? Comment les jeunes Africains perçoivent-ils l'avenir de leur continent ? Le panafricanisme, est-ce une voie à développer à tout prix ? Transfert de techniques et de technologie, en échange des matières premières et d'autres marchés ? Assistance matérielle ou aide financière ? Exigence de la protection du bassin du Congo, en contrepartie d'une contribution à l'éducation et à la santé ? Alignement des monnaies africaines, pourquoi pas de la monnaie unique africaine, sur la valeur des ressources naturelles, et non sur le dollar américain, ni sur l'euro ? Indexation automatique du franc CFA sur les critères de la Banque de France, ou alors dépendance ou non à la Banque centrale européenne ? Retrait des troupes militaires étrangères du territoire africain ?
    Voilà les questions dont les réponses permettront de sortir, en principe, des rapports dominants-dominés, d'envisager des relations responsables, respectueuses, justes, pérennes et davantage constructives entre les deux continents.

  • The views and perspectives adopted by A.I. Asiwaju and D. Bach appear sufficiently distinct, yet they converge on several key issues: i.e., the informal achievement of regionalization in Africa through kinship and other non-state networks; the resistance of Africans to boundaries inherited from the colonial period; and the consequences of the arbitrariness of these boundaries. Anyone who has ever crossed the Seme border between the Federal Republic of Nigeria and the Republic of Benin cannot but subscribe to the perceptions shared by the two authors. Whatever the purpose of the trip, travellers crossing the border share the experience of being in a lawless area: the occasional traveller who behaves suspiciously will immediately attract the attention of the immigration officer who begins to search through his papers scrupulously, looking for any error; on the other hand, the market woman, who knows the system, crosses with ease. The popularization of these border scenes by novels and video productions is significant evidence of the intensity of transborder movements in West Africa, and of the constraints as well as the resources offered by the borders. This dual reality of what appears as an obstacle to the implementation of institutionalized regional integration schemes and as the booster of an informal market-driven trade flow, is widely documented and discussed in the two papers.

  • O profícuo legado documental, bibliográfico e fotográfico de Jill Dias (1944-2008) foi doado pela família à Faculdade de Ciências Sociais e Humanas da Universidade Nova de Lisboa, que delegou no CRIA - Centro em Rede de Investigação em Antropologia, a sua gestão. O CRIA empenhou-se na sua inventariação, catalogação e divulgação com o apoio da Fundação para a Ciência e a Tecnologia, que subsidiou o projeto Jill Rosemary Dias: acervo documental, bibliográfico e fotográfico com vista à concretização desses objetivos. No âmbito desse projeto foram publicados os livros Cadernos de Jill Dias: Inventário de um Arquivo / The Jill Dias Notebooks: Archive Inventory (Lisboa, CRIA, 2011), que inventaria o seu fundo documental depositado no CRIA, e As Lições de Jill Dias: Antropologia, História, África, Academia / The Jill Dias Lessons: Anthropology, History, Africa, Academy (Lisboa, CRIA, 2013), que reúne os contributos de uma homenagem de colegas e estudantes com o mesmo título realizada na Fundação Calouste Gulbenkian (2012), que também patrocinou as atividades e publicações.

  • Tout tableau est un fragment. Mais qui, du cadre ou du mur, construit le lieu de la peinture ? Que s'est-il passé lorsque cette énigme occidentale fut confrontée à l'époque moderne à une autre représentation du monde ? Si l'Europe des Lumières est souvent caractérisée par les chinoiseries et l'ornement rocaille, c'est un nouveau regard sur l'Extrême-Orient qui est analysé ici, celui qui lie l'histoire du tableau à une idée de l'espace transmise par les décors des objets venus d'Asie. Dans quelle mesure la présence réelle ou fantasmée de l'Orient a-t-elle modifié le rapport de la peinture au support qui la donne à voir ? Tel est l'objet de ce livre qui présente le changement de paradigme dans la construction du goût suscité par les notions orientales de paysage, de lointain et de vide, pour que le sort de la peinture se transforme. D'où vient la place particulière qu'elle acquiert au xviiie siècle ? De quelle façon fut bouleversée son exposition pour qu'elle devienne le tableau que nous connaissons aujourd'hui ?

  • L'étude des rapports entre sciences sociales et développement est un sujet d'intérêt croissant dans les travaux d'analyse sur l'aide. Le domaine reste cependant relativement sous-étudié, tant pour ce qui tient à l'observation des usages des savoirs confirmés que pour ce qui concerne la production stratégique d'ignorance, définie comme volonté maintenue de ne pas savoir dans des contextes où la pratique nécessite, pour être poursuivie, et comme l'a noté à plusieurs reprises Pierre Bourdieu pour d'autres terrains, un certain aveuglement à soi-même et aux autres. Si en anglais, la situation est un peu moins lacunaire, en français, on reste tributaire d'analyses éparses, construites sur la base de problématiques qui ne traitent pas principalement des rapports entre connaissance et système d'aide. L'ambition du présent Cahier est de remédier au moins partiellement à cette situation en offrant à quelques auteurs une occasion de présenter une réflexion structurée autour de cette thématique.

  • Geopolitique du patrimoine - l'asie d'abou dabi au japon Nouv.

    Et s'il était possible de comprendre les relations internationales à travers une nouvelle grammaire? Le patrimoine s'avère un extraordinaire vivier pour l'élaboration d'une diplomatie nouvelle. Le contexte géopolitique actuel nous incite à repenser le patrimoine non plus sur le mode des représentations postcoloniales, mais bien d'après d'autres critères, moins univoques que le rapport idéologiquement stérile qu'entretiennent à ce sujet les pays du Nord et ceux du Sud. Il importe de voir le monde sous l'angle de l'histoire des relations internationales, des sensibilités d'opinion, mais aussi sous celui de l'art et de la culture comme enjeu mémoriel et politique.
    À travers 5 cas emblématiques du continent asiatique (Abou Dabi et son environnement régional; le Monde chinois; le vandalisme en terres d'Islam; le Japon et l'ambivalente question patrimoniale; un patrimoine partagé entre l'Inde et le Pakistan), Emmanuel Lincot aborde la question du soft power aussi bien que des luttes d'influences internationales sous un angle inédit.

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